samedi 28 avril 2012

Visite aux labos de l'ICMMO - 3/3

Ma rencontre avec Nita.
Nita, il passe du coq à l'âne, ça part dans tous les sens et retombe sur ses pattes. Il vous fait un croquis, il se lève d'un bond, vous montre un fil, une cellule à effet Peltier (j'ai bien retenu hein)... Ca doit être éclatant de l'avoir comme prof.

Nita a fait un doctorat sur les supraconducteurs. Parti de Roumanie pour enseigner et faire de la recherche au Japon (Konnichiwa Nita. Anata wa o genki desu ka ?) (Oui, j'ai fais un DEUG de Japonais, mais il n'en reste pas grand chose), il s'est décidé à faire un détour par chez nous où il est professeur et chef de labo (bref, c'est lui qui dit à Fab' d'arrêter d'embêter ses étudiants).

Il travaille toujours sur les supraconducteurs et sur la thermoélectricité. Bref, c'est le type qui a mis les doigts dans la prise lorsqu'il était petit et qui ne les a jamais enlevé (d'où la coiffure sans doute... lol).

Alors comme nous sortions de table, un petit café s'imposait. Réunion au sommet en salle de... réunion (on va appeler ça comme ça, lol), on s'affale, on se laisse aller... ça y est c'est le bon moment pour enfin savoir qui est sympa ou pas dans l'équipe, tous les ragots de couloir. Pfff, raté. J'en serai quitte pour de courtes présentations. Mais je l'aurai un jour, je l'aurai.

Allez hop c'est parti.
En thermoélectricité on travaille à partir d'oxydes. Ce sont des composés chimiques composés d'oxygène et d'un autre composant. Je ne vous en dirai pas plus, je n'y connais rien. Mais pour faire court les oxydes ici sont sous formes de céramiques. Non, on ne fait pas "atelier poterie" en chantant du Maxime le Forestier à l'ICMMO. Je parle ici de céramiques techniques, des oxydes sous forme cristalline afin d'être plus ou moins conducteurs d'électricité. 

Pour faire simple, dans le placard joli labo de Nita, on voit un truc recouvert de fils multicolores. C'est relié à un écran informatique. Ca fait joli, c'est décoratif. Si si. Mais surtout ça sert à tester la conduction, qui doit être la plus faible possible. le but étant que lorsqu'on chauffe une partie de la céramique -on dira le "haut"- les électrons ont la frousse de cramer et ils foncent tous se mettre de l'autre côté au froid (- 260° quand même), là où la chaleur n'arrive pas (puisqu'il y fait froid. C'est bien vous suivez). Ce mouvement génère de l'énergie électrique (effet Seebeck). Or si la céramique était conductrice, la chaleur se répartirait tout au long et les électrons n'auraient aucun intérêt à foncer de l'autre côté, ils resteraient sur place à papoter, donc pas d'électricité.

Les électrons étant de gros feignants qui ont tendance à ralentir au moindre obstacle, il faut tester aussi la résistivité du matériau (freinage de circulation des électrons),

Et pour obtenir un supraconducteur, la résistivité doit être nulle, c'est à dire que rien ne freine les électrons.

Alors comme, Ô lectrice Ô lecteur, je sais que tu n'es pas avare de question, tu te demandes quel peut bien être aujourd'hui le matériau le plus conducteur ? (et si tu ne te l'es pas demandé, moi si). 
Et bien la réponse est... tout dépend de la température ! 
Mais tu le savais déjà puisque tu as tout compris.
A température ambiante : Bi2Te3 (Tellure de Bismuth)
A 600°C : BiCuSeO (un extrait d'un article sur le sujet ICI)
A 1000°C : SixGe1-x
Bon sang mais c'est bien sur, tout s'explique !

Aujourd'hui, à partir de tout ça on pourrait des climatiseurs totalement non bruyants. Le problème serait le coût industriel de production.

Y a un truc qui permet de moduler la production de thermoélectricité, ce sont les fullerènes, entre autre.
Alors les fullerènes, ce sont d'atomes de carbone qui ont la subtile propriété de s'organiser de façon très organisée en formant une "bille" à facette (un truc qui ressemble à un ballon de foot quoi). Ils existent à l'état naturel, on en trouve même dans l'espace (frontière de l'infini), mais on sait aussi en produire. Comme donc c'est creux à l'intérieur et donc dans cette structure on pourrait mettre n'importe quoi : une pizza, un médicament, une autre molécule...   Comme on peut en fabriquer avec une autre structure (tubes par exemple, avec paroi, avec strates...), ils peuvent servir en électronique, en transports de molécules, comme lubrifiant. Et bien sur, ils conduisent l'électricité.

(3 fullerènes se sont cachés dans cette figure, saurez vous les reconnaître ? Je donne un indice : ils sont après c et avant g...)


Bon ben voila, la visite les labos de l'ICMMO est finie. J'espère qu'elle vous aura intéressée. Vous aurez ainsi touché du doigt la recherche sur les propriétés des nano-alliages métalliques. Qui sait quels débouchés en biomédical, en catalyse, en stockage et en énergie ces labos nous apporteront ?

Pour aller plus loin, le site du CNRS sur la supraconductivité.


Je sais qu'à Orsay vous m'aurez tous lu, je vous fais un gros coucou.
Le temps est venu de laisser à nouveau Fabienne simuler... ;-)





Nita dragoe - nita dragoe - nita dragoe

3 commentaires:

  1. Tout ce qui est du niveau atomique me passionne, c'est dingue... Merci pour cette petite review de ta visite scientifiquesque. Tu penses peut être à une renconversion.... ?:P

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    1. Franchement non. Mais je m'intéresse à tout et tout particulièrement aux gens passionnant. Mais ceci dit, pas sur que physique et psychologie soient si éloignées...

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    2. Oui, c'est ce qu'on tente de nous apprendre en neurosciences et en neuroanatomie.

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