mercredi 28 mars 2012

Chez le psy tout le monde il est méchant...

 
J'ai l'habitude de dire qu'on vient chez le psychologue pour dire des horreurs sur les autres.
Bon certains me diront qu'il y en qui n'ont pas besoin d'aller chez le psy pour ça, il suffit de traîner dans les open-spaces pour s'en rendre compte. C'est vrai.
Mais je parle de vraies horreurs.
Déblatérer, cracher son venin, dire des gros mots, insulter, haïr.
C'est là, chez le psy que c'est vraiment possible.
En fait ce n'est souvent possible que là.

Parce qu'il y a une différence entre raconter que la collègue elle à l'air d'avoir pris quelques grammes et que c'est à force de diner à la cantoche avec cette dinde de Jocelyne (pardon pour les Jocelyne qui se reconnaitraient) et le fait de dire que décidemment la frangine c'était une grosse tâche qui n'arrêtait pas d'humilier tout le monde et que ça arrangeait bien maman, qui de toute façon s'en foutait, d'autant qu'elle préférait s'envoyer le voisin dans la pièce d'à côté pendant que les gosses faisaient leurs devoirs.

Bon, ça pourrait être plus subtile.
Ou pas.

Parfois le psy dit "et avec vos parents, c'était comment ?"
(c'est connu c'est toujours de la faute des parents).
Le patient : "aucun problème. Ils étaient super et parfaits".
"Aie" fait le psy, "racontez moi un peu cette perfection".

Et c'est comme ça que le psy fini par apprendre que papa n'était jamais là et que quand il était là il frappait maman. Que le frérot prenait la place de papa pendant les absences et que maman elle laissait faire alors qu'elle voyait bien qu'il abusait de la situation. Et puis papa quand il rentrait de toute façon, on pouvait pas lui parler parce qu'il était fatigué. Et que maman devenait toute soumise et que du coup les enfants avaient toujours torts. Et que quand frérot il est mort, tout le monde a été bien content car tout le monde en rêvait, mais qu'après maman a plus été la même et que papa rentrait de moins en moins mais de plus en plus imbibés.... et patati et patata.

Bref des parents "parfaits", non ?

En fait le fond de la problématique ce n'est pas tant de dire des choses horribles. Ce qui revient à un double processus :
- s'autoriser à penser que ce n'était pas bien
- s'autoriser à admettre que ce qui est "horrible" est la vérité.

Il n'y a rien d'horrible ou de bien chez le psy. Chez le psy pas de jugement et le moins d'émotionnel possible (on n'est pas des blocs de béton quand même);

Mais il est évident que les patients qui me racontent que tout était bien dans le meilleur des mondes sont des patients "bloqués" qui n'osent pas penser ou dire ce qu'était la vérité.

Je ne veux pas dire par là que tous les enfants ont des histoires particulières de maltraitance, négligence ou trauma. Non. C'est simplement que les parents font avec ce qu'ils ont, ce qu'ils sont et ce qu'ils savent (ou croient savoir). Et que tout ça réunit, ne donne pas la perfection.
D'autant qu'un parents parfait, serait un parent qui saurait lire dans les pensées de l'enfant en sachant exactement ce qu'il désire et ce qui lui convient. Or convenir et désirer ne font pas toujours bon ménage. l'enfant peut très bien avoir une envie irrésistible de se pencher par la fenêtre pour voir ce qui se passe 6 étages plus bas, pas sûr que cela lui convienne. D'où frustration. D'où colère. D'où le fait que les parents sont tous des pourris. 

Donc même dans les meilleurs des cas, les parents n'ont pas été parfaits. Ils ont fait des erreurs, ils ont cru bien faire et l'enfant les a parfois détester, voire haït d'avoir du céder à leur contrainte parentale. 

Mais il y a bien des patients qui ne peuvent pas dire qu'ils ont détesté leurs parents. Même pour des broutilles : un sentiment d'injustice un jour, une glace refusée un autre jour...

Détester à un moment, ne veut pas dire qu'on n'aime pas le reste du temps. L'amour n'a pas de niveau fixe.

