samedi 9 juin 2012

Cri primal ou thérapie primale

J'avais un prof en psycho, un allumé total, hyper sûr de lui, agressif, frimeur au possible, portant toujours le même costume toute l'année et même à chaque fois qu'on le rencontrait dans les couloirs. Sa spécialité thérapeutique : le cri primal. Thérapie qu'il assurait nu. Le jour où il nous a dit ça on s'est tellement marré à l'imaginer à poil avec ses patients que ça l'a franchement mis en colère, il a piqué une crise qui n'a pas arrangé l'estime que nous avions pour lui.



Bref, je vous raconte ça, mais ça ce n'est qu'un souvenir qui n'a rien à voir avec la qualité de la thérapie par le cri primal. Cette thérapie très à la mode dans les années 80 refait surface depuis peu.

Le cri primal c'est le cri qui remonte du fond de Soi, celui qui permet d'expurger des traumas, colères, mal-êtres qui sont "stockés" là au plus profond.

C'est une thérapie très intensive. Pendant 3 semaines, le patient se doit de s'éloigner de tout : il cesse son travail, cesse ses relations. Il s'isole le plus possible. 24 h avant la première consultation, le patient doit se mettre en privation : pas de télé, pas de téléphone, pas de livre, pas de contact... Cet isolement permet de commencer à faire remonter des choses et l'envie de faire sortir ce qui n'attend que de remonter.

Pendant 3 semaines, chaque jour le patient va avoir une séance. Il n'y a pas de durée de temps, hormis le temps qu'il faudra pour le cri sorte, un vrai cri celui qui crache ce qui doit sortir. Au bout de 2 semaines ou à la fin des 3 semaines, le patient intègre un groupe et là le même travail de fin de thérapie se fera en s'appuyant psychologiquement sur les autres.

il s'agit d'une thérapie de régression. Les patients vont donc allez chercher leurs souvenirs, leurs traumas pour les revivre comme s'ils avaient lieu là et maintenant. Puis ils vont pousser le cri, le cri de la peur, de la rage, de la haine, le cri qui va les libérer. Comprendre pourquoi on crie, après qui on crie. Le thérapeute est en intéraction totale, il est débout face à son patient, il le pousse dans ses retranchements, le cherche, il faut aller le plus loin possible au fond de soi. 

Cette thérapie n'est donc, comme toute thérapie régressive, pas recommandés aux personnes ayant des troubles mentaux car ils risquent de ne pas trouver le "chemin" pour redevenir adultes.



4 commentaires:

  1. Ton article laisse à penser que ce type de thérapie fonctionne vraiment. J'avoue être un peu sceptique, ça semble ressembler d'avantage à du conditionnement: Tu as pu sortir ce qui n'allait pas donc il n'y a plus de raison que tu ailles mal. J'imagine surtout qu'elle ne convient pas à tous les troubles.

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    1. Ca fonctionne... mais pas dans tous les cas. C'est comme lorsqu'une personne est en colère sa première envie est de crier sa colère ou de taper sur un sac de sable. C'est un peu le principe. C'est comme un défoulement, sauf que ça va plus loin car il s'agit avant tout de "régresser", de revivre la scène comme si on y était. Le fait de crier fait passer le trauma par le corps, c'est comme l'emdr ou la stimulation bilatérale. Ca a un gros désavantage c'est que ça coûte cher. Il est évident que ça ne suffit pas. Car une fois le trauma expurger le patient va mieux mais pas obligatoirement bien. Le bien sera obtenu en psychothérapie. Comme pour toutes les thérapies régressives ça fonctionne merveilleusement bien avec les névroses hystériques, mais surtout pas avec les schizophrènes.

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  2. Pour avoir "testé" certaines thérapies régressives, je les trouves personnellement très dangereuses. Je connais dans mon entourage directe, plusieurs personnes ayant fait de l'hypnose régressive, et qui ne s'en remettent pas....plusieurs années après. Pourtant ce sont tout sauf de personnes ayant des troubles mentaux...a moins que nous n'en ayons tous...

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    1. Ne sommes nous pas tous névrosés ? les thérapies régressives sont très dangereuses lorsqu'elles s'adressent à des personnes fragiles ou lorsqu'elles sont pratiquées par des non professionnels. C'est le problème des coaching et autres thérapeutes divers qui se lancent dans des trucs qu'ils ne maîtrisent pas juste parce qu'ils savent que ça va rapporter (j'en connais). Les régressions ne sont rien, il faut savoir "ramener" le patient et pour avoir vécu des régressions "spontanées" (et parfois inattendues) de patients, je me demande encore malgré mon expérience si je vais arriver à les remettre dans le présent et la réalité.

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