jeudi 2 février 2012

le Marquis de Sade est un imposteur

J'ai lu plusieurs ouvrages de Donatien-Alphonse-François de Sade dit "Marquis de Sade".
Surtout les plus sulfureux. 



Je m'y suis toujours fortement ennuyée.
Pourquoi les ai-je lu me direz vous ?
Pour deux raisons :
- c'est d'un français exquis et ça fait toujours du bien de lire des textes de ce niveau
- c'est d'un enseignement prodigieux sur les perversions sexuelles surtout lorsqu'on débute en psychologie mais surtout en criminologie.

Il faut bien avouer que les écrits "osés" de Sade sont purement descriptif.
Un peu comme une recette de cuisine. "Alors je prends 2 oeufs, je les casse et je mélange le tout".
Ben là c'est pareil. Aucune poésie, aucun érotisme, aucune sensualité. De la description anatomique pure, quasi médicale.
Rien de bien excitant dans tout cela.
Un faible pour les jeunes filles entre 12 et 15 ans qu'il faut initier.
Une détestation pour leurs mères qu'il faut punir.

Disons le tout de go, tout cela n'est qu'un gros prétexte à Sade de nous case ses digressions politiques, philosophiques, sociales ou culturelles qui n'en finissent pas. C'est bien écrit et même très bien argumenté. Dans "la philosophie du boudoir" il arriverait presque à me convaincre que la femme n'existe que pour servir l'homme sexuellement. Ah le bougre !

Mais sérieusement, y'en a t il qui lisent Sade pour ses discours philosophiques ?
Non, on saute les pages (à défaut d'autre chose !).
Bien que je me sois souvent plongée dans la lecture de ces longs paragraphes qu'on devraient donner à lire comme punition, cela reste un exercice difficile pour ne pas dire barbant.

Alors restent les écrits sexuels.
Ainsi, une jeune femme peut se faire pénétrer vaginalement et analement en même temps par deux énormes sexes masculins et cela alors qu'elle est encore vierge, en y prenant un plaisir immense. Et si jamais elle se mettait à exprimer une quelconque douleur, un simple titillement clitoridien suffit à la ramener à l'extase... et à en redemander instantanément.

On plante à de multiples reprises de grandes aiguilles dans les sexes (féminins), dans les cuisses, on coud tout en sodomisant, suçant... et personne ne se plaint. Tout juste quelques "aie" de circonstances histoire de faire frémir le lecteur, puis l'extase. Et on arrive même à marche dans ces conditions.
Demandez donc à une jeune femme nouvellement piercée de la grande lèvre si c'était "extatique"... 

Ou bien il livre une très jeune fille encore vierge aux actes de débauches de quelques visiteurs. Elle y prendra goût, suffisamment pour apprécier ensuite les "hommages" de son père. Juste avant d'être tuée dans l'extase.

Non mais, il prend ses lecteurs du XXIème siècle pour des abrutis ou quoi ?
Bien sur il faut replacer les écrits de Sade dans leur contexte historique.Ce que je ne ferai pas, d'autres l'ont fait et certainement mieux que je ne le pourrais.
Bien sur, en enrobant ces écrits philosophiques dans une pseudo pornographie, il se garantissait des lecteurs qu'il n'aurait pas eu. Ce qui lui permis d'être condamné pour ses écrits sans moralité et pas pour ses idées.

Je pense que ces descriptions méthodiques de relations sexuelles ne sont que des prétextes.
D'abord, c'est mal écrit. Or on voit l'homme d'esprit, de réflexion. Rien de tout cela dans ces scènes.
Ensuite, de toute évidence il ne sait pas de quoi il parle.
C'est bourré d'incohérences, de positions inopportunes et d'absence de souffrance.
Ainsi vous remarquerez qu'il n'y a pas de victimes chez Sade, toutes finissent dans l'extase. Extase de se livrer corps et âme, extase de ne pas/plus avoir de moralité, extase orgasmique.
Et cela quelque soit ce que subisse la "victime".


