lundi 27 août 2012

Un peu de nostalgie...


Il y a quelques années, en fait je devrai dire presqu'une éternité, je fréquentais un restaurant japonais.
Il n'y avait pas longtemps qu'il avait été ouvert par un couple de Japonais qui parlaient très mal le français.
Un petit restaurant qui ne payait pas de mine, tout en longueur dans une rue très passante et réputée. Pour les parisiens, sur le trottoir en face de chez Colette, ce temple du vide.
J'y allais très régulièrement car c'était un des rares restau où je pouvais déguster un vrai wagarashi (poissons crus marinés) et j'avais sympathiser avec ce couple : elle toujours habillée sexy avec ses robes moulantes, longues et fendues haut la cuisse avec un comportement toujours un peu aguichant malgré une voix qui laissait sérieusement penser qu'elle devait être une maîtresse femme. Lui, presque une caricature d'un film de Kurosawa, petit, sec, une fine moustache, toujours en train de saluer très bas les gens qui entraient. Tout cela au son du "irasshaïmase !" lancé régulièrement par le cuistot, lui aussi Japonais et peu causant. J'aimais beaucoup discuter avec le patron, de tout, surtout de rien. Il était toujours souriant bien que préoccupé par la réussite de son restau et de toute évidence aussi par sa femme qui ne manquait jamais de lui faire un reproche en public...

Et puis la vie est ce qu'elle est, le restaurant a changé. La déco s'est fanée. Le contenu des plats aussi. Moins de morceaux de poissons. Le wagarashi n'était plus mariné quelques heures à l'avance, la sauce en était désormais juste versée sur les poissons juste à la commande. Le restau qui au début était plein de Japonais a vu sa clientèle devenir très touristique... Puis j'ai déménagé, j'ai fais bien des choses... Et je ne suis plus retournée dans ce restaurant. 

La semaine dernière par le plus grand des hasards je repasse dans la rue. Et mon premier réflexe est de demander si le restau existe toujours.
Oui, il est toujours là. Fermé pour vacances. La petite vitrine extérieure est crade. Les plats de présentation en plastique sont recouverts de poussière... Il rouvre quelques jours plus tard.

Une semaine plus tard, je me pointe comme une fleur bien décidée à aller voir ce qu'est devenu le restaurant. Les patrons sont-ils toujours là ? La déco a-t-elle changé ?

De l'autre trottoir j'aperçois la porte ouverte. La vitrine n'a pas été nettoyée. On dirait que la lumière est éteinte.
J'entre.
Il fait très sombre. La déco n'a pas changé. Elle est juste plus usée et décolorée.
Le cuistot est toujours là ! Encore plus renfrogné. Il ne lève même pas les yeux lorsque je passe devant lui.
Du fond de la salle un "irasshaïmase !" est lancé par la patronne.... De loin elle n'a pas trop changé, toujours ses robes longues et moulantes. Ah la fente a disparu et elle porte des lunettes. Une vraie "tenancière".

Mais ce n'est pas elle qui m'accueille. C'est lui.
Lui toujours aussi petit. Le cheveux désormais grisonnant. Toujours a se plier en deux à l'entrée du client.
Au moment où je me retrouve en face de lui, je le regarde et je me demande s'il va me reconnaître. Ce qui est stupide quelque part, pourquoi attendre qu'un commerçant vous reconnaisse après tant d'années et après tant de clients ?
Il se redresse me regarde et me dit "ça fait bien longtemps...".
"Oui". Je suis plutôt émue.
Il me conduit à "ma" table.
"Comme d'habitude ? Un chirashi, un wagarashi et un thé ?".
Je suis impressionnée. J'ai l'impression que la dernière fois que je suis venue c'était il y a une semaine.
"Ah oui alors surtout le wagarashi, il n'y a que chez vous que j'en trouve !".
Il rit et me salut.

Pendant la préparation, nous papotons. De son restau qui ne marche plus très fort. Il a pris pour la première fois cette année 5 semaines de vacances. Il a ouvert il y a 3 jours et a fait entre 3 et 4 couverts le soir... De ses cheveux qui ont grisonné. De ses enfants. 
En rigolant je lui dis "votre épouse est toujours là !".
Il grimace en faisant les yeux au ciel. Tout est dit. Nous rions ensemble.
Nous parlons du temps qui a passé... 11 ans.
Oui 11 ans que je ne suis pas venue.
Et il se souvient encore de ce que je commandais.
Ma commande est arrivée sous la surveillance de la patronne qui me lance des regards noirs et qui semble engueuler ses rares clients.

J'ai eu droit à la petite salade de chou déjà assaisonnée à la sauce soja.
Puis la soupe miso, pas claire du tout, très (trop) salée... Le fond de la casserole quoi...

Le bol de chirashi, lui, est aride. 9 morceaux de poissons pas bien épais. Mais du sésame sur le riz, de la ciboulette hachée sur le poisson... Y a pas à dire son petit bol ne peut plus être en concurrence avec les portions servis dans les autres restaurants... Mais que cette petite touche de ciboulette me manquaient mélangée à mon wasabi...
Le wagarashi n'a pas changé. Le poisson vient juste d'être coupé et la sauce versée par dessus. Mais là au fond de mon bol de wagarashi, je redécouvre le goût du "taco" (poulpe) qu'on ne trouve quasi plus nulle part dans les restaurants japonais (désormais tenus par des Chinois) sous prétexte que les "français n'aime pas le poulpe" (m'a-t-on dit un jour). Mais quel parfum cette sauce, je fini la sauce et buvant au bol...

