lundi 31 décembre 2012

Quand c'est l'heure, c'est l'heure...

Pour finir l'année en beauté, un compteur qui vous permet de savoir exactement l'heure qu'il est au moment de changer d'année dans le monde entier pour présenter vos meilleurs voeux à tous vos amis sans vous tromper d'heure !


samedi 29 décembre 2012

Les séries que vous avez oubliées ou ratées (et parfois vous avez bien fait)

Kung Fu (dit "mou-mou" pour les intimes. L'histoire d'un type issu du temple de Shaolin qui cherche son frère partout surtout dans le désert, là où il est sûr de ne pas le trouver...)





Les têtes brûlées (L'histoire romancée d'une escadrille impossible composée de rebuts arnaqueurs et voleurs. Série pleine d'humour)




Chapon Melon et Bottes de cuir (Seule la première série avec Diana Rigg vaut le coup, du stuc et du carton pâte mâtée de science-fiction, d'enquête et d'humour anglais)




Au nom de la Loi (Josh Randall le célèbre marshall joué par le tout débutant Steve Mac Queen aux yeux globuleux)





Les sentinelles de l'air (Un truc hyper flippant réservé aux enfants à l'époque avec un scénario chiadé, des détails partout et des "playmobils" animés)





CHIPs (les motards de la route tels que vous aimeriez les rencontrer, nunuches, complaisants, mais viriiils !)



Mac Giver (pour tout vous dire j'avais totalement oublié cette série ou l'art de se sortir de toutes les situations extrêmes avec un rouleau de scotch et un brushing raté)




Magnum (Pendant longtemps l'homme le plus sexy de la planète, dépassant toujours du toit de sa Ferrari. Pour le plaisir d'entendre Higgins hurler "Appolon ! Zeus ! au pied !" - Série pleine d'enquête et d'humour)




L'Ile Fantastique (Deux histoires en une. Une île où on vient résoudre ses problèmes et repartir heureux et souvent amoureux. Avec le toujours excellent -mais mort- Ricardo Montalban)




Kojak (le seul et unique enquêteur qui relança la consommation de sucettes par les adultes !)




 Les Agents Très Spéciaux (pour le plaisir de voir "Ducky" de NICS dans sa jeunesse)




Starsky et Hutch (dans la cours de récré ça donnait "Starsky est moche" et franchement ça se comprend)




Cosmos 99 (un série Z de science fiction où la Lune "échappée" de la Terre vogue dans l'espace au gré de planètes toutes habitées par des filles peu vêtues... Ca discute beaucoup et ils ne retrouveront jamais la Terre... heureusement pour les survivants !)




Les drôles de dames (la libération sexuelle était déjà en marche. Des nanas enquêtrices qui jouent de leurs sex appeal mais aussi... de leur intelligence sans que jamais celle qui est intelligente soit belle et que celles qui sont belles soient intelligentes ! Oh la faut pas tout mélanger.)




Les envahisseurs (parce qu'aujourd'hui, avec un GPS, David Vincent ne se serait pas perdu et ne les aurait jamais vu)




Voyage au fonds des mers (à bord du Nautilus découvrez les habitants des profondeurs... parfois extraterrestres !)




Arsène Lupin (l'incontournable Georges Descrières, le seul le vrai Arsène Lupin, celui qui détrousse les femmes après avoir passé la nuit avec elles...)




Et rien que pour Patach Betties, Amicalement Vôtre (où comment se marrer en regardant deux "stars" ne se supportant pas faire semblant d'être des potes)




mercredi 26 décembre 2012

Le membre fantôme

Non, messieurs, il ne s'agira pas ici du dernier film hollywoodien issu des créations Marvel.

Non, mesdames, je ne parlerai de la particularité du membre sexuel de certains de vos partenaires..

Encore que(ue)...

Je resterai en fait très terre à terre en vous parlant de ces personnes qui ont perdu (oukilai ?) une partie de leur corps et qui ont la perception que cette partie existe toujours. Voire vit une existence totalement indépendante.

En psychologie, la notion de membre fantôme est communément nommé "illusion perceptive".  En effet, la personne amputée (volontairement ou non) est capable de ressentir le membre manquant et même d'y attribuer des sensations et des mouvements.

La construction du schéma corporel n'est pas chose facile. Il arrive souvent que certaines personnes privilégient certaines parties de leurs corps, comme par exemple les sportifs et donc développent une "sensibilité" pour certains faisceaux musculaires. Par exemple, on peut imaginer qu'un marathonien aura une perception plus développée de ses pieds qu'une autre personne. Il faut savoir placer ses pieds, développer le dérouler.. Cette personne va donc développer tout particulièrement une aire cérébrale liée à la sensibilité mais aussi la carte mentale de ses pieds. Par ailleurs, assez naturellement et sans que l'on sache pourquoi, certaines personnes présentent une sensibilité, une perception plus développée de leurs organes (certaines femmes sont ainsi capables de vous dire quelle ovaire fonctionne tel mois). Entre capacités "innées" et apprises, les réseaux neuronaux créent une carte mentale, plus ou moins détaillée, dans le psychisme qui permet de reconstruire une image virtuelle mais non consciente du corps. Vous naissez donc déjà avec une image corporelle floue mais normalement complète, qui peut être modulée (neuroplasticité) dans le temps en fonction de vos activités.

On pourrait penser que la perte d'un membre ou même d'un organe étant souvent assez brutale Le psychisme n'aurait pas le temps de s'adapter et continuerait donc à faire comme si le membre était là. Il n'en n'est rien. La perte brutale de sensibilité cutanée et d'innervation fait que les neurones cessent de s'intéresser parfois instantanément à cette zone pour se détourner vers le traitement informatif d'une autre zone. Le remodelage du schéma corporel sera donc rapide (ça prend quand même plusieurs mois à quelques années).


Alors ? Pour tout vous dire, si la science a fait des progrès dans la compréhension de l'intégration de la sensibilité, on ne sait toujours pas bien pourquoià un moment, et chez certaines personnes, ça ratatouille. On constate, que la stimulation de zones proches de l'insertion du membre manquant génère une information interprétée comme issue de ce membre... Le membre est alors vécu comme "survivant"... L'extrême étant que ce membre est perçu comme dissociatif, c'est à dire que la position du membre perçue est différente de la réelle (par exemple, un individu auquel il va manquer une main va "faire" pivoter son poignet vers la droite, mais la main sera perçue comme se tournant en sens inverse de celui imposé par la poignet).

Il semblerait qu'il existe des réseaux neuronaux latents, moins spécialisés et donc traitant les informations de plusieurs zones et que ce soient ces neurones qui continuent à faire "comme si". Du coup, même si la désensibilisation s'effectue bien au départ, au bout de quelques mois voire de quelques années, une nouvelle sensibilité issue des zones adjacentes à celle disparue créent une nouvelle perception d'un membre complet mais inexistant ! (par exemple, la perte d'une phalange va parfaitement être intégrée neuronalement, mais au bout d'environ 3 ans du fait du traitement des informations des zones proches et des autres doigts, la perception d'un doigt complet avec toutes ses phalanges a été recréée. Cela prend jusqu'à 13 ans pour la reconstruction psychique d'une perception d'un avant-bras et d'une main). De même, certains nerfs repoussent facilitant sans doute la réapparition d'une sensation. On pense aussi que certains neurones privés d'information se mettent à fonctionner de façon anarchique.

