mercredi 29 février 2012

La psy devient.... médecin ?

Il fallait bien un titre accrocheur pour le 800ème article de ce blog.
Oui, mesdames et messieurs, vous avez bien lu : 800 articles pour vous faire réfléchir et débattre.

Alors, pourquoi ce titre aujourd'hui ?

Parce qu'au bout de 800 articles et de 7 ans d'études de la série Docteur House, je crois pouvoir affirmer haut et fort que dans les cas de maladies graves, il faut se demander :

- est-ce un cancer ? Oui ? allez hop chimiothérapie ou corticoïdes du style Prednisolone (moins recommandés mais bon c'est le patient qui choisit). 

- si non, est-ce une infection ? Si oui, ce sera antibiotiques (moi on m'a appris que c'était pas automatique, vu qu'une infection peut être microbienne ou bactérienne), si ça résiste c'est une sarcoïdose (lol).

- si non, c'est une maladie auto-immune. En général, y a rien à faire, donc le malade "claque" plus ou moins vite.

Et pour corser le tout, sachez qu'il est possible de tout avoir à la fois.

Mais ne désespérez pas, une fois qu'on vous aura enlever les reins, le foie et greffez des poumons et un nouveau coeur, vous irez beaucoup mieux... vous verrez.


Un p'tit IRM ou une p'tite ponction lombaire pour finir la journée, ça vous irait ?


lundi 27 février 2012

L'enfant de la réconciliation

Alors que le XXIème siècle commence a être bien entamé, à l'heure où la diffusion des théories psychologiques sont hyper diffusées et accessibles, je suis toujours très étonnée d'entendre encore dans la bouche de certains couples des "bien-fondés" basés sur des incohérence cognitives.

Ainsi, de très nombreux couples affirment encore faire des enfants afin de consolider leur couple ou afin de se réconcilier. Et lorsqu'ils se séparent, 3 à 4 ans après la naissance de l'enfant, ils sont capables de vous dire qu'en fait ça n'allait déjà pas bien entre eux avant.

Est-ce que ces gens lisent ? Est-ce qu'ils regardent les documentaires à la télé ? Est-ce qu'ils se posent des questions un peu existentielles ? Non, sans doute, comme le veut le sempiternel "bienheureux, l'abruti !" (enfin non c'est pas tout à fait ça, mais c'est ce que cela veut dire).

A force d'entendre des victimes parler des violences qu'elles ont subi au sein de leur couple, je me rend compte à quel point beaucoup de couples ne s'entendent pas très rapidement. Certes passée la période passionnelle qui rend aveugle, il existe un moment où la plongée dans la réalité et le quotidien peut donner lieu à quelques désillusions. Les chaussettes de monsieur qui trainent tous les matins et madame qui pète au lit éloigne lentement mais sûrement de l'idéal véhiculé par les contes de princes et princesses. Mais la réalité est ce qu'elle est. L'adulte mâture et concret, finira par admettre qu'on peut oublier de ranger ses chaussettes et qu'il peut arriver de péter au lit, car après l'humain est ce qu'il est avec sa beauté et ses faiblesse et qu'il y a en plus des choses bien plus importante chez l'autre et surtout dans le monde.

Une fois que madame se sera mise à mettre machinalement les chaussettes dans la panière et que monsieur se sera lâché au lit aussi, tout rentrera dans l'ordre et l'amour quotidien prendra le dessus. Sauf qu'il y a des couples qui n'y arrivent pas. Certains ne peuvent vivre que dans la passion. Ils veulent absolument rester aveugle à la réalité et aux faiblesses humaines. L'humain ne peut être que parfait. Passé 16 ans, il n'y a pas d'amour là-dedans juste une immaturité persistante. D'autres découvrent qu'au quotidien leur moitié est infernal(e). Il ne laisse pas trainer que ses chaussettes, mais aussi ses slips, ses chemises, ses t-shirts, ne rabat jamais le dessus des toilettes, laisse la salle de bain dans un état chaotique, passe plus de temps avec ses copains qu'avec madame... Elle ne pète pas qu'au lit, elle porte les mêmes sous-vêtements pendant 15 jours, elle passe 3 heures dans la salle de bain, elle râle tout le temps, ses copines lui disent comment elle doit traiter son mec... les engueulades fusent. Le matin au réveil on se fait la gueule, on petit-déjeune planqués derrière le paquet de céréales, on part au travail et disant "salut". Le soir, la porte à peine passée les engueulades reprennent surtout pour savoir qui va faire le repas (faut il déjà avoir fait des courses !) et comme punition on ne fera pas "crac crac" ce soir, ça t'apprendra.

3 semaines plus tard, Monsieur et madame sont séparés (Monsieur est retourné chez papa/maman, Madame a gardé l'appart). Puis après tout, maman est encore plus infernale que Madame et Madame se morfond dans son salon.

Un soir Monsieur ayant acheté des fleurs, madame sera de bonne humeur. A moins que ce ne soit l'inverse... le résultat est le même, on pardonne, on s'embrasse, on se dit qu'on ne le fera jamais plus, on dit qu'on restera ensemble et on se dit prêt à faire un bébé pour sceller tout ça.

Cinq minutes plus tard, c'est comme si c'était fait. Une semaine plus tard Madame confirme que le test est bleu. Les engueulades ont cessé. Et c'est avec joie que Madame va acheter des grenouillères et que Monsieur peint la chambre du futur bébé. Au fur et à mesure que le ventre grossit, les engueulades reprennent du volume. Pourquoi t'as acheté du rose, tu sais pas si c'est une fille. Tu sais pas peindre les plinthes, t'es vraiment nul. Puis vient la peur de l'accouchement pour Madame, les angoisses d'être père pour Monsieur. Trop tard, personne ne peut revenir en arrière. Il/elle est là !

L'enfant est un malin qui veut ses deux parents pour lui et seulement pour lui. Il va tout faire pour séparer les deux parents, faut qu'ils soient tous les deux à lui uniquement. Alors il va appuyer là où ça fait mal : il pleure parce qu'il sait que papa va hurler sur maman "y'en a marre que tu le laisses pleurer", il crie dès qu'il a la couche à peine mouillée parce qu'il sait que çà énerve maman "y'en a marre c'est tout le temps moi qui le change"... Et que charmant bambin va utiliser toutes les failles du couple : l'estime de Soi, le rôle du père, celui de la mère.... Et c'est là que si le couple n'est pas solide, que la faille va grandir.

Un couple qui s'entend bien, qui est solide et est capable de faire face à l'enfant tyrannique se disputera bien sur. Mais il saura se rendre compte des manipulations de l'enfant et le couple fera front ensemble. On prend les décisions à deux, on discute avant, lorsqu'un l'un est fatigué, l'autre prend le relai... Bref, l'enfant n'arrive pas à s'immiscer entre les deux. L'image est simple. Visualisez un couple qui se promène avec un jeune enfant qui sait marcher. Où est l'enfant ? A côté de l'un ou de l'autre ou au entre les deux pour les séparer ? Ben voila l'enfant passe son temps à vouloir se mettre entre les deux...  Et lorsque les parents ne s'entendent pas il arrive à se mettre entre les deux très facilement tant physiquement, que verbalement, que psychologiquement. Attention, ç'est une image, ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas mettre l'enfant au milieu, du moment que le couple est conscient que c'est lui qui accepte l'enfant là en gardant le contrôle sur la relation tout va bien.

L'enfant ne se rend pas compte que le couple risque d'exploser. En fait quelque part ça l'arrangerait bien. Si les deux parents ne sont pas ensemble, ils les aura tous les deux pour lui. Il ne sait pas que malheureusement, lorsqu'ils ne sont plus ensemble il y en a un qui part. Grosse surprise et culpabilité !

Dans un couple en défaillance, l'enfant va enfoncer le clou, marteler là où ça fait mal, manipuler... Un enfant ne renforce jamais un couple. C'est le couple qui décide de se renforcer. Demander à un enfant de réconcilier ses parents, c'est lui demander d'être le thérapeute de ses parents, c'est lui donner une place qui n'est pas la sienne, c'est le mettre en situation d'adulte face à des adultes immatures qui n'arrivent pas à prendre la bonne décision. 

Faire un enfant pour se réconcilier, c'est à coup sur allez dans le mur. 

C'est symbolique. Elle et eux ne s'entendent pas.


vendredi 24 février 2012

J'suis moche !

Je regardais une émission où 5 personnes se plaignaient de leur physique.
J'étais scotchée de voir comment ces personnes avaient envisagées de sortir de là.

