vendredi 30 mars 2012

Chez le psy tout le monde il est gentil

Il y a des patients dont on pourrait dire qu'ils n'ont pas leur langue dans leur poche.
Ceux là point de blocage.
Des choses méchantes, ils peuvent en dire en vois tu en voilà.

Ils arrivent chez le psy
Le psy "et avec vos parents, c'était comment ?"...
(c'est encore la faute des parents).
Le patient : "Mes parents étaient trop nuls. Tous pourris. Qu'ils crèvent".
"Aie" fait le psy "parlez moi donc de ces parents pourris".

Et c'est comme ça que le psy fini par apprendre que papa n'était jamais là et que quand il était là il frappait maman. Que le frérot prenait la place de papa pendant les absences et que maman elle laissait faire alors qu'elle voyait bien qu'il abusait de la situation. Et puis papa quand il rentrait de toute façon, on pouvait pas lui parler parce qu'il était fatigué. Et que maman devenait toute soumise et que du coup les enfants avaient toujours torts. Et que quand frérot il est mort, tout le monde a été bien content car tout le monde en rêvait, mais qu'après maman a plus été la même et que papa rentrait de moins en moins mais de plus en plus imbibés.... et patati et patata.

Je suis sûre que ça vous rappelle quelque chose...

Ca pour cracher leur venin, ils savent ces patients là. 
D'ailleurs savent ils faire autrement ?

Alors vous me direz les enfants maltraités, négligés voire traumatisés, assez étonnamment continuent à aimer leurs parents. Non, ils ne les aiment pas. Ils les adorent. Ils les cherchent. Partout, tout le temps. Leur vie n'est qu'une quête. 

Papa, maman, aimez moi. AIMEZ MOI ! Juste une fois, rien qu'une fois, mais aimez moi. Dites le moi, montrez le moi. Dites moi que j'existe pour vous. Ne pas exister pour vous, c'est ne pas exister du tout. Je ne peux pas exister si je n'existe pas pour vous. S'il vous plait, aimez moi, rien qu'une fois.

Ces enfants, qui deviennent des adultes, ont oublié. 
Ils ont oublié qu'ils ont été aimés.
Oh peut être pas souvent, peut être pas à la naissance. Mais ils ont été aimé des fois ou à un moment.
On les a pris dans les bras, on les a embrassé. Leurs parents ont été fiers de les voir faire du vélo la première fois. Ils ont couru sur la plage avec papa. Maman leur a appris à dessiner des coeurs. Plein de souvenirs. Courts mais réels. Plein de souvenirs, pas de cauchemars. Plein de bonnes choses qui ont nourri leur coeur et leur psychisme. Mais ces enfants ont oublié. Les cauchemars et les injustices ont été trop forts, trop souvent, trop longtemps. Ils ont effacé les bons moments.

Bien sur il existe des parents sadiques qui prennent plaisir à faire souffrir leurs enfants. Mais ils sont rares. Bien sur il existe des parents atteints de pathologies mentales qui leur font faire n'importe quoi, mais ils sont rares. Mais la plupart des parents maltraitants, négligents, traumatiques ont fait avec ce qu'ils avaient, ce qu'ils savaient, ce qu'on leur a appris ou pas. Comment savoir lorsque soi même on n'a pas été aimé ? Comment faire un geste tendre lorsque soi même on a reçu que des coups et qu'on a vu que ça dans l'environnement ? Comment faire aussi quand cet enfant n'est pas le bienvenu ?

Je ne cherche pas à minimiser ce qui s'est passé. Je ne justifie pas ce qui s'est dit ou passé. Mais il faut expliquer, comprendre et accepter.

Ils auraient du savoir. Peut être. Peut être pas. Peut être que ce qu'ils ont fait étaient déjà énorme pour eux. Qui sait ce qui se passe dans la tête des parents ou dans leur vie ? On peut leur trouver toutes les mauvaises raisons possibles certainement. Mais il ne faut pas oublier les bons moments, les bons côtés.

Ce sont ces moments là qui nourrissent, qui aident à grandir et qui permettent d'avoir une "base" solide pour avancer dans la vie.

Alors chez le psy, on pousse aussi à voir ces bons côtés. Car dans la vie il ne peut y avoir que du négatif. 

Ces patients il faut les pousser à dire des paroles agréables, gentilles. On s'aperçoit vite qu'ils ont du mal. Ils sont restés "bloqués". Ils sont en colère. Contre ces Autres qui leur ont fait du mal. Contre eux-mêmes de pas avoir su en sortir. Et franchement, ça sert à quoi ? Ca règle quoi de n'être qu'en colère ? (vous remarquerez le jeu de mot)

Alors ces patients ont raison de dire ce qu'ils disent. C'est fantastique d'oser le penser, de réussir à le dire. Mais il leur faut aussi apprendre à regarder par le bon côté de la lorgnette. Cela sous-entend d'apprendre à voir du positif dans du négatif.