Lire Sade me fait souvent sourire.
Parce que vraisemblablement, il n'a jamais assisté ni même pratiqué ce type de scènes.


Pour lire en ligne les oeuvres de Sade c'est ICI, mais on peut les trouver facilement (et gratuitement) en format .pdf en cherchant un peu sur le net.

8 commentaires:

  1. Je n'ai jamais lu sade et j'ai l'impression, après avoir parcouru ce post que je ne suis pas prête d'en lire quoi que ce soit.
    Suite à cette lecture, je me demande: était-il homosexuel, finalement?
    Mais cette question ne découle que des informations que tu viens de diffuser. Finalement, je ne connais de ce personnage que son nom et sa réputation, et encore... autant dire rien. Partant du principe que pour se faire son propre avis il faut en recueuillir plusieurs dans un souci d'objectivité, je serais curieuse de connaître l'opinion de ses adhérents.
    Bon. Voilà une journée qui commence bien!

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  2. Si l'on reprend "la philosophie du boudoir" la sodomie est au centre de l'initiation. D'ailleurs le protagoniste et initiateur principal exprime à plusieurs reprise que son seul plaisir est dans la sodomie, de jeunes hommes en particulier et que lui même ne se refuse jamais comme réceptacle. C'est d'ailleurs assez amusant car il perçoit de fait de pénétrer une femme vaginalement comme une perversion. Mais lui même s'adonne -soit disant- à la coprolalie, mais Sade est incapable d'en faire une description. Une fois encore il parle de quelque chose qu'il ne connait pas.
    Alors oui dans ce roman, l'homosexualité est au centre de l'écrit. Maintenant dans d'autres, aussi, mais à l'époque, car l'époque à son importance, la sodomie est un acte démoniaque qui plus que tout autre nie l'humanité de celui qui s'y adonne. Or Sade cherche surtout à casser les codes sociaux et moraux. Le recours à l'homosexualité ou à la sodomie ne sont que des façons supplémentaires de choquer et de remettre en cause une Société chrétienne bien pensante.

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  3. Je suis d'accord avec Vergibération ! Je n'ai lu que "Justine", il y a 25 ans, à l'époque où j'essayais d'étoffer le rayon de la bibliothèque de mon école par des récits érotiques. Mais j'avais été surprise de la part prise par la réflexion. Je ne me rappelle plus trop les détails des scènes sexuelles, en revanche, sauf que cette pauvre Justine semblait victime d'un trèèèèès mauvais karma.
    Finalement, Sade, c'est un peu comme le kama sutra : un prétexte. Parce que le Kama Sutra est truffé de pages sur l'éducation et la société, mine de rien (c'est intéressant, mais c'est la barbe).

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  4. J'ai essayé de lire Sade, et je n'y suis jamais parvenu tellement ça me barbait.

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  5. @Alexis : pour lire Sade, il faut soit être un ado motivé par... ben, par, soit avoir le temps de se faire une culture. J'avais le temps ! Mais pour ce qu'il en reste...

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  6. Franchement, perso pour ce type de préoccupations adolescentes, je trouve Freud bien plus intéressant. Mais je ne suis plus une ado... que dois-je en déduire ? hummm ? lol

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  7. C'est pas pour fayoter, mais je suis d'accord à propos de Freud...et je n'en déduis surtout rien du tout ! :)))

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  8. J'ai lu quelques uns de ses bouquins, par curiosité surtout. Et, il a le mérite de me faire rire, sincèrement je m'amuse beaucoup de ce genre de lecture, mais lassant à lire de bout en bout.
    Sinon, il y a un sacré film, vraiment marquant, retraçant la fin de l'existence du Marquis de Sade, "Quills, la plume et le sang", ce film est véritablement grandiose, je l'ai vu assez récemment mais troublant.
    Après, ses écrits ne sont pas à prendre au pied de la lettre, la critique faite contre la société, les moeurs, l'hypocrisie de l'époque, contourner les diverses censures, c'est davantage le caractère provoquant du personnage qui est notable que la narration de galipettes tabous.

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