Je demande l'addition. Non je ne boirai pas mon café ici. Il est temps de partir. Tout est vétuste, moi aussi sans doute.
Le patron est dans l'arrière cuisine je ne le reverrai pas. J'aurai aimé lui dire aurevoir.
Je me lève. 
C'est la patronne qui m'encaisse. Elle ne dit rien.
Puis elle me tend ma carte bancaire et me dit tout bas "ça fait longtemps...".
Je lui souris et je sors.
Je sais que je n'y retournerai pas.




jeudi 23 août 2012

Belle toute nue

 Toujours à l'écoute des émissions qui exploitent utilisent la psychologie pour se vendre, j'ai regardé quelques épisodes de l'émission "Belle toute nue". J'ai conscience que mon abnégation vous laisse pantois(es).

il s'agit de prendre une nana, de préférence pulpeuse voire obèse, ne s'aimant pas et en général mal fagottée, et d'essayer de lui faire prendre conscience que mais non elle n'est pas moche et que mais oui elle peut apprendre à se mettre en valeur.

Ca part donc d'un bon sentiment et sur le principe c'est plutôt une bonne idée, car beaucoup de femmes peuvent s'identifier à ces héroïnes des temps nouveau qui sont mise en avant parce qu'elles ne font rien de spécial et qu'elles passent totalement inaperçues. Ce qui va bien à notre Société, il faut bien avouer, qui voue un véritable culte aux losers et aux victimes... Mais je m'égare sur des chemins philosophiques qui demanderaient bien plus que quelques lignes pour être mis en réflexion. Cette émission propose donc des solutions à la fois "psychothérapeutiques" et des techniques de relooking dont chacune pourra tirer quelques enseignements au quotidien pour s'attiffer correctement.

Le tout présenté par un type qui bien que je le trouve assez sympathique même dans sa façon d'aborder ces femmes, m'énerve au plus haut point par ses pseudos allures efféminées (de temps en temps vous remarquerez que ça cesse) et un look très travaillé qui lui aurait valut il n'y a pas si longtemps un aller simple pour le bûcher. Il a néanmoins des gestes un peu familiers qui -en tant que femme- me gènent , il tripote un peu trop facilement les poitrines de ses dames du bout des doigts en leur demandant la permission certes... mais une fois que c'est fait. J'apprécie par contre son langage qui n'est jamais moqueur, même si son regard et son non verbal expriment l'inverse de ce qu'il dit. Entendre "mais non t'es pas grosse" avec un regard qui en dit long... ça fait désordre. Mais si ça rassure la femme de se l'entendre dire par une "vedette" de la télé, pourquoi pas.

(y a aussi une nana qui présente des fois, elle ne cesse de crier "ma chéééérrriiiiiie", s'il vous plait achevez-la de toute évidence elle souffre cette pauvre bête)

L'émission ne nous dit pas vraiment sur combien de temps s'étalent les "séances", mais en gros ça doit être sur 2 ou 3 jours. Chaque nana est présentée dans son contexte, puis selon les émissions passées à la moulinette des passants qui en générale la trouve ringarde, pas sexy et moche, puis rencontre avec l'animateur, passage devant le miroir où elle est priée de se mettre en sous-vêtements, puis positionnement par rapport à d'autres filles (ou elle même en photos retouchées) pour se situer niveau taille.

Cette étape est importante et intéressante. Car elle montre la réalité que l'on rencontre dans toutes les consultations liées à la perception du corps, les femmes se voient toujours plus grosses qu'elles ne sont. Qu'elles soient anorexiques ou pulpeuses, elles ont toujours l'impression d'être des pachydermes. Elles expriment aussi le fait qu'être grosse c'est être moche. Le pire c'est qu'elles croisent des femmes aussi pulpeuses ou plus grosses qu'elles et qu'elles peuvent dire qu'elles sont jolies. Mais ce qui est valable pour les autres ne l'est pas pour soi. Déformation de la représentation mentale du corps. Le tout bien renforcé par les discussions avec les autres nanas et les images dans les magazines people/mode.

Car arrêtons de nous leurrer, pour les femmes notre Société est aujourd'hui basée sur une représentation saphique, pour être plus claire lesbiannique. Car, bien que nous évoluions dans un système hétérosexuel, pour la majorité des femmes pour être bien il faut d'abord et avant tout plaire aux autres femmes. Puis viendront les hommes et enfin soi. Or normalement, il faudrait d'abord se séduire soi, puis les hommes, pour finir par plaire à ses pairs.

Qui ne s'aime pas, peut difficilement être aimé ou au moins apprécié des autres. Car le regard sur soi est négatif, cela rend aigri, agressif, on se cache, on s'habille mal... L'image sociale en prend un coup, on se fait rejetter et on reprend le début de la boucle. Pour plaire aux autres, il faut d'abord se sentir bien. A l'intérieur comme à l'extérieur. L'un influant sur l'autre bien sur.