Ces illusions perceptives sont connues et décrites depuis très longtemps. Elles fonctionnent aussi pour des personnes dont la moelle épinière est fortement lésée. La perception de membre fantôme est présente chez plus de 90 % des personnes amputées (seulement de 20 % chez les enfants de moins de 5 ans, 75 % chez les enfants entre 6 et 8 ans). Ca fonctionne pour n'importe quelle partie du corps comme pour les organes internes.Et plus l'amputation a été traumatique, plus la persistance du membre fantôme va perdurer et être prégnante.

Si c'est ennuyeux, par exemple un patient sans jambe va se lever spontanément la nuit persuadé qu'il a toujours ses jambes, c'est souvent surtout douloureux. Les patients retrouvent des sensations désagréables présentent avant la perte du membre. De même, avec le temps, les sensations et la position du membre peuvent changer dans le temps (le bras se considéré comme se raccourcissant).

Pour conclure, le schéma corporel est modulable mais de façon limité. Et la réalité n'a parfois rien à voir avec la réalité sensorielle.

Si la perception du schéma du corps est lié à la perception de soi, comme le pense fortement les chercheurs, il est urgent de se poser la question du déni de l'amputation et de l'atteinte corporelle et sans doute d'un besoin de "normalité", ce qui relève purement de la psychologie.


samedi 22 décembre 2012

C'est la fin...



Si vous lisez cet article c'est que la fin du monde n'a pas eu lieu.

Encore que tous les êtres humains peuvent être morts depuis longtemps et que vous êtes une race terrestre qui a évoluée ou un extraterrestre qui par un extraordinaire hasard a réussi à remettre en route le serveur qui hébergeait mon site. Mais bon faudrait quand même une sacrée coïncidence.

Bref, nous sommes tous vivants, l'informatique fonctionne toujours, le magnétisme terrestre ne s'est pas totalement inversé et la bourse fonctionne toujours (j'ai dis "la" pas "les") (sauf si vous avez une monorchidie...).

Du coup, comme je pensais que nous serions tous morts je n'ai pas vraiment prévu de contenu d'article. Je n'allais quand même pas me creuser la tête pour des gens qui ne me liraient pas et pour un article qui n'existerait sans doute même pas à la date prévue de sa publication.

Alors que vous dire ?

Que oui, vous pouvez maintenant vous précipiter en masse dans les grands magasins parce que, oui je vous le dis mes frères et mes soeurs, Allelouyah, il va falloir offrir des cadeaux et vous coltiner votre famille dans 2 jours... de l'apéro à la bûche. Bon s'il y a du champagne ce sera supportable surtout après la troisième bouteille. Surtout ne laissez pas le couteau pour découper la dinde sur la table, on ne sait jamais comment certains pourraient avoir l'idée de s'en servir. Enfin tout dépend de quelle dinde on parle... (j'en vois qui ont tout de suite pensé à quelqu'un) (je commence à vous connaître).

Que je vous aurai bien invité à boire un pot cet aprèm pour fêter notre survie, mais que franchement ça va pas le faire.

Que si espériez mourir ce matin après avoir claqué toutes vos économies, il va falloir revoir vos plans. Votre banquier se chargera de vous rappeler que vous êtes vivant dès demain (le temps qu'il se remette lui aussi).

Bref, la vie reprend comme avant, comme avant rien, comme elle n'avait pas cessé d'être... jusqu'à la prochaine fin du monde... le 15 février 2013 !















mercredi 19 décembre 2012

Parler sexe chez le psy

C'est vrai qu'il y a longtemps que ça n'a pas été "sessouel" ici !
Pourtant, croyez moi, c'est pas faute d'en parler tous les jours (et le premier qui dit "c'est ceux qui en parlent le plus qui le font le moins", je l'étrangle virtuellement).

Non parce que faut pas croire, y a pas plus détendu qu'un psy lorsqu'on parle de sexe, de bite, de bander, de chatte, de sodomie, de branlette, de troubles musculo-squelettiques du poignet ou tout simple de cul. 

Ne croyez pas tout de suite que ça veut dire que les psys ont tout essayé et sont revenus de tout...
(enfin euh, je sais plus quoi dire là), mais comme disait l'autre dans Sister Act 2 "c'est pas parce qu'on n'a jamais goûté la noix qu'on ne sait pas quelle goût elle a"...
Ca se respecte comme vision vous me direz.
(et vous aurez constaté que mes références filmographiques sont particulièrement intellectuelles)

Assez cul-rieusement, ce sont les hommes qui sont le plus détendus (demi-molle ou demi-Moore) pour en parler avec moi.
Je dois avoir une bonne tête. 
Ou ils se disent que j'ai l'air d'avoir tout vu.
Ou ils se disent qu'ils vont y aller franco et qu'ils vont voir la tête que je vais faire.
Bon, ils sont mal tombés, parce que perso parler sexe ça me dérange pas. Il m'arrive souvent même d'en rajouter une couche dans le graveleux, histoire de décomplexer la situation.

Y a des patients qui vous parlent sexe en se marrant.
Y'en a qui en parlent avec gravité.
Y'en a qui découvrent qu'on peut essayer autre chose (je ne vous dirai pas quoi non mais) et qui sont tout ébahi.

Mais on se marrent bien en général, surtout avec ceux qui en font le moins.
C'est pas pour certains qu'ils ne voudraient pas pratiquer je vous rassure, c'est que parfois ça ne marche plus.
Question mécanique, question hormones, question psychologique. 
Question aussi de la tronche du conjoint(e) avec le temps.
Question quantitative aussi dans la pratique, la fonction créant l'organe.
Je dis ça, je dis rien.

Les nanas, ah les nanas, pour les faire vous expliquer leurs relations sexuelles, c'est tout un programme.
Et que je tergiverse, et que je tourne autour du pot. 
Et que j'utilise des expressions pas imagées.
Et que je n'ose pas prononcer les mots.
Et que ça dit "enfin, vous voyez ce que je veux dire"...
Ben non justement.
Et que ça prend l'air outrée ou que ça rougit comme une pivoine lorsque la psy utilise "le" mot.
Dès qu'il s'agit de sexe, avec les nanas y a plus personne.
Il est rare d'ailleurs que les femmes consultent pour leurs problématiques sexuelles. C'est toujours la faute du mec. Il n'est pas assez doux, pas assez prévenant, il ne fait pas assez de préliminaires, il n'a pas payé le restaurant ou offert le diamant assez gros...
La frigidité ? Euuuh
La masturbation ? Ah non, non, vous vous rendez pas compte et puis c'est pas pareil (nooon ?). Quelques fois..
Avec les doigts ? Euuuuuuuuuuh, non j'ose pas.
Le plaisir tout simplement ? Si si, des fois. En fait si plutôt souvent, mais bon c'est pas ça (faut savoir). 
Vous lisez "Elle" ? OUUIIIII !!! Alors arrêtez ça ira mieux.