Et nous n'oublierons pas de nous demander pourquoi si les autres patients n'arrivent pas à descendre leurs parents du piédestal où ils les ont mis, pourquoi ces patients-là n'arrivent pas à "monter" leurs parents ne serait-ce que d'une marche sur un piédestal.

Et certains diront "elles est trop gentille la psy, elle nous met de la guimauve partout".

(et puis surtout ils diront qu'elle ne sait pas ce qu'elle veut)


Et lundi vous aurez le droit à une petite histoire, que certains connaissent certainement déjà, pour illustrer tout ça...


Méfiez vous de la psy, qui sait ce qu'elle va sortir du puits ?


Amour année zéro
C'est l'amour année zéro
Effacer de ta mémoire
Tous les numéros
Téléphones, adresses, histoires
Remettre à zéro
Le compteur que par malheur
Chacun a au cœur

Amour année zéro

C'est l'amour année zéro
Le passé est dérisoire
Tourne-lui le dos
Le futur est illusoire
N'y compte pas trop
Ne compte que le présent
Où l'amour t'attend

Ainsi tout peut recommencer

La vie qui s'était retirée
La nuit par la danse agitée
De musique à nouveau bercée
Maudits soient les bonheurs passés
Oublie tout ce qui s'est passé
Jolie tu l'es toujours restée
Au physique et au figuré

(Amour année zéro - Alain Chamfort)




mercredi 28 mars 2012

Chez le psy tout le monde il est méchant...

 
J'ai l'habitude de dire qu'on vient chez le psychologue pour dire des horreurs sur les autres.
Bon certains me diront qu'il y en qui n'ont pas besoin d'aller chez le psy pour ça, il suffit de traîner dans les open-spaces pour s'en rendre compte. C'est vrai.
Mais je parle de vraies horreurs.
Déblatérer, cracher son venin, dire des gros mots, insulter, haïr.
C'est là, chez le psy que c'est vraiment possible.
En fait ce n'est souvent possible que là.

Parce qu'il y a une différence entre raconter que la collègue elle à l'air d'avoir pris quelques grammes et que c'est à force de diner à la cantoche avec cette dinde de Jocelyne (pardon pour les Jocelyne qui se reconnaitraient) et le fait de dire que décidemment la frangine c'était une grosse tâche qui n'arrêtait pas d'humilier tout le monde et que ça arrangeait bien maman, qui de toute façon s'en foutait, d'autant qu'elle préférait s'envoyer le voisin dans la pièce d'à côté pendant que les gosses faisaient leurs devoirs.

Bon, ça pourrait être plus subtile.
Ou pas.

Parfois le psy dit "et avec vos parents, c'était comment ?"
(c'est connu c'est toujours de la faute des parents).
Le patient : "aucun problème. Ils étaient super et parfaits".
"Aie" fait le psy, "racontez moi un peu cette perfection".

Et c'est comme ça que le psy fini par apprendre que papa n'était jamais là et que quand il était là il frappait maman. Que le frérot prenait la place de papa pendant les absences et que maman elle laissait faire alors qu'elle voyait bien qu'il abusait de la situation. Et puis papa quand il rentrait de toute façon, on pouvait pas lui parler parce qu'il était fatigué. Et que maman devenait toute soumise et que du coup les enfants avaient toujours torts. Et que quand frérot il est mort, tout le monde a été bien content car tout le monde en rêvait, mais qu'après maman a plus été la même et que papa rentrait de moins en moins mais de plus en plus imbibés.... et patati et patata.

Bref des parents "parfaits", non ?

En fait le fond de la problématique ce n'est pas tant de dire des choses horribles. Ce qui revient à un double processus :
- s'autoriser à penser que ce n'était pas bien
- s'autoriser à admettre que ce qui est "horrible" est la vérité.

Il n'y a rien d'horrible ou de bien chez le psy. Chez le psy pas de jugement et le moins d'émotionnel possible (on n'est pas des blocs de béton quand même);

Mais il est évident que les patients qui me racontent que tout était bien dans le meilleur des mondes sont des patients "bloqués" qui n'osent pas penser ou dire ce qu'était la vérité.

Je ne veux pas dire par là que tous les enfants ont des histoires particulières de maltraitance, négligence ou trauma. Non. C'est simplement que les parents font avec ce qu'ils ont, ce qu'ils sont et ce qu'ils savent (ou croient savoir). Et que tout ça réunit, ne donne pas la perfection.
D'autant qu'un parents parfait, serait un parent qui saurait lire dans les pensées de l'enfant en sachant exactement ce qu'il désire et ce qui lui convient. Or convenir et désirer ne font pas toujours bon ménage. l'enfant peut très bien avoir une envie irrésistible de se pencher par la fenêtre pour voir ce qui se passe 6 étages plus bas, pas sûr que cela lui convienne. D'où frustration. D'où colère. D'où le fait que les parents sont tous des pourris. 

