lundi 27 février 2012

L'enfant de la réconciliation

Alors que le XXIème siècle commence a être bien entamé, à l'heure où la diffusion des théories psychologiques sont hyper diffusées et accessibles, je suis toujours très étonnée d'entendre encore dans la bouche de certains couples des "bien-fondés" basés sur des incohérence cognitives.

Ainsi, de très nombreux couples affirment encore faire des enfants afin de consolider leur couple ou afin de se réconcilier. Et lorsqu'ils se séparent, 3 à 4 ans après la naissance de l'enfant, ils sont capables de vous dire qu'en fait ça n'allait déjà pas bien entre eux avant.

Est-ce que ces gens lisent ? Est-ce qu'ils regardent les documentaires à la télé ? Est-ce qu'ils se posent des questions un peu existentielles ? Non, sans doute, comme le veut le sempiternel "bienheureux, l'abruti !" (enfin non c'est pas tout à fait ça, mais c'est ce que cela veut dire).

A force d'entendre des victimes parler des violences qu'elles ont subi au sein de leur couple, je me rend compte à quel point beaucoup de couples ne s'entendent pas très rapidement. Certes passée la période passionnelle qui rend aveugle, il existe un moment où la plongée dans la réalité et le quotidien peut donner lieu à quelques désillusions. Les chaussettes de monsieur qui trainent tous les matins et madame qui pète au lit éloigne lentement mais sûrement de l'idéal véhiculé par les contes de princes et princesses. Mais la réalité est ce qu'elle est. L'adulte mâture et concret, finira par admettre qu'on peut oublier de ranger ses chaussettes et qu'il peut arriver de péter au lit, car après l'humain est ce qu'il est avec sa beauté et ses faiblesse et qu'il y a en plus des choses bien plus importante chez l'autre et surtout dans le monde.

Une fois que madame se sera mise à mettre machinalement les chaussettes dans la panière et que monsieur se sera lâché au lit aussi, tout rentrera dans l'ordre et l'amour quotidien prendra le dessus. Sauf qu'il y a des couples qui n'y arrivent pas. Certains ne peuvent vivre que dans la passion. Ils veulent absolument rester aveugle à la réalité et aux faiblesses humaines. L'humain ne peut être que parfait. Passé 16 ans, il n'y a pas d'amour là-dedans juste une immaturité persistante. D'autres découvrent qu'au quotidien leur moitié est infernal(e). Il ne laisse pas trainer que ses chaussettes, mais aussi ses slips, ses chemises, ses t-shirts, ne rabat jamais le dessus des toilettes, laisse la salle de bain dans un état chaotique, passe plus de temps avec ses copains qu'avec madame... Elle ne pète pas qu'au lit, elle porte les mêmes sous-vêtements pendant 15 jours, elle passe 3 heures dans la salle de bain, elle râle tout le temps, ses copines lui disent comment elle doit traiter son mec... les engueulades fusent. Le matin au réveil on se fait la gueule, on petit-déjeune planqués derrière le paquet de céréales, on part au travail et disant "salut". Le soir, la porte à peine passée les engueulades reprennent surtout pour savoir qui va faire le repas (faut il déjà avoir fait des courses !) et comme punition on ne fera pas "crac crac" ce soir, ça t'apprendra.

3 semaines plus tard, Monsieur et madame sont séparés (Monsieur est retourné chez papa/maman, Madame a gardé l'appart). Puis après tout, maman est encore plus infernale que Madame et Madame se morfond dans son salon.

Un soir Monsieur ayant acheté des fleurs, madame sera de bonne humeur. A moins que ce ne soit l'inverse... le résultat est le même, on pardonne, on s'embrasse, on se dit qu'on ne le fera jamais plus, on dit qu'on restera ensemble et on se dit prêt à faire un bébé pour sceller tout ça.

