mercredi 14 mars 2012

L'impact de la psychothérapie sur l'entourage

Entrer en psychothérapie c'est un peu comme entrer en religion.
Ca change votre regard sur le monde, ça change le regard que vous portez sur vous.
Ca change le regard que vous portez sur vos proches.
Et ça change le regard que les autres portent sur vous.



Bien sur si vous leur dites que vous suivez une psychothérapie, j'imagine que certains vous voit déjà comme un(e) dingue avec lequel/laquelle il faut prendre ses distances.
Lorsque vous dites un truc, certains n'hésitent pas vous vous renvoyez méchamment au psy "c'est ça, va donc en parler à ton psy !", sur un ton agressif et surtout malveillant. Comme si allez voir un psy était un tache sur votre parcours, un comportement déviant ou un truc honteux. Je conseille vivement à tous ceux à qui cela arrive de ne pas hésiter à renvoyer une réplique du genre : "parfaitement, j'irai en parlez à mon psy et je n'aurai pas eu besoin d'aller en voir un si tu avais assumer ton rôle !". Et paf dans les dents.
(la psy est parfois sadique).
(souvent même tout bien réfléchi).

Néanmoins, si en on est à vous renvoyer des citations dignes d'un soap brésilien diffusé à 10h30, c'est que désormais ce vous faites, ce que vous dites a un impact sur l'autre. 

Prenons l'exemple basique mais vrai de l'enfant qui ne va pas bien. Les parents décident de leur côté d'avoir un recours à la psychothérapie. Rien que de savoir que le RDV est pris, l'enfant va mieux ou change de comportement. Le ou la conjoint(e) aussi d'ailleurs, mais chez les adultes c'est plus subtile. Enfin pas toujours.

Prenons un autre exemple. Celle d'une femme qui a des doutes sur le fait qu'elle ait encore envie de rester avec son compagnon. La thérapie va l'aider à faire le point sur elle, sur sa relation de couple. Son regard sur sa vie, sur son compagnon va changer. Ce qui veut dire que ses comportements, sa façon de parler, le contenu de ce qu'elle veut faire passer vont changer aussi. En retour ("feedback") son compagnon va s'ajuster à cette nouvelle communication. 

Prenons une famille. Dans cette famille, la fille cadette décide de suivre une psychothérapie. On s'aperçoit qu'il existe un climat incestuel. La patient décide de ne plus entrer dans le jeu des parents. En changeant son discours et ses comportements, cela change le regard que sa famille pose sur elle et une remise en question familiale se met en place.

Cela n'arrange pas toujours les relations. D'ailleurs par expérience, je ne suis ps vraiment sûre que les personnes qui viennent en thérapie cherche à améliorer leurs relations avec certaines personnes, mais tout simplement à être capable de régler leurs comptes (dans tous les sens de l'expression).

Entamer une psychothérapie (et plus encore aller au bout !) cela vous change et cela change vos relations aux autres. Cela change donc obligatoirement ceux qui vous entourent. En fait, votre psychothérapie sert de thérapie pour les autres (c'est tout bénèf...).

La psychothérapie permet de mettre à plat certaines problématiques ou d'enfin faire surgir les secrets. Ce qui devrait permettre à tous d'aller mieux. 
Mais encore faut-il que tous soit capables d'entendre.



12 commentaires:

  1. Je complète: toute remise en question personnelle (même sans psy) permet souvent de la même manière d'agir sur l'entourage. Mari, parents, ou enfant.

    RépondreSupprimer
  2. Et quand un enfant consulte mais que c'est tabou?

    RépondreSupprimer
  3. Furia : tu pourrais préciser ta question ? Qu'est-ce qui est tabou ?

    RépondreSupprimer
  4. Que l'enfant consulte un psy.

    RépondreSupprimer
  5. Bonjour,

    Sans remettre en cause ici la pertinence ponctuelle du psy, il me semble qu'il y aurait des stratégies plus "personnelles" et constructives à mettre en œuvre avant de « régler ses comptes » par l’intermédiaire d’une oreille extérieure.

    Dans quelle mesure la consultation chez le psy nous empêche-t-elle de nous prendre nous-mêmes en charge ?

    J'ai l'impression que le psy est parfois devenu la solution de facilité: on s'en remet au psy comme on allait jadis se confesser (« Entrer en psychothérapie c'est un peu comme entrer en religion. »). On ressort plus léger d'avoir pu s'exprimer mais est-ce que l'on change vraiment ou est-ce que l’on croit avoir changé ?

    N’est-il pas en outre dommageable d’aller voir un psy dans l’espoir de changer l’autre, parce que l’autre ne s’est pas comporté comme on aurait aimé qu’il se comporte (« je n'aurai pas eu besoin d'aller en voir un si tu avais assumé ton rôle ! »), ce qui pourrait être une définition de l’égoïsme ?

    Nous avons de toute évidence en Occident un problème de communication mais ne ferions-nous pas mieux de commencer à écouter l’autre plutôt que de s’écouter parler de l’autre ? Ne devrions-nous pas commencer à accepter nos zones d’ombres et nos naturelles imperfections – et donc celles des autres - plutôt que d’essayer de tout lisser ? L’obsession de la performance est la cause principale de notre mal-être et c’est selon moi la compréhension de notre nature profonde qui permettra d’aller mieux sur le long terme.