Donc même dans les meilleurs des cas, les parents n'ont pas été parfaits. Ils ont fait des erreurs, ils ont cru bien faire et l'enfant les a parfois détester, voire haït d'avoir du céder à leur contrainte parentale. 

Mais il y a bien des patients qui ne peuvent pas dire qu'ils ont détesté leurs parents. Même pour des broutilles : un sentiment d'injustice un jour, une glace refusée un autre jour...

Détester à un moment, ne veut pas dire qu'on n'aime pas le reste du temps. L'amour n'a pas de niveau fixe.

Mais pour pouvoir le dire, il faut s'autoriser à le penser. Beaucoup de patients s'autocensurent. "Non je n'ai pas le droit de penser cela". Ce qui entraînera "non je n'ai pas le droit de la dire" et "non je n'ai pas le droit de le faire", même bien des décennies plus tard. Combien de patients disent en consultation "excusez moi, je ne devrais pas dire cela !". 

Ben si justement, Ô patient, tu peux et tu dois le dire si telle est ton envie car s'il y a bien un endroit et un temps où tu peux le penser, le dire c'est bien ici et maintenant.

Et puis, par une déformation cognitive, le patient a fini par croire que s'il pensait des horreurs sur les autres, ces Autres allaient finir par le savoir. Je sais c'est irrationnel, le patient sait que c'est irrationnel, mais c'est comme trahir cet Autre et c'est comme si le patient se coltinait une étiquette sur le front avec toutes ses pensées.

Alors oui pendant les consultations le psy pousse à dire des "horreurs".
Il aide à parler tout simplement, à parler de ces non-dits qui créent des conflits énormes ("je déteste mon père pour ce qu'il m'a fait mais je ne peux pas le montrer alors je fais comme si il ne c'était rien passé"). Le psychisme sait ce qui a été dit et ce qui s'est passé. Il n'a pas oublié. D'ailleurs s'il n'a pas "oublié", c'est bien parce que ce n'est pas "réglé". Le patient en se censurant essaie de faire croire à son psychisme que tout ça n'est pas vrai. Faut pas le prendre pour un taré, le psychisme, il ne marche pas dans le processus. Alors il continue à penser ce qu'il veut et le patient continue à s'interdire de penser ou de parler de telle chose. C'est comme cela qu'on se tape des ruminations ou des boules en travers de la gorge.
N'est-ce pas ?

Chez le psy tout le monde est méchant, même le plus gentil des gentils.

Qu'est-ce qu'elle est méchante la psy, houuuuuu !

Nous verrons la prochaine fois que ça fonctionne aussi dans l'autre sens. Mais chut ! 




lundi 26 mars 2012

Venir de loin pour voir son psy

J'ai été pas mal occupée la semaine dernière d'où mon silence et j'ai eu besoin de décompresser ce week end. 
Un peu de route, pas énormément. Mais moi j'adore rouler. Ca me détend tout en pensant à plein de trucs. C'est dingue comme tout en étant concentré sur la conduite on peut laisser son esprit vagabonder.

Je me retrouve pendant quelques heures à la place de ces patients qui viennent de loin parfois pour voir leur psy.
Non, je ne parle pas de ceux qui font 800 kms. J'en connais lol ;-)

 Aliéné enchaîné (Londres - 1814)


Je parle de ces patients, assez nombreux aujourd'hui dans ma patientèle qui n'hésitent pas à faire 1 à 2 heures de trajet pour venir en consultation.

Vous me direz qu'est-ce qui peut bien les pousser à venir de si loin ?

Y'en a qui veulent absolument que ce soit moi leur psy (ben oui).
Y'en a d'autres qui me connaissent par le biais d'un autre patient.
Y'en a... que ça rapproche de leur travail.
Y'en a... qui prenne un second psy le plus éloigné possible du premier.
Y'en a... qui avaient envie d'aller loin. Tout simplement.

En fait je trouve cela plutôt intéressant comme démarche.
Les patients, pendant tout le trajet d'aller, ont le temps de réfléchir, de se remémorer de ce dont ils ont envie de parler, de"flipper" aussi !!
Vient le temps de la consultation. Ils sont motivés et impliqués. Faire parfois près de 2 heures de route pour une consultation d'une heure, ça donne envie d'y participer pleinement.
Puis il faut repartir.
Avec tout le long du trajet, des bribes de conversations qui reviennent, la possibilité d'avoir du recul sur ce qu'on a dit. Parfois d'être totalement hébété derrière son volant, j'en conviens.
Ou s'endormir dans le train, à moins de rester le regard vissé au travers de la fenêtre.

