lundi 20 février 2012

Exercice d'écriture - Résultat 8

Les écrits de Cleanettte


La vie est belle.


Je suis facilement râleuse. J'ai besoin de défit, ou d'objectifs sympas dans mes journées pour ne pas les entamer morose dès le matin. Je n'ai pas non plus besoin de décrocher la lune chaque jour, la perspective d'un de mes plats favoris, un bon bouquin, l'opportunité d'avoir 1h de libre pour jouer à mon jeu vidéo du moment me suffisent. Mais certains jours je sais d'avance que rien de tout cela ne sera possible, je rumine sur le manque flagrant d'intérêt de ma petite vie. Et là en levant le nez, je vois un ciel d'azur, de la végétation d'un vert éclatant , un beau soleil ou même un ciel sombre très orageux mais troué de rai de lumière entre les nuages, un soleil levant ou couchant ou le rose et l'orange s'entremêlent en mille nuances, et mon visage et mon âme s'éclaire subitement, je retrouve aussitôt le plaisir de vivre et de profiter de ces petits riens. Les jours ou il fait moche et gris mon humeur a plus de mal à remonter. Comme les images peuvent suffire je m'étais concocté un bel économiseur d'écran au boulot faisant apparaitre alternativement quelques un de mes paysages préférés entrecoupées de quelques photos de mes enfants. Mais l'administrateur réseau a décrété que nous n'avions pas besoin de faire usage d'économiseur d'écran et en a bloqué l'usage pour tous de même qu'a la personnalisation du bureau. Est-ce qu'ils réalisent que cela constitue pour au moins un certain nombre une dégradation de leur cadre de travail?Je ne vais pas ramener sur mon poste de travail un cadre photo numérique au risque de me le faire piquer(oui les choses de valeurs peuvent disparaitre ici) alors à défaut j'ai ramené un cadre avec une photo de mes enfants et une composition de plantes d'appartement pour avoir la verdure…Et j'avoue avoir quand même passé un certain temps à tenter de contourner ces stupides contraintes techniques."



Rien que le grondement sourd du ressac, là-bas, derrière la colline. Ce grondement sourd et lancinant des vagues se jetant encore et encore contre les rochers et par moment le murmure du vent passant au travers des haies, ce sont les seuls sons que je percevais. L'endroit était désert, les premières habitations à quelques kilomètres de là et le jour tombant et la pluie fine qui tombait depuis plusieurs heures avait rendu muets et invisibles les quelques oiseaux que l'on entend d'ordinaire par beau temps. Même les mouettes avaient abandonnées leur valse au dessus de l'océan et de ses abords.

Je me sentais seule au monde lorsque je remarquais ce chat, tapi sous des fourrés. Jamais je n'aurais cru en croiser un par ce temps humide. 

Mais qui sait ce qui se passe dans la tête d’un chat ? Cette espèce animale m'a toujours parut particulièrement mystérieuse. Il n'en font qu'à leur tête et surtout sont capable de changer d'attitude du tout au tout en l'espace d'1 sec. Je les déteste car contrairement aux chiens, on ne peut s'attendre à ce qu'ils nous obéissent au doigt et à l'œil, autrefois on les associait volontiers au Malin pour leur rouerie ou justement à cause de notre incapacité à les maitriser. Mais je les admire pour leur noblesse, leur grâce, leur esprit d'indépendance. Alors comme souvent bien que sachant la tentative souvent vaine, j'ai voulu sympathiser avec ce représentant de l'espèce féline.

Mais j'ai fait un pas, un seul pas en avant. Et il avait fuit comme si j'étais le diable en personne. Il était passé derrière le mur de ronce longeant le chemin et je n'avais aucune idée de la direction dans laquelle il était parti. Peut-être grimpé sur cet arbre à 100m de là qui faisait un excellent poste d'observation pour m'observer sans risque ou m'ignorant totalement parti rejoindre un terrain de chasse plus tranquille sans trouble-fête. D'ordinaire j'aurais passé mon chemin, vaguement déçue, mais sans m'y attarder d'avantage; mon esprit aurait rebondi aussitôt sur un autre sujet de préoccupation. Mais ce soir, au fond de mon cafard, alors que j'avais déjà le sentiment d'avoir perdu tout soutient de la part de mes proches, ce nouvel abandon était la goute d'eau qui faisait déborder le vase. Est-ce que j'étais maudite? Possédée par des forces malfaisantes qui répandaient autour de moi une aura si sombre que toute créature préférait me fuir? Je pleurais enfin à gros sanglot, mes genoux se dérobant je gagnais une de ses grosses roches grises qui affleurait dans le coin par endroit et je me laissais aller de longues minutes. Lorsque je relevais enfin les yeux, me sentant observée, je découvris le chat qui était revenu.

Nous étions désormais assis l’un en face de l’autre. Il me fixait de son regard narquois comme si il se demandait ce que pouvait bien signifier cette pantomime. Et à la réflexion, je me sentais un peu bête, je réalisais combien mes attentes avaient étés futiles et irréalistes que ce soit concernant ce chat tout comme pour mes proches. Tout devenait claire, transparent, limpide. A peu de chose près je leur avais demandé sans même leur laisser le temps d'y réfléchir, de me suivre pour franchir un précipice sur une planche qui n'aurait été visible que par moi alors qu'ils se trouvaient tranquilles et heureux là ou ils étaient. Toute personne sensée aurait réagi de la même manière et m'aurait traité de folle.

Le crépuscule est venu. La pluie s'était arrêtée. L'air était doux et toutes les senteurs de la lande se trouvaient exalté par l'humidité. Je me sentais enfin apaisé, moi je savais et je pouvais très bien poursuivre seule quelque temps sur ce chemin que je savais sans danger. Ce n'était même pas une histoire de courage, juste un petit manque de confiance en moi. Le sourire me revint à l'idée de la belle route qui m'attendait et là je distinguais le chat qui se redressait en ronronnant. Et alors que l'obscurité gagnait je le sentis venir se frotter contre mes jambes puis chercher comment se lover au mieux contre moi. Peut-être ne resterais-je finalement pas si seule?



Cet escalier semblait monter jusqu'au ciel. Mais il menait à une grande terrasse, de là je voyais ma voiture garée à l'ombre d'un arbre. Sur la pelouse, un jeune homme lançait une balle à son chien. Le soleil déjà haut mais un peu voilé me faisait penser aux gateaux au citron de mon enfance avec leur glaçage tout blanc. Et la grande roue qui fonctionnait à l'extrémité opposée du parc été vu d'ici si petite qu'on aurait cru un jouet.



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