Cinq minutes plus tard, c'est comme si c'était fait. Une semaine plus tard Madame confirme que le test est bleu. Les engueulades ont cessé. Et c'est avec joie que Madame va acheter des grenouillères et que Monsieur peint la chambre du futur bébé. Au fur et à mesure que le ventre grossit, les engueulades reprennent du volume. Pourquoi t'as acheté du rose, tu sais pas si c'est une fille. Tu sais pas peindre les plinthes, t'es vraiment nul. Puis vient la peur de l'accouchement pour Madame, les angoisses d'être père pour Monsieur. Trop tard, personne ne peut revenir en arrière. Il/elle est là !

L'enfant est un malin qui veut ses deux parents pour lui et seulement pour lui. Il va tout faire pour séparer les deux parents, faut qu'ils soient tous les deux à lui uniquement. Alors il va appuyer là où ça fait mal : il pleure parce qu'il sait que papa va hurler sur maman "y'en a marre que tu le laisses pleurer", il crie dès qu'il a la couche à peine mouillée parce qu'il sait que çà énerve maman "y'en a marre c'est tout le temps moi qui le change"... Et que charmant bambin va utiliser toutes les failles du couple : l'estime de Soi, le rôle du père, celui de la mère.... Et c'est là que si le couple n'est pas solide, que la faille va grandir.

Un couple qui s'entend bien, qui est solide et est capable de faire face à l'enfant tyrannique se disputera bien sur. Mais il saura se rendre compte des manipulations de l'enfant et le couple fera front ensemble. On prend les décisions à deux, on discute avant, lorsqu'un l'un est fatigué, l'autre prend le relai... Bref, l'enfant n'arrive pas à s'immiscer entre les deux. L'image est simple. Visualisez un couple qui se promène avec un jeune enfant qui sait marcher. Où est l'enfant ? A côté de l'un ou de l'autre ou au entre les deux pour les séparer ? Ben voila l'enfant passe son temps à vouloir se mettre entre les deux...  Et lorsque les parents ne s'entendent pas il arrive à se mettre entre les deux très facilement tant physiquement, que verbalement, que psychologiquement. Attention, ç'est une image, ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas mettre l'enfant au milieu, du moment que le couple est conscient que c'est lui qui accepte l'enfant là en gardant le contrôle sur la relation tout va bien.

L'enfant ne se rend pas compte que le couple risque d'exploser. En fait quelque part ça l'arrangerait bien. Si les deux parents ne sont pas ensemble, ils les aura tous les deux pour lui. Il ne sait pas que malheureusement, lorsqu'ils ne sont plus ensemble il y en a un qui part. Grosse surprise et culpabilité !

Dans un couple en défaillance, l'enfant va enfoncer le clou, marteler là où ça fait mal, manipuler... Un enfant ne renforce jamais un couple. C'est le couple qui décide de se renforcer. Demander à un enfant de réconcilier ses parents, c'est lui demander d'être le thérapeute de ses parents, c'est lui donner une place qui n'est pas la sienne, c'est le mettre en situation d'adulte face à des adultes immatures qui n'arrivent pas à prendre la bonne décision. 

Faire un enfant pour se réconcilier, c'est à coup sur allez dans le mur. 

C'est symbolique. Elle et eux ne s'entendent pas.


18 commentaires:

  1. Je ne sais pas qui de celui qui regarde les documentaires et les émissions sociétales, ou de celui qui ne le fait pas est le plus abruti. Ce que je peux confirmer c’est qu’un enfant ne va jamais réconcilier un couple. Je n’ai pas tenté l’expérience sous cette forme là, tout simplement parce que je trouve profondément immoral d’instrumentaliser les gens en général et les enfants en particuliers.
    La seule chose que je peux dire, c’est qu’une naissance, même si elle n’est pas la première, et peut-être même encore d’avantage si elle ne l’est pas, c’est un bouleversement, c’est beaucoup de fatigue et ça ne peut qu’aggraver les tensions. En revanche, la séparation, dans certains cas ramène un climat beaucoup plus serein, et si les parents ont la maturité de ne pas prendre les enfants en otages affectifs, et bien ces braves chérubins peuvent parfaitement s’épanouir sans devenir des enfants rois.