Ce qui veut dire qu'il n'existe nul besoin d'être dans la "norme" question physique ou habillement, mais que quitte à être hors norme autant être bien dedans, ça passe beaucoup mieux. C'est que tente d'apprendre cette émission. 

Alors ces femmes ont va les relooker : vêtements et stylisme, coiffure, maquillage.
Elles finissent souvent très jolies c'est vrai. On va enfin leur demander de défiler (dans une tenue qui, je trouve, les met rarement en valeur) et enfin on va leur demander d'oser poser nue (sans trop en montrer non plus).

Ce n'est pas une émission trash. On ne force personne, ça se passe dans la bonne humeur. Ici pas de chirurgie et des cas qui méritent vraiment l'attention (comme cette jolie femme ayant subit une mastectomie et qui avait laissé sa féminité sur la table d'opération).

Par contre, j'ai du mal à comprendre comment en 3 jours elles peuvent avoir réglé tout ça.
Ainsi, si je prends la jeune femme de 23 ans qui refuse de grandir, qui parle avec sa voix de petite fille et qui s'habille en ado, tout ça parce qu'elle se coltine une mère hyper possessive chez laquelle elle vit. Cette question de relation à la mère n'est pas abordée ni réglée. Elle va retourner chez elle, se retrouver confrontée à cette mère et à sa relation toxique... Ca, ça n'a pas bougé. Même si l'animateur a bien pointé le problème et le dit, le fait d'avoir été relooké va-t-il lui permettre de tenir tête à sa mère ? A-t-elle compris que ses kilos "en trop" ne sont que l'expression d'une mise à distance physique d'avec sa mère ? Que son look de petite fille n'est que la projection de la façon dont sa mère la perçoit ?

Et cette jeune femme, assez masculine, qui se cache derrière des vêtements 10 fois trop grands et qui vient de se séparer de son compagnon. Elle vient dans l'émission dans le but de redevenir belle et de pouvoir encore séduire. Se rend-elle compte que c'est peut être parce qu'elle n'était plus belle et qu'elle n'était plus dans un processus de séduction que son compagnon et elle sont séparés ? Comprend-elle qu'elle risque de refaire la même chose avec son prochain compagnon ? Voit-elle que pour elle être en relation stable veut dire ne plus avoir besoin de séduire ? A-t-elle conscience qu'elle cherche un père de substitution ? Le relooking lui donnera la possibilité de se faire draguer et d'oser accepter cette idée, mais cela ne règle rien dans le fait qu'elle n'aborde pas le pourquoi elle en est arriver là.

Et, comme d'habitude dans ces émissions, toujours aucun psy à l'horizon. 

L'extérieur change. Vite. Le psychisme n'a pas le temps de s'adapter. D'autant que ces personnes retournent ensuite dans leur environnement habituel, avec leurs habitudes, leurs relations. Sans que rien de tout cela ne soit remis en cause.  

J'ai pratiqué le relookage. On s'amuse beaucoup. Ca remonte le moral de la patiente.
Elle prend conscience de sa perception déformée de son corps. C'est un plus et c'est une bonne base de travail et d'amélioration de l'estime de soi.
Mais sans séance de soutien et/ou d'analyse derrière, ça tient 2 jours...
D'autant qu'il existe des contraintes sociales, professionnelles qui font qu'on a beau avoir le super look, les kilos dit "en trop" ferment parfois des portes... Et là s'aimer devient essentiel et une fois chez soi devant sa penderie, les apprentissages négatifs reviennent en force.


lundi 20 août 2012

Comment se soigner lorsqu'on est agoraphobe ?

Rappelons à mes chers lecteurs que l'agoraphobie est la peur des espaces publics et par extension la peur des grands espaces. 
En général, on met là-dessous toutes les peurs de sortir de chez soi.

Les patients arrivent assez facilement à identifier cette phobie, car cela devient vite handicapant. En effet, il faut sortir pour faire certaines courses, allez au travail... Et trouver quelqu'un qui veuille bien vous accompagner n'est pas toujours facile.

Car l'agoraphobe arrive à sortir s'il n'est pas seul. L'autre sert de protecteur, de doudou. L'agoraphobe devient l'emmerdeur de service, celui qui exige d'être avec quelqu'un pour faire quelque chose. C'est un véritable terroriste qui manipule pour arriver à ses fins.

Ce que ne voit pas l'agoraphobe au départ c'est que souvent il présente d'autres troubles, dont principalement les attaques paniques et bien sur des angoisses.
Difficile de savoir qui arrive en premier l'agoraphobie ou les crises.
Mais dans tous les cas le patient expriment de grosses angoisses liées autant à la peur de vivre sans contrôle et de mourir sans rien n'y pouvoir. 
L'agoraphobe a besoin de tout contrôler. Toute sa vie est sous contrôle ou en tout cas certains pans. Mais les surprises de la vie et la mort, il n'y peut rien. 
Il n'est pas rare que l'agoraphobe ait été confronté à un décès qui l'a énormément marqué et qui lui a fait prendre conscience que la mort pouvait survenir à tout moment et sans prévenir, quelque soit l'âge et l'amour qu'on nous porte.
Mais soyons réaliste, l'agoraphobe a surtout peur de lui. Car il n'est pas rare qu'il souhaite voir mourir quelqu'un. Mais cette pensée lui est insupportable, parce que c'est une personne à laquelle il dit tenir. Il a peur de passer à l'acte. L'agoraphobe est souvent attiré par les émissions d'enquête et de crimes. Je me souviens d'une patient qui après chaque film policier rêvait qu'elle torturait et tuait quelqu'un.