Mais pour pouvoir le dire, il faut s'autoriser à le penser. Beaucoup de patients s'autocensurent. "Non je n'ai pas le droit de penser cela". Ce qui entraînera "non je n'ai pas le droit de la dire" et "non je n'ai pas le droit de le faire", même bien des décennies plus tard. Combien de patients disent en consultation "excusez moi, je ne devrais pas dire cela !". 

Ben si justement, Ô patient, tu peux et tu dois le dire si telle est ton envie car s'il y a bien un endroit et un temps où tu peux le penser, le dire c'est bien ici et maintenant.

Et puis, par une déformation cognitive, le patient a fini par croire que s'il pensait des horreurs sur les autres, ces Autres allaient finir par le savoir. Je sais c'est irrationnel, le patient sait que c'est irrationnel, mais c'est comme trahir cet Autre et c'est comme si le patient se coltinait une étiquette sur le front avec toutes ses pensées.

Alors oui pendant les consultations le psy pousse à dire des "horreurs".
Il aide à parler tout simplement, à parler de ces non-dits qui créent des conflits énormes ("je déteste mon père pour ce qu'il m'a fait mais je ne peux pas le montrer alors je fais comme si il ne c'était rien passé"). Le psychisme sait ce qui a été dit et ce qui s'est passé. Il n'a pas oublié. D'ailleurs s'il n'a pas "oublié", c'est bien parce que ce n'est pas "réglé". Le patient en se censurant essaie de faire croire à son psychisme que tout ça n'est pas vrai. Faut pas le prendre pour un taré, le psychisme, il ne marche pas dans le processus. Alors il continue à penser ce qu'il veut et le patient continue à s'interdire de penser ou de parler de telle chose. C'est comme cela qu'on se tape des ruminations ou des boules en travers de la gorge.
N'est-ce pas ?

Chez le psy tout le monde est méchant, même le plus gentil des gentils.

Qu'est-ce qu'elle est méchante la psy, houuuuuu !

Nous verrons la prochaine fois que ça fonctionne aussi dans l'autre sens. Mais chut ! 




25 commentaires:

  1. Lol.
    Et quand ils ressortent de la scéance ils disent la meme chose du psy :p
    C'est un charlatan, il prend que le liquide c'est qu'il déclare pas, il a pas été gentil il m'a dit ca quel *** ...

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  2. Oui, mais ils faut qu'ils aient la franchise de le dire au psy. Certains patients n'osent pas me contredire ou s'excusent de ne pas être d'accord avec moi. Au contraire, je ne fais qu'interpréter ce qu'ils disent ou font, mais ce n'est pas moi qui aient toutes les clés mais bien eux. De toute façon, Lymphe, tu le sais, si le patient pense comme ça de son psy c'est qu'il n'est pas en confiance avec et que donc la thérapie ne sera pas hyper efficace tant que ce ne sera pas réglé (et en espèces s'il vous plait !) lol

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  3. Bien sur tout ce régle avec l'argent c'est bien connu :p

    Mais c'est marrant parce que ca fait comme les patients qui critique leur famille ou amis, le psy et comme ci comme ca ils critiquent et a la fin disent "mais il est bien quand meme" et finissent presque par l'idolatrer ^^'

    Enfin j'attend le prochain article avec impatience :)

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  4. Seuls les orphelins ont des parents de rêve... et il serait effectivement paradoxal d'aller chez le psy pour dire des choses gentilles...
    Mais que penser du "Celui qui insulte n’insulte que l’idée qu’il a de l'autre, c’est-à-dire lui-même" (+ ou - Villiers de l’Isle-Adam)? Il y a aussi le « Si tu dis des injures, tu en entendras » de Plaute.
    Bref: en quoi être méchant aide-t-il vraiment à aller mieux ? Ne peut-on dire la même chose mais avec compassion, en reconnaissant la naturelle l'imperfection de l'autre ?

    Cordialement,

    Le Mendiant

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  5. On y vient très cher on y vient. Il faut attendre l'autre article.

    Ceci dit la compassion, c'est un truc religieux qui n'a rien à voir avec la nature humaine. C'est comme le pardon.

    Bref, lorsqu'une situation a mis en colère dans l'enfance, il faut que cette colère s'exprime à un moment ou à autre. Il faut évacuer tel que c'est entré.

