jeudi 28 juin 2012

Le cannibalisme... ou comment aimer son prochain (bien cuit)

Ah ces histoires de cannibales en ce moment. Quelle joie ! Quelle trouvaille ! Les médias n'arrêtent pas de nous en écrire de belles histoires plus tordues les unes que les autres. Miam miam ! Mais franchement Magnotta aurait pu attendre encore quelques semaines afin qu'on puisse "déguster" tout cela sur la plage. Aucun savoir vivre.

Si vous lisez un tant soit peu quelques magazines proposant des programmes télé, vous avez peut être lu un (très) (mais vraiment) très court aperçu de ce que j'avais à dire sur le sujet. En fait, j'en avais dis beaucoup et comme il se doit, lol, la journaliste n'avait en gros que 10 lignes, il lui a donc fallut choisir, malaxer et oublier une certaine part des mes propos.

Alors voila, je vous livre ici quelques éléments complémentaire afin de faire un peu le point sur ce que j'ai vraiment écrit (oui l'interview a été faire par écrit, merci internet). J'y ajoute quelques points.



Introduction sur l'affaire Magnotta et les autres affaires de cannibalisme

Alors d'abord soyons très clairs, rien ne prouve pour l'instant que Magnotta soit l'auteur des faits. Certes cela c'est passé chez lui et c'est pour cela qu'il est recherché, mais en dehors de cela il n'est pas identifiable sur les videos et son "périple" n'est pas une preuve de culpabilité. On ne peut donc dire qu'il est un tueur à ce jour en l'état des choses. Quant aux autres accusions virtuelles dont on l'accuse, là encore aucune identification possible et de multiples tentatives de sa part depuis plusieurs années pour expliquer qu'il n'a rien à voir dans l'histoire des chatons sacrifiés ni dans des relations avec une tueuse. L'avenir nous dira ce qu'il en est, mais les forces de l'ordre canadiennes, comme elles l'ont décidé sur les cas de meurtres, ne laissent filtrer aucune informations. Signalons par ailleurs que de toute façon Magnotta ne serait pas un cannibale de toute façon.

Ensuite :

Je pense notamment à celle de Rudy Eugene, le cannibale de Miami
...qui n'est pas un cannibale. Il n'a rien tenté de "manger" mais bien d'arracher.

...d'Alexander Kinyua, celui du Maryland,
Là en effet, on a bien du cannibalisme. Vous aurez remarqué que seuls le coeur et le cerveau ont été ingéré. C'est une pratique magique, "archaïque", guerrière, en vue d'acquérir la puissance et l'intelligence de l'autre.

...de ce SDF qui vient d'être interpellé à Miami et qui a tenté de mordre des policiers...
Ce n'est pas du cannibalisme, mais juste un mécanisme de défense classique lorsque vous avez les mains entravées. Si tous les gamins qui mordent pour se défendre étaient accusés de cannibalisme, ça ferait du monde.

...ou encore de ce suédois qui aurait "mangé les lèvres de sa femme".
En effet, il y a bien cannibalisme. Le cannibalisme ici est punitif. En attaquant le visage de sa compagne, il sait qu'il touche à un aspect social très important. Etre défigurée ne lui aurait plus permis de séduire. C'est à la fois une façon de l'écarter du monde mais aussi de la garder pour soi.


Comment expliquez-vous cette "déferlante" d'affaires de cannibalisme ?
Comme je vous l'ai montré ci-dessus il n'y a pas ici que du cannibalisme. Rappelons que le cannibalisme consiste à consommer un individu, même partiellement, de sa propre espèce. Mordre quelqu'un ou lui arracher un appendice extérieur dans une bagarre n'a rien d'une volonté de manger l'autre. Même dans l'affaire de Montauban en mai, l'ingestion de l'oreille l'a été dans le feu de l'action et pas dans une volonté de manger l'autre. Le cannibalisme reste en général une pratique animiste, c'est à dire magique afin de s'approprier les capacités présumées de l'autre. Dès la préhistoire, on consommait le coeur pour être fort au combat, le cerveau pour avoir plus d'intelligence.... Kinyua, passionné par le militaire et l'ésotérique, est dans cette filiation. En ce qui concerne le médecin suédois, on est dans l'action punitive. Il ne s'agit pas tant de manger l'autre que de faire disparaitre une partie de l'autre dont on s'assure de cette façon que cette partie ne sera pas récupérable. L'autre est effracté corporellement et on ne lui donne pas le droit de se reconstruire. Il n'y a donc pas "du" cannibalisme, mais "des" cannibalismes. Et toutes ces affaires sont donc très différentes et ne relèvent pas d'une déviance sociétale qui voudrait que nous soyons face à un nouveau courant de violence.  
 