Il tue l'autre, mais dans cette impossibilité se torture et se tue lui. Il doit cesser d'exister.
Sortir c'est risquer de tuer, mais c'est aussi avoir peur que tout le monde lise ses pensées. 
Alors il faut se soustraire du monde, cesser d'exister. Mais comme il a peur de mourir.... 
Cela génère des conflits et des angoisses sans fin. 

L'agoraphobe est souvent aussi claustrophobe. Car dans les endroits clos il ne contrôle plus rien et imagine le pire, c'est à dire qu'il va mourir.

Lorsque l'agoraphobe arrive enfin à savoir à verbaliser qui il voudrait REELLEMENT tuer, alors les crises s'appaisent.
Il faudra en plus y adjoindre des techniques cognitivo-comportementales, car on cesse pas d'avoir peur en claquant des doigts. Modifier ses pensées, modifier ses apprentissages en passant aussi par la confrontation à ce qui lui fait peur.

Juste pour finir, le gros problème des agoraphobes, vous l'aurez compris, c'est de sortir de chez eux pour aller chez le psy. Or trouver un psy qui fait des consultations à domicile n'est pas toujours facile (d'autant qu'on est hors cadre, mais blablabla). Mais même lorsque les consultations débutent à domicile, il y a un moment (à très court terme) où le patient doit venir vers le psy. Les agoraphobes qui arrivent dès la première consultation à venir au cabinet du psys sont en général très motivés mais déjà sur la voir de la guérison.




dimanche 19 août 2012

vendredi 17 août 2012

Je n'accepte pas mon homosexualité...

Votre réflexion est complexe.
Vous précisez bien "je" et non "les autres".
Mais "je" est-il seulement "je" ou une partie de "je" est-il aussi "les autres" ?
Je m'explique.
Avant d'être vous, il vous a fallut passer entre les mains de parents, d'environnements, de l'école, des copains, d'événements positifs, d'événements négatifs... or quelle image de l'homosexualité ces diverses situations et personnes vous ont-elles montrées ?

Car il faudra savoir si vous n'acceptez pas votre homosexualité pour vous même ou pour les autres ?
Encore une fois, dans la mesure où ne pas l'accepter par vous même peut être le fait qu'on a vous dit, de façon parfois indirecte, que c'était mal, anormal, déviant... et que ces notions vous les avez intégrées.
Si à force d'entendre vos proches dire ce type de chose, il est clair qu'il devient difficile d'assumer car vous pouvez avoir peur de devenir le fils maudit ou la honte de la famille.
Et même ne pas comprendre comment vous avez pu passer de "ce côté" alors qu'on n'a pas arrêté de vous en protéger....
Ne vous a-t-on pas formaté sur un schéma classique : 1 homme adulte --> 1 femme adulte = 1 couple 

Ne pas acceptez son homosexualité c'est d'abord se positionner par rapport à son orientation sexuelle.
Quand et comment avez vous découvert votre attirance pour des personnes du même sexe ? 
Cela s'est il fait spontanément et au moins dans la douceur ou dans la violence ou le trauma ?
Vous pouvez très bien avoir l'impression qu'en fait vous êtes hétérosexuel et que vous ne comprenez pas pourquoi vous avez des comportements homosexuels ?
Ce qui pose la question de savoir qui vous êtes réellement.
Car beaucoup de personnes dans cette situation peuvent être des bisexuels qui s'ignorent.
Maintenant, envisageons cela autrement. Avez vous eu l'impression d'être homosexuel ou avez vous sexualité homosexuel parce que vos fantasmes vous ramenaient à cela et que vous avez pensé que vous étiez homosexuel ? Car n'ayez aucun doute, les hétérosexuels ont souvent des fantasmes homosexuels sans que cela présage de leur orientation sexuelle.
En fait, votre question n'est-elle pas tout simplement le reflet que fait que vous aimeriez être quelqu'un d'autre ?
Vous vous focalisez sur votre orientation sexuelle qui n'est que symptomatique du rejet de votre vie, d'autres difficultés.

Accepter votre homosexualité peut passer par le fait de la faire accepter aux autres.
Cela veut dire en parler.
Vous partez du principe que vous serez rejeté ? Pourquoi ?
Vous vous préoccupez de vos relations à vos proches ? Certes, mais vous ne vivez pas avec eux, ni pour eux. Ils n'accepteront pas ce que vous êtes ? Vous devez être le "fils idéal" ? Vous n'avez le droit que d'être ce qu'ils veulent eux que vous soyez ?
Et si la résolution de votre question était là, justement ?

Vous sentez bien que tout cela est factice. 
Demande-t-on a une personne si elle est hétéro pour savoir si on va l'apprécier ou pas ?
Alors, vous devrez admettre que vous n'avez pas d'étiquette collée sur votre front.
Une fois que l'aurez dit aux personnes qui vous "bloquent", vous n'aurez pu à le dire.
Et si elles le découvrent et qu'elles vous évitent, c'est que le fait de le savoir modifie leur perception et leurs comportements. Vous, vous serez resté le même.





lundi 13 août 2012

Peut on arrêter sa thérapie pendant les vacances ?