Pour ceux qui sont plus près, ce n'est pas pareil dans les transports en commun (bus, métro). Il y a du bruit, du monde, on n'y est jamais détendu. Dans son véhicule on est "chez soi". 
Souvent les patients qui ne viennent pas de loin passe à une autre activité après la consultation. Ils vont travailler souvent ou alors rentrent s'occuper de leur ménage, de leurs enfants....
Alors qu'en voiture, on est centré sur soi car la conduite est quand même pas mal automatisée.
Dans le train, le bruit rythmé et rythmique du train assoupit légèrement. Les gens font moins de bruits, c'est plus feutré que dans le métro. C'est aussi plus confortable.

 
Ces patients qui viennent de loin, on plus de temps pour eux et de temps pour la psychothérapie.
Et puis cela a aussi un coût. En temps. En argent. En organisation.
Tout est réuni pour que les patients avancent plus vite.

Et vous, iriez vous voir un psy à 1 heure de chez vous ?



mardi 20 mars 2012

Tourne, tourne, tourne

Tourne, tourne, tourne, la roue de la vie.
Tourne comme un tourbillon.


Tu n'as jamais l'impression de faire tous les jours les mêmes choses ?
Tu te réveilles, tu t'étires en grommelant.
Tu te lèves, tu vas aux toilettes, à la salle de bains, tu déjeunes, tu pars.... à l'école, au collège, au lycée, à l'université, en formation, au boulot...
Chaque matin, chaque instant est presque le même.
Tu en arrives à te demander un matin si c'était vraiment hier matin que tu te regardais te brosser les dents dans le miroir ?
Tu as l'impression d'avoir fait ça il y a...quelques heures ! (ce qui est vrai)
Mais que c'est il passé entre les deux en fait ? Qu'as tu fait du temps ?
Avant le temps passait lentement.
10 minutes étaient une éternité. Attendre 10 minutes ? Tu t'ennuyais, le temps ne passait pas, "maman, papa, j'm'ennuie". 
Et puis tu changes, la notion du temps aussi. Aujourd'hui t'asseoir 10 minutes sur un banc te semble si court. 1 minutes, 2 peut être.... pas plus. 
Le temps passe.
En fait, lui ne change pas. Il s'égrenne toujours à la même vitesse, chaque seconde dure toujours une seconde. Et si tu restes 1 minute devant ton micro onde à attendre que ton thé se réchauffe, tu te dis qu'une minute c'est long.
Et puis, tu penses à autre chose. Et paf, "bip" fait le micro-onde. 
Ce n'est pas possible, je viens juste de le mettre en route !

Tu te dis vivement les vacances que je casse la routine. 
Mais elle est partout la routine.
Certes tu ne fais plus la même chose qu'au travail.
Mais en vacances aussi tu te réveilles, tu t'étires, tu te lèves, tu vas aux toilettes, à la salle de bains (enfin j'espère !), tu vas prendre ton petit déjeuner.
C'est toujours là quoi que tu fasses.
Et puis tu vas faire du sport ou te balader...
Mais tu finiras par refaire du sport ou repartir te balader.
Tu finis toujours par faire la même chose. 
Ailleurs, autrement, mais toujours pareil.

En fait tout est toujours légèrement différent.
La tête que tu as dans ton miroir aujourd'hui ? Ca va, hier c'était une cata.
Les vêtements que tu mets.
Le boulot que tu vas faire, ce que tu vas dire, écrire.

Tout est pareil et différent à la fois.
Mais parfois tu te poses et tu te demandes : qu'est-ce j'ai fais de tout ce temps ?
A quoi ça sert tout ça ?
Sais-tu que les nuits de pleine lune, lorsque tu regardes la Lune tu regardes l'endroit exact où était la Terre 4 heures plus tôt ? Tu regardes le passé... Il y a 4 heures j'étais là.
Tu continues à regarder, la lune bouge, se déplace, mais 4 heures j'étais exactement au même endroit.

Regarde le soleil se lever le matin. 
J'ai la chance de pouvoir le faire chaque matin.
Je regarde le soleil poindre de quelques millimètres à l'horizon et je le regarde monter dans le ciel.
Il monte très vite ! C'est fou. En même pas deux minutes il est haut dans le ciel. Il passe du rouge vif à l'orange puis au jaune.
Il y a plein de points de repères autour de moi, alors voir la vitesse de déplacement est facile.
En fait ce n'est pas le soleil qui monte. Lui ne bouge pas. 
Non c'est la Terre qui tourne, la Terre qui s'éloigne de lui, moi qui tourne, moi qui m'éloigne de lui à la vitesse grand V. Et là je vois le temps, ce qu'il est réellement.
La Terre tourne à une vitesse folle. Et moi avec.
Et plus le temps passe, plus il passe vite.