Ce que j'aime c'est quand un des deux consulte pour l'autre.
Ma femme m'a dit...
Mon mari, ouh la la !
Et vous, vous, vous en pensez quoi ?


Pourtant les problématiques sexuelles sont très nombreuses. D'abord parce qu'elles ramènent souvent à l'éducation que nous avons reçu. Plutôt coincée, plutôt explicite. Certains ont obtenu des réponses, d'autres pas du tout. 
Et puis la façon dont se comportaient les proches. Avait-on la possibilité de prononcer certains mots, d'aborder la sexualité ? Comment chaque parent aborde le corps de l'autre... Et l'Oedipe, qui décidemment se met partout, qui non résolu ne vous aide pas. Sans compter les différents traumas, inceste, viol, attouchements.... qui vous inhiberaient un troupeau d'éléphants en rut. Et tout cela chez les deux partenaires, chacun cherchant souvent dans l'autre une façon de régler ses problèmes.

Alors bien sur lorsque ça ne fonctionne pas bien, il est évident qu'il faut passer d'abord par une phase médicale. Diabète, problèmes vasculaires, problèmes cardiaques, prostate (chez les hommes hein), infections vaginales (chez les femmes hein bis)... bref, il faut éliminer les causes physiologiques possibles. Ensuite on se penche sur les questions psychologiques. Avoir du diabète non régulé ça n'aide pas à avoir de belles érections, mais si on plus on part du principe que ça ne peut plus fonctionner et qu'à la moindre panne Madame se plaint ou se moque, ça demande un peu d'aide psychothérapeutique pour retrouver confiance en soi et renfiler son string panthère pour s'adonner aux joies de la brouette japonaise ou de Tarzan au couvent.

Bon, tout ça pour vous dire, que le sessouel chez le psy ça vous secoue la glotte !

Ne pas confondre : 
chez le psy on parle sessouel, mais on ne le pratique pas.


dimanche 16 décembre 2012

La video du dimanche - 1

Et oui, il faut finir l'année en beauté et je me mets à la vidéo. Je ne ferais pas ça très souvent je pense. Encore que...

Bref, aujourd'hui une très courte vidéo des animations des vitrines des Galeries Lafayette et du Printemps du Bd Haussman à Paris. Le monde entier nous les envie (il parait). Pourtant vous verrez qu'il n'y a pas de quoi.
Je n'ai par contre pas filmé grand chose, car il y a tellement de monde devant que les vitrines sont difficilement approchables et il y a toujours un gamin devant qui cache la vue. 

Cette années ces deux magasins ont confié leurs vitrines l'un à un grand couturier qui ne s'est pas foulé mais a donné néanmoins un ton parisien au poupées de chiffons animées, l'autre un grand malletier qui ne s'est pas foulé non plus mais à surtout fait dans l'iconoclaste.

Evitez cette année les illuminations des Champs Elysées qui sont exactement les mêmes que celles de l'année dernière. Des cercles autour des arbres qui changent de couleurs (vive les leds !). C'est peut être économique, mais ça n'a rien de poétique ni de festif (certains auront certainement un avis différents du mien).

Par contre si vous avez des amis ou des proches qui viennent pour voir les illuminations, emmenez les, dès 17h,  sur les Champs Elysées au Drugstore Publicis pour déguster une énorme glace. Choisissez une place dans la "vitrine" et admirez d'un seul regard l'arc de triomphe éclairé et les "Champs".

(et n'oubliez pas de cliquer partout sur ce site pour arriver à deux millions de pages avant le 31 au soir !! lol)


jeudi 13 décembre 2012

Que faire si une dépression persiste malgré les médicaments ?

La dépression saisonnière est de retour. Youpi !
La dépression ça fait vivre plein de monde : les psys, les médecins, les labos pharmaceutiques, la sécu, les hopitaux... Bref, la dépression c'est une vraie valeur économique de notre temps.

Sans compter tous ceux parmi vous qui dépriment rien qu'à l'idée d'aller dans leur famille pour les fêtes de fin d'année. 
Tous ceux aussi qui croient qu'ils vont mourir dans quelques jours. 
Tous ceux qui dépriment rien qu'à l'idée de voir leur compte bancaire se vider à chaque cadeau acheté....

La dépression est partout je vous dis.

Bon, sérieusement (si si ça m'arrive), la dépression, la vraie, ça n'est pas marrant.
Surtout pour l'entourage du déprimé.
Parce qu'il faut bien se l'avouer, le déprimé, il se morfond au fond de son lit, il se traine jusqu'aux toilettes... mais bon ce sont les proches qui se coltinent la mauvaise humeur, les pensées négatives, le fait de tout faire à sa place, sans oublier la culpabilité d'y être peut être pour quelque chose et la culpabilité de ne pas savoir quoi faire et la culpabilité d'avoir parfois envie de quitter ou mettre par la fenêtre le déprimé.

Je devrai d'ailleurs écrire "la" déprimée, car les femmes sont beaucoup plus "sensibles" que les hommes.
Parfaitement je donne dans la discrimination.

Mais tout va très bien Madame la Marquise, votre déprimé(e) à vous est suivi par un gentil psychiatre qui lui a gentiment prescrit de gentils médicaments afin de faire partir sa méchante dépression.

Mais rien ne se passe. C'est bête. Surtout lorsque votre déprimé(e) arrête son traitement.
(je suis d'humeur caustique)

Et là, un grand questionnement existentiel prend place : mais que pourquoi il ne va pas bien puisqu'il a pris son traitement ?

Et bien parce les anti-dépresseurs ne guérissent pas de la dépression. Il la soigne.

La nuance est subtile avouez le. Bien des gens pensent que soigner et guérir c'est la même chose.
Que nenni !
Guérir c'est guérir, soigner c'est... heu soigner quoi.
Lorsqu'on guérit il n'y a plus rien. Lorsqu'on soigne il peut y avoir encore. 
D'ailleurs dans les hopitaux ils vous soignent. Ils ne sont pas fous, ils ne vous pas vous guérir, vous ne reviendriez plus et puis dire qu'ils vont vous guérir, c'est se fixer un objectif qu'ils ne pourront peut être pas atteindre. Je disgresse.

La dépression ne se guérit pas... pas avec des médicaments. La dépression est un trouble de l'humeur. Lorsqu'on l'a, on l'a. Surtout lorsqu'on n'a pas envie d'en sortir.
On pense que cela est lié à un dérèglement des neurotransmetteurs cérébraux (surtout la sérotonine), mais en fait on ne sait pas vraiment. Alors les médicaments vont tenter de remédier à ces dérèglements. Normalement, ça fonctionne. Sans qu'on sache vraiment qu'elle est la part du traitement et la part psychosomatique.

