jeudi 7 juin 2012

La résilience

Le terme de "résilience" a été créé par J.Bolwby pour expliquer la capacité qu'ont certaines personnes à "passer à travers les gouttes" de la vie. 

Nous vivons tous des difficultés, des traumas. Plus ou moins puissants, il est vrai.
Mais pour un fait égal certains resteront traumatisés ou en mal être à vie, d'autres pourront s'insérer totalement et classer l'affaire.

Beaucoup de chercheurs se sont penchés sur la question. Il est évident que si on trouvait la recette de la résilience on pourrait aider beaucoup de personnes à aller mieux.

Le premier constat est qu'il existe des tempéraments de résilients. 
Certaines personnes ont "la force" en eux, d'autres non. 
Comme certains naissent avec un tempérament dépressif par exemple, d'autres naissent avec un tempérament résilient.

Ensuite, vous l'avez compris depuis que vous me lisez, le tempérament est modifié plus ou moins en fonction de l'environnement et de l'éducation. Mais le tempérament génétique ne change pas, juste il se trouve plus ou moins renforcé ou plus ou moins inhibé en fonction de facteurs divers.

Donc si vous avez suivi un tempérament résilient peut ne pas réussir à exprimer cette capacité si l'environnement a inhibé ce tempérament et au contraire, un autre tempérament moins adapté pourra au contraire développer des compétences de résilience en fonction de ce qu'il a rencontré. Ainsi dans la vie, à chaque phase, soit on s'enfonce soit on s'améliore.

Quels sont les facteurs qui permettent la mise en place de la résilience ?

Tout d'abord la résilience c'est surtout un phénomène infantile. la résilience peut être mise en place à l'âge adulte, mais elle n'a pas le même impact. La résilience est basée sur un ensemble de facteurs, à la fois familial, social et culturel.

La résilience se construit sur le hasard. Le hasard de rencontres, des personnes et un milieu de vie, qui va favoriser un contexte de vie chaleureux et structurant.

Le résilient est une enfant issu d'une famille peu nombreuse où les naissances ont été espacées, avait rencontrée dans l'entourage une personne chaleureuse et rassurante. Une fois adulte ses personnes avaient trouvé un(e) partenaire rassurant et très relationnel et la foi avait pris place dans leur vie.

Certains adultes qui n'avaient pu bénéficier de cet environnement infantile devenaient résilients plus tard via l'intégration dans l'armée, via le mariage, le soutien inconditionnel de personnes proches, la parentalité... Cela est valable pour les adultes ayant subis des traumas dans l'enfance.

Mais les adultes aussi vivent parfois des choses très marquantes. Alors peuvent-ils devenir résilients ? Oui bien sur. D'abord parce que beaucoup ont vécu une enfance équilibrée qui leur a donné des ressources internes pour faire face. Ils sont capables de rebondir et d'en tirer des conclusions positives ("ce qui ne me tue pas me rend plus fort"). Ce serait "on m'a aimé, donc je peux m'aimer, me faire confiance et je trouverai d'autres personnes pour m'aimer". Il y a donc de l'estime de Soi et une capacité à nouer des contacts qui ressortent du processus.

Après chacun possède sa propre façon de résilier avec le trauma.

Le concept de résilience est plutôt controversé. En effet, la reconstruction des uns se fait parfois au détriment de l'environnement. De plus, de façon classique, le patient se doit d'arriver à "ranger" ses traumas pour en limiter l'impact, or la résilience ne permettrait pas au trauma d'être refoulé, le patient se contentant de "faire avec", tous ses comportements devenant du coup dépendant du traumas. Ce qui est l'inverse de l'effet recherché en psychothérapie.



















16 commentaires:

  1. Mouais! moyennement convaincue par le concept même s'il est expliqué plus succintement que ar cyrulnik. Je pense que comme tu dis c'est essentiellement une affaire de rencontre(s), d'âge de la vie ou l'on est prêt à être résilient même si l'on a pas au départ cette capacité.

    Finalement c'est comme les neurones on a un potentiel au départ après faut exploiter Lol

    Kirirou

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. ou il faut aussi qu'on te permette de l'exploiter.

      Supprimer
  2. je t'ai suivi jusqu'au dernier paragraphe, là je coince. Tu décris la résilience comme une force, la capacité à se dire qu'un trauma rend plus fort. Si c'est le cas cela veut dire que le résilient utilise le trauma pour avancer. Il ne s'agit pas de faire comme si rien ne s'était passé (ce qui se rapproche du pardon) mais de l'assimiler pour devenir plus fort, pas de faire avec. Finalement à la lecture je ne sais plus trop si la résilience est quelque chose de positif ou pas
    Sinon je conclue qu'il faut penser aux enfants pour le choix des prénoms, qu'il faut espacer les naissances pour favoriser la capacité de résilience (est-ce qu'il n'y a pas des "avantages" à rapprocher les naissances ?). Tu devrais écrire une notice d'emploi aux futurs parents!
    Dernier point, en science la résilience d'un matériau c'est la capacité d'emmagasiner de l'énergie quand il se déforme d'une manière élastique et de libérer cette énergie quand la charge est supprimée. Quand je dis qu'il y a des analogies...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Dans la résilience et même en thérapie on ne fait jamais comme s'il ne s'était rien passé. Ca a existé, c'est la réalité. Maintenant il y a des personnes qui possèdent ou auxquelles on donne la possibilité de dépasser le trauma. Dans la résilience il n'est pas assimilé au sens de "intégré" ou "incorporé", il est utilisé comme déclencheur d'avancement. Dans une thérapie, au contraire le trauma va être assimilé, après le patient fera ce qu'il veut. C'est en cela que la résilience est controversée car on considère que la personne résiliente ne fait plus rien par elle même mais uniquement à partir du trauma.