Qu'est-ce qui peut faire basculer quelqu'un dans ces actes odieux ?
Mais ça n'a rien d'odieux ! Après tout un corps humains c'est d'abord et avant tout des "protéines" ! lol Nous avons établit des règles sociales et surtout religieuses (le cannibalisme est interdit par la Bible) qui nous interdisent de consommer un être de la même espèce que la nôtre. Nous avons su pourtant accepter l'idée que dans certaines situations c'était la seule solution pour survivre et les survivants ont culpabilisé. Manger quelqu'un ce n'est pourtant pas plus odieux que de tuer quelqu'un ! Pour agir ainsi il y a différentes motivations. Le trouble psychique avec délire qui mène d'abord au crime puis à la nécrophagie (on mange la personne une fois qu'elle est morte), la haine (on détruit une partie du corps afin de destructurer la personne de son vivant) et puis n'oublions pas encore une fois la survie. Et citons en passant que parfois on peut manger de la chair humaine sans le savoir... le moyen-âge a parfois été "friand" de ces chaussons à la viande très goûteux.
Beaucoup incriminent une drogue, la MDPV, qui serait en cause. Est-ce une cause probable selon vous ?
Dans le cas du SDF agressé à Miami, il semble que le tueur avait consommé cette drogue (NDLA : on sait à ce jour qu'il n'en n'avait pas consommé) . En effet, ce toxique mène à un regard paranoïaque sur son environnement. De fortes doses produisent des attaque paniques voire des accès de psychoses. Nul ne peut donc savoir ce qu'a perçu l'agresseur et ce qui a pu le pousser à vouloir défigurer sa victime. Dans les autres cas, la consommation de drogue ne semble pas être en cause. (à Montauban c'est une grosse prise d'alcool qui aurait permis le passage à l'acte). 
N'est-ce pas également un besoin d'aller encore plus loin dans l'horreur, pour s'attirer les regards, comme dans le cas de Luka Magnotta ?
De toute évidence, qu'il soit coupable ou pas, Magnotta est une personne qui a besoin d'être vu et regardée. Ses retouches à la chirurgie, ses poses devant l'objectif ramène à ce besoin d'être admiré. C'est un individu très narcissique, en quête de réassurance. Mais pour être apprécié sur les réseaux sociaux, nul besoin d'être dans l'horreur, rien de plus simple aujourd'hui que d'avoir des "amis" même sans rien faire de très spécial et pour être connu. Il suffit d'être vu sur un écran sans être le héros de quoi que ce soit. Ce ne serait donc pas le besoin d'être reconnu qui pousserait au passage à l'acte criminel.
 
On incrimine souvent les séries télé / films, etc dans ce genre d'affaire. Pensez-vous que cela ait un rapport ?
Ca peut en avoir chez les individus fragiles ou chez ceux qui dans leur enfance n'ont pu bénéficier du filtre parental. Sinon, on apprend que ce qu'on voit n'est pas vrai et que cela ne se fait pas dans la réalité. Maintenant pour ceux qui auraient envie de passer à l'acte, il est clair que les séries pourraient leur donner des idées sur quoi et comment faire. Mais par expérience, je sais que les êtres humains n'ont pas besoin qu'on leur donnent des idées dans l'horreur.   
 
Malgré tout, j'imagine qu'il y a une différenciation à faire entre le meurtre commis par Luka Magnotta et les autres affaires ?
Et bien oui, comme vous l'aurez compris. Pas de cannibalisme dans l'affaire Magnotta... si il y a une affaire Magnotta ! Que ce soit lui ou pas, il faudra comprendre pourquoi le corps aura été éparpillé dans divers endroits de telle façon que cela ne pouvaient que mener qu'à une course poursuite et une arrestation rapide, le meilleur moyen de se faire oublier du public rapidement. Tout l'inverse de ce que Magnotta recherchait.



Même s'il arrive à lui arracher la couenne, ce n'est pas du cannibalisme

mardi 26 juin 2012

Changement de perception du corps, changement de personnalité

J'ai envie de vous parler de plein de trucs auxquels je pense dans la journée ou le soir. Et puis une fois devant mon écran soit je me dis que ce n'est pas si intéressant que ça, soit... j'ai oublié. Du coup, devant l'écran je reste en panne sèche en essayant vainement de me rappeler ce que je voulais écrire...

Alors là du coup, je pense (si si ça m'arrive) et je me jette sur mon clavier.

J'ai pu constater plusieurs fois que les personnes faisant modifier quelque chose sur leur corps en général changent aussi leur conception de la vie et rentre souvent en rupture avec leur entourage. 

Prenons un exemple :

Une jeune femme qui ne se trouve pas très jolie, en surpoids, une poitrine énorme, très discrète, trouve chaussure à son pied en un jeune homme qui l'aime comme elle est.
C'est l'amour fou.
Puis la jeune femme n'en peut plus de ce poids sur l'avant de son corps, ces "machins" qu'elle pense que tout le monde regarde en premier chez elle. Son opération sera prise en charge par la sécurité sociale elle a vérifié. Alors elle se jette à l'eau et se fait opérer pour une diminution des seins. 
L'opération se passe bien. Elle a diminué son tour de poitrine de pas mal de tailles.
Elle est rentrée dans une certaine "normalité". Conjointement, assez "bizarrement", pendant sa convalescence elle perd aussi du poids.
A bout de 6 mois, elle peut bouger tout à fait normalement, elle a perdu plus de 5 kilos sans aucun régime.
Elle apprécie son nouveau corps. Elle a l'impression qu'on la regarde enfin elle et non plus sa poitrine.
Elle s'aime désormais, se regarde différemment. Elle change de look. Elle se met plus en avant, devient plus "dominante".
Un an après son opération, son chéri la quitte. 
Rien ne va plus. Lui ne la reconnait plus. Il l'aimait avec ses gros seins, même s'il n'était pas opposé à l'opération. Il l'aimait pour son allure discrète. Il l'aimait pour le rôle qu'il avait auprès d'elle.
Il était celui qui protège, qui rassure cette jeune femme est souffrance, en manque d'estime d'elle-même. Il aimait à la valoriser, la pousser à l'action. Un rôle presque paternel.
Après l'opération, elle s'aime, elle s'estime, plus besoin d'un "père", mais bien d'un homme amant qui la regarde comme une femme actrice de sa vie.