Mais quelque soit le traitement : antidépresseurs, antidépresseurs et anxiolytiques à l'arrêt du traitement tout redevient comme avant le traitement. On retourne au point zéro.
Le pire, c'est que lorsqu'on arrête un traitement, à chaque rechute, la personne déprimée s'enfonce un peu plus et les traitements sont de moins en moins efficaces. En général, la troisième "cure" n'a plus aucun effet. Ce qui tendrait à démontrer qu'il ne suffit pas de rééquilibrer une sécrétion cérébrale...

Il va falloir comprendre que le déprimé déprime parce que sa vie n'est pas celle dont il a envie. J'en ai déjà parlé ailleurs (je ne sais plus où). Dans sa tête, il a imaginé une vie de rêve avec une certaine réussite, un certain métier, un(e) certain(e) partenaire, des enfants comme-ci, une maison comme ça, des parents idéaux... or sa vie ne correspond en rien à ce qu'il a rêvé et rêve encore. 

Pendant le traitement, il oublie cette vie rêvée et arrive à coller plus ou moins à la réalité du monde. C'est un espèce de zombie, il avance dans un monde qui n'est pas vraiment le sien. Plus ou moins adapté. A l'arrêt du traitement, sa réalité reprend le dessus et lorsqu'il superpose les deux, ça ne colle plus. Et paf, re-dépression.
On comprendra aisément que la dépression soit de plus en plus profonde, en effet, la personne comprend que jamais la réalité ne changera et que sa vie ne sera jamais celle dont il rêve. C'est comme si une personne qui dort faisait un joli rêve et au réveil se trouvait dans un monde infernal. Il est évident qu'elle finirait par fuir les réveils et préfèrerait rester dans son rêve, les réveils seraient donc de plus en plus pénibles.

Il est donc évident que le traitement médicamenteux n'aide en rien le dépressif à régler sa problématique. C'est une fuite peu efficace.
Mais nécessaire. Absolument nécessaire même afin que le dépressif ne finisse pas par se jeter de lui même par la fenêtre afin d'échapper une fois pour toute à une réalité qui ne lui convient pas.

Le problème du déprime c'est qu'il s'obstine à vouloir modifier la réalité pour la faire coller à sa réalité.
Or c'est le processus inverse qui doit être entrepris, et que nous faisons tous sans nous en rendre compte, c'est nous qui nous adaptons au monde et ce n'est pas le monde qui s'adapte à nous. 

La prise d'un traitement médicamenteux doit donc surtout servir à être en état de suivre une psychothérapie (car sans traitement la personne dépressive n'arrive plus à réfléchir et ressasse les mêmes idées noires, ce qui ne fait rien avancer). Le traitement lui permettra donc d'avoir un "cerveau" en fonctionnement qui va réfléchir, analyser, comprendre.

Car oui il va falloir comprendre. Comprendre pourquoi on a choisi un monde si différent de la réalité. Pourquoi on s'est tant écarté de ses rêves. Comment on pourrait s'adapter au monde réel... 

Donc oui la dépression persiste malgré la prise de traitement. Et oui ça peut s'arranger si la personne entreprend une psychothérapie analytique et cognitivo-comportementale.

C'est aussi parfois l'occasion de découvrir qu'on n'est plus face à une dépression mais face à un trouble bipolaire ou à une personnalité border-line. Et là la psychothérapie ne règlera rien, mais servira de soutien dans la vie quotidienne. 






dimanche 9 décembre 2012

Le Carrousel des métiers d´art et de création

Vous êtes sur Paris et vous ne savez pas quoi faire de votre dimanche après midi ?
Foncez au Carrousel des métiers d´art et de création qui a se termine aujourd'hui. C'est au Carrousel du Louvre (75001).

Vous y découvrirez des créateurs qui viennent vous faire partager leurs créations et leur passion.
Des restaurateurs de tableaux, des joailliers, des couturiers, des céramistes, des ébénistes, ....
L'entrée est gratuite.
Il y a énormément de choses à voir et à découvrir. Les artisans et artistes (souvent maître artisans d'art et compagnon) présents sont pour la plupart très ouverts et vous feront partager un peu de leur savoir si vous leur poser gentiment des questions. 

Vous pourrez découvrir les charmants époux Marguerite qui viennent défendre les boomerangs en bois fabriqués en France par leur fiston champion du monde de boomerang !
Vous admirerez le travail de broderie haute couture qu'effectue devant vous la très sympa Victoria Darolt.
Vous évoquerez la haute couture avec Claire Sarmadi,  qui vous étonnera par sa formation multiples (design textile, brodeuse, couturière, dentellière...) qui vous expliquera avec délectation le travail nécessaire à la fabrication de robes de hautes couture qu'elle a créé pour des grandes maisons françaises.
J'ai passé quelques minutes magnifiques avec Florence (dont j'ai oublié le nom qu'elle m'en excuse) restauratrice de tableau mais surtout spécialiste du travail de la feuille d'or... qui m'a fait prendre conscience qu'il faudrait qu'un jour je me forme sérieusement à cet art.

Bref, il y en a pour tous les goûts.
Sachez pour finir que vous pouvez acheter sur ce salon ! Oui, beaucoup de créations sont en ventes, idéal pour les cadeaux de fin d'année. Mais attention le budget (aïe, aïe !) rien à moins de 30 € pour de toutes petites créations, comptez plutôt entre 50 et 150 € si vous souhaitez repartir avec le cadeau idéal (et jusqu'à plus de 15000 € pour la haute joaillerie).









mercredi 5 décembre 2012

Mon enfant n'a pas de père, comment lui dire ?

(Cet article est le 900ème de ce blog - mais pour arriver à 2 millions de pages vues faut cliquer)

J'abordais mes emails, lorsque brutalement je tombe sur un sujet qui m'interpelle. Une jeune femme, seule, qui a décidé de faire un enfant via le FIV, se demande comment elle va bien pouvoir annoncer à son enfant qu'il n'a pas de père.

Plusieurs psys, avec beaucoup de diplomatie, lui répondent qu'elle devrait se demander pourquoi elle a décidé d'avoir un enfant sans père. C'est une bonne question je l'avoue.

Mais moi ce n'est pas ça que j'entends. Je lis bien "mon enfant n'a pas de père".
Et pourquoi donc n'a t il pas de père cet enfant là Madame ?

D'abord je serai terre à terre, et je reviendrai du coup à ce qu'en disent mes collègues, la question de comment vous alliez aborder la question aurait du vous effleurer avant de passer à la FIV. Vous avez fait un choix faut l'assumer.

Ensuite, soyons réaliste. Vous avez fait le choix qu'il n'y ait pas de place pour le père, c'est votre droit le plus strict. Mais on ne pourra s'empêcher de se poser la question de pourquoi vous aviez décidé de ne pas donner de père à cet enfant et qu'est-ce qui peut bien vous faire culpabiliser maintenant dans le faite de le lui dire ? Votre demande semble faire apparaître que vous regrettez aujourd'hui cette démarche en vous rendant compte que "mince, ça complique certaines choses". Ben oui, mais bon, quand foyallerfoyallé.