    RépondreSupprimer
  2. Tu entends encore des gens te dire qu'ils ont fait un enfant pour se réconcilier?!?

    Ce n'est pas la même chose quand même d'assimiler l'enfant issu du bonheur du couple réconcilié et celui fait par la femme parfois à l'insu du compagnon(pilule oubliée) dans l'espoir de le retenir.
    Après effectivement dans les 2 cas le couple avant la grossesse ne présageait pas d'une stabilité exemplaire ce qui fait craindre le pire à l'arrivée de l'enfant.

    Dans la suite de ta démonstration, j'ai quand même beaucoup de mal avec ton point de vue de l'enfant qui fait exprès de réclamer l'attention exclusive de chacun de ses parents.
    A ma maigre connaissance,la plus part du temps le bébé n'en a pas grand chose à faire de savoir qui fait quoi: il veut manger, être changé de position, ne plus avoir les fesses mouillés et froides, des calins. Idéalement il voudra sa mère, mais n'importe qui acceptant de faire la même chose, fera plus ou moins l'affaire(père, mamie, nounou etc...)
    Après la fatigue aidant, la gestion de l'enfant peut devenir source de tension si le couple n'est pas assez solidaire. Et alors en grandissant l'enfant peut effectivement s'installer dans une place dangereuse mais pas avant ses 18-mois 2 ans. Mes bébés étaient pourtant bien éveillés mais ils ne comprenaient pas tout et leur prêter ne serait-ce que l'intention d'obtenir toute l'attention de Papa ET de Maman avant cet age c'est comme de les croire capable de caprice...

    RépondreSupprimer
  3. Cleanette : ta vision va à l'encontre totale de la théorie de l'attachement. L'enfant est attaché à celui/celle qui le nourrit en premier. La seule chose que le nouveau né veut c'est survivre. Tout est bon pour cela, mais la première chose c'est qu'on se focalise sur lui et rien que sur lui et cela dure environ un an pour passer les premiers caps de la totale dépendance. Ensuite, il a des dents, il peut manger n'importe quoi. Mais il reste dépendant pour se procurer la nourriture, son intérêt est qu'on ne l'oublie pas et même qu'il passe en premier, car l'espoir de l'espèce c'est lui, pas ses parents. Il est par contre absolument évident qu'un enfant qui nait peut très bien se passer de ses parents biologiques, des substituts de parents feront très bien l'affaire. Une fois l'attachement en place, ce n'est plus possible. D'un point de vue psychanalytique, l'adoption ou plutôt l'abandon qui la permet mène à une souffrance totale, mais c'est un autre problème. L'enfant veut s'approprier l'attention de chacun de ses deux parents et cela dure environ 4 ans (dans nos Sociétés cela peut perdurer puisque l'enfant n'a aucun moyen de subvenir à ses besoins primaires seuls).
    La fatigue est source de tension dans tous les couples, mais dans les couples fragilisés avant la naissance de l'enfant, elle génère la colère qui engendre les disputes et les séparations voire souvent la maltraitance (les parents comprenant inconsciemment que l'enfant exacerbe les failles) (et puis c'est plus facile de régler ses comptes sur un gosse que sur un adulte, mais après il y a des problématiques divers). Les pédiatres te diront que les enfants ne font pas de cauchemars avant 8 à 12 mois, alors qu'en psychologie on sait qu'ils en font dès l'âge 3 mois. Et oui, les nourrissons font des caprices dès la naissance...

    RépondreSupprimer
  4. N'est-ce pas sur-interpréter la part "active" que prend l'enfant à rendre le couple encore plus infernal?

    Le travail causé par l'enfant, la coordination nécessaire, la fatique, la réduction de la liberté etc. suffisent déjà pour rendre un couple invivable s'il n'est pas bien soudé. Pourquoi prêter à l'enfant l'intention de séparer ses parents?

