lundi 16 janvier 2012

Les enfants "dys" - hyperactivité et troubles de l'attention

L'hyperactivité concerne principalement les garçons (8 fois plus que les filles, bien qu'on pense que l'hyperactivité est sous estimée chez les filles du fait mieux "canalisée"), soit au moins 1 enfant par classe

On parle d'hyperactivité avec ou sans troubles de l'attention. En fait l'hyperactivité sans troubles de l'attention c'est plutôt rare, mais les troubles de l'attention sans hyperactivité c'est tout à fait possible.L'hyperactivité est en effet moteur, un besoin de "bouger" alors que les troubles de l'attention sont plutôt réactionnels liés à une pathologie psychique individuelle ou familiale.

Pour être plus précis :
Qui dit hyperactivité dit enfant en hyper action. Il grimpe partout (et prend des risques), il ne peut pas rester assis, il n'arrive pas à jouer tranquillement...

L'impulsivité c'est lorsqu'il n'arrive pas à respecter des règles (il n'arrive pas à attendre son tour par exemple), il impose sa présence, il va être "maladroit" (il se cogne, renverse des objets, se heurte aux autres personnes..), il prend des risques.

Les troubles de l'attention se traduit par un enfant "tête en l'air", distrait, rêveur. Il perd facilement ses affaires, il a du mal à finir ce qu'il commence, il a du mal à respecter une consigne (il ne la lit pas en entier de toute façon), il a du mal à s'organiser et lorsqu'il écrit il fait des fautes... d'inattention !

Si l'hyperactivité est visible tôt sans qu'on sache vraiment si on a affaire à un enfant "tonique" ou hyperactif, les troubles de l'attention associés sont diagnosticables à partir de l'entrée en primaire lors des premiers grands apprentissages.



Ces troubles se doivent d'être évalués à la maison et dans un autre environnement (scolaire par exemple), ils doivent être présents depuis plus de 6 mois et les enfants doivent être gênés dans leurs apprentissage (et ce ne sont pas les parents qui doivent être gênés, bien qu'un enfant hyperactif soit parfois "difficile"...). Il existe des tests pour évaluer les symptômes (moi j'utilise le Conners auprès des parents et des enseignants).

Cela peut être l'hyperactivité qui est dominante ou l'inattention selon les cas.

Ces troubles vont entraîner :
- des problèmes d'apprentissage avec dans la majorité des cas : dysphasie, dysorthographie, dyslexie.
- des problèmes de mémoire à court terme
- des troubles émotionnels : anxiété, phobies, dépression + troubles du sommeil
- un trouble oppositionnel : intolérance à la frustration, enfant tout le temps en opposition, agressivité, relationnel difficile, non respect des règles sociales...

L'enfant peut donc se retrouver en échec scolaire, il s'intègre difficilement dans un groupe (il est marginalisé en classe, mais aussi à la maison face à la fratrie, les parents le rejettent par ils sont épuisés, les enseignants s'énervent...), l'enfant s'autodéprécie. 


L'hyperactivité se calme avec l'âge mais l'enfant continue à "remuer sur sa chaise". A l'adolescence, l'hyperactivité peut se transformer en "impulsivité" avec difficulté des contrôles et penchant vers une certaine agressivité et/ou rejet du système scolaire si celui-ci ne prend pas en compte les difficultés de l'enfant. Un enfant hyperactif peut être perturbant en classe et les enseignants doivent comprendre que l'enfant ne le fait pas exprès. Son but n'est pas d'amuser les copains non plus (bien que cela peut être un renforcement des comportements).

Il est nécessaire d'apporter de l'information aux parents et aux enseignants. L'enfant doit être "cadré", ce qui veut dire être strict (mais pas sévère car les comportements ne sont pas volontaires). L'enfant doit bénéficier d'une prise en charge globale (mais coûteuse) en orthophonie, psychomotricité, ergothérapie et psychothérapie cognitivo comportementale. Une psychothérapie familiale est intéressante car certains parents "craquent", certains baissent les bras ou au contraire deviennent hyper autoritaires.