Alors, encore une fois, d'où sortez vous que votre enfant n'a pas de père ?
Bien sur qu'il en a un. 
Aujourd'hui encore, au moment où j'écris, il faut des gamètes mâles pour arriver à avoir un enfant. 
Alors oui, vous n'avez pas fait crac-crac avec un monsieur, mais bon le résultat est le même qui si un grand mâle viril vous avez projeté son sperme sur le col de l'utérus, y a eu fécondation grâce à du matériel génétique mâle. 
Et c'est même d'ailleurs pour cela que vous avez un garçon et pas une fifille ! (ah oui j'avais oublié de le dire)
C'est bête vous qui ne vouliez pas d'homme dans votre vie, voila que la nature s'est chargée de vous en coller un dans les pattes qu'il va falloir se coltiner au minimum 20 ans. Sans compter que pour le côté infantile masculin vous allez donner à fond dès le départ... Quelle blagueuse dame Nature !

Revenons donc à mes moutons, donc cet enfant à un père. Et c'est ce qu'il lui dire. Il pourra ainsi se construire une image d'un père idéalisé, mais au moins une image masculine qui planera au-dessus de lui si je puis dire et qui le rassurera. Non sa mère n'est pas la vierge Marie et non vous n'avez pas été fécondée par une éprouvette en plastique (stérile !).

Il est donc très important de lui expliquer qu'il a un père. Un père que vous avez peut être choisi d'ailleurs : la taille, la couleur des yeux, le QI, le niveau d'éducation... Il cherchera à savoir s'il ressemble à son père, vous ne pourrez pas lui répondre, mais s'il ne vous ressemble pas, vous pourrez lui répondre que certainement oui, mais que de toute façon vous êtes un mélange des deux.

Vous lui expliquerez aussi que vous avez fait le choix qu'il ne connaisse pas son père. Encore une fois sans jugement aucun, vos raisons étant les vôtres, il faudra bien sur lui expliquer les raisons de votre choix (d'où un peu d'introspection). Sans culpabiliser mais sans aussi lui véhiculer une image que "tous les mecs sont des salauds", ce qui ne l'aiderait pas à se construire psychiquement admettez-le.


Pour finir, votre enfant va rencontrer trois difficultés :
- un enfant a besoin de savoir qu'il est l'enfant de l'amour. D'ailleurs c'est la réponse principale qu'il attend lorsqu'il vous demande à 3 ans "comment on fait les bébés ?". Or la notion d'amour est unilatérale chez vous. Cela va être difficile à entendre. Il pourra se dire qu'il n'a pas été désiré par son père, que celui-ci n'a pas voulu le (re)connaître.

- en grandissant votre enfant va se demander si vous ne l'avez pas mis au monde pour combler une lacune affective chez vous. Et oui, pourquoi se demandera-t-il faire un enfant seule sans affect ?


- que dire à ses petits copains de classe ? En grandissant cette difficulté s'atténuera, mais vous verrez qu'il va dire 'mon père est mort' ou 'papa est parti', parce que dire 'je ne sais pas qui c'est' ou 'mon papa c'est une FIV', ça va l'obliger à expliquer plein de trucs sur lesquels il n'aura sans doute pas envie de se pencher. Ca passera, mais ça va marquer au début.


Bon, voila en fait lui expliquer d'où il vient ne sera pas si terrible que ça. C'est juste qu'il ne vous faudra pas faire l'amalgame entre "je n'ai pas eu d'homme dans ma vie" et 'il n'a pas de père". Ce sont deux notions différentes.


PS : la FIV peut poser quelques problématiques dans le couple. Le "papa" peutne pas se sentir père, en effet, s'il y a donneur le parent masculin peut se sentir exclu.
il se passe aussi dans une situation avec donneur que dans le cas d'une séparation du couple, la mère décrète au papa "tu n'es pas son père" ! 

Certaines mères elles mêmes vivent très mal leur grossesse, car la médicalisation peut leur laisser croire qu'elles n'ont pas été fécondées 'naturellement' et que cet enfant n'est pas l'enfant de leur compagnon (qui est pourtant donneur) ou l'enfant peut être considéré comme une "chose" introduite dans le corps. Ce qui génère cauchemars, rejet du foetus et parfois rejet de l'enfant.
Bref, la FIV légalement OK, mais psychologiquement c'est une autre histoire.


 papa !





lundi 3 décembre 2012

Pour médire soyez belle !

Les ragots ont une vertu sociale. Ils permettent d'échanger et renforcent donc les groupes dans lesquels ou entre lesquels ils ont lieu. Encore qu'on ne sait pas vraiment à quoi ça sert de médire.

Et les femmes en disent bien plus que les hommes.

Le ragot est à double tranchant. Ca nous amuse d'en dire ou d'en entendre, mais on n'aime pas en être la cible. Médire des autres oui, mais qu'on médise de nous, ça non.

Pourtant dans la vie, les études de terrain montre qu'on parle peu des autres. On parle plutôt de soi. On dit rarement des choses négatives (1 fois sur 7).

Mais lorsqu'on parle des autres c'est souvent pour médire. Et on médit bien plus sur une personne de même sexe que sur une personne de l'autre sexe.  (y a plein de mecs devant leur écran qui viennent de faire "ouf").
Plus les jeunes filles ou femmes sont proches, plus elles médisent. Surtout sur leur petit ami. Elles vont aimer les ragots sur leurs proches, mais dans ce cas ce seront plutôt des informations positives qui seront émises. Par contre, non seulement les hommes médisent peu, mais en plus ils le font rarement au sujet de leur petite amie. Ils vont parler de choses vues à la télé, une célébrité, un homme politique ou encore d'amis communs et encore surtout s'il s'agit d'argent ou de conquêtes féminines. 

Contre toute attente les ragots répondent à des règles et des normes. Ils sont émis à certains endroits, dans certaines circonstances et d'une certaine façon. En entreprise, l'espace autour de la machine à café reste le lieu favori de l'expression de la médisance ! C'est ainsi que les nouveaux apprennent les règles en cours dans leur service, qui fait quoi... bref, entendre les ragots peut servir à mieux s'intégrer dans un nouveau travail.

Comme je l'écrivais au début de l'article on ne sait pas vraiment à quoi ça sert de faire des ragots. Pourtant, cela se pratique depuis longtemps et ne cesse pas. Les chercheurs en viennent donc tout naturellement à penser que si ce comportement perdure, c'est qu'il a un intérêt. D'abord celui de se comparer aux autres. Ensuite de montrer que nous on sait et pas l'autre. Et peut être aussi un moyen d'éloigner la concurrence.

En effet, il peut y avoir avantage à faire courir les ragots. Les ragots positifs servent à renforcer une image, une amitié. Mais les médisances servent surtout à énoncer une forme indirecte de violence. Face à  la méchanceté, les hommes répondent par la violence physique et les femmes par la médisance (violence psychologique). 

Si les ragots en disent long sur la cible mais aussi sur la personne qui les émet, ils ne sont pas sans danger social. On pourrait penser fort justement qu'à force d'émettre des ragots négatifs, des médisances, une personne va se "tuer" socialement et voir son cercle d'amis se restreindre fortement. 

Et bien il n'en n'est rien.

En effet, les études de terrain démontre qu'une personne jugée "attirante" socialement va voir son pouvoir d'attraction renforcé par l'émission de ragots négatifs. 