Lui, ancien obèse, avait décidé de perdre 10 kilos qu'il avait repris.
Elle, 18 ans, trouvait sa mâchoire inférieure trop avancée et ne supportait pas son visage.
Elle, 46 ans, voulait absolument être la plus belle.
Elles, de la graisse en trop, voulaient subir des liposuccions.

Lui :
Il prend un coach sportif et pendant 40 jours s'astreint à un régime drastique assorti d'une activité physique importante.
Il bouffe uniquement des pommes pendant 4 jours tout en faisant de la musculation. Au bout des 4 jours son coach le pèse. Wouah, il a perdu 4 kilos. 
Tu m'étonnes en ne bouffant que des pommes (10 par jour soit 600 calories en moyenne par jour), y a pas besoin de prendre un coach pour ça. 
Ensuite, régime, salade, tomate.... et 2 heures de muscu par jour.
Il se défonce comme un malade. Au bout de 40 jours, il a perdu 12 kilos. Ce qui vu la masse musculaire qu'il a du gagner, doit ramener à une perte de 15 kilos facile.
On est loin des conseils nutritionniste de perte de 1 kilo par semaine...
J'ai adoré lorsqu'on son coach lui a propose pour son dernier jour de suivi de se laisser aller sur la bouffe... j'aurai aimé voir la balance le lendemain.
Bref, ce monsieur a maigri, mais il est désormais condamné au régime tout sa vie. Son corps ayant bien appris la privation et la souffrance, gageons qu'au moindre écart il va reprendre à toute vitesse.
Son but évident était de se faire admirer par tout son entourage qui le trouvait désormais prêt à séduire toutes les filles, surtout la sienne... 

Elle, 18 ans.
La mâchoire inférieure prognathe, c'est à dire projetée en avant. C'est vrai. Ce qui est étrange c'est que la mère a la mâchoire inférieure en arrière et son petit frère aussi.
Vu de côté la mâchoire est très décalée vers l'avant et cela allonge le visage.
Ceci dit elle n'est pas moche, juste "différente". Mais on imagine que la très jeune femme, sans ses boutons et son appareil dentaire, est plutôt pas mal.
Elle ne supporte pas son visage et toute la famille décide de lui payer une opération chirurgicale.
Sa mère a la trouille et dit avec beaucoup de tact "qu'elle va perdre sa fille et qu'elle en aura une nouvelle et qu'elle espère qu'elle reconnaîtra cette nouvelle fille". La fille est touchée, en souffrance "mais maman, ce sera toujours moi, tu ne vas pas me perdre...". La mère a peur que sa fille prenne de la confiance en elle et qu'elle se mette à draguer à tout va. Où vont se nicher les notions de l'identité au travers de l'amour intrusif maternel...
Opération. La famille rappelle le prix. La jeune femme est plutôt zen.
Cassure de mâchoire, plaques en titane... Réveil, elle est gonflée et c'est vrai que c'est plutôt réussi.
"Tu es belle" dit la mère (pourquoi elle ne l'était pas avant ?)
Quelques temps plus tard, on la revoit après la cicatrisation. 
Contre toute attente, on a l'impression que toute est toujours pareil. De profil, la mâchoire inférieure est toujours aussi en avant mais de face franchement visuellement tout est redevenu comme avant.
Elle s'aime désormais. Tant mieux pour elle.
Sa mère lui aurait dit qu'elle était belle plus tôt et aurait eu un peu moins peur de la voir grandir sans doute cette jeune femme aurait-elle pu fait l'économie d'une telle opération physique.

Elle, 46 ans.
Une fille 15 ans qui a collé les photos de sa mère de sa chambre lorsqu'elle était jeune. Un modèle de beauté, de look, de finesse. Elle veut être comme sa mère l'était et comme le sont les mannequins dans les magazines.
La mère ne parle que de régime. C'est à laquelle des deux restera la plus mince et donc la plus... jeune.
La p'tite dame dépense des fortunes en truc divers pour maigrir, rien ne marche. Son médecin fini par lui glisser qu'il faudrait peut être qu'elle consulte un psy, qu'après tout elle a 46 ans et que son physique et son poids correspondent tout à fait à sa tranche d'âge.
Grosse claque.
Elle va voir un psychiatre (c'est remboursé par la sécu). 
On apprend qu'elle a subit une hystérectomie et qu'elle est en concurrence avec sa fille.
Prise de conscience. Elle part faire du shopping, arrive à se glisser sans s'y attendre dans un jean taille 38, s'achète un haut moulant et décolleté.
Elle accepte son âge, sa taille qui en fait est plutôt valorisante et fini par parler à sa fille.
Hop, plus de régime pour aucune des deux. Sa fille n'a pourtant pas regrossi et son image va beaucoup mieux. Elle dit "si ma mère va bien, je vais bien". Tout est dit.
Merci qui ? Merci le psy !

Elles, 36 et 25 ans.
Celle de 36 est plutôt mince mais obsédée par de la graisse sur ses cuisses (pourtant pas énormes), a déjà subit une liposuccion.
Celle de 25 est... un gros tas de graisse. 
Au club de sport, le prof les pèse et calcule leur masse grasse.
Celle de 36 ans a un peu plus de 2 kilos de gras en trop.
Celle de 25, plus de 11 kilos de gras en trop.... 
Elles partent toutes les 2 en Tunisie pour se faire aspirer tout ça.
Hop, à peine arrivées, déjà sur le billard.
Rehop, ça fait mal ! 
Rerehop, moins de gras sur le ventre pour la plus rondouillarde.
Quelques semaines plus tard, après la cicatrisation, elles retournent au club de sport où le prof les repèsent.
Celle de 36 ans a perdu 1 kilo dont 800 g de gras.
Celle de 25 ans a perdu 3 kilos dont 2 kilos de gras.
Pour la plus âgées des deux, on ne voit pas vraiment la différence à part un ventre plat. Elle invite tous ses amis pour leur faire admirer et les faire s'extasier sur sa "platitude" ventrale. C'est pathétique.
L'autre, n'a en fait rien perdu, si ce n'est sur le ventre. Elle a gardé son triple menton... Il existe désormais un énorme décalage entre les parties de son corps. Elle se décide à enfiler des robettes hyper moulantes qui lui donne un air de boudin saucissonné. Mais elle saura reste sobre et se décider pour quelque chose de sympa qui lui va plutôt bien et qu'elle aurait tout a fait pu porter avant si elle en avait fait l'effort de les essayer.
Comme le dit une des deux à un moment, la liposuccion c'est plus rapide et plus simple qu'un régime.
C'est sur que la volonté faut en avoir.
Bref, celle de 36 ans s'est laissée entraîné dans un truc dont elle n'avait pas besoin.
Celle de 25 aurait pu -si elle l'avait souhaité- s'astreindre à un peu de volonté et perdre avec un peu de temps il est vrai les kilos qu'elle a laissé sur la table.
Comme le dit le coach, il va falloir désormais vous mettre au régime et faire du sport, car après une liposuccion, la perte de gras est trop brutale pour le corps et il ne comprend pas, il y a donc un énorme risque de toute reprendre très très rapidement. Quitte à se retrouver au régime et au sport intensif, elles auraient pu le faire avant d'avoir subi tout ça...


Je ne comprends pas que dans toute opération esthétique, et tout particulièrement lorsque cela touche le visage, que des consultations chez le psy ne soient pas obligatoires. 

A aucun moment ces personnes ne se demandent quel est le poids dans leur vie du regard des autres et de l'influence de leur entourage. La femme de 46 ans qui a osé se poser ces question est totalement sortie de sa problématique et sa fille aussi !
Il faudrait que les gens comprennent que ce n'est pas parce qu'il n'aime pas leur corps tel qu'il est qu'ils sont obligés de le torturer et de le traumatiser pour le changer. Ca peut se faire en douceur. Mais ce n'est que la continuité de notre Société qui veut qu'on contrôle tout tout de suite, sans se poser la question des conséquences.

Et puis de façon sous-jacent il y a la question du désir de souffrance. Psychanalytiquement on pourrait faire le lien entre la souffrance de l'accouchement pour l'enfant et la (re)naissance.  

Allez, envoyez moi tous ces gens au régime chez le psy !

mercredi 22 février 2012

Autisme et psychanalyse

Vous le savez sans doute, car cela fait pas mal de bruit virtuel, la HAS (Haute Autorité de Santé)  voudrait interdire le recours à la psychanalyse pour la prise en charge de l'autisme.

Cela pose deux questions :
-1. la psychanalyse est-elle "compatible" avec le traitement de l'autisme ?
-2. Qu'est ce que la HAS vient foutre dans le recours à la psychanalyse ?