Autre exemple. Une jeune femme encore. Elle a un problème de dents très en avant. Toute son enfance on s'est moquée d'elle. "Le cheval" qu'on l'appelait. Ses parents l'aiment comme elle est. Elle est poussée dans ses études et très valorisée. Elle a une jeune soeur, qui ne présente pas le même "défaut" qu'elle. Il y a désormais la fille intelligente et la jolie. Tout semble les opposer. Une concurrence s'installe. 
La jeune femme "chevalesque" va néanmoins se trouver un mari ! En fait, rien de tragique dans sa dentition, même si elle fait une fixette dessus. Au bout de quelques années de vie commune, elle fini par avoir le courage d'entreprendre de l'orthodontie qui va tout remettre d'aplomb et lui rendre un visage agréable. Très agréable même.  Elle s'aime brutalement, elle est capable de se dire jolie. Elle prend confiance en elle, grimpe les échelons dans son travail. Elle jette un regard sur son mari. Celui qui était si rassurant, qui l'aimait telle qu'elle était et qui la protégeait du regard des autres, est vu désormais comme un type infantile incapable de la traiter en femme. Lui ne voit rien de changé chez elle. Après tout, le changement n'est pas énorme. Mais pour elle si et ça change tout dans son psychisme. Sa relation avec sa jeune soeur s'étiole, puisque désormais il n'y a plus de concurrence, elle est intelligente et en plus elle est jolie, sa soeur n'étant que jolie.

Un dernier exemple pour la route. Un homme, la quarantaine. Il a des troubles sexuels plus importants depuis quelques temps, mais présents par intermittence depuis longtemps. Persuadé d'avoir un petit pénis et de ne pas pouvoir satisfaire ses partenaires. Je le renvoie vers un sexologue-andrologue (non je n'ai pas été mesurer par moi-même !) qui le rassure, ben oui à 40 ans c'est moins dur, mais si il est dans la moyenne. Tout s'éclaire. Plus sûr de lui, il commence à se tenir différemment, il est moins effacé en groupe et lorsqu'une femme l'approche il n'a plus peur de ne pas être à la hauteur. Du coup, il accumule les conquête. Certes, il se rassure, exerce son 'instrument" pour bien vérifier que ça fonctionne. Mais son entourage ne le reconnait plus. Sa copine, pas très officielle, se plaint qu'il a changé. Qu'il est sûr de lui, plus "viril" ! Elle se plaint aussi que maintenant il est demandeur sexuellement. Il n'est plus ce "père" rassurant, mais un homme dans toute sa masculinité.

Tout cela pour vous dire que tout changement corporel réel ou perçu modifie la perception que l'on a de Soi. Mesdames, vous les avez bien, lorsque vous sortez du coiffeur vous vous trouvez plus jolie, vous avez l'impression qu'on vous regarde plus, vous vous sentez plus sûre de vous. Ca dure 24 heures parce que le lendemain l'effet de l'oreiller à en général bousillé la belle coiffure, mais lorsque le changement est corporel l'effet perdure. Et si les personnes envisagent ses changements, c'est en général pour se sentir mieux, pour mieux se percevoir. Cela influe donc sur l'estime de soi et sur nos comportements. Cela modifie donc les relations aux autres. Et surtout aux proches. Et c'est là que l'on découvre le type de relations qui nous lient à certaines personnes. On peut servir de "faire valoir" pour une copine, on peut être un père de substitution pour sa compagne, on peut être la pauvre petite fille qui doit être protégée ou le petit garçon qui a projeté sa mère sur son épouse.

Ne croyez pas qu'il y a besoin de gros changements pour voir apparaître ses modifications psychiques et comportementales. Je l'écrivais un simple changement de coupe de cheveux peut suffire, un piercing, se faire enlever un grain de beauté, la disparition d'un bouton persistant... une petite chose peut totalement modifier l'estime de Soi. Cela montre surtout le poids que représentait cette petite chose dans le psychisme de la personne.

On dit qu'une femme qui modifie sa coupe de cheveux change d'homme. Alors est-ce vrai ? Non, ce n'est pas vrai. Mais elle change de personnalité, de comportements et d'attente de la vie. Et cela peut entraîner un changement de partenaire. 

Soyons clairs, ce n'est pas le changement en lui même qui change les gens. C'est la façon dont eux le perçoive. Il est clair que certaines personnes se font opérer ou subissent des modifications qui ne les embellissent pas, bien au contraire, mais eux se trouvent mieux. Et c'est ce qui les fera aller mieux. 

En conclusion, aimez vous.

Voyez comme avant elle fuit le regard de l'appareil, elle le regarde de travers, cherche à l'éviter et comment elle rentre la tête dans les épaules. Après, elle arrive à faire face et à regarder l'objectif de façon directe. Elle est plus sûre d'elle, elle se trouve jolie et n'a plus peur de se montrer. Cela va changer ses relations aux autres et les autres vont la regarder différemment.



jeudi 21 juin 2012

J'aurai du...

Alors que j'étais dans un magasin, qui comme tous les magasins se sent obligé de nous refiler de la musique de fond, alors que fut diffusée une chanson que je ne connaissais pas.
Et que je mis à écouter attentivement.
C'est un type qui chante, j'ai même cru que c'était du Obispo c'est vous dire.
Le refrain c'était :
J'aurais dû te dire
Les mots que les hommes ne disent pas
J'aurais dû t'offrir
Les mondes que j'avais peints pour toi
J'aurais dû mourir
Puis renaître pour que tu me croies
J'aurais dû...
ton absence mord
Comme un matin d'hiver
Dans le décor
D'une saison en enfer
Le sel des regrets
Qui rouvre mes plaies
Qui ronge mes nuits, je sais...