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  6. j'ai l'impression qu'il y a les petites blessures de guerre où il n'y a pas grand chose à comprendre, juste les reconnaître pour éviter d'en souffrir éternellement. Par exemple l'enfant à qui on demande de se taire lorsqu'il pose des questions car il faut laisser parler les grands, ou qui ne comprend pas pourquoi les adultes se marrent lorsqu'il intervient dans la discussion. Et puis les trucs plus compliqués comme le comportement pas terrible d'un des parents, où pour moi il y a plusieurs étapes : admettre, pouvoir en parler avec d'autres personnes, comprendre le pourquoi de ce comportement et en parler avec le parent (ça je ne sais pas si c'est vraiment indispensable et/ou possible). Les conséquences sur notre propre comportement sont plus plus diffuses et difficiles à cerner.

    Vergi j'aime bien le nouveau fond d'écran, c'est assez agréable pour lire. Incontourpoustiflant c'est pas mal aussi...

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  7. j'ai oublié... une question! Je ne savais pas que la compassion est un truc religieux, pour moi compassion c'est souffrir avec une personne alors que l'empathie c'est arriver à se mettre à la place de l'autre pour la comprendre sans y mettre trop de biais. Il me semble qu'on peut être dans l'empathie sans être dans la compassion, l'inverse ne doit pas être vrai. Euhhh je me trompe ?

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  8. Si on avait des parents parfais on serait incapable de trouver un partenaire non?

    Je fais un mini mémoire sur les obsessions idéatives, le fait de refouler les pensées font qu'elles reviennent puissance 10 si j'ai bien compris ^^. On ne contraint pas l'esprit.

    Pour la compassion je ne suis pas d'accord, mais je ne pense pas qu'il y ait de vérité établit. La plupart des enfants pleurent quand ils voit quelqu'un pleurer et surtout un proche, les émotions sont contagieuses non? En tous cas l'empathie est cultivable dans le cerveau.

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  9. Le Dalaï lama ne serait pas d'accord avec votre conception de la compassion... (rappelons au passage que le bouddhisme n'est pas une religion au sens strict mais plutôt une "science de l'esprit")

    Moi non plus d'ailleurs: la compassion et l'entraide sont très naturels!

    Extrait du petit livre L'obsession de la performance:

    "Complètement vulnérables à notre naissance, nous n’aurions aucune chance de survie sans le soutien des adultes. Sans la collaboration entre les hommes, l’humanité n’aurait jamais connu de progrès ou de civilisation. Le mathématicien Peter Saunders a ainsi calculé que la sélection naturelle n’aurait pas permis de générer la fantastique diversité du vivant sur Terre et plaide pour un nouveau modèle évolutionniste : la coopération entre organismes. C’est aussi l’avis de Paul Nardon, de l’Institut national des sciences appliquées (Insa) de Lyon : « Les organismes ont une tendance naturelle à s’associer […] la généralisation de la symbiose, au plan zoologique, amène à remettre en cause le concept d’individu. Ainsi, ce que nous appelons une vache ou un homme n’est qu’un conglomérat de plus de 300 espèces différentes ! » C’est aussi la conclusion de Jean-Marie Pelt : les solidarités, écrit-il, « apparaissent en fait comme le vrai moteur de la vie » !"

    Attends avec impatience le prochain article...

    Le Mendiant

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  10. Comme l'enfant ne connait pas d'autre monde que celui de sa famille, il a tendance à croire que tout ce qui se passe dans sa famille est "normal".

    Donc, même sans blocage, il aura parfois de la peine à admettre que sa "normalité" n'était pas normale du tout, qu'on a abusé de lui, de ses droits, etc...

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  11. La compassion c'est un truc pervers de domination sur l'autre.
    Non on ne souffre pas avec l'autre, nous ne sommes pas à sa place et nous ne sommes pas impliqués dans son vécu. Ne dit-on pas "je compatis" dans le sens de "je comprends" ? La compassion c'est une façon de dominer l'autre car quelque part on se pose en "moi je sais, moi je comprends" (entendu par rapport aux autres qui ne comprennent pas) mais aussi par rapport à celui qui souffre. En compatissant on le rabaisse. Compatir c'est lui dire "oh mon pauvre", c'est le survictimiser. Plutôt que de lui relever le moral on lui rabaisse son estime de soi (en gros "ca t'es arrivé à toi, mais pas à moi, fallait pas dire ça, faire ça, être là à ce moment là, nananère".