    RépondreSupprimer
  5. Je trouve cette analyse (que l'enfant cherche à séparer les parents) cruelle envers les enfants qui souffrent du divorce, style : "Tu n'as qu'à t'en prendre à toi-même, c'est TOI qui les as séparés."

    RépondreSupprimer
  6. Flan : ça c'est TON interprétation. Mais ceci dit, pourquoi croies tu que l'enfant culpabilise lors de la séparation des parents ? Parce qu'il se sent responsable. Il sait qu'il a participé à... mais il ne faut pas oublier que la séparation n'était pas son but.
    Ta réflexion est celle de parents immatures qui n'acceptent pas de faire le point sur leur vécu. Elle permet aux parents de se dispenser du retour en arrière sur les raisons qui leur ont permis d'arriver à la séparation. Un couple soudé ne se séparera pas quelque soit les "manoeuvres" de l'enfant. Ici le couple est déjà "fêlé" avant la naissance de l'enfant.

    RépondreSupprimer
  7. Cleanette : je reviens sur ce que tu as dit. Un couple qui s'est disputé et s'est réconcilier il y a un certain temps n'est pas pas dans le réconciliation. Je parle bien ici des parents qui considère l'enfant comme un consolidateur de liens. Quant aux enfants fait 'dans le dos', ça reste d'une rare violence.Tout comme l'enfant désiré dont la mère décide brutalement déjecter le père.

    RépondreSupprimer
  8. "Parce qu'il se sent responsable"

    Oui, tout simplement parce que les enfants ont la fâcheuse tendance de se sentir responsables pour tout et n'importe quoi. Maman a le cancer? C'est ma faute! Papa s'est suicidé? C'est ma faute! Les parents s'engueulent? C'est ma faute! Papa tape maman? C'est ma faute! Les parents divorcent? C'est ma faute! La grêle a détruit la récolte? C'est ma faute! (J'ai fait un pêcher et pour nous punir, Dieu a détruit la récolte).

    Alors, justement, il ne faut pas en rajouter!

    RépondreSupprimer
  9. "Ici le couple est déjà "fêlé" avant la naissance de l'enfant."

    Je suis d'accord sur ce point. Donc, justement, ce n'est pas la faute de l'enfant. cqfd.

    RépondreSupprimer
  10. Prochainement l'enfant pour faire plaisir a la famille ???
    Facon ca doit etre la meme chose sur le gosse.

    RépondreSupprimer
  11. Flan : ce n'est pas parce qu'un couple présente une faille qu'il se sépare. C'est les "contraintes" liées à la naissance qui font que cela enfonce le couteau dans la plaie.Il faudrait voir aussi à ne pas confondre responsabilité et culpabilité. Aujourd'hui, tout le monde veut être déresponsabiliser. C'est toujours la faute des autres... mais oui et heureusement l'Etat est là pour jouer "à la maman". Oui, nous sommes responsable. Oui, nous pensons et faisons des choses qui ont des conséquences. Oui, l'enfant pense qu'il est coupable parce qu'il se permet (heureusement !) d'avoir des pensées négatives à l'égard de ses parents ("je les hais") et il croit que c'est lui qui créé cette situation (pensée magique) et qu'à force d'entendre les parents se disputer à cause de lui il croit qu'il est coupable. Mais du coup il est responsable, car c'est bien à cause de lui qu'ils se disputent, c'est un sujet supplémentaire de fêlure. On pourra toujours argumenter qu'il n'a pas choisi d'être là, c'est vrai, mais il y est... pour de mauvaises raisons.... qui vont venir renforcer ses propres comportements. Un gamin qui entend ses parents se disputer tout le temps, n'a qu'une envie c'est de ne pas être là ou qu'ils ne soient pas ensemble. Ce qui quelque part l'arrange bien puisque ce qu'il veut c'est avoir ses parents pour lui.

    Un peu de sémantique ferait du bien.