Déjà tout ce temps de passé. Comment est-ce possible ? 
J'ai oublié le passé, j'ai une capacité d'oubli énorme.
Pourtant lorsque je me retourne je me dis que le trou noir est de plus en plus grand.
Est-ce si important ? 
A la prochaine pleine lune, regarde la lune. Dis toi que 4 heures avant j'étais là. 
Et toi aussi.

Tourne, tourne, tourne la roue de la vie.
Tourne comme en tourbillon.

vendredi 16 mars 2012

Lorsqu'un psy consulte un psy....

J'ai horreur de ça.

Il m'arrive de recevoir des patient(e)s qui finissent par me dire qu'ils sont psychologues.
Je m'en fous sur le principe, ça ne change pas ma technique.
Vous me direz l'intérêt c'est qu'il n'y a pas à expliquer longtemps ni à faire de paraphrase.
Si je dis "Oedipe", l'autre hoche la tête dans un acquiescement qui montre que non seulement il est d'accord mais qu'il a parfaitement compris de quoi je parle. Et même qu'il m'explique comment ça se passe.

En fait les psys consultent rarement pour eux mêmes.
Ils ont souvent déjà fait un travail sur eux mêmes pendant la période de leurs études. Et ils ont compris qu'il y avait quelques notions à mettre en pratique. Qu'ils s'appliquent à eux mêmes. Idem pour les stratégies et l'éducation des enfants.

Souvent le psy vient pour parler d'un autre. Souvent de son compagnon /sa compagne. Des enfants.
Ce qu'il y a de bien c'est qu'avant de venir avec l'autre, le psy se propose de venir seul pour en parler.
Alors ça c'est cool.
Car le psy a bien compris la notion d'impact que nous avons les uns sur les autres.
Alors, il vient parler de ce qu'il perçoit, ressent. De ce que les autres lui retourne comme expérience ou vécu.
De ses angoisses ou questionnement.
Mais ne croyez pas que le psy qui consulte en tant que patient ne tombe pas dans les travers des patients non psys. Ce psy attend lui aussi des conseils.
Oh c'est pas bien, non.

C'est assez amusant d'analyser le discours d'un psy. 
Parce qu'il laisse passer peu de chose, les mots sont choisis, il y a peu de communication paradoxale.
Et puis le psys est "cash". Il sait qu'il ne faut rien cacher, ne rien taire.
Mais quand il y a un truc qui passe, paf, faut pas le rater.
Ah oui, fait le psy en se marrant (les psys ensemble se marrent beaucoup. En fait je me marre toujours beaucoup en consultation. Mes patients aussi. Enfin pas toujours).
Mais une fois le "truc" relevé, le psy se livre à une introspection profonde et soumet au psy ses ressentis sans aucune retenue.
On avance vite.

Ce qui est horrible c'est que souvent le psy qui arrive, il me laisse l'écouter. Puis au moment où je commence à me livrer à une quelconque interprétation cette personne me sort sur un ton condescendant "ah, je ne vous ai pas dit, je suis psychologue."
L'air de dire "à moi tu m'en racontes pas".
Grrrrr.
Bon, pendant une fraction de seconde il me vient l'idée de me demander si je dois changer mon mode de communication. 
Y a pas de raison me dit ma rationalité (qui a bien raison). 
Passé l'impact de cette phrase qui a tendance à me dire que l'autre cherche sans doute à m'éblouir et donc à prendre le contrôle et donc à me ramener à un statut infantile qui flippe devant l'adulte qui détient le savoir (ça m'a pris une nanofraction de seconde de penser tout ça), je lui balance : "ah bien, vous allez savoir de quoi je parle alors". Et paf, au psy patient de s'aligner sur moi. 
C'est puéril je sais.
C'est petit même.
Mais ça fait du bien.

Bien sur lorsqu'on arrive en fin de consultation, le psy patient a trouvé quelques pistes à explorer avant d'envoyer ou de venir avec l'Autre. Car le but est aussi de savoir si l'Autre a encore vraiment besoin de venir ou si cela était du à une mauvaise perception de la situation.

La séance passe vite. Enfin surtout avec les psys femmes. Car les femmes parlent beaucoup. Et étant une femme... et l'autre aussi. Y a pas de temps morts moi je vous le dis.

Bref, comme me disait une psy dont l'enfant faisait face à quelques angoisses "je suis psy, mais avec mon enfant je suis avant tout maman...".