    On peut comprendre, entendre, s'envisager à la place de... et comme cela l'a été écrit c'est de l'empathie.

    L'enfant a besoin des autres, mais il n'y aucune entraide. D'abord, le fait de donner à manger à son bébé relève d'un besoin physiologique : une mère qui a du lait dans ses seins n'a qu'une envie c'est de s'en débarrasser. Les vaches meuglent lorsqu'on ne les trait pas, les femmes aussi. Ensuite, les hormones font que la mère est uniquement axé sur son bébé les 12 premiers mois. Plus rien d'autre ne compte (on le voit déjà pendant la grossesse, lorsque les femmes gardent tout le temps leurs main sur leur ventre pour s'assurer que le foetus ne sera pas cogné, frappé donc détruit). Donc jusqu'à à peu près 12 mois on est dans l'instinct de survie. Ensuite, ça passe chez les adultes qui ont tendance à dire "démerde toi". Là l'enfant devient tyrannique. "moi, moi, moi". Soit les parents jouent le jeu (en général) parce qu'ils ont appris à tenir à leur enfant (pour des raisons sociales ou parce qu'ils ont vu faire) et parce qu'ils ont oublié qu'ils sont mus de façon archaïques par le besoin de perpétuer l'espèce (l'est malin le psychisme il fait croire à de l'amour là où il n'y a qu'un pur besoin biologique). Mais il y a des parents qui s'en foutent royalement de perpétuer l'espèce (l'archaïsme ne fonctionne pas) du coup leurs enfants ils ne s'en occupent pas. Et puis il y a ceux entre les deux qui s'en occupent suffisamment pour leur donner à manger, les vêtir, ne pas les laisser mourir parce que l'archaïsme fonctionne mais que l'amour n'est jamais venu alors ils font le minimum vital.

    Furia : si on avait des parents parfaits au contraire ce serait plus simple de trouver un partenaire puisque ces parents saurait pousser l'enfant vers l'extérieur de la famille.

    On ne contraint pas le psychisme en effet. Tout ce qui est "mal classé" revient, le travail en psychothérapie consiste à reprendre les problématiques une par une, les décortiquer, les comprendre, les accepter et les ranger de soi même dans un "tiroir".

    Les enfants ne pleurent pas par empathie, ils pleurent parce que si l'autre pleure c'est qu'il y a un danger. Alors il pleure aussi pour alerter d'un éventuel danger. Pleurer sert d'abord à communiquer à l'autre que quelque chose ne va pas en interne. Difficile pour des jeunes parents de faire la différence entre le cri de la faim, le cri de la couche mouillée, le cri du froid... lol Le cri sert juste à alerter, y a un truc qui va pas. Les pleurs viennent plus tard. Mais toute manifestation extérieure au corps ne sert qu'à exprimer quelque chose à l'autre. Lorsque ça ne sert à rien l'enfant apprend à ne plus crier, pleurer, parler, parce qu'il sait qu'il ne se passera rien.

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  12. suite :

    Mendiant : tu peux me sortir toutes les références que tu veux, ça ne m'impressionne pas. Par expérience professionnelle, s'il y a bien une chose que j'ai apprise c'est que par nature l'être humain est tyrannique et violent (pulsion de vie). C'est la socialisation (éducation, peur des sanctions) qui le rend "gentil". Ce n'est pas pour rien qu'il y a des loi et les religions pour dire aux hommes comment être "bons".

    Flan : c'est vrai pour l'enfant mais par pour l'adulte. L'adulte a de l'expérience, il a vu d'autres choses. Il sait désormais que ce qu'il a vécu est "bien" ou pas. Il sait aussi les implications que cela a dans sa vie et voit comment certaines choses le gènent. En psycho, on ne travaille que sur ce qui gène de toute façon.