    RépondreSupprimer
  12. Bonjour,

    Il faut croire que je me classe dans la catégorie des « bienheureux abrutis » car notre dernier enfant a effectivement ressoudé notre couple.

    Maintenant, j’avoue avoir des excuses car je ne n’ai pas de télé et ne peux donc pas regarder les documentaires qui me permettraient de savoir et de comprendre. Je suis ainsi resté un « con-joint »

    Plus sérieusement, ce n’est évidemment pas notre garçon qui a ressoudé notre couple avec ses petits bras potelé : comme le dit Clea Nette, il n’y a pas de caprices avant 18 mois environs, pour la bonne raison que le bébé n’a, à ma connaissance, pas encore accès au « je » et donc à la tyrannie de l’ego !

    Par contre, la venue d’un enfant peut entraîner une mise entre parenthèses des petits mondes égocentriques des parents pour se concentrer sur une œuvre de vie qui les dépasse et les transcende. Le bien-être fondamental du bébé (et de la mère) priment ainsi sur les agacements du quotidien et conduisent à une relative patience – 9 mois d’attente – et apprentissage de la sérénité.

    Dans le même temps, eros fait progressivement place à philia et agape, la femme devenant mère. Ce que l’on perd en passion – période passionnelle qui rend aveugle mais ne dure pas – on le gagne en respect et le couple peut très bien se retrouver sur l’idée de la famille ou de la vie.

    Malheureusement, la croyance dans la princesse / prince charmant couplée à la tyrannie du bien-être et de la consommation induisent une moindre résistance aux frustrations de l’existence : « parce que je le vaux bien », je mérite mieux que ça et je divorce !

    Dans ce cadre étroit car égotiste, la naissance peut effectivement être vécue comme un drame et l’enfance sera le prétexte à de multiples conflits. Mais l’enfant n’a rien à voir là dedans ! Ce sont les « enfantillages », la « superficialité » des parents qui en sont la cause !

    Prenons donc nos responsabilités et n’accusons pas les enfants des fêlures des adultes : ils ont suffisamment de quoi faire avec le système que nous leur laissons, aussi malins soient-ils…

    Frat’airnellement,

    Le Mendiant
    www.daodejing.fr

    RépondreSupprimer
  13. mendiant : il y a plein d'emissions que je ne regarde jamais, d'ailleurs je regarde peu la télé. Mais de temps en temps, il m'arrive de regarder des trucs que je n'ai pas envie de regarder juste pour savoir quand même ce qu'il y a dedans. C'est souvent rasoir, inintéressant mais toujours étonnant.

    Vous n'avez donc jamais rien lu non plus ? lol

    C'est amusant comme vous et d'autres se prennent la tête à ne pas lire ce que j'écris. Bien sur que ce sont les parents qui ne vont pas bien. Ce n'est pas l'enfant qui sépare les parents puisqu'ils sont déjà dans cette démarche, mais il contribue par son jeu d'accaparation de l'un et de l'autre. Personne, n'accuse les enfants des fêlures des adultes... à part l'interprétation que vous faites de mes écrits. Ce couple là est déjà "fêlé" et l'enfant enfonce le clou.

    Maintenant vous voyez l'enfant comme vous voulez. L'enfant n'est pas capable de "je" avant 18 mois, n'empêche qu'il se reconnait dans le miroir avant et se prénomme autour de 12. Ensuite, vous confondez le caprice par colère et le caprice par frustration. Or le nourrisson ressent la frustration très tôt, en fait dès qu'on n'obtempère pas à ses demandes de nourriture. Il comprend très vite que si il pleure on s'occupe de lui (d'ailleurs les bébés dont on ne s'occupe pas ne pleurent jamais). Il sait donc très bien très tôt qu'il interagit sur son environnement.