En Europe, dans les cas lourds, on envisage la prise d'un traitement médicamenteux car l'hyperactivité avec troubles de l'attention aurait des bases cérébrales. Certains neuromédiateurs ne seraient pas efficaces parce que soit sécrétés de façon inadaptés (pas assez ou au mauvais "rythme") soit ils seraient mal "transmis", ce qui ferait qu'en fait les hyperactifs ne recevraient pas assez de médiateurs au niveau des neurones. D'où la nécessité de réguler en en augmentant les sécrétions. Les traitements (méthylphénidate) stimule la fonction cérébrale (c'est un dérivé des amphétamines) en augmentant la quantité de médiateur entre les neurones et rééquilibre le tout. Aux USA on trouve d'autres molécules. D'autres théories sont à l'essai comme la prise de magnésium ou de vitamines.... sans grands succès pour l'instant.

On ne guérit pas de l'hyperactivité, on apprend à se contrôler.

9 commentaires:

  1. Bonjour
    Brigitte parent de deux enfants
    Nous voulons tous le bien de nos enfants mais quand ceux ci sont en crise c'est une véritable prise de tête!!
    J'ai eu ce souci de crise avec l'aîné mais je pense que c'st un cap obligatoire!
    Le plus difficile est de réagir convenablement face à ces crises...
    Avec de bons outils c'est possible, pour ma part je suis allée voir un psychologue.
    Courage à tous les parents d'enfants difficiles!
    http://snipurl.com/21qhiaa

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  2. merci pour cette série d'articles très intéressant. Sujet difficile pour moi, voir douloureux. Je trouve que tu as raison de parler du suivi familial, on n'insiste jamais assez sur ce point très important... Un enfant hyperactif demande beaucoup d'adaptations en particulier dans la manière de s'exprimer. Avec mon zigoto il faut toujours rester très calme, parler gentiment, lui donner confiance et l'encourager.

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  3. Belle pub "Brigitte".. lol mais merci pour ce commentaire.

    Les parents ont le droit de péter les plombs aussi de temps en temps.L'enfant doit comprendre que ses comportements ont des conséquence, pas seulement sur les objets, mais aussi sur les autres. Mais l'idéal est de rassurer l'enfant aux maxi. Nous y reviendrons dans l'article sur les enfants surdouées.

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  4. ....Que de progrès en 40 ans...

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  5. Alexis peux tu me dire à quels progrès tu penses? Je n'ai pas une vision très positive sur ce sujet.

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  6. Il faut préciser aussi qu'un enfant qui va paraitre "hyperactif" ne l'est peut-être pas. Il peut parfois s'agir de problèmes affectifs qui se manifestent par de l'innatention ou de l'hyperactivité, les enfants ont des "pensées parasites" comme je les appelle.
    On peut aussi être face à une Défense Maniaque au sens de Mélanie Klein.

    Aztek

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  7. Aztek : oui tout à fait, mais les résultats aux tests ne sont pas les mêmes.
    En psychiatrie, on sait que la dépression peut se traduire par une hyperactivité afin de ne pas se laisser envahir par les ruminations.

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  8. Bonjour Milady,

    Je ne peux que parler du cas qui me concerne. Premièrement, je vois d'énormes progrès en termes de diagnostique. Etant petit, je souffrais clairement de troubles de l'attention...à l'époque, à par la punition, et les sanctions lors des interros…il n’existait pas grand-chose. J’ai franchement vécu l’enfer à l’école jusqu’à ce que je quitte la France et que j’arrive au Lycée Français de NY où le niveau d’exigence était énorme, c’était difficile vraiment, et où je me suis vraiment éclaté (malgré des devoirs et leçons jusque des 21-22h tous les jours en semaine, le tout en dernière primaire). Il y a eu un épisode intermédiaire dans l’enseignement US, ou j’étais déjà beaucoup plus adapté, car on nous demandait d’être beaucoup plus autonomes.
    En terme de thérapie et de suivi, ben puisque le problème était considéré comme banal problème de comportement (d’autres faisaient pipi au lit, d’autres encore le faisait en classe…), le remède était « l’éducation »…j’ai connu chez les « bonnes sœurs » le martinet…
    Dans le secondaire, j’en ai aussi pas mal bavé…mais le niveau en Belgique était tellement bas que j’ai pu vivre sur mes acquis sans quasi rien foutre jusqu’à la fin de mon secondaire….avec de solides problèmes disciplinaires.
    Inutile de dire qu’en termes de médication il n’existait rien.
    En comparaison, j’ai un fils de 7 ans qui a faillit mal partir comme moi dès les gardiennes…Sans rentrer dans les détails, j’ai utilisé ma formation en thérapie systémique pour recadrer son institutrice…et maintenant, tout va plutôt très bien, il s’en tire avec une moyenne supérieure à 92 % dans une école réputée extrêmement exigente.