Je vous met le clip en-dessous pour que vous écoutiez en entier si ça vous dit.

L'oreille tendue, j'écoutais. Et je me marrais. Toute seule (la psy devait avoir l'air d'avoir besoin d'un psy c'est sûr).

Je me marrais parce que 30 minutes avant je venais de finir une consultation avec un couple.
Un couple au bord du divorce. 
Elle n'en peut plus. De toute évidence ils ont évolué de façon à s'éloigner de plus en plus l'un de l'autre.
Il l'écoute. Ce n'est pas du genre à beaucoup parler. Il a du mal à comprendre ce qu'elle ressent et même ce que les autres ressentent. Il ne va pas bien, je le sens dépressif. 
Elle continue ses explications, elle exprime ses demandes.
Et il sort :

J'aurai du... te parler
J'aurai du... faire ceci
J'aurai du... faire cela
Si j'avais su, j'aurai...

Sa femme est effondrée.
Je le regarde et je lui sors : "Ok, nous entendons vos regrets. Mais ils concernent le passé. On ne change pas le passé et les "j'aurai du" n'expriment que le passé et ne changent rien. Mais vous et votre épouse vivez dans le présent, alors vous pouvez quoi aujourd'hui et maintenant ?".

Sa femme et moi n'avons pas obtenu de réponse.

Il aurait du, moi je vous le dis.



lundi 18 juin 2012

L'accident de voiture

Je l'ai déjà dit ailleurs j'adore conduire.
Je peux conduire des heures. Ca me détend, ça me fait cogiter et j'ai l'esprit bien plus analytique qu'en temps normal. On a les vices qu'on peut.
Bref, du coup je roule pas mal et j'ai beau avoir de superbes souvenirs d'enfance des routes nationales, je suis devenue une adepte de l'autoroute. Avoir pourtant goûté le péage de Saint Arnoult un 1er août ET un 31 août (ceux qui y sont passés me comprendront sans une explication de plus) n'a pas réussi à me dégouter du plaisir de rouler.

Pourtant rouler devient difficile. Depuis que le prix du litre de carburant à diminuer, le nombre d'usagers est remonté en flèche. Ca fait très élitiste, mais bon, faut bien reconnaître qu'entre 1h de route à 130 et 3 heures d'embouteillages à 20 km/h, je fais vite le choix. 

Rouler devient d'autant plus difficile que la plupart des automobilistes ont recours aujourd'hui au fameux "régulateur de vitesse". Ce qui fait qu'on se retrouvent tous coincés les uns derrière les autres. Mais comme il y a des fluctuations : certains régulateurs sont plus ou moins fiables, d'autres n'arrivent pas à réguler, certains automobilistes se calent sur 2 km/h de moins et d'autres sur 2 km/h de plus... sans compter la puissance du moteur... Bref, on se suit à 1 ou 2 km/h de différence. 

Mais à un moment, celui qui roule devant moi avec 2 km/h de moins, je fini par le rattraper. Lentement certes, mais sûrement. Et comme mon régulateur est sur 130 km/h, il s'offre à moi 3 solutions : je ralenti et je m'aligne sur sa vitesse (et puis quoi encore), je lui rentre dedans (niark niark niark c'est pas l'envie qui me manque) ou je le double (voila, ça ça me plait). L'ennui pour doubler ce ralentisseur, il va me falloir me mettre hors la loi puisque si je reste à 130 km/h, vu que j'ai déjà mis au moins 10 minutes pour le rattraper, il va m'en falloir au moins autant pour le doubler et me rabattre devant lui.... L'idéal serait donc que j'arrive au moins à 135 km/h, ce qui me vaudrait, au flashage, quelques points de perdu et une sacrée amende... Je peux aussi faire preuve de patience et espérer que dans la prochaine côte son véhicule un peu plus âgé que le mien, à vue d'oeil, perdra quelques kilomètres de vélocité, d'où un doublage plus facile.. sauf si alors que je me trouve à côté de lui, la côte se transforme brutalement en pente et paf là il rattrape ses 3 km/h et je suis obligée de rester à côté de lui sur la file de gauche tout le long du chemin qu'il me reste à faire. Sous le regard goguenard de celui que j'essaie vainement de doubler (qui ne ralentira pas) (et sous les klaxons énervés de ceux qui derrière moi ont de toute évidence un régulateur de vitesse déréglé puisque qu'à 130 ils sont à 150... ).

Pourquoi je vous raconte tout ça ? Pour pas grand chose. Mais ça vous donne une idée de mes calculs aberrants au volant. Et ça me fait bien marrer. 

Bref, les autoroutes en partance de Paris je connais. 
Pas toutes, hola. Je ne vais pas partout non plus.
Est-ce que vous m'imaginez allez vers l'est ? Je ne sais même pas à quoi ça ressemble en vrai. Strasbourg ? Saucisses ? non ? Y a autre chose ? le froid peut être ?
Bon le nord, n'a pas vraiment la cote avec moi non plus. Mais bon j'y ai des amis, faut ce qu'il faut.
La A12 n'a pas de secret pour moi (et pour bien des parisiens), la A6 non plus. Et du coup, la A1 aussi.

Ca commence a faire un sacré paquet de temps que je roule (et je m'arrête de temps en temps lol).
Des accidents, j'en ai vu des tas. Et j'en ai même subis les conséquences (4 heures pour faire 50 mètres en plein cagnard).
De nos jours, je trouve qu'il y a moins d'accidents peu graves, d'accrochages si vous voulez, sur l'autoroute. 
Mais des accidents graves, wouuaaaah, y'en a de plus en plus.
Surtout sur l'A1.
Je la prends souvent, mes amis la prennent quasi tous les deux jours, pas une fois sans voir un truc grave. Parfois 2 ou 3 accidents sur 100 km de route.