Pour la première question, c'est plutôt complexe.
Pendant très longtemps, les psychanalystes ont stigmatisé les mères et expliquant que si leurs enfants étaient autistes c'était de leur faute : une mauvaise relation à l'enfant et surtout une dépression de la mère au moment de la naissance et une séparation trop brutale d'avec la mère.
Il a été écrit de nombreux bouquins sur le sujet. Il faut savoir qu'une prise en charge d'un patient autistique ne se fait pas sur du très long terme (3 ans environ) mais donne lieu à consultations très rapprochées, du style 3 à 5 séances par semaine. Plus la prise en charge se fait de bonne heure plus les résultats sont visibles.

Maintenant, et cela depuis plusieurs années, on a découvert que l'autisme était une maladie génétique.
Comme la schizophrénie, la dépression.... et le cancer.
Basé sur ce constat médical, il est évident que la prise en charge se devait de passer surtout par du médical.
Les thérapies transgéniques n'étant pas encore au point sur ce sujet, un traitement à base de médicaments est devenue la thérapie numéro 1.

Ce qui pose toujours la même question : Ok c'est génétique, mais qu'est-ce qui fait que cela s'exprime ?
Car ce n'est pas parce que nous avons le gène du cancer, de la dépression ou de l'autisme que nous développons un cancer, une dépression ou un autisme (cela est constaté par les études sur les jumeaux monozygotes). Alors qu'est-ce qui fait qu'un enfant va devenir autiste ?

Alors bien sur, tout ramène au médical. Après tout, quelque soit l'état de notre psychisme, notre cerveau ne crée nos problèmes psychiques que par des stimulations électriques et des neuromédiateurs. Toute notre pensée n'est que cela, toute notre vie n'est que cela : électricité et neuromédiateurs.
Mais pour ce qui est de trouver quelle stimulation électrique va à un moment donné permettre la mise en route d'un gène, c'est pas pour ce soir. Un constat évident, c'est que vu de l'extérieur, il existe des raisons à l'expression d'un gène. Comme je le disais, un éventuel dérèglement physiologique interne peut en être la cause, mais aussi un choc physique ou un choc émotionnel. Le psychisme peut déclencher (voire arrêter) certains symptômes et maladies. Bien sur, il est évident qu'il faut souvent traiter d'abord les symptômes "physiques" qui peuvent être mortels avant de se poser la question d'une prise en charge psychologique.
Or dans l'autisme, si la génétique est certainement la cause, on ne sait pas quel est le déclencheur. Or si la médecine, n'en sait rien et déclare que de toute façon c'est un truc uniquement médical, la psychanalyse dans l'autre extrême dit que si ça s'est déclenché c'est que l'enfant a vécu un trauma face auquel il ne peut se défendre qu'en se repliant sur lui-même.

Les psychanalystes ne font pas de différence entre autisme et dépression psychotique. En séance, les enfants autistes parlent peu, l'analyste interprète son contre-transfert pour comprendre ce qu'exprime l'enfant. Néanmoins, l'analyse a évolué sur le sujet, puisqu'au départ on était dans l'interprétation dure, aujourd'hui les analystes entrent en relation avec l'enfant par la parole et le geste. Pour mieux comprendre ICI.

Mais pour les parents d'enfants autistes, ces visions des troubles de la relation mère-enfant et la catégorisation de l'autisme en psychose, sont inacceptables.

Voici le documentaire "le mur" qui a allumé la mèche. 3 des psys interviewés ont fait interdire ce film car leurs propos auraient été tronqués et donneraient une fausse idée de la fiabilité de la psychanalyse dans l'autisme.

Je n'ai pas la réponse quant à l'autisme, mais je n'entends rien dans ce film qui me choque d'un point de vue psychologique. Par contre les questions de la journaliste sont totalement orientées. Quelles différences avec les favelas ? Comment le savoir dans la mesure, soyons réalistes, où l'étude des maladies dans les favelas ça n’intéresse personne puisque ça ne peut rien rapporter. L'inceste perpétré quasi uniquement par les pères ? On sait aujourd'hui que 30 % des incestes connus le sont par la mère.... Le père n'existe pas ? Dans de nombreux couples, à la naissance de l'enfant, le rôle du père est nié et nait alors un rejet avec violences psychologiques envers le père.


Ce qui me gène aussi c'est qu'on parle toujours de l'autisme. Or il existe des autismes, en fait ce sont des "troubles envahissants du développement".


2. le rôle de l'HAS

Bien sur on s'étonnera quand même de l'absence de réponses des analystes quant aux éventuels résultats de leur pratique pour les enfants autistes... quand on sait que ça donne lieu parfois à près de 400 consultations ... on pourrait se dire que quelque part certains n'ont pas intérêt à ce que leur gagne pain leur soit confisqué, c'est évident.

En fait, pour l'instant, la HAS ne tourne le dos à aucune pratique dans le domaine de l'autisme. Comme il se doit dans ce type de science, obtenir des résultats mesurables est difficile. Sous la pression des associations de parents, la HAS essaie de ne garder que des techniques à résultats rapides qui correspondent aussi aux calendriers politiques ! Ce qui n'est pas le cas de la psychanalyse.

Aujourd'hui les données sur l'autisme sont peu nombreuses, évoluent vite et modifient sans cesse le regard que l'on porte sur ce trouble. On ne sait pas si ce qui est valable aujourd'hui le sera encore dans 2 ans, sans compter qu'en fonction des continents les approches sont parfois très différentes. Donc vouloir à tout prix faire la liste des "bonnes pratiques" n'est pas simple.

Je comprends que la psychanalyse puisse paraître inadaptée aussi puisque, je l'ai déjà dit, plus une thérapie est analytique plus elle nécessite une "intelligence" du patient. Or ici le transfert ne peut être interprété, seul le contre-transfert peut l'être.

L'HAS souhaitait un temps faire sortir la psychanalyse du champ des thérapies pour ne garder que les psychothérapies cognitivo-comportementales. C'est tout d'abord nier le libre choix des patients ou des familles de patients. Ensuite, sortir la psychanalyse de l'autisme c'est ouvrir la porte à la "prescription" des techniques psychothérapeutiques. Un grand rêve des médecins ! Enfin, il faudrait une prescription pour démarrer une psychothérapie et enfin le médecin définirait et le type de thérapie et le nombre de séances nécessaire pour la problématique exposée par le patient. Ce va totalement à l'encontre des pratiques actuelles en psychanalyse et en psychologie, qui restent des activités para-médicales basée sur un accord thérapeute/patient.

Si la psychanalyse ne parait pas adaptée aux parents de jeunes autistes, rien ne les oblige à aller consulter un analyste, rien ne les empêche non plus d'essayer d'autres techniques. Pourquoi vouloir interdire une pratique qui entre dans le champ de la recherche et qui pourrait ouvrir des portes ?

La psychanalyse telle que la pratiquait Freud ou Lacan, tend à disparaître du monde. Il n'y a guère qu'en Europe qu'elle reste si prégnante. Il est évident que si, comme on le voit dans le film et l'avouent les analystes interviewés, la psychanalyse n'a aucun résultat même sur du long terme, on en voit mal l'intérêt du recours à une telle pratique surtout vu ce que cela sous-entend pour la famille.

L'interdiction de la psychanalyse dans le traitement de l'autisme par la HAS reviendrait à dire que la psychanalyse en l'état, pure et dure, cessera rapidement d'exister. Cela ne peut que faire boule de neige. En remettant en cause la psychanalyse, on remet en cause les théories psychanalytiques.





Signalons que la HAS vise aussi à interdire la thérapie par le "packing". Je vous en parlerai bientôt. Nous en saurons plus le 6 mars, date de parution officielle du rapport de la HAS.

mardi 21 février 2012

Exercice d'écriture - Résultat 9

Les écrits de Lymphe

(Lymphe n'a pas respecté les consignes, vous en déduisez ce que vous voulez).


Le chaos


Il a suffit que d’une seconde pour mettre le chaos sur la place. Je ne voulais pas qu’il face ça, mais je n’ai pas pu l’en empêcher, je n’ai pas réussi a m’imposer. Beaucoup de monde ont été emporté par la violence de la déflagration, beaucoup sont inconscient au sol, et les autres cours dans tout les sens comme de misérable insecte. D’un coté il a raison c’est plutôt marrant a regarder, mais ca le sera moins quand ils comprendront ce qu’il c’est passé.



Tout commença par un adieu. Je ne pouvais pas rester. Pas après ce qui s’était passé. Je sais très bien que la fuite n’est pas la solution. Mais sur le coup c’est ce qui me semble le mieux. De toute façon ils ne remarqueront même pas mon absence. J’ai donc prit quelque affaires dans un sac et me suis mise en route en laissant un mot devant la porte.