    J'ai oublié de préciser dans l'article qu'avoir de "gentils parents" n'est pas toujours une preuve de gentillesse de leur part. J'avais écrit un article sur les parents "trop" gentils et bien sur cela vient tout à fait s'intégrer ici.

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  13. C'est assez génial comme article. Personnellement, je lis ce processus, ou plutôt je l'ai vécu ça comme un deuil. D'abord la tristesse en prennant conscience de ce que j'avais encaissé jusqu'à la fin de mon adolescence...et même après, ensuite de la colère et un immense sentiment d'injustice, ensuite la peur et enfin l'acceptation (enfin je crois).
    Et maintenant, quand mes petits loulous me disent "Tu es le meilleur papa du monde, on t'adore"...je temporise à mort et ça me fout une pression immense...d'autant que quelque part, je culpabilise d'avoir quitté leur mère et que je suis très loin de la perfection dans quelque domaine que ce soit.

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  14. La compassion au sens bouddhiste n'a pas du tout la même signification qu'au sens occidentale. Cela dit je continue à penser que l'homme a, sous ses conditionnements et ses peurs, une nature fondamentalement bonne. Et que l'amour est un besoin primordiale au même titre que la nourriture. Je suis influencée par le bouddhisme nyingma, qui a de véritables théories de l'esprit effectivement, qui sont loin d'être simplistes, mais je suis novice. :)

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  15. Furia : Il est exact que ça n'a pas le même sens, alors il faut trouver un autre mot pour ce qu'exprime le bouddhisme. Tu vois le monde à ta façon et je le respecte.

    Alexis : Pour les enfants, leur père ou leur mère sont toujours les meilleurs...jusqu'au moment où ils s'aperçoivent que ce n'est pas vrai ! lol Toute la difficulté d'ailleurs tient au fait que lorsque les parents sont jugés les meilleurs il devient difficile de faire aussi bien qu'eux, c'est à eux que ça met la pression en fait.

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  16. je rejoins alexis pour la première partie du comm (n'ayant pas encore d'enfant lol. ce que tu dis si bien dans l'article me fait vraiment penser aux étapes du deuil. Et c'est ça que l'on fait finalement: le deuil des parents parfaits et de ce que l'on pense qui nous aurait convenu, de l'enfance qu'on aurait voulu avoir,etc. Il n'empêche que j'ai du mal à accepter cette phase! Et qu'elle est vraiment méchante la psy parfois (lol). J'attend la suite impatiemment

    kirikou

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  17. oui vous commencez à comprendre. Dans la vie tout est deuil. On avance toujours en perdant des choses. On laisse derrière soi des choses, des gens, des moments...

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  18. Les parents parfaits "sauraient pousser l'enfant vers l'extérieur de la famille." Le caractère de l'enfant joue un rôle dans l'histoire, non ? Si je regarde mes enfants, ils n'ont pas du tout la même recherche d'indépendance, idem dans ma fratrie. Ok on n'agit pas de la même manière avec les uns et les autres, le contexte n'est pas forcément le même, mais il y a un socle commun.

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  19. Cocci : des fois oui des fois non. Le contexte n'est pas le même, on ne les aime pas de la même façon, on agit différemment avec eux, on n'a plus le même âge ni la même patience, on est moins angoissé entre le 1er et le dernier (normalement), parfois on a changé d'avis sur le technique d'éducation, les modes ont changé, les enseignements aussi, on a parfois déménagé, le premier a été désiré peut être pas le dernier (ou l'inverse)... T'as raison y a un sacré socle commun entre les enfants.

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  20. je suis d'accord avec tes commentaires mais 2 choses. Il m'est arrivé fréquemment de constater avec mes frères et soeurs ou chez mes enfants ou dans d'autres fratries des réactions collectives communes (perso à chaque fois ça me fait chaud au coeur). C'est pour cela que je parle de socle commun. En même temps indépendamment de tout ce que tu dis il y a le caractère propre de l'enfant. Chez les miens il suffit de regarder des photos du jour de naissance, c'est frappant. Bon après c'est un peu la poule et l'oeuf (m^eme si je suis d'accord pour dire que les parents "horribles" ont un r^ole dominant) : le caractère de l'enfant entraîne des réactions et ainsi de suite.

