lundi 12 décembre 2011

Les enfants "dys" - 1 - dysphasie : les troubles du langage oral

Il n'y a pas si longtemps on ne se préoccupait pas de savoir pourquoi ou comment un enfant avait du mal à articuler, à comprendre, à lire. Pourquoi gigotait-il sans cesse ? Quel asticot ! Sans compter le rêveur, le maladroit.... Bref, dans toutes les classes nous avons tous rencontrés de ces enfants dont on disait qu'ils troublaient la classe ou qu'on ne les comprenait pas.

En fait tout ça n'a pas beaucoup changé. Surtout au sein de l'Education nationale, malgré les circulaires diverses et variées qui obligent à prendre en compte les différents troubles que pourraient présenter les enfants.

Pourtant ces enfants présentant des dysfonctionnements on peut aussi les "classifier", expliquer ce qu'ils ont et proposer dans la majorité des cas des solutions.

Alors déjà vous aurez remarqué qu'on parle de dysfonctionnements. Ce qui pose un problème parce qu'on part du principe que les enfants "dys" sont des enfants avec déficit, hors norme dans le sens de en-dessous de la norme. Ce qui n'est pas toujours vrai et même totalement faux dans le cas des surdoués qui sont des enfants en dysfonctionnement mais au-dessus de la norme. Ce qui pose autant, si ce n'est plus, de problèmes à l'entourage. Mais j'y reviendrai.

Alors je vais quand même faire simple parce que les troubles "dys" je pourrais écrire un bouquin pour chacun des troubles.

Les troubles du langage oral ou dysphasie :


Alors bien sur, un trouble du langage peut être du à des choses très diverses ;  retard mental, autisme, surdité, manque de stimulation, atteintes neurologiques. Mais parfois, on ne sait pas d'où ça vient. Tout est OK, sauf le langage. Mais langage ne veut pas dire que parler : il y a la prononciation, mais il y a aussi la capacité à avoir du vocabulaire, la logique des la syntaxe car parler est un comportement très complexe qui fait appel à la langue, la musculature, la position des dents (troubles fonctionnels) mais aussi au fait de réussir à exprimer ou à recevoir (plutôt percevoir). C'est ce qu'on appelle les "dysphasies". Ces troubles apparaissent très tôt et on un impact sur les apprentissages, même sur le langage écrit (dyslexie).

je vous passe le détail des dysphasies, mais sachez qu'il existe des dysphasies phonologiques-syntaxiques (enfants ayant du mal à s'exprimer), des troubles de production phonologiques (enfants parlant mais avec déformations et répétitions), des troubles lexico-syntaxiques (enfants parlant mais avec difficultés de mémoire et difficulté de construction de phrases), des troubles réceptifs (liés au décodage) et des troubles sémantiques-pragmatiques (peu visibles au début puis difficultés à faire des phrases complexes).

Pour résumé, les dysphasies, sauf cas particuliers, ne sont pas liées à un retard mental. Par contre, si le l'évaluateur utilise un test à base de langage, il est clair que l'enfant va se retrouver avec une étiquette de retard mental, c'est du bon sens. Ce sont des enfants avec souvent des problèmes de repérage dans l'espace et l'apprentissage, surtout en maths, peut être ralenti par une mémoire à court terme défaillante. 

Le dysphasique, comme tout enfant "dys", tend à se replier sur lui même. Normal, il n'arrive pas à communiquer et les autres ne le comprennent pas, voire il se fait engueuler à tout bout de champ. Il peut devenir dépressif, ce qui ne va pas le pousser à communiquer.

Les signes disparaissent rarement totalement. Du coup les enfants dysphasiques ont plus de difficultés scolaires (logique), surtout que le système éducatif classique n'est pas formé pour se poser des questions et encore moins pour tenter de les résoudre. Il faudra passer par une rééducation plus ou moins lourde avec une éventuelle orientation en classe spécialisée. Tout va dépendre du degré des troubles.

Il est clair maintenant qu'avant de vous dire que votre enfant est dysphasique il est nécessaire de faire un bilan ORL et orthophonique. 

Beaucoup vous diront que ce n'est qu'une atteinte neurologique, donc un truc purement physiologique. Mais comme les dysphasies recouvrent un continuum de troubles sans cause précise, je demande à voir. Perso je prône, dans certains cas, un terrain familial favorable à la mise en place d'un tel trouble (voire des parents que ça arrangent). De toute façon, les aspect de repli sur soi et la faible estime de soi doivent pousser à une psychothérapie familiale afin que l'ambiance se détende.