    RépondreSupprimer
  14. Vergibération: merci de votre réponse.
    Avec trois enfants, je n’ai jamais noté de stratégie d’"accaparation" mais il est vrai que je n’ai pas lu vos livres ni vu vos étonnantes émissions…
    Je vous donne volontiers raison sur un point : c’est vrai que les bébés dont on ne s'occupe pas ne pleurent jamais… et pour cause puisqu’ils sont morts ou dépérissent !
    Quant à la distinction colère/frustration, elle ne pourrait être pertinente qu’à la condition de reconnaître la capacité du nourrisson à faire de caprices, ce que je conteste, son ego n’étant pas suffisamment développé pour cela.
    J’en resterai néanmoins là sur ce sujet (livre en préparation) et vous remercie pour cet échange.
    Cordialement,

    Le Mendiant
    www.lemendiant.fr

    RépondreSupprimer
  15. Je ne savais pas qu'avoir des enfants permettait de tout savoir sur les autres enfants. C'est une conception, tout le monde n'étant pas Piaget.

    Les enfants dont on ne s'occupent pas mettent beaucoup de temps à mourir (à moins de ne jamais les nourrir), certains ne meurrent pas d'ailleurs, j'en ai rencontré quelques années plus tard, avec pas mal de troubles comme vous pouvez l'imaginer.

    Donc vous veniez juste donc vous faire de la pub.

    Nier tout ego n'est-ce pas nier l'existence même de l'humanité de l'enfant ? Je vous dira votre livre permettra de justifier pas mal d'infanticide, ça va en intéresser quelques uns...

    RépondreSupprimer
  16. Pour moi c'est une évidence qu'un enfant ne va pas réconcilier un couple, c'est une aberration de pouvoir y penser. C’est l'introduction de cet article qui m'interpelle: "Est-ce que ces gens lisent ? Est-ce qu'ils regardent les documentaires à la télé ? Est-ce qu'ils se posent des questions un peu existentielles ?" Je trouve que c'est une réaction à chaud, type "coup de gueule", ça fait du bien de se défouler mais ça ne va pas très loin. Je trouve ça un peu simpliste pour toi Vergi... :-) !
    Je crois que certaines fois dans la vie on est tellement mal embarqué qu’on devient incohérent et qu’on fait des choses totalement aberrantes. Puisque je reviens du ski je vais donner l’exemple d’un skieur sur une piste difficile avec des bosses énormes. Normalement le bon skieur va godiller sur l’arête des bosses, ainsi il ne va faire que passer dans les creux, passage obligé entre 2 bosses. Il ne contrôle pas la nature : il n’est pas à l’abri d’une pierre, d’une plaque de glace… mais il se donne le choix. Maintenant si au départ, par flemme ou inattention il commence entre deux bosses, il se retrouve balloté de creux en creux et là pour en sortir il faut faire un effort physique important ou alors il faut s’arrêter et repartir correctement. Trop souvent on prend un mauvais départ par fatigue physique et/ou psychique et ensuite on est embarqué dans un comportement négatif dont on ne sait plus s’en sortir car ça nécessite de se poser, de demander de l’aide…
    Il y a une dizaine d’années un ami (beaucoup plus jeune que moi) m’a demandé d’être son témoin de mariage. Passé l’émotion car j’étais touchée par son amitié, j’ai été bien embêtée car je ne croyais pas à ce mariage. J’en ai parlé avec mon homme, avec le second témoin qui est un ami très cher, mais ils ne me comprenaient pas, il faut dire que c’était un sentiment assez diffus que j’avais du mal à expliquer à l’époque. Bref mariage, un an après le 1er enfant, le second, un chat, un chien et le divorce dans la foulée. Je précise que ce sont des personnes qui lisent et se posent des tas de questions…. En fait ce jeune homme était mal embarqué dès le départ. Il avait des sentiments pour cette femme mais n’était absolument pas près à une vie de couple et encore moins à une vie de famille, il aspirait à une certaine liberté. Quelque part il n’a pas su être « vrai » et tout ceci est arrivé beaucoup trop tôt pour lui. En quelque sorte il s’est fait piégé. Ensuite ça a été une sorte de fuite en avant jusqu’à l’explosion finale qui était inévitable et dont il se mord les doigts maintenant.
    Sur le fond je crois que c’est un processus qui se produit assez souvent (heureusement il n’y a pas toujours de naissance d’enfants à la clef). Par exemple lorsqu’on rabâche aux ados « range ta chambre » ou « tu as fait ton travail ? » le soir en rentrant du boulot alors qu’on sait parfaitement que ce n’est pas la bonne manière de faire. Ensuite quand on cherche à reprendre le contrôle des relations, dès qu’on demande à son gamin s’il a passé une bonne journée il répond vertement d’arrêter de parler de boulot ! Et là pour reprendre le dessus c’est plus long et plus difficile que si on avait pris 5mn de repos avant de s’enfermer dans un mauvais comportement.