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  21. "Chez le psy pas de jugement et le moins d'émotionnel possible (on n'est pas des blocs de béton quand même);" pour moi c'est ça la compassion : l'empathie génère ou peut générer une émotion, mais cette émotion est personnelle, elle est le reflet de soi et non de l'autre. Je comprends ce que tu veux dire sur le côté pervers mais c'est un peu caricatural car ce n'est pas la seule attitude possible (lorsque tu n'es pas un bloc de béton en consultation, fais tu "nananère" à tes patients ?). Est-ce que cette capacité d'empathie et d'émotion n'est pas un des moteurs des relations humaines?
    Pour le pardon l'aspect religieux est plus évident "aimez vous les uns les autres" et patati-patata... Dans ce cas il y a la notion de jugement : tu as fait quelque chose de "mal" et je te pardonne. Je pense qu'on peut parler de pardon en dehors de ce contexte. Tout d'abord on n'a rien à pardonner à l'autre (de quel droit ?), l'autre est ce qu'il est, on est soi, et il y a interférence par choix (couples, amis…) ou non (famille…). Pour moi le pardon n’est pas lié au fait de continuer à interférer mais au fait de faire simultanément au travail de deuil de ses illusions un travail de compréhension du pourquoi du comment de l’autre. Ensuite il y a le choix de continuer ou pas à interférer mais ça c’est le cheminement personnel de tout un chacun.

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  22. Tu as ta vision du monde que je respecte, et que beaucoup de monde a, parce que ça arrange tout le monde de se dire qu'en fait certains humains sont pourris et pervertissent le monde des autres mais qu'au fond tout le monde il est gentil. J'appelle ça la vision rose bonbon. C'est d'ailleurs en cela que la violence des femmes et des enfants sont des sujets tabous. Tant qu'il n'y avait que les hommes perçus comme violents, c'était culturel. A partir du moment où on dénonce que les femmes et les enfants le sont du coup on se demande si en fait la violence n'est pas chez tout le monde et qu'en fait c'est la "gentillesse" qui est culturelle. Or les enfants il faut l'en apprendre à partager, à ne pas taper, à ne pas voler.

    L'empathie c'est de l'intelligence. L'empathie c'est être capable de comprendre ce que l'autre à ressenti et par quels mécanismes il en est à ce moment à penser ça ou dire ou faire cela. C'est du décorticage comportemental et émotionnel. C'est pour cela que les psychopathes ne ressentant aucune émotion ne peuvent pas comprendre ce que l'autre ressent, mais ils comprennent ce qu'ils voient, s'ils ne ressentent pas la peur, ils savent très bien l'interpréter et l'analyser parce qu'ils ont accumulé les expériences qui vont leur permettre de comprendre comment ça fonctionne.

    Ce que tu décris n'est pas du pardon, c'est de l'acceptation. Le pardon c'est, pour soi, effacer et faire comme si il ne s'était rien passer et reprendre les relations à l'autre à zéro comme s'il n'avait rien fait. Et c'est très religieux, tu te confesses, l'autre du coup accepte puisque tu t'es dénoncé et hop on lave le tout.

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  23. euhh je ne comprends pas le lien entre ton 1er paragraphe et ce que j'ai écrit????

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  24. Le lien est que tu disais que l'empathie et les émotions étaient moteurs des relations humaines. J'ai supposé que tu les regardais d'un côté positif, bref tout ne serait que volonté de compréhension et amour de l'autre. Ce à quoi j'exprimais mon désaccord.

    J'avais écrit d'autres trucs avant que j'ai effacé, ceci expliquant sans doute que ça puisse paraitre sans logique.

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  25. tu dégaines plus vite que ton ombre ! J'étais beaucoup plus basique que ça. Je voulais simplement dire que certaines personnes recherchent chez l'autre l'empathie, comme d'autres personnes vont rechercher l'humour, les pectoraux, le sens de la répartie, la carpette...
    Dans ta liste de violence tu devrais rajouter le harcèlement moral, beaucoup plus fréquent qu'on ne le croit et très destructeur.

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