vendredi 30 mars 2012

Chez le psy tout le monde il est gentil

Il y a des patients dont on pourrait dire qu'ils n'ont pas leur langue dans leur poche.
Ceux là point de blocage.
Des choses méchantes, ils peuvent en dire en vois tu en voilà.

Ils arrivent chez le psy
Le psy "et avec vos parents, c'était comment ?"...
(c'est encore la faute des parents).
Le patient : "Mes parents étaient trop nuls. Tous pourris. Qu'ils crèvent".
"Aie" fait le psy "parlez moi donc de ces parents pourris".

Et c'est comme ça que le psy fini par apprendre que papa n'était jamais là et que quand il était là il frappait maman. Que le frérot prenait la place de papa pendant les absences et que maman elle laissait faire alors qu'elle voyait bien qu'il abusait de la situation. Et puis papa quand il rentrait de toute façon, on pouvait pas lui parler parce qu'il était fatigué. Et que maman devenait toute soumise et que du coup les enfants avaient toujours torts. Et que quand frérot il est mort, tout le monde a été bien content car tout le monde en rêvait, mais qu'après maman a plus été la même et que papa rentrait de moins en moins mais de plus en plus imbibés.... et patati et patata.

Je suis sûre que ça vous rappelle quelque chose...

Ca pour cracher leur venin, ils savent ces patients là. 
D'ailleurs savent ils faire autrement ?

Alors vous me direz les enfants maltraités, négligés voire traumatisés, assez étonnamment continuent à aimer leurs parents. Non, ils ne les aiment pas. Ils les adorent. Ils les cherchent. Partout, tout le temps. Leur vie n'est qu'une quête. 

Papa, maman, aimez moi. AIMEZ MOI ! Juste une fois, rien qu'une fois, mais aimez moi. Dites le moi, montrez le moi. Dites moi que j'existe pour vous. Ne pas exister pour vous, c'est ne pas exister du tout. Je ne peux pas exister si je n'existe pas pour vous. S'il vous plait, aimez moi, rien qu'une fois.

Ces enfants, qui deviennent des adultes, ont oublié. 
Ils ont oublié qu'ils ont été aimés.
Oh peut être pas souvent, peut être pas à la naissance. Mais ils ont été aimé des fois ou à un moment.
On les a pris dans les bras, on les a embrassé. Leurs parents ont été fiers de les voir faire du vélo la première fois. Ils ont couru sur la plage avec papa. Maman leur a appris à dessiner des coeurs. Plein de souvenirs. Courts mais réels. Plein de souvenirs, pas de cauchemars. Plein de bonnes choses qui ont nourri leur coeur et leur psychisme. Mais ces enfants ont oublié. Les cauchemars et les injustices ont été trop forts, trop souvent, trop longtemps. Ils ont effacé les bons moments.

Bien sur il existe des parents sadiques qui prennent plaisir à faire souffrir leurs enfants. Mais ils sont rares. Bien sur il existe des parents atteints de pathologies mentales qui leur font faire n'importe quoi, mais ils sont rares. Mais la plupart des parents maltraitants, négligents, traumatiques ont fait avec ce qu'ils avaient, ce qu'ils savaient, ce qu'on leur a appris ou pas. Comment savoir lorsque soi même on n'a pas été aimé ? Comment faire un geste tendre lorsque soi même on a reçu que des coups et qu'on a vu que ça dans l'environnement ? Comment faire aussi quand cet enfant n'est pas le bienvenu ?

Je ne cherche pas à minimiser ce qui s'est passé. Je ne justifie pas ce qui s'est dit ou passé. Mais il faut expliquer, comprendre et accepter.

Ils auraient du savoir. Peut être. Peut être pas. Peut être que ce qu'ils ont fait étaient déjà énorme pour eux. Qui sait ce qui se passe dans la tête des parents ou dans leur vie ? On peut leur trouver toutes les mauvaises raisons possibles certainement. Mais il ne faut pas oublier les bons moments, les bons côtés.

Ce sont ces moments là qui nourrissent, qui aident à grandir et qui permettent d'avoir une "base" solide pour avancer dans la vie.

Alors chez le psy, on pousse aussi à voir ces bons côtés. Car dans la vie il ne peut y avoir que du négatif. 

Ces patients il faut les pousser à dire des paroles agréables, gentilles. On s'aperçoit vite qu'ils ont du mal. Ils sont restés "bloqués". Ils sont en colère. Contre ces Autres qui leur ont fait du mal. Contre eux-mêmes de pas avoir su en sortir. Et franchement, ça sert à quoi ? Ca règle quoi de n'être qu'en colère ? (vous remarquerez le jeu de mot)

Alors ces patients ont raison de dire ce qu'ils disent. C'est fantastique d'oser le penser, de réussir à le dire. Mais il leur faut aussi apprendre à regarder par le bon côté de la lorgnette. Cela sous-entend d'apprendre à voir du positif dans du négatif.

Et nous n'oublierons pas de nous demander pourquoi si les autres patients n'arrivent pas à descendre leurs parents du piédestal où ils les ont mis, pourquoi ces patients-là n'arrivent pas à "monter" leurs parents ne serait-ce que d'une marche sur un piédestal.

Et certains diront "elles est trop gentille la psy, elle nous met de la guimauve partout".

(et puis surtout ils diront qu'elle ne sait pas ce qu'elle veut)


Et lundi vous aurez le droit à une petite histoire, que certains connaissent certainement déjà, pour illustrer tout ça...


Méfiez vous de la psy, qui sait ce qu'elle va sortir du puits ?


Amour année zéro
C'est l'amour année zéro
Effacer de ta mémoire
Tous les numéros
Téléphones, adresses, histoires
Remettre à zéro
Le compteur que par malheur
Chacun a au cœur

Amour année zéro

C'est l'amour année zéro
Le passé est dérisoire
Tourne-lui le dos
Le futur est illusoire
N'y compte pas trop
Ne compte que le présent
Où l'amour t'attend

Ainsi tout peut recommencer

La vie qui s'était retirée
La nuit par la danse agitée
De musique à nouveau bercée
Maudits soient les bonheurs passés
Oublie tout ce qui s'est passé
Jolie tu l'es toujours restée
Au physique et au figuré

(Amour année zéro - Alain Chamfort)




5 commentaires:

  1. Ah c'était l'inverse dans le sens gentil=mechant...
    Je pensais que ca aurait été l'inverse dans le sens patient=psy...
    tant pis

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  2. Le patient aurait été méchant et la psy gentille ? Ben c'est un peu le cas dans ce second article non ?

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  3. Ah, enfin un peu de douceur dans ce monde de brutes épaisses!
    Comme quoi l'amour et l'entraide sont aussi des sentiments naturels, non ?

    Le Mendiant

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  4. Non c'était pas ca mais cpo grave...
    Aprés tout le psy ne dit jamais de chose mechante sur le patient ...

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  5. Ben si... il arrive de demander au patient s'il trouve normal ce qu'il dit ou fait. Mais ce n'est pas pour le juger c'est pour voir comment il se juge lui même.

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