De toute façon si t'es en vacances t'es pas en psychothérapie, donc déjà la question se règle d'elle-même.
Ensuite, je jouerai sur les mots. Si "arrêter" veut dire mettre fin, c'est pas joli de profiter de l'alibi de partir en vacances pour oublier de rappeler son psy à la rentrée parce qu'on n'a pas eu le courage de lui dire en face qu'on voulait cesser la psychothérapie (ce qui démontre d'ailleurs au passage qu'il y a encore du travail). Maintenant si "arrêter" veut dire mettre en suspens, c'est une autre histoire.

Je répondrai alors que ça dépend des cas.
Il y a des patients pour lesquels au-delà de 15 jours sans consultation, le bénéfice du soutien psychologique s'estompe.
Je pars du principe que le patient doit pouvoir se passer de son psy. 
Je ne suis ni la famille, ni la mère, ni le père, ni la soeur, ni la copine. J'aspire à ce que mes patients puissent se passer de moi, donc si tu veux aller en vacances vas-y.
Ensuite, je dois bien avouer que personnellement je prends au maxi une semaine de vacances parci parlà et du coup, la question se pose moins. Je constate que mes patients ne partent jamais plus de 15 jours. 
Donc sur le principe on reste à peu près dans le rythme, c'est au maxi une seule consultation qui "saute".

La question est intéressante car elle peut imager le principe du patient qui ne peut se passer de son psy.
Transfert, attachement amoureux, dépendance... Tout est possible. 
Plus que jamais le patient doit alors prendre de la distance vis à vis de son psy.
De toute façon je conseille toujours à mes patients de prendre de temps en temps un peu de distance avec la thérapie (et donc avec moi), ça permet de faire le point dans son coin. Alors si cela doit se faire pendant le temps des vacances pourquoi pas ?

Et puis il existe des situations dans lequel manquer une consultation avec le psy peut être délicat.
Certains patients sont en phase de reconstruction, certains viennent juste de réussir à verbaliser leurs abus, d'autres sont au fond du gouffre dépressif, d'autres encore apprennent à gérer leur colère... pour ces patients là rater une consultation est difficile.
Ces patients ont besoin de parler, d'expliquer ou d'avoir un soutien qu'ils ne peuvent souvent pas trouver ailleurs.
A ces patients on ne peut leur conseiller que d'aller voir un psy.
Un autre.
Les patients n'aiment pas trop, surtout lorsqu'ils ont trouvé un psy avec lequel le courant passe et surtout lorsqu'il y a transfert.
Alors bien sur, comme beaucoup d'autres psys, je propose d'autres moyens de contact.
Le suivi par emails ou par texto.
Ces contacts doivent être bien cadré, un certain nombre, un certain jour, une certaine heure même parfois.
Pour avoir oublier de le faire quelque fois, il m'est arrivé d'être submergée de texto à longueur de journée. Je me souviens encore de cette patiente qui, pendant mes vacances, m'envoyait toutes les minutes un texto pour me tenir au courant de l'installation de sa nouvelle machine à laver par les techniciens de Darty... Révélateur en fait de son trouble de relations aux hommes qui, pénétrant chez elle, fracturaient son intimité.

Pour finir, on pourrait voir dans la demande la montée d'angoisse du vacanciers qui va se retrouver en famille. 
Comme pour les fêtes de fin d'année, partir en vacances en souvent synonyme de regroupement familial. De plus en plus d'ailleurs avec le crise, car on voit désormais beaucoup de couples + enfants partir chez leurs parents... Ça permet de donner des vacances aux gosses tout en limitant les frais d'hébergement. Le problème c'est que du coup, il faut se coltiner le (ou la) partenaire 24 h sur 24... Les gosses aussi... auxquels s'ajoutent dans la joie et la bonne humeur les parents/beaux-parents. Lorsque vous ne vous entendez plus vraiment avec votre conjoint(e), que les gosses sont sources d'accrochages et que les grands-parents s'en mêlent tout en appliquant -fort légitimement puisque vous êtes chez eux- leurs règles de vie, il est clair que partir en vacances relève parfois du chemin de croix et que le fait de ne pas consulter pour exécrer ses peurs, sa colère, son désarroi rendent les choses difficiles. 
Là encore un éventuel contact à distance est toujours possible. De nombreuses problématiques restant à régler... et que cela ne va pas s'arranger pendant ces quelques jours.


Mais bref, oui, un patient peut tout à fait mettre en suspens son travail psychothérapeutique pendant ses vacances, si ces vacances ne durent pas plus de 15 jours. C'est même parfois recommandé. Mais si cela tracasse tant, il existe aujourd'hui d'autres techniques qui permettent de bénéficier d'un soutien à distance. Mais ce besoin de soutien pourra nécessiter aussi un travail sur la relation qui existe entre le patient et son psy.

jeudi 9 août 2012

Les pénis diminuent, les seins grossissent

Si vous avez suivi un peu l'actualité, vous n'aurez pas raté cette information qui va marquer l'évolution du monde entier :

La taille des pénis diminue.

Enfin pas le tour de "taille", mais la longueur.