Le crépuscule est venu. J’avais perdu la notion du temps. Ce n’était pas un coin vraiment sur pour camper mais ça fera l’affaire. Et puis s’enfoncer plus dans cette forêt une fois la nuit tomber était encore moins sur. J’étais en train de ramasser des branches et des brindilles pour allumer un feu quand je sentie une présence qui me glaça le sang. Sans trop comprendre, mon corps se mit a trembler. Après un long moment qui me sembla une éternité je pu reprendre possession de mon corps et me mettre a courir. Courir encore et encore. Courir, dans ce labyrinthe formait pas les arbres et racine. Courir, sans me retourner. Courir, comme une sourie poursuivit par un chat. Courir, jusqu'à n’en plus pouvoir…

Nous étions désormais assis l’un en face de l’autre. Je me perdais dans l’océan de ces yeux. Je n’ai pas compris ce qu’il s’était passé. J’ai surement perdu connaissance. En ouvrant les yeux il était la en face de moi. Lui et cet horrible mal de crâne. Je suis remplie de boue et mes mains sont pleines de sang. Je suis en train de rêver ou est-ce la réalité ? Tellement de pensées me traversées l’esprit que ca en faisait juste une énorme confusion. J’ouvrais la bouche mais aucuns mots n’en sortis. J’étais juste la, complètement paralysé. J’ai vu des tas de choses dans ma vie, mais comme celle la aucune.

Nous connaissons ta valeur, dit l’ange de la mort. Ma valeur ? Tss… Ca doit bien être le seul à penser que je vaux quelque chose. Il n’a même pas voulu de moi. Et a préféré me renvoyer sur terre, sans me donner plus d’explication.

L’image de cette créature est toujours présente en moi. J’ai beau fermer les yeux et me dire que ce n’était surement pas réel. J’arrive pas à m’enlever cette vision. Je n’arrive pas à l’enfouir au fin fond de ma mémoire. C’est pourtant impossible. Ca ne peut pas être réel. Je vais surement finir par me réveiller.



Au milieu du chemin la neige commença à tomber. L’hiver avait finit par arriver, je m’allongeai sur le sol au milieu des arbres et des pierres. Ca faisait longtemps que je ne mettais pas poser pour regarder les étoiles, mon cœur se resserra brusquement sans comprendre pourquoi ? Les yeux fermer j’essayais de me concentré sur ma respiration, c’est le bruit du vent que j’entendais, un sifflement léger qui me faisais pensé au son du violon. Un oiseau me fit sortir de mes songes, une plume me chatouillé le nez, en ouvrant les yeux je vis un corbeau noir juste au dessus de moi, qu’est ce qu’il venait faire la ?

lundi 20 février 2012

Exercice d'écriture - Résultat 8

Les écrits de Cleanettte


La vie est belle.


Je suis facilement râleuse. J'ai besoin de défit, ou d'objectifs sympas dans mes journées pour ne pas les entamer morose dès le matin. Je n'ai pas non plus besoin de décrocher la lune chaque jour, la perspective d'un de mes plats favoris, un bon bouquin, l'opportunité d'avoir 1h de libre pour jouer à mon jeu vidéo du moment me suffisent. Mais certains jours je sais d'avance que rien de tout cela ne sera possible, je rumine sur le manque flagrant d'intérêt de ma petite vie. Et là en levant le nez, je vois un ciel d'azur, de la végétation d'un vert éclatant , un beau soleil ou même un ciel sombre très orageux mais troué de rai de lumière entre les nuages, un soleil levant ou couchant ou le rose et l'orange s'entremêlent en mille nuances, et mon visage et mon âme s'éclaire subitement, je retrouve aussitôt le plaisir de vivre et de profiter de ces petits riens. Les jours ou il fait moche et gris mon humeur a plus de mal à remonter. Comme les images peuvent suffire je m'étais concocté un bel économiseur d'écran au boulot faisant apparaitre alternativement quelques un de mes paysages préférés entrecoupées de quelques photos de mes enfants. Mais l'administrateur réseau a décrété que nous n'avions pas besoin de faire usage d'économiseur d'écran et en a bloqué l'usage pour tous de même qu'a la personnalisation du bureau. Est-ce qu'ils réalisent que cela constitue pour au moins un certain nombre une dégradation de leur cadre de travail?Je ne vais pas ramener sur mon poste de travail un cadre photo numérique au risque de me le faire piquer(oui les choses de valeurs peuvent disparaitre ici) alors à défaut j'ai ramené un cadre avec une photo de mes enfants et une composition de plantes d'appartement pour avoir la verdure…Et j'avoue avoir quand même passé un certain temps à tenter de contourner ces stupides contraintes techniques."



Rien que le grondement sourd du ressac, là-bas, derrière la colline. Ce grondement sourd et lancinant des vagues se jetant encore et encore contre les rochers et par moment le murmure du vent passant au travers des haies, ce sont les seuls sons que je percevais. L'endroit était désert, les premières habitations à quelques kilomètres de là et le jour tombant et la pluie fine qui tombait depuis plusieurs heures avait rendu muets et invisibles les quelques oiseaux que l'on entend d'ordinaire par beau temps. Même les mouettes avaient abandonnées leur valse au dessus de l'océan et de ses abords.

Je me sentais seule au monde lorsque je remarquais ce chat, tapi sous des fourrés. Jamais je n'aurais cru en croiser un par ce temps humide. 

Mais qui sait ce qui se passe dans la tête d’un chat ? Cette espèce animale m'a toujours parut particulièrement mystérieuse. Il n'en font qu'à leur tête et surtout sont capable de changer d'attitude du tout au tout en l'espace d'1 sec. Je les déteste car contrairement aux chiens, on ne peut s'attendre à ce qu'ils nous obéissent au doigt et à l'œil, autrefois on les associait volontiers au Malin pour leur rouerie ou justement à cause de notre incapacité à les maitriser. Mais je les admire pour leur noblesse, leur grâce, leur esprit d'indépendance. Alors comme souvent bien que sachant la tentative souvent vaine, j'ai voulu sympathiser avec ce représentant de l'espèce féline.

Mais j'ai fait un pas, un seul pas en avant. Et il avait fuit comme si j'étais le diable en personne. Il était passé derrière le mur de ronce longeant le chemin et je n'avais aucune idée de la direction dans laquelle il était parti. Peut-être grimpé sur cet arbre à 100m de là qui faisait un excellent poste d'observation pour m'observer sans risque ou m'ignorant totalement parti rejoindre un terrain de chasse plus tranquille sans trouble-fête. D'ordinaire j'aurais passé mon chemin, vaguement déçue, mais sans m'y attarder d'avantage; mon esprit aurait rebondi aussitôt sur un autre sujet de préoccupation. Mais ce soir, au fond de mon cafard, alors que j'avais déjà le sentiment d'avoir perdu tout soutient de la part de mes proches, ce nouvel abandon était la goute d'eau qui faisait déborder le vase. Est-ce que j'étais maudite? Possédée par des forces malfaisantes qui répandaient autour de moi une aura si sombre que toute créature préférait me fuir? Je pleurais enfin à gros sanglot, mes genoux se dérobant je gagnais une de ses grosses roches grises qui affleurait dans le coin par endroit et je me laissais aller de longues minutes. Lorsque je relevais enfin les yeux, me sentant observée, je découvris le chat qui était revenu.

Nous étions désormais assis l’un en face de l’autre. Il me fixait de son regard narquois comme si il se demandait ce que pouvait bien signifier cette pantomime. Et à la réflexion, je me sentais un peu bête, je réalisais combien mes attentes avaient étés futiles et irréalistes que ce soit concernant ce chat tout comme pour mes proches. Tout devenait claire, transparent, limpide. A peu de chose près je leur avais demandé sans même leur laisser le temps d'y réfléchir, de me suivre pour franchir un précipice sur une planche qui n'aurait été visible que par moi alors qu'ils se trouvaient tranquilles et heureux là ou ils étaient. Toute personne sensée aurait réagi de la même manière et m'aurait traité de folle.

Le crépuscule est venu. La pluie s'était arrêtée. L'air était doux et toutes les senteurs de la lande se trouvaient exalté par l'humidité. Je me sentais enfin apaisé, moi je savais et je pouvais très bien poursuivre seule quelque temps sur ce chemin que je savais sans danger. Ce n'était même pas une histoire de courage, juste un petit manque de confiance en moi. Le sourire me revint à l'idée de la belle route qui m'attendait et là je distinguais le chat qui se redressait en ronronnant. Et alors que l'obscurité gagnait je le sentis venir se frotter contre mes jambes puis chercher comment se lover au mieux contre moi. Peut-être ne resterais-je finalement pas si seule?