Pour les hommes, lorsqu'une femme jugée attirante est la cible de médisance émises par d'autres femmes séduisantes, cette femme va perdre son attraction. Mais celles qui ont émises ces ragots ne perdent absolument pas leur pouvoir attractif, alors qu'elles vont être jugées moins aimables. 

Les femmes considérées comme "belles" peuvent médire à souhait. Là, encore elles ne perdent pas leur aura et sont toujours jugée attirantes. 

Par contre ne vous avisez de médire si vous n'êtes pas dans la catégorie "attirante", vous seriez broyée par le système ! Les femmes jugées peu attirantes voient leur popularité disparaître lorsqu'elles médisent.

La boucle est bouclée, car ce comportement n'étant pas jugé négativement chez les femmes "attirantes", ce sont les femmes "attirantes" qui médisent le plus et qui propagent d'une façon générale le plus de ragots. Elles peuvent se le permettre sans aucun impact social.

Pour médire, soyez belle !

"Elle est trop nulle, moi à sa place...."



mercredi 28 novembre 2012

Inquiétante étrangeté

(une dédicace spéciale Lea : 
Capitaine Flam by VA on Grooveshark)

Je sais, je sais, je ne suis pas très présente en ce moment, mais j'ai un agenda de ministre, comme toujours soit il ne se passe pas grand chose, soit quand un truc arrive, il y a 10 autres en même temps...

J'avais vaguement parlé de la notion d'inquiétante étrangeté dans un commentaire.

j'y reviens aujourd'hui bien que ce soit une notion difficile à expliquer. Je n'ai pas dit difficile à comprendre, mais surtout Freud, à l'origine de ce concept, n'y a consacré qu'un infime partie de son travail laissant la porte ouverte à de nombreuses questions.

La notion d'inquiétante étrangeté est la traduction de "unheimliche". Mot allemand totalement intraductible dans toutes les autres langues, d'autant que Freud en fait un concept psychique recouvrant plusieurs choses. D'ailleurs dans bien des ouvrages aujourd'hui, on ne traduit plus le terme. 

Umheimliche se traduit de façon classique par "inquiétant, lugubre". Il est normalement le contraire de "heimliche" qui se traduit par "familier". L'allemand oppose donc ce qui est familier (donc connu et déjà vu) à ce qui n'est pas connu et qui ne peut être par nature qu'inquiétant. Donc tout ce qu'on ne connait pas est inquiétant et sombre. 

Mais pour Freud, du coup, unheimliche et heimliche ne sont plus des opposés mais bien les extrêmes d'un continuum entre connu / inconnu ou familier / inquiétant.

Jusqu'à là vous suivez.
Normalement.

Qui dit continuum, dit milieu. C'est à dire qu'il existe un moment où ce qui est familier rencontre ce qui est inquiétant. C'est là que se situe la notion de "inquiétante étrangeté". Ce qui est connu ne l'est plus totalement et ce qui est inconnu ne l'est plus totalement non plus. Connu et inconnu se superposent, les choses familière deviennent inquiétantes, ce qui créé l'angoisse.

Ce continuum est très différent d'une personne à l'autre. Chacun a le sien en fonction de son vécu.

Ca va se complexifier, lorsque vous allez tenter d'admettre qu'en fait certaines choses nous sont ou nous ont été famililères mais qu'elles devraient restées cachées, tues. Et elles vont refaire surface. Ce qu'elles ne devraient pas faire. 

Vous allez me dire, mais comment quelque chose de familier peut il être caché ? Et bien, prenez tout simplement un souvenir. Si je reprends l'exemple de la maison que vous avez habité petit enfant (et qui n'existe plus), cette maison vous pouvez vous en souvenir, vous pouvez revoir psychiquement dans votre tête l'emplacement des meubles, revoir les personnes vivre dedans. Vous n'y pensez quasi jamais en temps normal. C'est du passé, cela ne resurgit qu'à la lumière de quelque chose qu'on vous raconte, d'une photo que vous voyez... Imaginons, vous vous souvenez, que vous allez sur les lieux de cette maison et que à la place vous trouviez un immeuble. Paf, l'image de la maison resurgit. Ce qui créé une sensation étrange. L'image de la maison qui vous est toujours familière se superpose à la réalité. Une illusion vient en collusion avec la réalité. C'est cette superposition qui est l'inquiétante étrangeté. Ce qui est familier, sympathique devient troublant, inquiétant.

L'image passée semble en vie alors qu'elle est inanimée. Elle surgit comme pour s'assurer de ne pas disparaître. Elle se joue de la mort. Après tout cette maison n'existe plus, pourtant elle est encore là. Je fais vivre ce qui est mort. Cela est valable pour les objets mais pour les êtres humains aussi. Qui, ayant vécu un décès, n'a pas pendant quelques temps eu l'impression de croiser la personne dans la rue ? On la reconnait parmi les inconnus, une démarche, un style, une coiffure... L'inquiétant étrangeté se joue de la mort. La faire resurgir c'est tenter de faire revivre quelque chose qui n'est plus.

Ce qui est bienveillant, doux, un joli souvenir devient quelque chose d'inquiétant, une image qui créé de l'angoisse voire de la peur.

Ces images du passé sont des restes magiques. Par la toute puissance de la pensée magique je fais resurgir des choses qui n'existent plus. Des éléments qui auraient dû rester enfouis, cachés, tus. L'affect lié à ces images à été refoulé et à chaque fois qu'il revient il créé de l'angoisse, un mal-être. Or, ce n'est pas l'image qui est inquiétante bien sur, puisque nous l'avons vu elle est familière, c'est bien le "traitement" psychique que l'on en fait qui la rend inquiétante.


photo issu du site Crappy Taxidermy 
(tous les animaux sont empaillés)










jeudi 22 novembre 2012

Le psy pousse-t-il au divorce ?

J'ai eu une semaine de ouf. Je suis sur tous les fronts. C'est à la fois passionnant mais aussi épuisant. Sans compter que je n'ai pas eu le temps de vous concocter un article (ni d'en mettre dans mes réserves).



J'ai souvent des patients et je devrai vraiment écrire plutôt des patientes qui arrivent pour prendre une décision : rester avec leur compagnon ou le quitter.

J'en avais déjà parlé lorsque j'avais abordé cet aspect face à la notion de choix antérieur à la consultation. C'est à dire, pour ceux et celles qui auraient oublié, qu'en fait lorsque la personne arrive en consultation avec ce type de question elle a déjà la réponse. Sauf qu'elle est difficile à verbaliser ou à accepter.

Il y a des patients qui font le choix de rester et de tenter par tous les moyens de se rapprocher de leur compagnon. C'est plutôt rare et ce n'est pas super efficace dans le temps. Mais c'est un choix. Leur choix.

Beaucoup expriment très rapidement qu'en fait elles veulent partir et après analyse de causes très rationnelles, finissent par dire qu'en fait elles n'aiment plus leur compagnon. Tout simplement. 