      Bien sur qu'il faut espacer les naissances. B. Cyrulnik propose 7 ans entre chaque enfant. Car contrairement à ce qui est véhiculé communément les naissances rapprochées sont très traumatisantes pour le précédent enfant. Il n'a pas le temps de se construire, de s'attacher, d'intégrer de la sécurité que hop on lui balance un "concurrent" qui va venir lui piquer l'attachement et la sécurité. Une fois bien intégrées ces notions peuvent être "attaquées" par une nouvelle naissance mais cette fois l'enfant sera armé pour la vie.
      Quand tu parles d'avantages, le tout est de savoir si on parle d'avantages pour les parents ou pour les enfants. Cela fait des années que je milite pour une formation obligatoire à la parentalité en même temps que les cours de préparation à l'accouchement.

      En effet la notion de résilience en psycho est issue des matériaux, l'analogie est choisie.

      Supprimer
    2. peux tu donner un exemple de travail "d'assimilation" de trauma, j'aime bien les exemples :-).
      Je parle d'avantages pour les enfants, je n'ai pas trop réfléchi aux avantages pour les parents, je crois qu'on peut en voir dans les deux cas.

      Supprimer
    3. Je peux le faire ;-)
      Prenons, disons, une patiente qui a subit un très gros trauma vers ses 7 ans. Avant elle a déjà acquis de la protection de ses parents et de ses proches. Elle a une fratrie avec laquelle elle s'entend bien. Son milieu social lui permet d'acquérir des compétences. Après ce trauma, les parents ne seront pas présents pour la rassurer, mais elle a déjà acquis de la "sécurisation" et puis elle garde autour d'elle des proches, des amis qui l'aiment (même si elle n'a rien dit de son vécu traumatique). Elle va donc trouver en elle les ressources pour faire semblant d'aller bien. D'ailleurs en grandissant, elle s'intégre socialement, trouve un bon travail, est plutôt du genre souriante. Tout va pour le mieux. la résilience a fait son effet.
      Mais, parce qu'il y a un mais. Chaque nuit, chaque jour, des réminiscences, des cauchemars, des odeurs, tout lui rappelle ce qu'elle a vécu. En fait, à l'intérieur elle se sent vide. Le trauma n'est pas incorporé. La psychothérapie va le permettre. La résilience n'aura alors plus besoin d'être. En effet, le trauma ne refera que rarement surface et comme elle a en elle des ressources, elle peut continuer à avancer.

      Supprimer
    4. hum, je vois bien le travail de résilience mais pas comment la psychothérapie permet d'incorporer le trauma. En gros c'est quoi ton boulot ?

      Supprimer
    5. Ah ben merci ! Plus sérieusement, moi je n'ai aucun boulot, ce sont les patients qui bossent. Je ne donne pas de coups de marteau sur la tête pour que ça rentre (des fois j'aimerai bien). Je fais travailler le patient sur son trauma afin qu'il le range dans le tiroir... et qu'il y reste le plus possible.
      je te sens remontée ou bien ?

      Supprimer
    6. Tss Tss, joueuse va... Je m'interroge sur les processus mis en jeu pour qu'un trauma veuille bien prendre sa place dans le tiroir ou pas, histoire de me coucher moins bête. Bon l'article suivant est un élément de réponse. Prenons l'exemple d'un gamin, enfin d'un jeune, qui provoque accidentellement la mort d'une personne en voiture, appelle les secours, se dénonce à la police... Travail de résilience, la vie continue, il bosse, fonde une famille... Mais comme tu le dis 20 ans plus tard, il dort mal, se sent vide et vient te voir. Parler de l'accident, il l'a déjà fait (contrairement à d'autres traumas qui n'ont jamais été exprimé à voix haute). Qu'est-ce que tu vas pouvoir faire pour que le patient bosse et intègre son trauma ?

      Supprimer
    7. Ce n'est pas parce que tu as raconté que tu en as parlé, de plus tuer quelqu'un ce n'est pas juste provoquer la mort, c'est aussi avoir de la culpabilité, des remords... La "technique" va dépendre du patient, c'est évident. Mais si tu crois que je vais dévoiler ici toutes les techniques psy tu te trompes. Tu veux savoir, tu viens faire une thérapie...

      Supprimer
    8. J'ajouterai pour ton dernier message non publié que si tu es de mauvaise humeur ou que tu as une crise de supériorité tu vas la faire ailleurs. Y a un truc qui te dérange de toute évidence. Si tu nous en faisait part, on pourrait sans doute t'aider.

      Supprimer
    9. Pour ceux qui s'inquièterait la microscopique Fab va bien, ce qu'elle est venue me confirmer autour de sushis et de brochettes. Juste un peu de stress (enfin comme d'hab quoi). ;-)

      Supprimer
    10. Mdr. Mais je suis pas stressée moi ! Qu'est ce que vous avez tous ? ! Je sais pas pourquoi mais quand.j'ai quitté la dentiste ce matin elle m'a suggéré de me calmer...

      Supprimer
    11. j'ai mis un com mais je crois qu'il y a eu un bogue. Mais non je ne suis pas stressée, juste un peu speed. Enfin, si tout le monde le dit ça doit être un peu vrai...
      November Alpha November Oscar Sierra Tango Roméo Sierra Sierra...

      Supprimer
    12. Arg j'ai oublié Echo ! Bien vu

      Supprimer

Stats