C'était bien la peine de me dire qu'elle était psy. LOL



mercredi 14 mars 2012

L'impact de la psychothérapie sur l'entourage

Entrer en psychothérapie c'est un peu comme entrer en religion.
Ca change votre regard sur le monde, ça change le regard que vous portez sur vous.
Ca change le regard que vous portez sur vos proches.
Et ça change le regard que les autres portent sur vous.



Bien sur si vous leur dites que vous suivez une psychothérapie, j'imagine que certains vous voit déjà comme un(e) dingue avec lequel/laquelle il faut prendre ses distances.
Lorsque vous dites un truc, certains n'hésitent pas vous vous renvoyez méchamment au psy "c'est ça, va donc en parler à ton psy !", sur un ton agressif et surtout malveillant. Comme si allez voir un psy était un tache sur votre parcours, un comportement déviant ou un truc honteux. Je conseille vivement à tous ceux à qui cela arrive de ne pas hésiter à renvoyer une réplique du genre : "parfaitement, j'irai en parlez à mon psy et je n'aurai pas eu besoin d'aller en voir un si tu avais assumer ton rôle !". Et paf dans les dents.
(la psy est parfois sadique).
(souvent même tout bien réfléchi).

Néanmoins, si en on est à vous renvoyer des citations dignes d'un soap brésilien diffusé à 10h30, c'est que désormais ce vous faites, ce que vous dites a un impact sur l'autre. 

Prenons l'exemple basique mais vrai de l'enfant qui ne va pas bien. Les parents décident de leur côté d'avoir un recours à la psychothérapie. Rien que de savoir que le RDV est pris, l'enfant va mieux ou change de comportement. Le ou la conjoint(e) aussi d'ailleurs, mais chez les adultes c'est plus subtile. Enfin pas toujours.

Prenons un autre exemple. Celle d'une femme qui a des doutes sur le fait qu'elle ait encore envie de rester avec son compagnon. La thérapie va l'aider à faire le point sur elle, sur sa relation de couple. Son regard sur sa vie, sur son compagnon va changer. Ce qui veut dire que ses comportements, sa façon de parler, le contenu de ce qu'elle veut faire passer vont changer aussi. En retour ("feedback") son compagnon va s'ajuster à cette nouvelle communication. 

Prenons une famille. Dans cette famille, la fille cadette décide de suivre une psychothérapie. On s'aperçoit qu'il existe un climat incestuel. La patient décide de ne plus entrer dans le jeu des parents. En changeant son discours et ses comportements, cela change le regard que sa famille pose sur elle et une remise en question familiale se met en place.

Cela n'arrange pas toujours les relations. D'ailleurs par expérience, je ne suis ps vraiment sûre que les personnes qui viennent en thérapie cherche à améliorer leurs relations avec certaines personnes, mais tout simplement à être capable de régler leurs comptes (dans tous les sens de l'expression).

Entamer une psychothérapie (et plus encore aller au bout !) cela vous change et cela change vos relations aux autres. Cela change donc obligatoirement ceux qui vous entourent. En fait, votre psychothérapie sert de thérapie pour les autres (c'est tout bénèf...).

La psychothérapie permet de mettre à plat certaines problématiques ou d'enfin faire surgir les secrets. Ce qui devrait permettre à tous d'aller mieux. 
Mais encore faut-il que tous soit capables d'entendre.



dimanche 11 mars 2012

Vous êtes vous déjà démandé ....

Vous êtes vous déjà demandé...

- pourquoi les mois à partir de septembre portent de numéros (septembre = 7, octobre = 8, novembre = 9, décembre = 10) qui ne correspondent plus à rien (septembre = 7 mais c'est le 9ème mois) ?

- si le chat de Jules César avait conscience que le type qui le caressait était un empereur ? Et à l'inverse, si Jules César en caressant son chat concevait qu'il n'était à ce moment qu'un homme comme un autre ?

- si lorsque vous appelez un chien et que sur le chemin il s'arrête pour se grattouiller, qui de vous ou de la puce a le plus de pouvoir sur le chien ?

- si Dieu a tout créé, qui a créé Dieu ?

- Pourquoi c'est toujours lorsque vous êtes en retard qu'il vous arrive un pépin, que l'ascenseur fait l'omnibus et que vous avez tous les feux rouges ?

- si puisque moi lorsque je regarde l'espace je regarde le passé, est-ce que les extraterrestres voient encore les dinosaures sur la Terre ?

- qu'est-ce qui a poussé le premier homme parlant a attribuer telle sonorité pour nommer un objet ?

- pourquoi il existe des pommes rouges, jaunes, vertes et pas bleues ?

- pourquoi en physique le noir est l'absence de couleur et le blanc la présence de toutes les couleurs alors qu'en peinture le blanc est l'absence de couleur et le noir le mélange de toutes les couleurs ?