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  9. Bonsoir Alexis, merci de ta réponse.

    Je suis plus mitigée. Evidemment je ne généralise pas, je regarde seulement mon expérience avec mon fils qui souffre d’un déficit d’attention « hors norme » et d’impulsivité. Tout d’abord lorsque mon bonhomme était petit je ne connaissais absolument rien à tous ces problèmes, j’avais juste entendu parler de dyslexie (un copain de mon aîné). Mon fils n’a jamais été turbulent même s’il est très vivant, il comprend facilement et rapidement. Dès la maternelle j’ai pensé qu’il y avait quelque chose, que sa scolarité ne serait peut-être pas simple. Au CP il n’a pas eu de problème mais je trouvais sa lecture difficile (je passe sur les oublis de cartable, vêtement…). Au CE1, pareil, mais là j’ai pris rendez-vous chez une orthophoniste car il lisait vraiment très lentement et je le trouvais inquiet. L’orthophoniste savait mais ne nous a rien dit… CE2 : jeune institutrice mal dans sa peau qui a collé tous les maux possibles sur mon fiston. Résultat immédiat : il regardait la pendule toute la journée, tombait de sa chaise… L’orthophoniste m’a alors conseillé de la psychomotricité et sur le pas de la porte elle m’a dit « on ne va quand même pas le mettre sous médicament ». Ça m’a choqué, je ne savais pas de quoi elle parlait ! Un peu plus tard, j’en parle à mon généraliste qui ne m’explique pas de quoi il s’agit et conseille du sport intensif et une plus grande sévérité. Le temps passe et rien ne va plus. J’avais l’impression d’avoir 2 enfants différents, celui des vacances et celui de l’année scolaire de plus en plus dépressif. Je suis tombée par hasard sur un site parlant de l’hyperactivité et là j’ai compris. J’en parle à la psychomotricienne, qui elle aussi savait mais ne m’avait rien dit car « la ritaline rend amorphe ». Que dire de ces 3 professionnels qui étant opposés au traitement nous ont caché la réalité ? J’ai obtenu un rendez-vous à l’hôpital en CM2, que de temps perdu. On rempli une fiche : situation professionnelle, familiale. La psy lit la fiche et pendant ½ h (sans qu’on ait dit quoi que ce soit) nous accuse : c’est notre petit dernier, on a réussi et les aînés marchent bien donc on veut absolument qu’il soit un petit génie… Finalement elle lui fait faire quelques tests et là nous fixe des rendez-vous avec toute l’équipe en urgence. Bien entendu pas un mot d’excuse. Là le diagnostic tombe et le traitement commence (+orthophonie, psychomotricité, psy). Plus récemment, le médecin universitaire lui a fait un long discours pour qu’il arrête son traitement…
    Côté scolaire c’est mitigé aussi. Comme c’est notre petit dernier et que nous n’étions jamais intervenus à l’école sauf pour aider ou pour des animations scientifiques, on nous a pris au sérieux, mais quel combat… Je dois dire qu’on a rencontré des gens formidables, 2-3 personnes par équipe scolaire. Pour les autres : heures de colle pour les oublis, lorsqu’il s’exclame devant un arc en ciel… Refus de mettre en place le tiers-temps car il répond facilement à l’oral donc « il n’a qu’à travailler », pour les contrôles il est placé à côté de la porte pour qu’il soit bien distrait par les passages, refus de le laisser utiliser une tablette numérique… Et pour le plus grand plaisir de mon bonhomme sur le bulletin « enfant inattentif, doit se concentrer », ben oui ...
    Bon je rassure tout le monde : même si à la fac c’est pas encore gagné il est heureux !

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