Il m'arrive dans le cadre de cette décision de séparation de recevoir le compagnon. Seul. Deux ou trois fois. Histoire d'avoir sa version de "l'histoire", mais surtout parce qu'il ne comprend pas la décision de sa compagne et il vient tenter de comprendre ce qu'il pourrait faire pour la retenir. Sans compter qu'il vient aussi pour voir la tronche du psy de sa compagne... 

Bien sur, ce qu'a dit sa compagne reste totalement confidentiel. Je le fais travailler sur lui-même surtout pour qu'il comprenne ce qui fait qu'aujourd'hui leur couple en est là. Il me dit "ma femme dit que...". Et lui qu'en pense-t-il ? Parfois si le contenu de la réponse est en désaccord avec les dires de sa compagne, la façon de le dire vient plutôt confirmer la version de madame. 

Il m'arrive de les voir ensemble. Je sers de médiatrice. Mais bon, faut être réaliste tant qu'il y a encore un lien tout est possible mais lorsqu'il n'y en n'a plus qu'un qui aime, ça ne sert à rien. Dans ce cas, c'est celui qui reste qui veut consulter et dans le but d'arriver à convaincre sa compagne de ne pas le quitter en tentant  de me ranger dans son camp à lui.

L'intérêt du psychologue, c'est qu'il n'est dans aucun camp.
Ce qui peut être perçu par un problème par celui qui est largué. Après tout, si on n'est pas de son côté, on est contre lui. Donc si le psy ne se positionne pas, c'est qu'il est contre lui.

Certains compagnons alors sont persuadés que si leur femme les quitte, c'est grâce / à cause de moi ! Après tout je ne soutiens pas ce pauvre homme qui se sent victime. Et d'un autre côté je permets à sa compagne de faire ses choix seule, le plus possible sans influence de l'entourage et sans les pressions -parfois concrètes- qui vont se poser. Après tout, quitter quelqu'un peut avoir un fort impact sur le train de vie ou sur les enfants, mais faut il rester absolument avec un personne qu'on n'aime plus au risque de se faire la gueule à longueur de temps, de s'engueuler souvent ? Ca se discute comme disait l'autre qui est mort.

Parfois, la décision de divorce peut s'appuyer sur un vécu transgénérationnel. Quatre générations de femmes divorcées peuvent poser question dans la balance d'une décision. Et il faut aider la personne qui consulte à s'extraire de ce vécu et à voir les choses par elle même.

Comme toujours, le psychologue va pousser le ou la patient(e) à envisager le présent et son avenir à la réalité des conséquences de sa décision. Mais le psychologue dans des situations de séparation ne prend jamais partie. Il libère la parole. Il permet l'expression du vrai ressenti et de la volonté propre de celle/celui qui vient consulter. Les choix sont pris le plus possible en toute indépendance. Et ça peut être perçu par celui qui est quitté comme une influence.

(et surtout ne croyez pas que celui qui part ne souffre pas)


jeudi 15 novembre 2012

Le Moi-peau

Comme je le dis toujours après une soirée bien arrosée "dose promise, dose bue".

La notion de "Moi-peau" est un concept psychanalytique que l'on retrouve déjà chez Freud et qui fut développé par Anzieu.

Le "Moi-peau" est au psychisme, ce que la "peau" est au corps;
Les deux étant bien sur intrinsèquement liés.
D'ailleurs en psychologie on travaille sur les comportements qui sont des mouvements du corps plus ou moins adaptés et demandés/imposés par le psychisme en réaction à une situation donnée.
On fait travailler le psychisme pour modifier le rapport du corps à l'environnement. Et le retour (feedback) du corps va à son tour modifier le psychisme.
Et on fait travailler le corps pour intégrer les traumas (EMDR, stimulations bi-latérales...).

Ce qui veut dire que via notre perception la réalité est sans cesse faussée, modifiée, interprétée.

Pour se sentir "bien", il faut que les limites corporelles et psychiques soient bien marquées. 
Pour l'individu surtout et pour les autres aussi.

Si la peau est une barrière contre les agressions extérieures, le moi-peau permet de cadrer le psychisme pour mettre une frontière entre ce qui est l'intérieur de l'extérieur de soi.
Ce qui fait que nous faisons la différence entre ce qui vient de l'extérieur et ce que nous ressentons qui vient du psychisme.

Pour la psychanalyse, si ça ne fonctionne pas c'est la faute à maman.
C'est la mère la première encore dans nos Sociétés qui apprend à l'enfant ce qui est "bon" pour lui, elle le protège, filtre les stimulations, fait des choix et lui apprend ce qui vient de l'extérieur et de l'intérieur. L'enfant va donc apprendre ses limites corporelles et donc la différence interne/externe.Au départ, la mère et le très jeune enfant partage la même peau, le côté interne pour l'enfant , le côté externe pour la mère. Et puis rapidement les deux êtres vont se séparer. La mère récupérant sa peau psychique interne et l'enfant créant sa peau psychique externe. Encore faut il y arriver, car c'est un véritable arrachement de "peau" qui a lieu, blessure qu'il va falloir dépasser.

Le "Moi-peau" est donc une peau mentale.
Chez les border-line ou les psychotiques, les limites corporelles sont floues. Et l'environnement est perçu comme agressif car il semble sans cesse chercher à pénétrer en soi et il ne font pas la différence entre leurs émotions et celles des autres.. qui peuvent être perçues comme les leurs.

le "Moi-peau" c'est donc à la fois un contenant rempli des sensations infantiles, une "peau" qui sépare l'interne de l'externe et une zone plus ou moins poreuse selon qu'on a envie ou pas d'entrer en communication avec les autres qui inscrit les expériences qui se présentent.

Ce "Moi-peau" peut présenter des trouble, par exemple si le détachement à la mère a été un arrachement, si la mère est restée trop attachée à l'enfant... En général, les patients qui présentent ces troubles ressentent le besoin d'être "collés" à la représentation maternel que peut être un psy. Ils peuvent aussi présenter des troubles liés à la peau, comme des automutilations ou une dysmorphophobie, voire encore des affections cutanées. Il leur faut attaquer la "frontière" pour s'assurer qu'elle existe bien et qu'elle tient le coup.


Lorsqu'on lui enlève sa peau, voit-on son âme ?













mardi 13 novembre 2012

Mobile mais pas confidentiel

Alors que je prenais le métro (oui encore, ça va me laisser des traumas c'est sur) tout en me demandant s'il était judicieux de faire des achats de Noël alors qu'on risquait la fin du monde bien avant la distribution générale de générosité financière et les règlements de comptes psychologiques annuels, je fus interrompue dans mes réflexions post-incinération par un éclat de voix :

"T'es qu'un salaud ! De toute façon je m'y attendais, t'as toujours été comme ça. T'es vraiment un salopard...." et patati et patata, le tout égrené par une charmante jeune femme l'oreille scotchée à son mobile.Que lui avait donc fait son téléphone pour se faire insulter ainsi ?