    De même, je n’ai pas besoin de tout savoir pour aller mieux et, parfois, c’est parce que je ne sais pas que je ne vais pas trop mal. La psychanalyse part à la recherche des tâches afin de comprendre comment elles sont arrivées (et j’admets que cette quête du secret est parfois utile) mais, sauf traces de sang suspectes, ne serait-il pas préférable de les accepter et de lancer un programme de lavage, de prendre le partie de l’action et de la vie ?

    Frat’airnellement,

    Le Mendiant

    RépondreSupprimer
  6. mendiant : la confession servait de psychothérapie en effet ! Et si le prêtre était un peu averti, il était capable de proposer des pistes de réflexions personnelles plutôt que que génuflexions. Mais cela ramenait toujours aux notions de bien/mal, or l'humain est plus complexe que cela et ces notions n'étaient que celles très cadrées de la religion. En psychologie, les notions de bien et de mal n'existent pas. Les normes sociales ne s'appliquent pas en consultation.

    Entre l'autoanalyse et l'écoute par les amis il y a des différences. Prenons l'autoanalyse, elle est très efficace... jusqu'à un certain point car lorsque nous nous analysons nous le faisons avec NOS préjugés, NOS valeurs, NOS mécanismes de défense. Or pour que l'analyse soit efficace il faut pouvoir les dépasser. Or l'intervention d'un regard extérieur permet de dépasser tout cela.
    Les amis. Ha les amis ! Lymphe avait déjà parlé dans un commentaires de cette éventualité de regard. Je la trouve très intéressante. De même qu'on va parfois demander conseil à un proche, à un parents. Tout est valable pour se confronter à soi. Le problème qu'il faut se poser : est-ce que ce qu'ils disent ils le font pour nous ou pour eux ?
    Combien de fois n'ai je eu en consultations des femmes au bord du divorce, dont les gentilles copines n'arrêtaient pas de lui dire que son mari était nul et qu'elle ferait mieux de le quitter. Ces patientes ne savent plus où elles en sont. Le psy va apporter un regard sans jugement et va les recentrer sur ce qu'elles veulent elles. Les amis ne vous écoutent et ne vous conseillent pas toujours pour votre bien, même les meilleur(e)s ami(e)s. Il peut y avoir des gains à vous pousser vers telle solution (récupérer le mari de la bonne copine qu'on pousse au divorce, j'ai déjà vu ça). Certains amis sont jaloux, jaloux de votre réussite, jaloux de votre bonheur, jaloux de vos élégance, que sais-je ? Et vous voir dans la détresse, les met dans une joie que vous ne pouvez pas imaginer, mais ils compatissent, vous écoutent, vous conseillent...
    L'autonalyse reste donc limitée, les autres (prêtres ou amis) ne vous aident pas toujours pour vous mais pour avoir un certain pouvoir sur vous.
    Bien sur, tous ne sont pas comme ça ("mais non mes amis ne me feraient jamais ça". Tu parles Charles !).
    Le psy n'a aucun gain. Il ne cherche pas à vous enfoncer, il ne vous juge pas, il ne vous conseille pas. Il vous écoute et vous pousse à ré/agir seul dans la voie qui vous semble la bonne.

    Quant à l'exemple que je donnais sur le fait de finir par dire à l'autre ce qu'on pense vraiment de lui, ce n'est pas qu'on ne peut pas le dire, c'est que l'idée même de pouvoir le dire était impensable. Il ne s'agit pas toujours de passer à l'acte mais de s'autoriser à penser que c'est possible. La seule liberté qui existe c'est celle de la pensée. Or l'éducation, les hasards de la vie, les traumas font qu'on a parfois du mal à croire qu'on est libre en pensée.

    RépondreSupprimer
  7. Furia : je n'ai pas l'impression que les consultations infantiles soient taboues. Je constate que cela se fait de plus en plus d'ailleurs, parfois pour n'importe quoi, les parents délégant au psys certains rôles éducatifs.

    RépondreSupprimer
  8. Vergibération,

    Entièrement d'accord avec vous: il y a bien des cas où l'oreille neutre est préférable!
    Frat'airnellement,

    Le Mendiant

    RépondreSupprimer
  9. Nan mais le psy ils sert a rien, on peu faire tout seul, on a tous vu dangerous methode et lu oedipe donc on est tous apte a s'auto analyser pi les amis c'est pareil, ils trainent tout le temps dans les bar a l'écoute des autre, donc du coup ils sont apte a la psycho de contoire.

    RépondreSupprimer
  10. Mais la psycho de comptoirs n'a jamais soignée personne... Et d'après ce que j'en vois sur mon canapé, elle fait même parfois beaucoup de mal. Les gens ne se rendent pas compte du mal qu'ils font parfois. L'autre en face fait comme si de rien n'était, mais rentré chez lui il s'effondre.

    RépondreSupprimer
  11. Pas possible??? Ah je savais pas ...


    Nan mais c'était assez sarcastique comme message (comme ci j'avais besoin de preciser)
    C''est pas comme ci je venais de me taper une meuf en pleur dans le RER en rupture avec son mec et avec une amie qui s'avait meme pas quoi dire .... j'avais juste envie de me retourner et lui dire qu'il y avait d'autre lui et surtout des psy pour l'écouter!


    (hors sujet; j'ai plus la notification en mail pour les autre com'")

    RépondreSupprimer
  12. Ooouf, je croyais que t'avais régressé à l'âge de 10 ans et que tu ne connaissais plus que le sms. Me voila rassurée : ;-)

    (pour la notif, je n'ai pas changé les paramètres, mais je verrais demain).

    Si son amie ne savait pas quoi dire, c'est plutôt inquiétant... sauf si elle était bien contente intérieurement !!

    RépondreSupprimer

Stats