Bon déjà que certains en sont encore à se demander s'ils l'ont assez long. Voila qui ne va pas les rassurer.
Sans doute leur faut-il remesurer car il est désormais fort possible qu'entre leur adolescence et leur âge adulte, crac voila le facteur, ils ont perdu 1 cm.

Ne le cherchez pas sous la table, normalement ça n'est pas tombé.
Enfin... à moins que vous ayez choppé une quelconque maladie honteuse.
Paf ! "wouah, regarde j'ai perdu un bout de pénis !".
" Ah bon ? de quel côté ?"

Je me demandais si d'une réflexion purement psychologique ce type de nouvelles n'allait pas renforcer quelques peurs de castration...
J'en connais même sur Fessebouc qui n'hésiteraient pas à dire que c'est encore un coup de l'éducation des femmes et de ces foutus féministes qui amoindrissent les hommes. 

Ceci dit on ne sait pas pourquoi la taille moyenne des pénis décroît. On sait par contre que le nombre de spermatozoïdes par éjaculat a drastiquement diminué, de là à voir une cause à effet... n'est pas évident. On aurait pu comprendre que les testicules ressemblent désormais à des noisettes enrobées comme des sharpeï, mais non juste la machine à fabriquer des spermato qui ne fonctionne plus bien du fait d'une génération complète de jean's serrés et de noix trop au chaud.

Bref, pas sur que cela nous gène Mesdames car vous conviendrez que les blagues les plus courtes sont les meilleures. Mais bon faut bien avouer que du coup pour recruter des acteurs de films porno va falloir aller chercher loin. Ou alors en plus des lunettes 3D adjoindre une loupe.

Sur le principe tout cela n'est pas bien grave, car vous le savez déjà, vous êtes tellement informés, le vagin fait au maxi 15 cm de long ce veut dire que chez ces messieurs tout centimètre supplémentaire pénien n'est que du surplus pour la frime.

Messieurs, pour compenser, les femmes vont désormais vous offrir des appâts qui ne nécessiteront plus de recours aux PIP. L'environnement tout pourri que nous subissons aura au moins l'intérêt de vous permettre d'en avoir plein les yeux et plein les mains pour le même prix.
Trop de poulets élevés aux oestrogènes, trop de pilules contraceptives balancées dans les rivières (mais surtout via l'urine des femmes), tous ces perturbateurs endocriniens agissent sur la taille des seins des femmes (et aussi sur leur puberté plus précoce). La consommation de produits contenant du bisphénol A n'arrange pas les choses, donc mesdames arrêtez de téter les tétines des biberons et de lécher les tickets de caisse de vos grands magasins.

Une étude de l'achat de soutien gorge des femmes en France a montré que contre tous stéréotypes ce sont les femmes du nord de la France qui ont de plus gros seins que celles du Sud.

Devra t on bientôt en déduire qu'une femme aux petits seins mange plus sainement que les autres et qu'elle ne boit que du vin bio ?




lundi 6 août 2012

Mon mari m'a trompé, je n'ai plus confiance, que dois-je faire ?

Chère Madame,

Votre demande est l'occasion de faire le point sur un questionnement désormais assez classique dans la relation de couple. Vous ne m'en voudrez pas que ma réponse soit un peu longue, car votre phrase en elle-même se divise en trois parties. Il en sera de même pour mes écrits.

"Il m'a trompé".
Aïe. Sans doute m'écrivez vous en espérant que je vais compatir. Soyons claires tout de suite, c'est raté.
Je vous rappelle que le psychologue ne juge pas. Il n'existe pas de "bons" comportements ni de "mauvais" comportements. Il vous a donc trompé. "Trahir" aurait été sans doute un verbe plus adapté. 
Puisque vous êtes mariés, il a trahi son serment de fidélité, ça c'est une réalité.
Car en quoi vous a-t-il trompé ? Sur ce qu'il était ? Sur ce qu'il ressentait ? Pas sûr.
Peut être faites vous partie de ses femmes qui pensent -encore- que sexe et amour son indissociables, vieux relents de votre éducation et de votre naïveté.
Si l'amour mène naturellement au sexe, après tout lorsqu'on aime quelqu'un on est attiré par cette personne et on a envie de lui faire l'amour, autant le sexe n'a pas besoin d'amour.
La sexualité est un vieux truc, un besoin totalement archaïque, qui est censé mener à la reproduction. L'humain a réussit à lui trouver d'autres finalités : le plaisir et la réduction des tensions.
Car ne vous trompez pas vous même, parfois le sexe ce n'est que de la masturbation à deux, histoire de faire tomber le stress, la colère, les angoisses.