Cet escalier semblait monter jusqu'au ciel. Mais il menait à une grande terrasse, de là je voyais ma voiture garée à l'ombre d'un arbre. Sur la pelouse, un jeune homme lançait une balle à son chien. Le soleil déjà haut mais un peu voilé me faisait penser aux gateaux au citron de mon enfance avec leur glaçage tout blanc. Et la grande roue qui fonctionnait à l'extrémité opposée du parc été vu d'ici si petite qu'on aurait cru un jouet.



dimanche 19 février 2012

Exercice d'écriture - Résultat 7

Les écrits de Blifting


REVOLUTION


C’est la lutte. Une rébellion. Des gens qui en ont assez de se taire, d’être opprimés et qui pour la première fois se rebellent. Ils vont gagner parce qu’ils ont raison, parce qu’ils sont dans leur droit. Jusqu’à présent ils croyaient toujours qu’en faisant ce qu’on attendait d’eux, ils finiraient par être reconnus et respecté mais ils se sont aperçus qu’ils se trompaient. Voilà pourquoi ils ont décidé de protester. Enfin !




Je m’engageai dans le sentier.
Je m'arrangeais pour éviter l'ennemi et le découvrir par surprise. Mais tout était calme. Personne n'était en vue. Au bout d'une demi heure, je rebroussais chemin. La promesse que je m’étais faite de les retrouver ne m’abandonnait pourtant pas.

Dehors j’ai trébuché. Mon pied, se prenant dans une racine, fit bouger plusieurs pierres qui roulèrent le long de la pente. Un petit écho se répercuta pendant quelques mètres et c'est la que je vis que je n'étais pas seule comme je l'avais pensé. En relevant la tête, je découvris cinq long fusils braqués sur moi. Derrière eux, des hommes au visage menaçant, prêt à tirer dès que je leur en donnerais l'opportunité ou le prétexte. C’est alors que j’aperçus une échelle derrière eux, qui, telle le haricot magique de Jack se dressait vers le ciel.

Et je me souviens d'un songe…
J'étais dans la même situation, me relevant d'une chute. Dans ce rêve, j'étais encerclée par des soldats qui cherchaient à me capturer. Mais lorsque je relevais la tête de ma chute, des gerbes de fleurs sortirent des canons de leurs fusils, leurs uniformes prirent une couleur bleue argentée et se chargèrent de plumes. Puis les soldats commencèrent à léviter pour finalement s'envoler en m'aspergeant de perles rosées et se mirent à m'escorter jusqu'à ma destination suivante. En cherchant à faciliter ma route, ils essayaient d’expier leur crime.

J'aime la pluie fine. Elle me lave de mes souillures. Elle me purifie. Je ressens une grande fraîcheur à son contact. Tous mes soucis s'estompent. Toutes mes peines s'oublient. Seule la pluie a le pouvoir de me régénérer. J’aime aussi les jardins trempés car si certains les trouvent tristes parce qu’ils les préfèrent ensoleillés, moi, ils m’appaisent.

C'est alors que tout a vacillé.
Finalement, je n'ai pas pu me relever. Mes jambes se sont faites lourdes et se sont enfoncées dans le sol. J'avais beau faire, elles s'incrustaient et refusaient de sortir de leur entrave et je m'en voulais de ne pas être plus forte. Je pensais que si j'avais été plus sportive, j'aurais pu m'en tirer. Mais là… j'étais trop âgée désormais . Je refusais de m’enfoncer totalement et décidais de retrouver tout mon courage.



Les roses s'entouraient autour de la grille principale. Derrière on apercevait la balançoire du jardin. Dans la terre était planté le tuyau. Un ballon s'échappait dans le ciel. La main qui s'échappait de la fenêtre de la terrasse tenait un gant ensanglanté.

samedi 18 février 2012

Exercice d'écriture - Résultat 6

Les écrits de Nakito


Le tribunal des animaux

 
Quoique quelque peu apeurée, la petite Ludivine était surtout fort contrite de se trouver là, de l'autre côté du miroir magique du placard. Il faut dire que ses poupées, docilement installées à table en attendant le traditionnel repas de pâte à modeler assaisonnée de cailloux blancs et noirs, allaient s'impatienter. Et que Maman n'allait pas tarder à passer pour l'extinction des feux. "Maman, je te déteste !" pensa-t-elle avec fougue et caractère. Car bien sur, tout ce qui arrive, c'est de la faute de Maman. Être punie et consignée dans sa chambre, c'est la faute de Maman. Que la jeune écervelée ait appâté des hirondelles avec de la mie de pain puis se soit ensuite livrée à une séance de tir sur ces victimes affamées et expiatoires, le tout avec le lance-pierre chapardé à son frère, cela n'entre pas en ligne de compte.

Alors quand, pour avoir voulu se donner raison en parlant à son reflet, elle fut aspirée par le miroir pour se retrouver dans ce monde étrange, sa vindicte intérieure ne changea pas de cible. Et si elle se retrouvait là, au milieu d’animaux aussi géants qu’étranges, c’était encore à cause de Maman. C’est beaucoup plus facile de haïr ce que l’on connait bien.

Le plus inquiétant des volatiles présents s’avance d’un air grave, le regard sombre posé sur la fillette boudeuse : « Je suis Maître Dodo, représentant de cette espèce disparue et juge suprême du tribunal des animaux. Jeune fille, vous allez être jugée pour vos actes de cruauté envers certains de mes congénères ».

Ludivine maugrée à nouveau « Maman, je te déteste. Et ta vieille dinde aussi ».



Je m’étais cachée derrière la porte maudite, fébrile, terrorisée, mes mains écrasant contre ma peau nue ce morceau de tissu qu’ils appellent serviette mais qui ne permettrait pas d’essuyer chihuahua cul-de-jatte. Mais pourquoi les serviettes sont-elles plus petites qu’un bandana ? Pour éviter de se pendre avec, c’est sur ! Car point de fuite possible, point de salut ni de retraite stratégique ; quand j’ai murmuré un « oui » timide et conciliant à mon homme qui me suggérait d’assouvir un de ses vieux fantasmes, la joie qui émanait de lui, à la fois pétillante dans ses yeux et raide dans son boxer, m’a immédiatement fait comprendre que je ne pourrai plus faire marche arrière. J’étais condamnée à me surprendre moi-même ou à me noyer dans un océan de remords. Alors je suis là, tremblante dans ce vestiaire de club libertin, à torturer cette maudite serviette qui refuse de couvrir à la fois mes seins et mon sexe. De l’autre côté de cette porte que je n’ose franchir, j’imagine des succubes sur-maquillées et des ventripotents en rut se vautrant les uns dans les autres dans des effluves de sueur, de foutre et de champagne bon marché. Ce bas-monde de bas-ventres n’est pas le mien ! Cette absence de codes sociaux me terrifie. Je veux me rhabiller, sortir et respirer le dioxyde de carbone à plein poumon.  Mais d’un geste qu’il croit tendre, mon homme me pousse vers cette porte qui m’effraie tant.

Je le sais maintenant. C’est trop tard, je le sais. Ma dernière part d’innocence est sur le point de s’envoler, au moment même où ma serviette de lilliputien s’échouera sur le sol. La porte maudite est désormais derrière moi et face à moi, les gens nonchalamment installés dans d’épais canapés pourpres ont tous oublié leur serviette respective. D’ailleurs, est-ce de la nonchalance que d’être tranquillement installé à siroter un cocktail pendant qu’un inconnu obséquieusement agenouillé à la tête plongée dans votre entrejambe ? Moi, en guise de décontraction, je gardais surtout les jambes serrées comme par une presse hydraulique, hésitant entre garder ma satanée serviette sur le haut de mes cuisses ou le jeter sur le sexe de mon mari lequel avait déjà oublié son cache-sexe sanitaire et manifestait une évidente satisfaction dans la contemplation d’une femme qui, bien qu’intégralement nue, avait tout de la posture d’une personne qui fait son lacet. Mais je n’ai pas le temps de réagir que déjà un nouveau danger se rapproche, plus palpable si je puis dire, sous la forme d’un couple qui vient s’assoir à côté de nous. Je n’ai même pas vu leurs têtes, mon regard a juste été fugacement attiré par le sexe de l’homme qui arborait une épilation ridicule jusqu’à mi-cuisse et par la poitrine de la femme qui défiait les lois de la gravité newtonienne. Mais j’avais raison de sentir le danger…