- Pourquoi du fait que Adam et Eve soit frère et soeur et que leurs enfants (dont Abel et Cain et leurs épouses) soient aussi frères et soeurs, on fait commencer la genèse par une histoire d'inceste ?

- pourquoi les gens rêvent tant de revenir en enfance alors que la majorité a vécu une enfance pourrie ?

- si les personnes aux yeux bleus voientle monde de la même façon que celles aux yeux marrons ?

- si Mae West et Marilyn Monroe s'étaient teint les cheveux en noirs, raconterait-on pour se marrer des "histoires de brunes" ?

- si les êtres humains créent des portes rectangulaires, quelle forme devrait avoir une porte pour un être d'1m80 en forme de poulpe ?

- pourquoi n'a-t-on pas les pieds plus grands et plus larges pour avoir un meilleur équilibre ?

- a quel moment les trous des prises ont été rapetissés afin que les gosses ne puissent plus entrer leurs doigts dedans ?

- pourquoi je me pose des questions tordues toute la journée ?


Allez je suis sûre que vous avez les vôtre. Quelles sont-elles ?






jeudi 8 mars 2012

Une boulimique-anorexique en moins !


Une jeune femme est venue me voir. 
25 kilos en moins en 1 an. 

Elle a un superbe visage. S'habille avec beaucoup de goût.
Elle est très jolie d'une façon générale d'ailleurs.

Mais elle ne supporte pas son poids encore aujourd'hui.
Comme dirait l'autre, il n'y a rien à jeter pourtant !
Elle est tombée il y a quelques mois dans la boulimie/anorexie.
Elle se bourre de nourriture.
Elle a honte.
Se fait vomir.
Mais comme elle a peur des conséquences, elle alterne aussi avec des phases sans nourriture.
Elle se pèse tous les jours.
Elle passe ses journées à réviser ses cours mais ne retient rien.
Elle a peur de les rater et que son père n'aime pas cette image d'elle.
Ses amies ne parle que de leur poids.

Nous discutons.
Issue d'une famille où on ne parle que de nutrition et d'équilibre alimentaire mais où tout le monde est obèse, sauf le père, elle a vécu l'enfer des régimes puis de l'anorexie.
Son père la trouve belle ainsi. 
Le seul sujet lorsque toute la famille se croise "combien t'as perdu ?", "oh la vache t'as maigri plus que moi !"...
Oedipe pas résolu.
Problématique maso comme il se doit.
Personne n'est à sa place.

Nous avons travaillé tout ça
Bien que timide, elle est motivée.
Je la revoie 1 semaine plus tard puis 15 jours plus tard... avec interdiction de se peser sauf le jour des consultations.
Elle a eu du mal la première semaine mais a résisté.
Elle a fait le travail que je lui ai demandé.
Elle a mangé quasi normalement et contre toute attente a perdu 1 kg !
Elle va mieux. Elle a repris des couleurs.
Son esprit ne hurle pas toute la journée "j'ai faim".
Son corps ne souffre plus.
Elle peut se concentrer sur ses études.

Nouvelle consult 15 jours plus tard.
Avec consigne de rendre sa place à chacun.
Ce qu'elle a fait.
Surprise, plus personne ne parle de régime à la maison.
Les parents, dont elle était persuadé qu'ils voulaient la garder pour eux, ont commencé à lui parler de son futur départ.
Elle mange. A même manger une pizza entière et une grosse part de gâteau !
Elle n'a pas grossi.
Elle est très soutenue par ses ami(e)s qui n'en reviennent pas (et qui sont priés de lui parler d'autre chose que de poids).

Je la revoie 1 mois plus tard.
Tout va bien. Elle ne s'est pesée que le jour de la consultation.
Elle mange, ne grossit pas mais surtout ne maigrit pas... 
Elle va bien. Elle passe 2 heures par jour sur ses études et ça rentre bien.
Elle a confiance en elle, commence à s'intéresser aux garçons.
Ses parents ne parlent plus de régime. 

Je la revoie de loin en loin car il ne faut pas lui lâcher la main face au stress des examens afin qu'elle ne rechute pas.

Mais, une de moins qui semble sortie de la spirale infernale !
C'est trop cool d'être psy des fois.



mardi 6 mars 2012

le LINDY HOP

J'ai découvert le Lindy Hop par hasard. Ne croyez surtout pas que je pratique, pas sûr que mes muscles du dos s'en remettraient !!!

Le Lindy Hop est une danse issue du Jitterbug, danse développée dans le Harlem des années 20. Le Jitterbug était lui même une remise en scène de diverses danses africaines. Après les années 10, où les claquettes et les numéros de scène faisaient un tabac, les années 20 virent arriver les "dancing" et les danses encore séparées puis en couple.