Maintenant, je jouerai le rôle du candide. Sans chercher à vous accabler, il faut juste évaluer le poids de choses de tous les côtés possible. Pourquoi cet homme, qui s'il vous a épousé normalement vous a choisi et aimé (j'ai bien écrit normalement), a-t-il eu besoin de soulager un besoin primaire avec une autre que vous, qui êtes à sa portée et disponible ?
Qu'a donc "l'autre" que vous n'avez pas ? ou plus ? Vous qu'il a peut être trouvé si belle et si mince, n'avez vous pas gardé vos 20 kilos de grossesse au point de ressembler plus aujourd'hui à une baleine qu'a une naïade ?  Auriez vous imposé belle-maman comme garante de vos dires ? N'êtes vous justement disponible sexuellement que dans le noir et encore les soirs d'éclipse lunaire ? Votre communication se limite-t-elle aux reproches ou au silence ? Vous même avez vous cessé de le regarder comme le prince de vos rêves, après tout même Samson aurait fini par perdre sa belle chevelure ? Ce ne sont que quelques hypothèses, bien d'autres pourraient être trouvées.
Et puis ce qui vous importe réellement est-ce le fait qu'il ai "fauté" ou qu'il existe une concurrente ? Lorsqu'il a tiré un coup, votre égo en a pris un coup.  Etes vous en colère ou triste contre lui ou contre l'autre ?
Il n'empêche que pour moi le fait d'être "trompé" ne pourra se limiter à votre première approche. Il vous faudra en savoir plus et dépasser vos préjugés.

"je n'ai plus confiance".
Et je ne vais pas vous rassurer : vous n'aurez plus jamais confiance.
Si votre mari reste auprès de vous, le temps fera son oeuvre. Vous ferez semblant que rien ne s'est passé. Vous n'en parlerez plus et vous terminerez peut être votre vie ensemble en vous disant que tout ceci n'a été qu'un bref égarement.
Mais chaque jour vous vous demanderez s'il n'a pas recommencé. Une fois, deux fois, combien de fois ? Il rentre tard de sa réunion ? Il part en déplacement ? Il annule le déjeuner que vous aviez programmé depuis 15 jours ? Le doute est là. Et il vous ronge. .
Mais ne vous avisez pas de vous disputer, surtout pas. Car vous ne manquerez pas de lui jeter à la figure ses moments d'égarement, le fait que déjà une fois il n'a pas été fiable.
La paranoïa n'est pas loin, le jalousie s'installe. Et ce sont elles qui vont fournir tous les alibis à votre mari d'aller voir si ailleurs ce ne serait pas plus sympa. Et la boucle serait bouclée.

"que dois-je faire ?"
C'est vraiment à moi que vous posez cette question ? Le psychologue ne juge pas mais il ne donne pas de consignes de vie non plus. C'est VOTRE vie, ce sera VOTRE décision.
Mais, comme le disait judicieusement une commentratrice de ce blog sur un autre article, si vous posez la question c'est que vous connaissez déjà la réponse.
Ce que vous voudriez c'est certainement que j'abonde dans votre sens. Un regard extérieur et d'une professionnelle qui vous dirait que vous avez raison et tout serait tellement plus simple et surtout rassurant. 
Détrompez vous, vous êtes mal tombée. Mon rôle est justement de vous faire toucher du doigt qu'il existe au moins une autre solution.
Bien sur, vous me direz que tout cela emmêle tout, que ça rend les choses plus compliquées, que cela fait tergiverser. 

Et vous aurez raison, mais au bout du compte, une fois tout envisagé et analysé, vous aurez au moins le soulagement de vous dire que votre décision, quelle qu'elle soit, aura été prise en connaissance de toutes les causes et en ayant tout bien pesé.

Et si vous avez des questions, n'hésitez pas, chère Madame, à les poser.
Cordialement,


                                                                      Votre psy



vendredi 3 août 2012

Le coup de gueule de la psy - les enfants dans les manèges

Ben oui, là tout de suite, et encore je me suis calmée, j'ai eu envie de vous faire partager un coup de gueule.
Vous avez lu "enfant" et "manège" et vous avez sans doute tout de suite penser au joli manège de quartier avec sa voiture de pompier rutilante, l'avion qui monte et qui descend, le moto et autre joyeusetés qui font la joie des petits.

Et bien non je ne parle pas de ce type de manège.

Figurez vous que mes tribulations parisiennes m'ont emmené à passer au travers de la fête foraine qui se tient aux jardins des Tuileries. 
Non, non, je ne me cherche pas d'excuse, je vous rassure autant j'aime beaucoup regarder les gens dans les manèges, autant c'est pas mon truc. Je n'ai toujours pas bien compris l'intérêt de se faire peur et de faire subir à son corps des sensations "extrêmes" hors situation vitale.

Pour ce qui est de se faire peur ou en tout cas de ressortir tout pâle ou tout vert ou chancelant, y a toujours ce qu'il faut. Les "manèges" évoluent tous les deux ans. Toujours plus haut, toujours plus fort, comme on dit dans Fort Boyard. Entre celui qui vous jette en l'air brutalement, celui qui vous retourne alors que vous avez les pieds dans le vide, celui qui vous met 3 G dans les tripes et dans le cerveau, y'en a pour tous les goûts et pour tous ceux qui pourront dire "je l'ai fait" et ceux qui ont besoin de se prouver qu'ils sont bien en vie...

Mais chacun sa vie. 

Tout cela ne me gène pas et m'amuse même. 
Mais il y a quelque chose qui m'amuse beaucoup moins et qui me gène.

C'est que les enfants parfois très jeunes montent sur ce type de manège.
Sous le regard totalement indifférent du mec qui vend les tickets ou qui vérifie les sécurités.
Et souvent avec, voire sans, leurs parents.