    RépondreSupprimer
  17. Le problème des gens qui lisent et qui se posent des question c'est qu'ils oublient parfois (souvent ?) de lire pour eux ou de se poser des question à eux-mêmes. C'est toujours plus facile de voir la paille dans l'oeil de l'autre que la poutre dans son propre oeil...

    Ici on ne parle pas de faire du ski ou de choisir entre deux plats, mais on parle bien de la vie personnelle et surtout de la vie des enfants après. Ok certains se marient mal. Ils le savent très vite (engueulades, ambiance pourrie,...). Ils ne veulent pas voir. Il y a déni pour plein de raisons : parce que parfois ça arrange de ne pas voir (on ne peut accepter de s'être trompé ou on ne veut pas montrer aux autres qu'on s'est trompé) ou parce qu'on persiste à croire qu'on est mauvais mari/épouse et majoritairement parce qu'on croit que cela va s'arranger. Parfois ça s'arrange, mais c'est rare. Le choix de l'enfant dans une telle ambiance délétère n'est pas anodin. Pourquoi fait on un enfant avec une personne avec laquelle on ne s'entend pas/plus ? Pourquoi en fait on un deuxième alors que ça ne va déjà pas avec le premier ? Il y a des maris qui pensent qu'avec un enfant la femme va être comblée, qu'elle va moins s'ennuyer. Comme si un enfant était un passe-temps. Il y en a qui sont persuadés qu'un enfant règlera la situation. je ne crois pas un seul instant au piège. La question est toujours pourquoi ces personnes ne disent pas "stop" ? Ne se sont elles déjà pas mis en couple avec cette personne parce qu'elles n'avaient pas réussi à dire "non" ? Il faut se demander à quoi sert l'enfant dans ce couple.

    RépondreSupprimer
  18. c'était une image, visiblement mal choisie ou mal exprimée. Je suis tout à fait d'accord que les conséquences pour les enfants sont désastreuses, je réfléchissais plus sur les raisons du déni. Lorsque je parle d'être vrai, c'est exactement ce que tu dis : savoir reconnaître ses besoins et savoir les exprimer, en l'occurrence savoir dire non. Mais je pense que cette jeune femme savait également qu'il n'était pas près pour le grand saut de la vie familiale. Bien entendu ça n'excuse pas d'avoir fait des enfants, ni pour l'un ni pour l'autre. Mon premier regard est d'être très critique (surtout qd il y a la vie d'enfants en jeu) mais je sais que j'ai pu avoir sciemment une attitude négative qui ne pouvait conduire qu'à une explosion tout simplement parce que j'ai craqué et je sais que j'aurai abordé différemment ce qui me semblait à l'époque un problème insurmontable si j'avais eu le courage d'en discuter avec des personnes extérieures. J'essaye juste de comprendre ce qui peut conduire à de telles erreurs.

    "C'est toujours plus facile de voir la paille dans l'oeil de l'autre que la poutre dans son propre œil..." je pense que c'est vrai pour tout le monde, qu'on lise, regarde les reportages... ou pas.

    RépondreSupprimer

Stats