Faut dire que sur la zone à 110, vers les sorties Saint Denis ou Sarcelles, y a des petits marrants qui arrivent au moins à 150 (si ce n'est 180), qui roulent sur la file de gauche et qui jouent au jeu "tiens ma sortie est à 100 m je vais couper la route à tout le monde car je suis le Dieu de la route".
Et paf, le Dieu de la route se prend une bagnole dans le train. Et comme le Dieu est en travers, il se prend l'autre bagnole en angle, ce qui fait que les deux voitures se percutent très violemment. Le Dieu n'a plus d'arrière et l'autre victime n'a plus d'avant. 
Pare-choc par terre, réservoir d'essence tombé sur le sol et explosé, des morceaux de métal et de feux répandus partout.... Les voitures ont fait des tonneaux, les toits sont écrasés. je ne vous parle pas de l'état des victimes...

Je vous rassure, il n'y a pas besoin d'être dans le 93. Non non, tiens je vais être sympa. Merci à la C5 qui est sortie à Crépy en Valois samedi vers 13h30 pour m'avoir poussé au train, avoir coupé la route à tous, avoir coincé un type pour passer devant tout le monde à la sortie et tout cela à au mini à 150 et avec chauffeur et de toute évidence une jolie voiture d'un officiel... En retard pour l'apéro ça n'aurait pas fait sérieux.

Bon, c'est pas tout ça. Mais les accidents de la route ça génère des embouteillages.

D'abord parce qu'en général la sécurité supprime au moins une file, voire 2, voire 3 comme hier sur l'A6a (j'étais sur l'A6b na na nère).

Ensuite, parce que lorsque je passe devant un accident, c'est bien connu : je freine !
Je m'extasie devant le force du choc et l'état des voitures et des motos qui ont explosé sur le mur central ou latéral. 
Je regarde une tête fraîchement tombée, rouler doucement par terre.
Comme je ne vois pas bien, j'ouvre ma vitre, hop un coup sur le bouton électrique, juste à temps pour me prendre une giclée de sang carotidien dans la tronche. Je jouis presque.
Je roule à 2 km/h, le paysage n'a plus d'intérêt, mais j'apprécie chaque détail de l'accident. je commente à mes passagers "là, regarde y a un bras qui bouge encore !". "Où ? où ? je vois pas !" font les gamins enthousiastes "ah ouuuuuuuuuais, t'as vu comment les doigts ils remuent wouaaaaaa, c'est top !".
Quelques mètres plus loin, un motard s'est fait roulé dessus. Une crêpe ! Mis sur le dos par les secours, ses boyaux pendent sur le sol. Ca palpite encore. Sa moto a coupé en deux la voiture de devant et une femme hurle "mon enfant, mon enfant". 

Non, mais ça va pas non ?
Vous le savez très bien qu'on ne voit jamais rien lors des accidents, à part de la tôle froissée. 
Alors arrêtez de fantasmer en passant... et surtout de ralentir, vous me faites perdre ma moyenne.

 Et en plus, de l'autre côté, ils freinent aussi...

lundi 11 juin 2012

Ce que le psy apprend des ses patients

Ce dimanche après midi, après une gentille invitation à partager le méchoui des scouts marins (merci Gildas), le repos bien mérité se fit sentir. Et mon esprit se mit à vagabonder sur ce qu'il avait bien pu apprendre de toutes les souffrances et difficultés des personnes qu'il avait rencontré...

La vie n'est pas qu'action, elle peut être aussi contemplation. Mais ça a beaucoup de mauvais côtés.

Dans notre Société, les plus grands traumas ont lieu dans la famille ou la famille élargie.

L'adolescence ne sert à rien, c'est juste un sas.

L'inceste psychologique, voire physique, des mères envers leur(s) fils est bien plus répandu qu'on ne le croit.

La torture psychologique fait bien plus de dégâts que la torture physique, mais on y survit néanmoins.

Lorsqu'on a été confronté soi à la mort, on ne vit que dans la peur de la mort et on oublie de vivre.

Lorsqu'on n'a pas été aimé par au moins un de ses parents, toute la vie n'est qu'une quête de cet amour parental.

Lorsqu'on ne s'aime pas, on est la proie rêvée de toutes sortes de prédateurs.

On ne se remet jamais de la perte d'un enfant.

Lorsqu'on a envie de faire quelque chose, il ne faut pas trop attendre. Car de toute façon on a toujours une bonne raison de ne pas le faire.









samedi 9 juin 2012

Cri primal ou thérapie primale

J'avais un prof en psycho, un allumé total, hyper sûr de lui, agressif, frimeur au possible, portant toujours le même costume toute l'année et même à chaque fois qu'on le rencontrait dans les couloirs. Sa spécialité thérapeutique : le cri primal. Thérapie qu'il assurait nu. Le jour où il nous a dit ça on s'est tellement marré à l'imaginer à poil avec ses patients que ça l'a franchement mis en colère, il a piqué une crise qui n'a pas arrangé l'estime que nous avions pour lui.



Bref, je vous raconte ça, mais ça ce n'est qu'un souvenir qui n'a rien à voir avec la qualité de la thérapie par le cri primal. Cette thérapie très à la mode dans les années 80 refait surface depuis peu.