Je ne vous dit pas comment elle hurlait. Je pense que tout la graaannde rame en a profité (pour ceux qui ne viennent pas souvent sur Paris nous avons maintenant sur certaines lignes de métro des rames qui font toute la longueur du train et les passagers sont désormais assis le long de la rame. Bref; si vous connaissez le métro de New York vous voyez de quoi je parle). Les grandes rames ça a certains avantages, ça a aussi des inconvénients. A la bourre, on peut monter tout au début du train et prendre son temps pour parcourir le métro à la recherche de la meilleure place située près de la sortie la plus pratique pour prendre sa connection. La contre-partie, c'est "orchestre" improvisé ("Monsieur, Madame, on ne travaille pas, on a 5 enfants, alors on va vous faire de la musique. Si vous donnez, on vous dira merci") (sous-entendu "si vous ne donnez pas, on vous dira l'aller vous faire foutre") (oui, oui, ils n'hésitent pas à le dire). Avant la cacophonie hurlante qui tentait de ressembler à de la musique on pouvait l'éviter. On changeait de rame à la première station. Maintenant tout le monde en profite. Et croyez moi ça hurle suffisamment pour que ça s'entende jusqu'à l'autre bout. Un autre avantage c'est qu'on n'entend pas les jeunes femmes se prendre la tête sur leur mobile (vous avez comment je reviens mine de rien à mon sujet ? La classe !).

Cette jeune femme a pété un câble pendant 10 minutes, je n'ai jamais su la fin, je suis partie avant. Dommage, ça s'annonçait avec des menaces de représailles. J'ai sans doute raté le meilleur.

Mais comme j'en avais marre qu'elle me crie dans les oreilles, surtout qu'elle était debout et moi assise, j'ai glissé avec ma grâce habituelle le plus loin possible, juste à proximité d'une porte (qui s'ouvre maintenant automatiquement, c'est vrai savoir quand appuyer sur un bouton c'était donner trop d'indépendance aux usagers. Infantilisons, infantilisons...).

Cette fois je reste debout. Il me reste 3 stations.
Il y a un type en costard devant la porte. Son mobile doit lui vibrer dans la poche, car il le sort prestement.
Et là il écoute.
Puis...

"Ecoute, j'en ai marre de travailler avec des cons. Faut qu'on se voit. J'arrive on en parle. Tu fais vraiment n'importe quoi. T'es trop con. Faut que je fasse tout moi même....".

Comme j'étais à 75 cm de lui environ, j'en ai bien profité. Il faisait mine de se tourner, afin de 1. s'isoler en ne me voyant plus, 2. m'éviter de participer passivement à sa conversation. Ceci dit le mec à l'autre bout du (non) fil n'avait pas l'air d'en mener large lorsqu'il a su que son interlocuteur arrivait.

Je ne vais pas vous dire que je n'ai jamais répondu sur mon mobile (ben oui j'en ai un) dans un lieu public. Mais en général c'est plutôt pour la frime "Allo, ah c'est TF1 ?" ou "C'est pour une interview ?" ou "vous voudriez m'inviter à votre colloque ?". Le plus marrant c'est d'observer la réaction des gens alentours. C'est petit je sais, mais on s'amuse comme on peut...

Bref, tout ça pour vous dire que ce type de scène j'en vois et entend de plus en plus. Sous prétexte, que le mobile est un téléphone, certaines personnes l'utilisent de la même façon que si elles étaient chez elle assises devant leur téléphone fixe (que beaucoup n'ont plus).

Le problème c'est que dehors, c'est pas dedans.
Ah mais je vous vois vous trémousser sur votre chaise à roulettes : le métro on n'est pas dehors, on est dedans. Mes lecteurs et mes lectrices sont des malins.

C'est vrai. Mais t'as beau être dedans, t'es pas chez toi. Na.
Or lorsque je vais dans un lieu public il n'y a rien qui m'exaspère plus que les gens qui croient qu'ils sont chez eux. Après tout, je pourrais faire pareil me direz vous. Si on commence à tous croire qu'on est chez nous partout et surtout dans les lieux publics, ça va devenir intéressant. Déjà qu'il y en a le matin qui finissent leur toilette dans le métro, si on plus on se met tous à prendre le métro pour un bureau mobile ou pour une alcôve intime, on ne va plus s'entendre.

Très franchement, je suis désolée pour cette jeune femme et pour ce cadre, mais leur vie privée et professionnelle je n'en n'ai rien à foutre. Elle se fait larguer ? C'est son problème. Il a des blems avec son associé ? C'est son problème. Je n'ai pas à en profiter.

En psychothérapie, on passe notre temps à faire comprendre aux patients que la vie des autres, et même celle de leur proche, ne les regarde pas. Chacun sa vie, chacun ses problèmes. Je peux comprendre que certaines circonstances font qu'il est difficile parfois de cloisonner entre lieu privé et lieu public. Par exemple, on peut se dire que le mec qui largue sa copine attend l'heure où elle est dans le métro pour l'appeler car il se dit qu'elle n'osera pas faire un scandale ou que l'associé qui se plante ne pense pas une seule seconde que son partenaire est dans le métro sur le point d'arriver au bureau... 

Mais la répétition de ses scènes dans les lieux publics tend à montrer une confusion. Si les réseaux sociaux nous habituent mine de rien à ce que la vie privée ne le soit plus, exprimer tout et n'importe quoi en public relève d'une certaine logique de prolongement. Privé/public seraient désormais quasi la même chose.

Pourtant autant ces personnes aiment parfois s'exposer en public autant elles n'aiment pas les retours qu'elles peuvent en avoir. Si on prend Facebook, si vous répondez à une personne en étant en désaccord avec elle, vous vous faites engueulez. J'imagine que si je m'étais mêlée des échanges de cette jeune femme, j'en aurai pris plein la tête aussi. Ce qui montre bien que ces personnes font encore très bien la différence entre privé et public. Il existe donc parfois (souvent ?) une volonté de faire partager des scènes privés à un public (qui n'a rien demandé).

Personnellement, lorsque je veux du spectacle, je préfère payer mais au moins j'ai un spectacle choisi, à un horaire qui me convient dans un lieu auquel j'adhère. Ces "spectacles" impromptus et souvent agressifs, je ne les pas demandé et je n'y adhère pas. Je suis donc plus ou moins obligée de subir la vie d'un(e) autre que je connais pas et qui de son côté, essaie de me forcer à partager sa vie.

Je finirai par une remarque. Comme tout le monde les paroles "quotidiennes" voire "banales" me gènent moins. En effet, entendre des gens se donner RDV ou se dire qu'ils arrivent bientôt n'a pas le même impact. D'abord parce que même sans mobile, dans le métro les gens comptent le nombre de stations qu'il leur reste, ils discutent de ce qu'ils vont voir ou de ce qu'ils ont vu. Des conversations comme on peut en entendre partout. Et justement ça reste superficiel, non intime. Les conversations moins banales je dirai, par exemple, un thème bien précis, en fait surtout des conversations qui durent sur un ton soit de confidence soit hystérique, sont tout aussi infernales.  

Il est clair que la notion d'intimité reste un le facteur prédominant dans la gène occasionnée.


Bref, voila un exhibitionnisme forcé qui devrait être interdit.

Sa conversation l'a fait monter au plafond ?


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