L’impossible tient dans une main. Et encore difficilement, l’impossible faisant un bon 18 cm trapu une fois réveillé. Dépourvu de la moindre capacité de réaction, je n’oppose aucune résistance quand mon voisin prend ma main, presque gentiment, pour la poser sur sa verge qui sortait de son hibernation. Illico, mon homme attrape mon autre main pour donner une symétrie parfaite à la scène. Je n’ai pas d’autre choix que d’entamer des mouvements de va-et-vient en cadence.  Sur le coup, Je me sens comme le skieur de fond face à un raidillon. Pousser sur les bâtons…Pousser sur les bâtons… Surement en train de lire dans mes pensées, la femme du couple inconnu s’installe devant moi pour me farter à coup de langue. Au point où j’en suis, il ne lui faut pas beaucoup de temps pour faire sauter le verrou de la presse hydraulique et m’écarter dans une pause indécente. Je ne prends pourtant aucun plaisir  mais je me laisse faire, docile. Mon corps est transparent. Je n’ai toujours pas regardé le visage de mon voisin mais maintenant que je suis en train de le masturber aux yeux de tous, je sais que je ne pourrai plus croiser son regard. Je tourne la tête vers mon homme avec un regard suppliant qui signifie « tu vois ce que je fais par amour pour toi ? Te rends-tu compte de la situation ? »

« Je te demande pardon » semble enfin dire son regard une fois qu’il eut attrapé le mien après de trop longues minutes à se délecter de ma mécanique manuelle et s’émoustillant de toutes les femmes présentes prises et entreprises dans des positions déconseillées par les ostéopathes. Je ne saurai jamais s’il a senti ma gêne ou s’il s’est juste inquiété de l’arrêt des mouvements de ma main sur son pénis mais quand il a compris que j’essayais de me sortir de la prise à deux opérée par la femme qui tentait de farter ma petite ornière et par l’homme qui tirait ma tête vers le bas, il m’attrapa à la fois fougueusement et amoureusement et tout en m’embrassant goulument, il m’entraina vers cette maudite porte pour la repasser dans l’autre sens. Tellement heureuse, je ne lui en voudrai même pas des quelques secondes d’hésitation qu’il a eu en voyant dans un dernier regard circulaire la demoiselle qui décidément mettait beaucoup de temps à refaire ses lacets virtuelles. En sortant, j’imaginais les remarques acides de nos compagnons d’un instant, interloqués d’être tombés sur des girouettes du cul et désespérés de devoir baiser ensemble comme un couple normal.

J’aime la pluie fine qui mouille à peine mon visage mais que je devine comme un voile sur la clarté blafarde des lampadaires parisiens. J’aime le monde extérieur, ses turpitudes, ses fantaisies, ses codes qu’on aime transgresser mais pas trop. J’aime ce couple d’adolescents que l’on croise sur le trottoir et qui s’embrassent avec l’innocence des jeunes qui ont la vie entière pour découvrir tous les méandres de la sexualité. J’aime m’encanailler mais j’aime quand l’échelle des perversions est gravie pas à pas. J’aime mon homme qui me sert la taille et hèle un taxi avec autorité pour que l’on se retrouve enfin chez nous. J’aime la vie quand elle s’écrit page après page et pas quand on saute directement à la conclusion.



Sous la pression d’un climat devenu d’un illogisme fou, la neige polaire succède aux journées anormalement douces et les pauvres vendeurs de bonnets ne savent plus à quel saint des soldes se vouer. De même, lorsqu’un groupe de copains décident de sculpter leurs corps et leurs ego en jouant au rugby, les aléas météorologiques ont des effets néfastes sur l’ouverture des stades et castrateurs sur les velléités sportives. En effet, même si le gel est bénéfique pour les glissades ludiques des enfants, il est néfaste à l’intégrité physique des sportifs. Maigre compensation, pour souder l’esprit d’équipe, il est toujours possible d’aller chercher quelques bouteilles à la cave pour une fiesta improvisée mais prometteuse. Ainsi, au gré du liquide qui s’écoule dans les gosiers frustrés, un joyeux concert de vociférations feintes et de calembredaines graveleuses saura comme un match cimenter un groupe de potes.



vendredi 17 février 2012

Exercice d'écriture - Résultat 5

Les écrits de Zygielle


La bête dans les nuages


Le crabe duveteux fondit sur la ville, ses pinces déployées, pour un attentat brumeux. Fascinée, je suivis du regard son essai transformé entre les aiguilles vertes de la basilique, guettant l'éventration pluvieuse. Mais aucune eau ne vint laver les mornes quais de la ville, piqueter de cibles la surface du fleuve, assombrir cette journée aveuglante et donner à mon oisiveté le prétexte d'un semblant de travail, la possibilité d'écrire ce billet hebdomadaire que mon éditeur me réclamait généralement à corps et à cri.
Le nez levé vers le ciel, je souriais, ravie de constater que j'avais encore, à quarante ans passés, la capacité de voir des monstres dans les nuages.
C'est alors que j'aperçus les pigeons, groupés sur la pente est du toit du tribunal, à l'abri des bourrasques.
Le crabe fonçait dans leur direction, contre le vent.



Le crépuscule est venu. Le vent était tombé, plongeant les girouettes des rares bateaux à quai dans une léthargie d'oiseaux gelés, et des traînes nuageuses, fantômes emportés par les courants atmosphériques, voilaient le ciel au-dessus de la ville. Des colonnes de fumée s'élevaient, droites, des ruines du tribunal, des églises et des temples.

« Elle aimait parler aux arbres », murmura une voix derrière moi. Je me retournai et vit un homme encore jeune, mais diaphane, voûté, la poitrine affaissée comme pour mieux contenir son cœur. Il leva les yeux vers moi. Des yeux de chat errant, de bête affamée prête à l'apprivoisement. Une détresse infinie semblait prisonnière de son regard. Comme s'il avait pu s'en libérer en pleurant. Comme s'il avait pu pleurer.

Je m'engageai dans le sentier longeant les friches, au bord de la rivière et m'enfonçai dans l'obscurité comme dans un labyrinthe. Rien ne servait de rester face à ce désastre, face aux incendies dans le soir tombant, au bleu tranquille du ciel barbouillé de fumée comme au fusain, au silence incompréhensible ; rien ne servait d'attendre au bord de l'eau que l'odeur de la chair morte vienne nous rappeler que nous deux, seuls apparemment, avions eu peut-être de la chance. L'homme me suivit docilement. « Elle aimait parler aux arbres », répétait-il, litanie sans fin dont j'attendais qu'elle fût entrecoupée d'un sanglot. Mais rien ne troublait la ligne droite de sa prosodie, aussi lisse que la rivière avant la destruction de la ville, et je me dis enfin que l'esprit de mon poisson-pilote avait chaviré dans des eaux plus accueillantes, où en ce moment il faisait bon se noyer.

Dehors, j'ai trébuché. Nous avions pénétré dans un bâtiment intact, ouvert, tranquille. Un bruit étrange m'avait attirée. Dans le hall, derrière un comptoir, un corps humain gisait, grillé. Brûlant. Crépitant. Indéchiffrable. Il portait une robe. L'odeur de la viande rôtie était insoutenable. Elle aimait parler aux arbres. Mon compagnon avait fermé les yeux, sa stéréotypie s'accélérait, mantra protecteur. Il me paraissait devenir plus pâle, presque transparent. Je répétai « oui, elle aimait parler aux arbres ». Nous sommes sortis. Dehors, j'ai levé les yeux vers les feuillages, j'ai cueilli une branche, fébrilement. Les feuilles en étaient vertes, lisses et pimpantes dans l'ombre de plus en plus profonde. Tout près de nous, un oiseau s'est envolé en pépiant. J'ai marché le nez en l'air, étrangement soulagée, et j'ai trébuché. Je me suis fait mal en tombant. La douleur m'a sortie de l'état cotonneux dans lequel je me trouvais depuis que. Je suis restée assise par terre, les mains en coupe autour de mon genou endolori, et j'ai hurlé.

Rien que le grondement sourd du ressac, là-bas, derrière la colline, m'absorbe et me soulage. J'ai choisi de demeurer près de la mer. Si une nouvelle fois la destruction frappe un lieu que j'aime, elle s'armera de vagues monstrueuses, des trois soeurs de légende qui frappent chacune leur tour la côte inattentive. J'aurai une chance de glisser dans les remous. De laver à grande eau ma mémoire, qui me ronge. J'attends. Autour de moi, entre les murs blancs, chacun s'affaire calmement. Les sourires sont lisses, les sons feutrés, la musique douce. Les corps sont frais et vivants. Je devrais être soulagée, mais c'est comme si j'étais seule à avoir vu ce que j'ai vu, seule à savoir qu'à quelques dizaines de kilomètres de là, l'incompréhensible a englouti les gens de mon pays, une femme qui aimait parler aux arbres et la raison de celui qui l'aimait. Alors j'écoute le bruit des vagues, et j'attends.