Aides à l'enfant dysphasique (pour aller sur le site, cliquez sur l'image)





9 commentaires:

  1. Bonjour, Vergibération,

    Comme vous le dites : il y a un continuum, qui à mon avis s'étend sur toute la sphère "dys". Il est tout de même assez rare que le langage oral soit impeccable chez un dyslexique (on retrouve notamment des difficultés d'accès au lexique, des problèmes de mémoire auditivo-verbale..). Certains professionnels remettent même en cause un grand nombre de diagnostics de dysphasie (on aurait notamment, dans certains cas, une telle amélioration des symptômes avec une rééducation logico-maths qu'on se demande si on n'a pas pris pour des dysphasies les soucis syntaxiques engendrés par les problèmes de raisonnement). Et puis, comme vous l'écrivez, on ne prend pas forcément suffisamment en compte la systémique familiale et son rapport au langage (et parfois c'est l'inverse !).
    J'attends avec impatience votre article sur les surdoués !

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  2. Pour ma part, je suis dyslexique, dyscalculique et dysorthographique...je ne te dis pas comme j'ai "aimé" l'école !!!

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  3. Alexis : Peut être qu'on n'a pas su te la faire aimer. Ca ne t'a pas empêché de faire des études, alors soit tu as bénéficié d'une sacrée rééduc, soit il y a une part psycho (révolte ?) là dessous...

    Zygielle : les surdoués, ce sera en dernier !

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  4. Je ne me souviens pas de révolte de ma part, et certainement pas en primaire...pour ce qui est de la rééduc, et sans rentré dans toutes sortes de détails de mon existence absolument sans intérêt...disons que j'ai du me débrouiller tout seul comme un grand pour mes études (depuis le secondaire jusqu'à la fin)...ce qui m'a en partie sauvé est que je suis très très curieux et que j'adore apprendre....

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  5. Ou alors, Alexis est aussi surdoué... ce qui n'est absolument pas incompatible avec la dyslexie. Un de mes amis me racontait qu'il avait des amis parents de trois enfants : un dyslexique, un surdoué, un autiste. La douance, c'est peut-être tout simplement une "dys" (mais j'attends la définition de la douance, il me semble que là aussi il y a des écoles et des courants de pensée).

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  6. Je suis d'accord avec toi Zygielle. Les surdoués sont souvent des enfants dys en globalité.

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  7. Hummm...je n'ai pas du tout l'impression d'être un surdoué. J'ai certes fait des études et mon parcours a été plutôt chaotique...parfois, je ne comprenais même pas pourquoi je réussissais ou je ratais un examen...j'avais d'ailleurs développé toutes sortes de "rituels magiques" pour m'assurer la réussite...Et je me menaçais des pires sévices à mon propre égard en cas d'échec...C'est comme ça, à la dure, que je m'en suis à peu près sorti...

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  8. Il y a 2 préfixes : le "dys" et le "a". Aphasique, dysphasique ; Apraxique, dyspraxique.
    "a" : il y a eu, il n'y a plus. C'est le cas souvent chez le cérébrolésé ou la personne âgée.
    "dys" : il n'y a jamais eu. Trouble dans le développement.

    Concernant la sphère "dys" et la douance, attention en effet aux diagnostics posés à la va-vite. Des enfants que l'on pourrait appeler "surdoués" peuvent avoir des troubles dys et être "diagnostiqués" dys-quelque chose.
    Avant de poser un quelconque diagnostic, il faut toujours demander une myriade de bilans, et surtout ORL et orthoptique.

    Le dysphasique peut être assez impressionnant dans ses troubles, c'est pourquoi beaucoup pensent directement à de l'autisme, notamment nos chers amis de l'éducation nationale. Ce n'est pas leur faute, ils n'ont pas ou trop peu été formés.

    Il me tarde ton article sur le "surdoué" que je vois régulièrement dans ma pratique, car cela fait débat.

    PS : Merci pour ce superbe graphique qui va bien m'aider !

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  9. merci pour ce post qui m'a permis d'intégrer ce que vit probablement ma fille de 6 ans et donc de chercher de nouvelles solutions ..

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