Le cri primal c'est le cri qui remonte du fond de Soi, celui qui permet d'expurger des traumas, colères, mal-êtres qui sont "stockés" là au plus profond.

C'est une thérapie très intensive. Pendant 3 semaines, le patient se doit de s'éloigner de tout : il cesse son travail, cesse ses relations. Il s'isole le plus possible. 24 h avant la première consultation, le patient doit se mettre en privation : pas de télé, pas de téléphone, pas de livre, pas de contact... Cet isolement permet de commencer à faire remonter des choses et l'envie de faire sortir ce qui n'attend que de remonter.

Pendant 3 semaines, chaque jour le patient va avoir une séance. Il n'y a pas de durée de temps, hormis le temps qu'il faudra pour le cri sorte, un vrai cri celui qui crache ce qui doit sortir. Au bout de 2 semaines ou à la fin des 3 semaines, le patient intègre un groupe et là le même travail de fin de thérapie se fera en s'appuyant psychologiquement sur les autres.

il s'agit d'une thérapie de régression. Les patients vont donc allez chercher leurs souvenirs, leurs traumas pour les revivre comme s'ils avaient lieu là et maintenant. Puis ils vont pousser le cri, le cri de la peur, de la rage, de la haine, le cri qui va les libérer. Comprendre pourquoi on crie, après qui on crie. Le thérapeute est en intéraction totale, il est débout face à son patient, il le pousse dans ses retranchements, le cherche, il faut aller le plus loin possible au fond de soi. 

Cette thérapie n'est donc, comme toute thérapie régressive, pas recommandés aux personnes ayant des troubles mentaux car ils risquent de ne pas trouver le "chemin" pour redevenir adultes.



jeudi 7 juin 2012

La résilience

Le terme de "résilience" a été créé par J.Bolwby pour expliquer la capacité qu'ont certaines personnes à "passer à travers les gouttes" de la vie. 

Nous vivons tous des difficultés, des traumas. Plus ou moins puissants, il est vrai.
Mais pour un fait égal certains resteront traumatisés ou en mal être à vie, d'autres pourront s'insérer totalement et classer l'affaire.

Beaucoup de chercheurs se sont penchés sur la question. Il est évident que si on trouvait la recette de la résilience on pourrait aider beaucoup de personnes à aller mieux.

Le premier constat est qu'il existe des tempéraments de résilients. 
Certaines personnes ont "la force" en eux, d'autres non. 
Comme certains naissent avec un tempérament dépressif par exemple, d'autres naissent avec un tempérament résilient.

Ensuite, vous l'avez compris depuis que vous me lisez, le tempérament est modifié plus ou moins en fonction de l'environnement et de l'éducation. Mais le tempérament génétique ne change pas, juste il se trouve plus ou moins renforcé ou plus ou moins inhibé en fonction de facteurs divers.

Donc si vous avez suivi un tempérament résilient peut ne pas réussir à exprimer cette capacité si l'environnement a inhibé ce tempérament et au contraire, un autre tempérament moins adapté pourra au contraire développer des compétences de résilience en fonction de ce qu'il a rencontré. Ainsi dans la vie, à chaque phase, soit on s'enfonce soit on s'améliore.

Quels sont les facteurs qui permettent la mise en place de la résilience ?

Tout d'abord la résilience c'est surtout un phénomène infantile. la résilience peut être mise en place à l'âge adulte, mais elle n'a pas le même impact. La résilience est basée sur un ensemble de facteurs, à la fois familial, social et culturel.

La résilience se construit sur le hasard. Le hasard de rencontres, des personnes et un milieu de vie, qui va favoriser un contexte de vie chaleureux et structurant.

Le résilient est une enfant issu d'une famille peu nombreuse où les naissances ont été espacées, avait rencontrée dans l'entourage une personne chaleureuse et rassurante. Une fois adulte ses personnes avaient trouvé un(e) partenaire rassurant et très relationnel et la foi avait pris place dans leur vie.

Certains adultes qui n'avaient pu bénéficier de cet environnement infantile devenaient résilients plus tard via l'intégration dans l'armée, via le mariage, le soutien inconditionnel de personnes proches, la parentalité... Cela est valable pour les adultes ayant subis des traumas dans l'enfance.

Mais les adultes aussi vivent parfois des choses très marquantes. Alors peuvent-ils devenir résilients ? Oui bien sur. D'abord parce que beaucoup ont vécu une enfance équilibrée qui leur a donné des ressources internes pour faire face. Ils sont capables de rebondir et d'en tirer des conclusions positives ("ce qui ne me tue pas me rend plus fort"). Ce serait "on m'a aimé, donc je peux m'aimer, me faire confiance et je trouverai d'autres personnes pour m'aimer". Il y a donc de l'estime de Soi et une capacité à nouer des contacts qui ressortent du processus.

Après chacun possède sa propre façon de résilier avec le trauma.

Le concept de résilience est plutôt controversé. En effet, la reconstruction des uns se fait parfois au détriment de l'environnement. De plus, de façon classique, le patient se doit d'arriver à "ranger" ses traumas pour en limiter l'impact, or la résilience ne permettrait pas au trauma d'être refoulé, le patient se contentant de "faire avec", tous ses comportements devenant du coup dépendant du traumas. Ce qui est l'inverse de l'effet recherché en psychothérapie.



















lundi 4 juin 2012

Le virus "Sacem"

Il y a un virus, un cheval de troie, qui prolifère sur le net en ce moment c'est celui qui vous affiche un écran logoté de la Sacem.