Pauvre cloche je suis d'avoir cru que cet homme était différent des autres, abricots humains à la peau douce, la chair sucrée et le coeur de pierre. Pour lui, j'ai déposé ma vertu avec mes fringues, me dévêtant en feignant d'ignorer combien âpre et froide serait l'ascension de la montagne de culpabilité qui m'attendait, comme la face nord de l'Eiger. Et des années plus tard, engluée dans le goudron de la maternité, un enfant contre mon sein et un gouffre de solitude sous les pieds, je repense à la folie qui m'a menée jusque là. Qui m'a embarquée dans ce piège, ballotée dans cette vie-là que je ne rêvais ni souhaitais, comme on embarquerait sur la mer avec un maniaque de la perceuse, un éleveur de termites ou un couple de rats. Mon bateau est ivre, ma route livrée aux vents contraires, et tout ce que j'espère, confiante en le hasard, c'est que cette trajectoire fantasque finira sa ronde moqueuse dans une vasière qui soit un limon.


jeudi 16 février 2012

Exercice d'écriture - Résultat 4

Les écrits d'Harley Quinn


Marée humaine

Talons qui s’échauffent sur le macadam, bienvenue dans le cirque humain, le spectacle de personne, de tout le monde. Les gardiens de la révolution grondent à Paris, les lampadaires vacillant au-dessus des têtes seront les flambeaux de la liberté, embrasez la ville de vos souffles d’espoir ou empoignez les armes pour détrôner les spectres qui gouvernent vos libertés. Cachez vos traitres visages de pierre, vous qui restez stoïques en ces temps de guerre, préférant vous masquez derrière une pluie glaciale plutôt que d'affranchir vos utopies. Cavalcades de corps déambulant dans les ruelles des villes venant se mêler à la versatilité de l’orage qui gronde, martelant les empreintes défaitistes d'idéaux abandonnés avant même d'être défendus. Ce sont des masques que vous brandissez lâchement comme étendard boueux au-dessus de vos têtes, ce sont de piètres représentations de vous-même que vous crachez à la face du monde. C’est votre dignité qui s’infiltre sous les pavés aussi insidieuse et pénétrante que les torrents d'eau qui défilent jusqu'au caniveau. Il n'est pas trop tard, ôtez vos masques, commandez à vos jambes de cesser de s'agiter dans le vide, regardez-vous, osez regarder vos compagnons d'exode jusqu'au fond de leurs âmes, vous y verrez la même rage qui grouille au fond des tripes, la même peur dévorante qui déborde au creux des lèvres.Il est l’heure de combattre, il est temps de s’enfuir, faites votre choix, choisissez votre camp, bientôt il sera trop tard.



Nous étions désormais assis l’un en face de l’autre. Le premier fixant le second, dans un étrange jeu de regards. Le second serrait un couteau derrière son dos. L’éclair de la folie submergeait ses pupilles rougeoyantes à travers le masque déposé sur son visage figeant ses traits d’une expression stéréotypée. Le premier, le second. Je le regarde, sans un mot tandis qu’une lueur transperce le noir de sa lame brûlante. Planté de couteau, nous étions désormais allongés, l’un en face de l’autre. Les yeux clos.

Je le sais maintenant. C’est trop tard, je le sais. Le pardon n’entre plus en ligne de mire, pas plus que la haine ou la déflagration, nous avons beau fuir sur le macadam humide,  les talons s’engourdissent sans appel, les crimes d’hier se rappellent à notre souvenir. Nous courrons à nos lendemains de peur que la veille nous rattrape tandis que les fantômes errent dans les rues, chimères de nos désirs fantasmagoriques. Ne jamais se regarder, têtes baissées, si c’est trop tard que fais-tu là encore aujourd’hui ?

L’image de cette créature est toujours présente en moi. Elle n’a pas de visage, pas de forme, pas de voix, pas de consistance, elle n’est pas matérielle, ni spirituelle, ce n’est ni une voix ni une présence, c’est beaucoup plus insidieux. Elle est absente. Je ne saurais dater son existence ni lui donner un nom, c’est une partie, indéfinie. La tête en berne, posée sur les épaules, ballantes, une tête déposée sur un amas cellulaire, inconsistant. Elle est moi.

On ne survit pas toujours au jeu de la vérité. Il fallait se faire une raison, cesser les camouflages, ôter les masques, oser se regarder dans le blanc de l’œil, en face d’un miroir transparent. Il fallait oser, arracher les pupilles pour voir ce qui se trame derrière le crâne. Oser se noyer dans un labyrinthe de doute. Il fallait avoir le courage de se regarder sans ciller, de se poser plus de quelques secondes en face de soi-même sans avoir envie d’arracher la chair qui nous recouvre.

Tout commença par un adieu. Il s’est retourné, sans un mot, sans une explication. C’était hier, ou avant-hier, c’était la fin, le début. Le milieu qui se confond avec le reste. Son nom s’efface à mesure que ses traits se sont affaissés par les assauts transparents du temps, c’était un peu comme un pantin sautant d’une falaise. Imprévu, mais joli. Il avait la mesure des inconstants, la raison des irresponsables, je m’étais promis d’accrocher sa couardise sur mes lèvres le jour où il partirait. Je savais qu’il le ferait, le début commençait par la fin, nous savions tout deux que viendrait le moment des au-revoir, il fallait accepter l’éphémère de notre relation pour transcender les émotions terrestres qui caractérisaient l’âme humaine. J’étais un monstre d’indifférence qui s’acharnait à éteindre chaque jour le feu ardent qui brûlait mes entrailles. Il est partit, il a couru, ailleurs, tandis que désespérément je m’élançais à sa poursuite, un fusil à la main au cas où il se retournerait. J’ai couru des jours durant dans les rues grouillantes d’amertume, les trombes d’eau rinçant l’étincelle de folie qui m’animait. J’ai couru, jusqu’à me perdre, arrachant les mains qui s’offraient à moi et dédaignant le monde qui hurlait ta disparition. Tout commence comme tout se termine, par un adieu.



Nous étions comme des bouteilles jetées à la dérive dans une mer déchainée. Pourtant rien n’aurait laissé présager une telle destinée, lui, un verre de cognac à la main, à l’ombre d’un feu de cheminée. Moi, vêtue de gris, serrant une poupée déchirée au creux des bras. Nous vivions de nos chimères déchues dans un palais d’amertume. La confusion régnait en maitre,  nous étions les criminels de notre époque et les vagues ne cessaient de noyer nos cris tandis que l’espoir embrasait nos yeux.


mercredi 15 février 2012

Exercice d'écriture - Résultat 3

Les écrits de Milady


Zénitude

J’ai envie de partir ce matin, d’être couchée à l’avant du bateau, de regarder l’eau, le ciel. Le soleil est éblouissant, il fait chaud, très chaud. Il n’y a pas de bruit, juste le vent dans les voiles. La lumière et l’air me transpercent, je ressens les mouvements du bateau, je peux dire les yeux fermés s’il est bien réglé. Il n’y a pas de discontinuité entre moi, le bateau, la mer et le ciel. Bien-être, esprit au repos, vide absolu. Toutes les particules de mon corps ne font qu’un avec le paysage. Violence et vide des sensations. Violence et calme de mon esprit. Je suis bien.


