vendredi 30 décembre 2011

Les enfants "dys" - 3 - la dysorthographie et la dyscalculie

Vous l'aurez compris, les troubles du langage oral s'accompagne en général d'un trouble du langage écrit, puisque les deux s'acquière en même temps. De même, avoir du mal à coordonner ses mouvements, à appréhender l'espace ne peut qu'avoir des répercussion sur l'écrit.

C'est ce qu'on va appeller la "dysorthographie", c'est à dire la difficulté à écrire. Non pas cette fois à gérer l'alphabet, les codes grammatical et lexical, mais bien des troubles des gestes avec difficultés à tracer les lettres.
Mais soyons clairs, dyslexie et dysorthographie vont de paire et c'est pour cela qu'on ne les dissocie pas.

Encore une fois, il faut avoir éliminer toutes les pistes de troubles fonctionnels (lésion cérébral, trouble fonctionnel, trouble psychiatrique...) pour établir un tel diagnostic.

Alors il existe plusieurs dyslexie-dysorthographie :

- la "dysphonétique"

Le passage de l'écrit à l'oral est difficile avec une méconnaissance des règles. On assiste à un remplacement de certaines lettres par d'autres b/d, p/q, p/b, d/t.... et de certains mots par d'autres qui y ressemblent.

Ici, la lecture est quasi correcte. C'est bien le passage vers l'écrit qui est troublé. Si les règles grammaticales pourront être acquises, elles n'arriveront pas à être appliquées.

- la "dyseidétique"

 Les mots simples et souvent rencontrés sont reconnus et lus. Mais les mots irréguliers et rares ne le sont pas. La lecture va être très lente car l'enfant déchiffre syllabe par syllabe, ce qui rend la compréhension parfois délicate.

L'enfant a encore la capacité à transcrire l'oral en écrit pour des mots simples, mais cela reste purement phonétique. Le sens des mots n'étant pas reconnu, les mots peuvent être écrits "coupés" ou "assemblés".

- la "mixte"
 
L'enfant a du mal à parler correctement et sa mémoire visuelle est défaillante. La lecture est atteinte car les mots difficilement discriminés ce qui rend la compréhension quasi impossible.

L'écrit ne répond pas aux règles et la transcription du "parlé" vers l'écrit est très difficile.

- la "visuo-attentionnelle"

En fait, c'est une classe à part. Ici l'enfant à toutes les capacités, mais il est incapable de tenir son attention qui lui permettrait de discriminer, lire, enregistrer les informations liées au langage tant oral qu'écrit. Il se laisse distraire par tout. A la lecture, il confond les lignes, il ne lit pas la fins des mots ou les "invente", il relit plusieurs fois le mot, il confond certaines syllabes. 

A l'écrit, il hésite, rature, revient en arrière, fait beaucoup de fautes.

Tout cela est repérable dès la maternelle, parce que l'enfant aura des problèmes à l'oral, de mémoire et de représentation spatiale. En primaire, on a un enfant meilleur à l'oral qu'à l'écrit (avec une grosse différence entre les 2, par exemple avec un vocabulaire riche à l'oral et pauvre à l'écrit) et pour lequel la copie est difficile. Il peut être lent.

Les dyslexie-dysorthographie nécessitent une prise en charge en orthophonie le plus précocement possible. On y associera de la psychomotricité et une psychothérapie.



A la lecture de tout cela, vous comprenez que l'orientation spatiale est un aspect cognitif extrêmement important dans le développement du langage. Or s'il y a bien quelque chose qui a besoin de la notion d'espace, c'est le calcul. Pour compter, il faut être capable de discriminer les objets et leurs caractéristiques spatiales. Le calcul est logique. Mais l'acquisition du calcul se fait sur une très longue période (ainsi il faut attendre 10/12 ans pour appréhender certaines logiques de comparaison et jusqu'à 13/14 ans pour une évaluation globale !).

Ce qui veut dire que pour savoir bien appréhender le calcul et les mathématiques, il faut avoir une bonne orientation spatiale, mais aussi avoir appris à parler, lire et écrire. On comprendra donc que les enfants "dys" le soient aussi en raisonnement numérique. 

Tout ceci vous explique que si dès 3 ans on peut voir apparaître des troubles de raisonnement logique, on ne peut repérer la dyscalculie avant le 7-9 ans au plus tôt. Et comme la dyscalculie ne peut quasi pas être dissociée des autre troubles "dys" il est difficile de savoir si c'est de la dyscalculie ou de la dyslexie ou de la dys.... 

La dyscalculie peut être repérée par des troubles de l'image corporelle, une mauvaise coordination, des retards perceptibles dans les dessins, puis des troubles de la lecture (nommer une opération) ou de l'écriture (écrire les symboles), des difficultés de perception (reconnaître des symboles ou regrouper des objets) ou attentionnelles (respecter les consignes, recopier correctement les signes, oublier les retenues) et des difficultés purement mathématiques (apprendre les tables, dénombrer).... Tout cela s'appuyant bien sur des déficits qui peuvent être "purs" ou associés. Il existe donc plusieurs types de dyscalculies. Un petit article simple et sympa ICI.

Avec le temps, le fait qu'un enfant puisse par exemple apprendre ses tables et savoir s'en servir, démontrera qu'en fait ce n'est pas de la dyscalculie mais des difficultés en lecture ou en graphisme qui interfèrent.

La rééducation repose surtout sur le fait de passer par des manipulations concrètes des notions importantes en mathématiques (sériation, quantités , classification...). Cela passe par de l'orthophonie (spécialisée en dyscalculie) de la psychomotricité et de la psychothérapie. Voir la présentation ICI.


Il est donc très difficile de diagnostiquer parfois de quel trouble souffre un enfant. Et le temps que le diagnostic soit correctement posé, il peut se passer quelques années, perdues malheureusement en temps de rééducation. 



La prochaine fois : les dyspraxies


1 commentaire:

  1. J'étais clairement visuo-attentionnel. En revanche je n'ai jamais eu de difficultés orales.

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