Arrivé en Europe vers la fin des anénes 30, le Lindy Hop a intégré les danses africaines, le Charleston et d'autres danses américaines. C'est une danse sur 8 temps qui est à la base TRES rythmée, bien loin des évolutions parfois poussives qu'on voit aujourd'hui sur les scènes.

Un exemple actuel (sympathique mais poussif) :



Un autre exemple d'un autre niveau (pour en voir d'autres de la même série il suffit de chercher "lindyshock" sous Youtube) :



Le Jitterbug original (extrait de "Hellzapoppin"):



Ce qui amènera au Jumpin' dans les années 40...

Un magnifique extrait de Cab Calloway et des Frères Nicholas




vendredi 2 mars 2012

La somatisation ou dis-le avec ton corps

J'ai déjà abordé ce sujet en filigrane dans d'autres articles.



La somatisation c'est faire passer un message psychique qui ne peut être exprimer verbalement (ou même par écrit) via le corps. 

Le problème avec le corps, c'est qu'il est assez limité dans ses capacités d'expression. Notre langage est riche de quelques milliers de concepts représentés par des mots, or le corps n'a pas de milliers de façons de réagir. Ce qui limite souvent la compréhension de ce qu'il essaie de nous dire.

On pourra se poser la question de savoir si l'automutilation est une somatisation. Au sens large certainement, puisque les blessures physiques permettent, entre autre, d'exprimer un mal-être, de faire baisser une certaine tension ou d'avoir l'impression de se "purifier" de "mauvaises" pensées. Le choix là est totalement volontaire, l'emplacement est surtout pratique (en facilité d'accès ou pour être caché).

Dans la somatisation, l'endroit où se situe le troubles sera bien sur "parlant". Ca l'est pour le patient, sans que cela soit verbalisable. Ca l'est moins pour l'entourage. Avoir mal à la tête, avoir mal au bras, souffrir du dos... ce choix est-il un hasard ?

Le patient va venir se coller dans cette communication des "faiblesses" qui lui sont propres. Ainsi génétiquement, certains sont "programmés" pour être allergiques ou développer telle maladie. Ces faiblesses vont donc être utilisées prioritairement par le corps. Puis, vient ce qu'on a appris. Mamie avait toujours mal à la tête et en parlait tout le temps ? Paf, lors d'une somatisation on va faire "comme mamie" parce qu'on a vu et appris comment il fallait faire, se tenir et les "gains" parfois qu'elle pouvait en tirer. Et puis, chacun a des préférences -j'oserai dire inconsciente- sur l'endroit sur lequel il aimerait se focaliser. Ainsi ne dit-on pas que les gens qui ont mal au dos, en ont "plein le dos" ? C'est parfois vrai.

Je pourrais ajouter aussi ce qui apparait comme une somatisation dans la névrose hystérique, dite névrose de conversion. Ou par culpabilité une personne va développer certains troubles physiques pour se punir ou exprimer des remords. Ainsi untel va développer à la mort d'un proche les mêmes symptômes aux mêmes endroits qu'avaient le grand malade avant son décès.

Et comme, je vous l'ai déjà expliqué, il existe des personnes ayant vécu des atrocités physiques qui sont capables de les revivre au cours de séances d'hypnose ou de cauchemars et qui "stigmatisent". Mais nous sommes en fait à la limite de la névrose hystérique et de la psychose... sans que je puisse bien comprendre comment ça fonctionne je l'avoue. La puissance du psychisme est impénétrable.

Encore une fois j'ajouterai qu'avant de se demander si un trouble physique est d'ordre psychologique, il est important de se demander si ce n'est pas grave. Ce qui n'empêche pas ensuite de se poser la question sur les raisons de l'apparition de tels troubles. C'est ainsi que certains médecins parmi les nouvellement formés n'hésitent plus à dire à leur patient que leur maladie est psycho-somatique (épilepsie, diabète, troubles des rythmes cardiaque...).

Mais attention la somatisation marche "à sens inverse" aussi !
En effet, si certaines personnes vont avoir tendance à évacuer leurs problématiques via le corps de telle façon à ce que cela se voit, pour d'autres ce sera totalement l'inverse. Le corps est rendu insensible, les blessures ne font pas mal. Ils vont donc utiliser leurs ressources psychiques pour ne pas ressentir la douleur ou ne pas montrer qu'ils souffrent. J'en connais qui ont continuer à faire du tennis avec une cheville broyée. Le corps est donc bien utilisé pour exprimer un mal-être mais cette fois ça ne se voit pas. Rien ne doit sortir, rien ne doit filtrer.

Mais encore une fois, c'est le corps qui est mis à mal par le psychisme.


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