C’est alors que tout a vacillé. Je n’en reviens pas, je sentais les choses venir mais je n’ai pas réagi et je n’ai rien fait pour éviter cet emportement. Mais mieux vaut commencer par le début. Retour à la case départ. 1er Janvier. Matin de réveillon après une nuit de fête très sympa avec des amis. Une fête c’est comme la mayonnaise, on a tous les ingrédients mais on ne sait pas si elle va prendre. Là tout le monde avait plaisir à se retrouver, bavardages, éclats de rire, rocks endiablés. Longue nuit de fête, petite nuit de sommeil, toute petite nuit. Pff, dur les lendemains de fête. Je ne décris pas, vous savez ce que c’est, j’ai la tête à l’envers. En plus j’ai mal au dos et les rocks ont réveillé mon tennis elbow. Je ne sais pas vous mais moi le matin je suis assez binaire, soit je démarre à 100 à l’heure soit je suis un ours mal léché. Là j’ai besoin de calme. Je prépare une grande cafetière, je me prends une douche. Retour à la cuisine,  pour le café au calme c’est raté je ne suis pas la seule à m’être levée. Je ne sais pas comment font les copains mais ils papotent tous, j’ai l’impression d’être le seule zombie. Dans le groupe il y a deux amis d’enfance de mon homme. Je les écoute d’une oreille, pas plus car j’ai mal au crâne. La discussion est assez surréaliste. Surenchère sur tous les sujets. C’est à celui qui prendra le dessus, qui étalera le plus sa culture… Deux frères ennemis ! Après le jazz, les insomnies, le sport… Je n’y crois pas tellement c’est énorme. Ce n’est pas nouveau mais à ce point c’est du jamais vu. Passage à table pour le déjeuner, il faut bien finir les restes. Ils continuent. Ils me font penser à une girouette qui tourne sur son axe à chaque rafale de vent. Ils n’ont pas l’air d’être fatigués, ni d’avoir mal à la tête, après l’apéro ils enchaînent avec le vin. Tiens ils parlent du livre d’Emmanuel Carrère « La vie des autres ». Je l’ai lu il y a peu de temps donc je dresse l’oreille. Je suis surprise car ils ne parlent que de l’aspect politique du livre or moi j’ai le souvenir d’un combat contre la maladie, d’un roman sur les relations humaines. Cela me sort un peu de ma torpeur mais pas suffisamment pour discuter, ni pour calmer le jeu. Je me lève pour faire le service. C’est là que tout a vacillé. Le niveau sonore de la discussion est de plus en plus élevé, je les entends de la cuisine. Que s’est-il passé pour que même que leurs femmes interviennent violemment ? Le temps que j’arrive plus rien, silence, ambiance lourde. Chacun se regarde gêné, certains lèvent la table, d’autres sortent dans le jardin. Mon homme me regarde désolé, je sais qu’il n’a rien vu venir. Je sors m’aérée. La pluie et l’air frais achèvent de me réveiller. Je regarde un chat blotti près d’un muret.

Mais qui sait ce qui se passe dans la tête d’un chat. Est-ce qu’un chat se pose des questions, est-ce qu’il cherche à comprendre le pourquoi des choses ? Drôle de question, pourtant j’y pense assez souvent même si la réponse est bien connue ! Est-ce qu’on a fait des images du cerveau d’un chat face à sa nourriture préférée ? Sont-elles si différentes de celle de l’homme ? Est-ce que le crâne d’un chat est transparent ? Images de la perception face à celle de l’imagination… Bon ce ne doit pas être facile d’imager le cerveau d’un chat lorsqu’il bondit sur un oiseau ! Je délire. Mais quand même, imaginez un chat dont le coussin est situé devant la télé. A chaque pub pour les croquettes, hop il ouvre un œil ! Est-ce si différent de l’enfant devant une pub de jeu vidéo ? Message subliminal. Après l’enfant court demander aux parents d’acheter le jeu et le chat miaule pour obtenir ses croquettes. Je n’ai jamais rien lu en neuroscience sur le cerveau des chats, faudrait peut-être que je regarde ! Agitation de l’autre côté du jardin, il faut que je cesse mon jeu de diversion. Souvent j’enchaîne les questions-réponses sans intérêts pour me calmer de mes émotions, parfois ça marche. Branle bas de combat, ils repartent tous.

Nous étions désormais assis l’un en face de l’autre. Comme à son habitude il ne semble pas être perturbé par ce qui vient de se passer. Pourtant il est loin d’être insensible, mais ça glisse sur lui, il range rapidement les choses dans des cases. Assis dans le canapé face à la cheminée, il fait un sodoku. Il a les traits tirés, je sens qu’il s’assoupit, il ne va pas tarder à sombrer. Il lève la tête, m’interroge :
-         tu ne lis pas ?
-         non. Je te regarde.
Il sourit, s’enfonce plus confortablement et écarte un bras pour que je m’y blottisse. Je me réfugie tout contre lui, ses bras m’enserrent, il pose sa tête contre la mienne. Sa respiration ralentit, le souffle est de plus en plus régulier, je devine qu’il dort. Je regarde le feu, caresse sa main, puis je me concentre sur sa respiration, ne faire plus qu’un. Les flammes sont à la fois vives et reposantes tout comme l’océan. Je m’endors enfin. Mais ce repos est de courte durée, un petit ronflement me ramène à la réalité. Immédiatement je repense à ce qui s’est passé un peu plus tôt.

-         Je le sais maintenant. C’est trop tard, je le sais.
Je ne comprends pas. Il me semble bien avoir entendu dire ça tout à l’heure par une de nos amies. Depuis mon réveil, cette phrase tourne en boucle dans mon crâne. Quel secret a été dévoilé sous l’effet de la fatigue et de l’alcool ? Est-ce une promesse non tenue ? Qu’ont-ils dit réellement en mon absence ? Mon mari a tout entendu mais il dort. De toute façon, il me dirait que c’est sans importance. Quelle idée de boire plus que de mesure ! Pourquoi dire des choses qui vont faire mal ? Est-il vraiment nécessaire de parler ? Si oui, ce n’était vraiment pas le moment ni la manière. J’espère pour nos amis que ces excès seront sans conséquence. On dit que les enfants imitent les adultes, moi je trouve que les adultes devraient un peu plus souvent prendre exemple sur les enfants. J’envie la capacité des enfants à zapper, ils se disputent et quelques minutes plus tard tout est oublié et ils jouent de nouveau ensemble. Arrêter de penser, retrouver son calme. Je me concentre sur la respiration de mon mari, regarde le feu, je m’apaise. 

Mes amis, je vous aime donc tels que vous êtes. Ce n’est pas votre culture qui m’intéresse mais vous, vos faiblesses et vos forces, votre sensibilité. Vous m’acceptez lorsque je déborde d’énergie ou lorsque je passe des heures à lire. Moi c’est pareil, je vous aime pour ce que vous êtes. Hypocondriaque, cyclotimique, petit ou grand, mince ou fort, logique ou pas… Les combats de coqs ne sont pas nécessaires, vous êtes et je vous aime tels que vous êtes.



Nos amis sont devant le foyer de la cheminée. Entourés de ma famille ils papotent pendant que je prépare une soupe au pistou. Les enfants racontent leurs vacances à la neige et le bonheur d’avoir pu faire des randonnées en tout liberté. Tout en cuisinant j’écoute de la musique et je songe à l’avenir. Nos prochaines vacances seront moins sportives, la lecture de nombreux livres est l’activité principale en croisière.


mardi 14 février 2012

Saint Valentin... au Japon

Bon, comme je l'ai mis dans les commentaires, j'avais totalement oublié que les textes paraissaient cette semaine et j'ai écrit un article pour la St Valentin.Alors comme je n'ai pas l'intention d'avoir fait ça pour rien, il parait aujourd'hui et dès demain on reprend la parution des textes jusqu'à dimanche (ou lundi je vais voir ça).


Par tradition parfois purement commerciale, la Saint Valentin s'est imposée dans le monde.
Et pas toujours le 14 février et même quelque fois avec une date fluctuante en fonction de la position des étoiles.

Au Japon, la Saint Valentin a pris corps dans les années 50 avec une vision toute particulière des choses :
les filles se doivent d'offrir des chocolats aux garçons.
Et aux travail, toutes les femmes doivent offrir des chocolats à leurs collègues masculins.
Qu'elles les apprécient ou pas.
Et l'idéal est que ces chocolats soient fabriquées de leurs petites mains, soit achetés au chocolatier qui a lancé cette tradition (50 % des ventes de l'année se font ce jour là).


Je vous rassure tout de suite, il existe différents types de chocolats.
Il y a les chocolats pour les garçons qu'on aime bien et les chocolats pour ceux qu'on n'apprécie guère. Ceux là reçoivent des chocolats bon marché et mauvaise qualité.



Il peut arriver qu'un homme ne reçoive pas de chocolats. C'est la honte totale et il n'a plus le soir qu'à aller déguster au restaurant des nouilles noires symboles de sa morne vie.

Les filles adolescentes peuvent aussi s'offrir des chocolats appelés "chocolats de l'amitié".

On peut aussi s'échanger des cartes, des cadeaux... mais cela reste très occidental et a du mal à percer dans la culture Japonaise.

Tous les hommes n'aiment pas le chocolat, d'autant que par tradition tout ce qui est sucré est catégorisé comme "féminin", aussi les Japonaises peuvent offrir tout autre cadeau ayant une forme de coeur (une bouteille par exemple).

Pour finir, tout cadeau se doit d'être rendu. Un "jour blanc" a donc été instauré afin que les hommes puissent rendre leurs cadeaux aux femmes. Ces cadeaux, souvent des chocolats ou des gateaux, se doivent d'être blancs ou clairs, symboles de pureté, et beaucoup plus chers que la valeur de ce qu'ils ont reçu. Cette nouvelle tradition a du mal à prendre.





Tout ça n'a rien de très romantique n'est-ce pas ? Au Japon, l'équivalent amoureux de "notre" Saint Valentin a lieu en fin d'année !

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