Il s'agit d'un virus qui bloque totalement Windows. Apparait sur l'écran un visuel avec le vrai logo de la Sacem expliquant que vous détenez dans votre ordinateur des fichiers téléchargés illégalement et que pour débloquer votre ordinateur vous devez payer un forfait de droits d'auteur de 50 €. On vous propose même d'aller acheter une carte prépayée dont vous rentrerez le numéro à l'emplacement prévu afin que tout revienne dans l'ordre.

Voici une copie d'écran floue:




En fait, ne payez surtout pas. C'est comme je l'ai écrit une attaque virale qui bloque totalement l'accès à vos applications (sauf au web) comme vous l'explique le site de la Sacem. Si vous payez, l'accès ne sera pas rétablit et vous aurez perdu 50 €. C'est un logiciel dit "de rançon".

J'ai été confronté à ce virus, non pas chez moi, mais un ami (virus chopé en téléchargeant un fonc d'écran avec des poissons !). J'ai réussi par des voies détournées (seule la souris continuaient à fonctionner) à entrer sur le web et à mettre en marche un antivirus en ligne. Après plusieurs heures de balayage, le virus a bien été nettoyé mais l'affichage est resté sur l'écran "Sacem" et les accès au clavier, aux logiciels... sont restés sans fonctionnement. 

Pour rétablir les accès, il faut rétablir "explorer.exe" et il vous fait passer par une procédure expliquée par la Gendarmerie. Procédure que vous trouverez ICI.

Il faut savoir que ce cheval de Troie ne s'attaque qu'aux ordinateurs dont les logiciels de navigation sur le web (internet explorer, firefox...) ne sont pas à jour et ne disposent pas de la dernière version (même si vous n'avez rien téléchargé illégalement). De même pour Java, Adobe Reader et Flash. 

Donc si vous ne disposez pas de la dernière version, faites vos mises à jour, cela vous évitera ce désagrément. 

Ensuite, ce virus est ennuyeux car il bloque les personnes qui ne sont pas à l'aise avec l'informatique, surtout les personnes âgées qui font rarement leurs mises à jour, se méfient de toutes les demandes de mises à jour des logiciels qui apparaissent sur leur écran et qui se débrouille mal avec les bios et configurations diverses. Pour ces personnes la procédure de déblocage est complexe voire incompréhensible. Ils restent donc avec un ordinateur inutilisable sauf d'aller le faire débloquer dans une boutique...

Sachez enfin que la Sacem n'envoie pas de demandes de paiement. Jamais. Elle passe par Hadopi. Si vous êtes pris vous recevrez d'abord un email de Hadopi vous indiquant qu'il a été constaté que vous téléchargiez et qu'on allait surveiller vos comportements sur le net. Si vous continuez à télécharger, c'est votre accès internet qui sera bloqué pas Windows. Et si vous devez payer quelque chose ce sera à la suite d'une décision de Justice après des poursuites. Donc si on vous demande de l'argent pour des téléchargements illégaux (que vous téléchargiez ou simplement déteniez) ne payez jamais.


Soyez conscient que depuis 3 semaines (depuis les élections ?), il y a de très nombreuses attaques virales. Je détruis tous les jours des chevaux de Troie en ce moment. On les attrape n'importe où, mêmes dans des sites totalement anodins. N'oubliez donc pas de passer votre antispam et votre antimalware tous les jours.



samedi 2 juin 2012

Rome.

Chose promise mais absolument pas due, voici quelques photos de Rome. Vous en trouverez plein sur le net, mais celles là ce sont les miennes. En vrac. Et sans légende ni commentaire. (faut pas pousser). (enfin si je mets une légende tout compte fait). La qualité n'est pas toujours au RDV mon portable, n'ayant de toute évidence guère apprécié les 26° souvent plein soleil, m'a fait des caprices.


le forum impérial




L'arc de Septime Severe dans le Forum Impérial


 Du forum impérial vers le Colisée

 Route pavée


L'arc de Titus


Le Colisée (de l'intérieur)




Le "Victoriano'




 Le marché de Trajan (de nuit)



 Eglise Santa Maria


 Un tramway romain


La fontaine de Trévise

La même avec tout le public !


 Une déco au détour d'une ruelle



 Largo Argentina


Le quartier Juif


 L'Isola Tiberina


 le Capitol

 Un gisant parmi tous ceux qui recouvre le sol de l'église Santa Maria degli Angeli

 Romus et Romulus (à contre jour)


 Le forum



Une rue, comme tant d'autres

Difficile de faire original avec des photos de Rome. A chaque coin de rue, il y a une antiquité et une église... Rome est elle-même un vaste musée.


Vous avez envie d'en savoir plus Rome, je vous conseille cet excellent site.





vendredi 1 juin 2012

Voyage à Rome (suite)