Ca commence souvent très jeune.
Au Jardin d'acclimatation certains d'entre vous connaissent sûrement "le train". Pas celui qui vous fait traverser la forêt, mais celui qui est un tout petit "grand 8" au milieu des autres attractions. Pour un adulte, c'est plutôt cool, ça va vite, ça penche à droite, à gauche, puis une descente à pic d'environ 5 mètres avec remontée et hop on refait un second tour. Les gosses de 10 ou 12 ans adorent ça, ils crient, lèvent les bras... Mais il y en a d'autres...
Prenons cette petite fille. Je dirai 3 ans maximum. Que ses parents mettent dans le train. 
Toute seule.
La maman fort attentionnée lui demande "Tu vas voir c'est super. Tu n'as pas peur ?"
Déni de la tête de la gamine, qui ne peut plus placer un mot tellement son visage est terrorisé.
Elle va faire le tour de manège. Et ressortir pâle comme un linge et chancelante. La maman est ravie.
Tiens et celle là. C'est une maman qui a envie de faire un tour de train.
Sur sa poitrine, retenu par une grosse écharpe multicolore, il y a un bébé de 3 à 4 mois. 
Elle monte, s'assoit, elle vérifie que la barre de sécurité passe bien sous le bébé, le train démarre. Elle fait ses deux tours. Elle ressort amusée, sans un regard pour le gosse qui vient de se ramasser quelques sensations fortes...

Retournons à notre fête foraine des Tuileries.
Dans la dernière attraction, difficile à décrire, une espèce de bras, sur lequel les gens sont assis et attachés. Les jambes pendouilles dans le vide. Le bras tourne plus ou moins vite et à vitesse basse l'assise se balance et se retourne, la tête en bas en haut, les jambes qui volent dans tous les sens. Ca crie, mais on entend pas trop par les têtes sont bloquées dans des bulles en plexiglas (beurk...).

 (non la photo n'est pas de moi...), mais vous voyez le manège derrière la statue

Un gamin monte, il a quoi ? 10 ou 12 ans.
Je regarde depuis 10 minutes tous ses adultes qui sortent de là chancelants, criant à leur potes "la vache, c'est dur" ou faisant un geste de la main pour signaler que ça secoue les tripes.
Le gamin s'attache, il n'est pas accompagné. Les parents ne sont pas fous, ils n'ont pas envie de subir ça. Le manège démarre. En avant, puis en arrière.
A la fin le gosse ressort, il est blanc, il a du mal à marcher. Personne ne vient l'accueillir. 
Et en regardant tous ces gens qui ressortent mal en point, la longue queue exulte et se marre en se disant que ce sera bientôt son tour.
Mais personne ne se demande quel impact ça peut bien avoir sur ces gosses.

Plus loin, un manège qui me fait penser à un bateau.
Mais pas le vieux galion qui balance d'avant en arrière.
Non, en fait c'est plus une plate-forme qui translate, elle fait le fait un tour complet sur elle même, deux fois dans un sens, deux fois dans l'autre.

Malgré son joli arc en ciel, ce manège n'attire plus grand monde... pas assez de sensations

Parmi les rares personnes qui montent dans ce truc qui procurent moins de sensations que le précédent, une famille. La mère de toute évidence, ses deux grandes filles qui sont adultes et la plus petite qui doit avoir 6 ans maxi.
La petite n'est pas rassurée, mais comme tout le monde se marre, elle tente de rester zen. Le problème c'est qu'elle ne sait pas encore qu'on peut se marrer de peur. Même si le manège n'est pas trop "méchant", il est évident qu'il n'est pas naturel de ressentir ce type de sensations.
Le manège démarre. Et ca prend de l'élan pour se balancer, à droite, à gauche, de plus en plus vite, de plus en plus haut, jusqu'à finir par retomber de l'autre côté.
Et là je vois le visage de la gamine qui se transforme. Elle est terrorisée.
Ses grandes soeurs se marrent, la mère tente de la rassurer tout en se marrant.
Le nacelle monte, la gamine a le visage tordu et hurle.
Une fois l'élan pris, deux tours dans un sens.
Puis la nacelle ralentie. La gamine se détend. Ouf, se dit elle, c'est fini.
Erreur, la nacelle reprend de l'élan pour partir dans l'autre sens. 
Dès que ça démarre, le visage pâlit, la bouche se tord et son regard.... 
Bref, je suis partie, dégoûtée à l'idée que des parents trouvent tout à fait normal de faire subir ça à leur enfant.
Le vendeur de ticket s'en fout totalement bien sur, ce qu'il veut c'est rentabiliser un max son manège qui est en fin de vie. Qui monte et dans quel état descendent ses clients, il s'en fout.
Ce n'est déjà pas normal qu'il ne filtre pas.
Mais que des parents  qui, normalement, servent à protéger l'enfant le mette dans un situation perçue comme dangereuse, me laisse vraiment perplexe.
Ne me dites pas ça a toujours existé.
Et bien non justement.
Avant on ne voyait pas de gosses, voire de bébé, dans les manèges en dehors des "classiques" ou des chevaux de bois (et encore en montant avec papa ou maman). 

C'est comme si, du fait que les manèges pour adultes sont de plus en plus "durs", le degré juste en dessous était sans impact pour les enfants. Impact psychologique, mais aussi impact physique. Désensibilisation à la notion de danger ? Impression que les enfants sont des adultes miniatures ? Incompétence parentale de plus en plus marquée ?

Qu'en pensez vous ?



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