Enfin quand je dis rentrée dans l'avion c'est vite dit.
Après 15 minutes d'attente, l'embarquement commence.
L'embarquement dans un car. 
M'enfin avant l'hôtesse pas aimable m'a piqué mon billet imprimé du coup je n'ai plus rien à présenter dans l'avion si on me demande...
Le car s'ébranle, on roule bien 5 bonnes minutes.
Enfin l'avion est là. Les gens se précipitent.
Moi j'suis maligne (comme une tumeur !), j'avais fait des folies et je nous avais pris des réservations avec choix des places.  J'ai dépensé sans compter, mais je suis sûre qu'on sera ensemble.
Alors on rentre quasi les dernières et on est accueillit par un "buenas dias !".
Un doute m'étreint.
Euh, c'est bien l'avion pour Rome ? Oh la la pourvu qu'on se retrouve pas à Madrid. J'ai rien réservé moi à Madrid.
M'enfin bon quand on prend des billets auprès d'une compagnie espagnole, faut s'attendre à entendre parler Espagnol, hein.
Je range mon bagages à main quand le type assis derrière moi essaie maladroitement de faire entrer le sien. L'hotesse nous parle dans un anglais approximatif pour tenter de nous expliquer un truc. Le type et moi on se regarde, on a très envie de se marrer. On ne comprend rien. La nana essaie l'espagnol. Enfin je crois, parce qu'entre son espagnol et son anglais, je ne suis pas vraiment sûre de faire la différence. Elle passe aux gestes et on fini par comprendre que le bagage du monsieur doit être mis en dessous du mien du fait de sa forme. Mais il ne veut pas, dans son sac y a un truc fragile qui ne peut supporter beaucoup de poids. La nana comprend pas, on ne le comprend pas. Bref, 5 minutes de dialogue de sourd et de langage gestuel à tout va. L'hôtesse a fini par obtenir gain de cause, c'est une question de sécurité.... 

La musique d'ambiance démarre. Ca hurle, mais surtout, ceux qui connaissent voit ce que ce je veux dire, ça grésille atrocement. 

Une fois installés on attend. Tout l'arrière de l'avion est vide. D'un seul coup, un autre car, plein de touristes.
Ben oui, l'avant est réservé aux billets d'une compagnie low cost et l'arrière aux billets d'une grande compagnie. Billets beaucoup plus chers.... dans les mêmes conditions que les nôtres ! M'en fout, on est vachement bien où on est. (je vous déconseille les sièges XL qui a priori doivent avoir moins de 5 cm de plus pour les gambettes).

On décolle.
Je lis les consignes de sécurité (je lis toujours les consignes de sécurité, j'adooore).
L'hôtesse vient présenter les consignes juste à côté de moi.

D'abord en espagnol. Puis en anglais (je crois, à moins que ce soit du patois espagnol), puis en français (je crois):

"Repliezlatablettequiestdevantvous.Attachezvotreceinturedecettefaçon
PourenlevervotreceintureilvoussuffitderamenerversvouslapoignéePourplusde
sécuriténousvousconseillonsdegardervotreceintureattachéependanttoutlevol.  Encasdedépressurisationdel'appareillesmasquesoxygènetombent
automatiquementduplafond.Mettezlemasquesurvotrevisagecommececipassez
lecordonderrièrevotretête.Voustrouverezsousvotresiègevotregiletde
sauvetage.Lessortiesdesecourssetrouvental'avantaumilieuetal'arriere
del'appareil"
Et tout ça avec des gestes absolument pas explicites, une espèce de chorégraphie étrange et molle que Noureev renierait certainement, et de toute évidence un manque de motivation dans la présentation...

Arrive la distribution des boissons.... enfin la vente des boissons.
Je vois le toujours aussi pathétique et horrribeule café instantané avec 2 ml d'eau chaude à 2 €.
Citons aussi le fameux croissant brioché tout écrasé sous sachet cellophane à 2,50 €... qu'une de mes voisines à tenté. Vu ses yeux, ça a du être une sacrée expérience gustative.

"Tu veux goûter ?" J'ai fais un bond dans le passage en criant "naaaaaaaaaaaan !"
J'ai raté une occaz je sais.

Bon allez le vol s'est bien passé.
On a même réussi à atterrir.
Il est 9h40. Il fait 16°. Déjà.

Tiens, pour vous dire. J'avais lu sur le net : "surtout ne prendre que les taxis officiels qui sont blancs avec un logo rouge. Tarif 45 € jusqu'à Rome".
Faut vous dire que du port de Rome (là où est l'aéroport et qui n'est pas à Rome) jusqu'au centre de Rome y a environ 35 kms... Ben ouais, faut ce qui faut.

On arrive, l'air paumé des touristes sur le visage.
Je dis "boire un café ?"
Et tout le monde fait "yo !".
Le café dans un aéroport, même ça, c'est meilleur que dans l'avion.
Un mec nous alpague.
Il porte un gilet marqué d'un truc genre "aide aux touristes".
Y'en a plein devant les entrées/sorties de l'aéroport des comme ça (et plein la ville aussi, c'est bien pratique car ils parlent au moins 4 ou 5 langues).
"Je peux vous aider ?" avec un accent chantant mais dans un français impeccable.
"Oouui, on voudrai boire un café sympa"
"Ho la la, pour cela il vaut mieux allez dans Rome. Je vous propose un taxi ? Enfin, le taxi c'est 95 €".
"Quoi ?" (menteur va !)
"Ah oui, c'est 45 kms de route quand même. Mais si vous voulez je vous trouve un transport pour 50 €... ?" (ça alors ! ;-)
"C'est quoi ?" (air niais de circonstance) (si si il m'arrive de prendre l'air niais) (qui a dit que je l'ai tout le temps ???)
Et là il nous conduit à un Mercedes Vito conduit par une nana. Ok dis-je 50 € (ouais, c'est moi qui négocie) mais vous ne prenez personne d'autre (je connais le truc). Ok fini par dire la nana. Et pour 5 € de plus que le taxi, on a un transport avec beaucoup de place et en plus elle nous fera faire le tour de Rome...

On sait déjà qu'on n'ira pas visiter le musée du Vatican. Il est à peine plus de 10 heures du matin, y a déjà au moins 4 heures de queue pour entrer... De toute façon, je viens voir le Colisée et le forum impérial pas le Vatican.

Et si vous êtes sages, je vous mettrai quelques photos dimanche.

 


Un petit sketch de Gad Elmaleh... c'est du vécu c'est sur.


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