vendredi 28 septembre 2012

Un joli déguisement



Un enfant de 7 ans revient de l'école et arrive en consultation accompagné de sa mère. Il porte un t-shirt avec le logo chauve-souris de Batman.

"Vous avez vu ?" me dit-elle "les beaux dessins sur son corps ?"

En effet, il s'est dessiné plein de traits multicolores sur le dessus des mains, sur les paumes, sur les poignets, sur les tempes et entre les deux yeux.

Je me marre "wouah c'est super créatif ce que tu as fait !".

La mère qui se retient de rire "ah bien voila, ça vous fait rire et moi qui cherche à lui faire comprendre les règles de l'école ! Et la maîtresse n'a pas du tout apprécier ce côté créatif !".

Je reste seule avec l'enfant pendant 30 minutes.
"alors c'est quoi ces dessins sur les mains ?"

D'une petite voix, il me répond "c'est comme pour les super héros. ils ont des dessins sur les mains. C'est pour qu'ils soient jolis".

"Ok", lui dis-je, mais c'est quoi là sur le côté de ta tête et entre tes yeux ?"

"Ben les super héros ils ont des traits sur la tête parce qu'ils sont en colère".

"Oh, tu veux dire qu'ils ont des plis, comme des rides ?"

"Oui, c'est ça. C'est parce que le super héros il y a un méchant qui veut le battre".

"C'est qui le méchant qui veut le battre ?"

"Un méchant très méchant qui veut le taper".

"Et toi tu veux te défendre contre le méchant ?"

"oui".

"Donc tu te transformes en super héros et comme ça tu deviens plus fort que le méchant".

"Oui".

"Et lorsque tu n'es pas déguisé en super héros tu sais te battre contre le méchant ?"

"non, il est plus fort que moi, mais en super héros je n'ai plus peur".

"mais tu sais les super héros, lorsqu'ils ne combattent pas le méchant ils ne portent pas leur tenue de super héros et personne ne sait que ce sont des super héros. Tu sais comme Superman ou Batman, dans la vie de tout les jours ils sont habillés normalement. Tu n'as pas besoin de porter ta tenue de super héros, c'est d'abord dans la tête, lui sait qu'il est un super héros et qu'il peut utiliser ses pouvoirs que lorsque le méchant vient pour l'embêter. Le reste du temps il n'a pas besoin d'être un super héros."

"Oui, comme Batman. Il n'est pas tout le temps avec son masque.".

"Et c'est qui celui qui est méchant avec toi ?"

"Dans la cours les plus grands, les plus grands de ma classe."

"Alors il va nous falloir réfléchir à comment devenir aussi fort que les méchants...."


(et surtout comprendre le rôle du père dans cette histoire, car ne croyez pas que la peur des plus grands soit juste une peur des autres, mais bien d'abord une peur du père...) 


mercredi 19 septembre 2012

Les scarifications

Tout de suite lorsqu'on entend le terme "scarification" on pense aux actes rituels voire religieux de marquage du corps.
On pense à ces femmes et ces hommes de certaines tribus africaines qui se traçaient des lignes ou des points jusque sur leurs visages pour paraître à la fois conforme aux attentes initiatiques et aux canons de beauté en vigueur.


Contrairement à ce que l'on peut lire parfois, ce ne ce sont pas des tatouages mais bien des scarifications, c'est à dire des incisions superficielles de la peau.

Les peaux noires cicatrisent en général assez mal et forment facilement des "chéloïdes", c'est à dire des poussées de peau cicatricielles gonflées et dures. Les cicatrices apparentes suite à des blessures volontaires peuvent donc former des tracés esthétiques ou tout du moins décoratifs.

On retrouve cette volonté dans nos contrées aux peaux plus claires où certains n'hésitent pas à tenter d'obtenir ces tracés. Comme les chéloïdes chez nous ne sont pas monnaie super courantes, il en faut plus vous vous en doutez pour obtenir cette profondeur de marquage. Il s'agit donc de se faire faire enlever de la peau selon un tracé prévu d'avance par un soi-disant professionnel (bon certains se sont formés auprès de chirurgiens de leur connaissance il est vrai) que l'on trouve au milieu des tatoueurs et pierceurs. Au scalpel est découpée une bande de peau qui va cicatriser. Plus la bande est large plus la cicatrice est grande, car les peaux claires cicatrisent plutôt bien et il en faut donc plus. Il faudra ajouter aussi quelques "traitements" afin d'obtenir des chéloïdes, comme se mettre du jus de citron sur la plaie (certains préconisent de la crême à raser...), bref de l'acide afin d'obtenir la cicatrisation la plus pourrie possible qui laissera une marque indélébile et surtout visible.


avant/après, ce n'est pas très spectaculaire si on laisse cicatriser "normalement"


On peut bien sur envisager, comme cela se pratique encore, un marquage au fer rouge qui du fait d'une brûlure au 3ème degré laissera une cicatrice plus marquée.

Rien de bien nouveau sous le soleil, les scarifications de ce style existent donc depuis longtemps. Elles ont trouvé un renouveau dans nos Sociétés car le tatouage ne permet plus de se différencier des autres (si vous fréquentez un peu les plages vous aurez remarqué que le taux de personnes avec au moins un tatouage frôle parfois les 70 %), il a donc fallut trouver plus. Plus, ce sont les scarifications. Quelque soit la méthode employée c'est très douloureux.

J'en vois déjà qui me diront qu'eux n'ont pas eu mal. La souffrance est très individuelle et est surtout liée à la motivation... à l'habitude aussi. 

La grande question est de savoir si les scarifications que nous venons d'approcher ci-dessous relèvent des troubles des comportements ou non. Bref, est-ce de l'automutilation ? (j'aime les sujets polémiques).

La question a surgit en fait au détour d'un email échangé avec un de mes commentateurs (qui se reconnaîtra) d'abord sur ce que recouvrait le terme de scarification mais aussi avec un léger dérapage sur le soin qu'il fallait apporter aux personnes portant des scarifications. Pour faire court (et ne pas écrire encore une fois "bref"), faut il traiter différemment les scarifiés des automutilés ?

Alors vous l'aurez bien compris les automutilés sont des scarifiés. Les adeptes de l'automutilation (j'aime bien "adepte" ça a un côté secte) font subir à leur surface corporelle des atteintes plus ou moins importantes, souvent des incisions ou des brûlures. Sauf qu'ici il n'y a aucune recherche esthétique. Encore que je me le demande. Car pourquoi donc aligner les traits de cutter ou faire des croisillons ? Facilité / rapidité de tracé ou recherche d'ornementation ? Après tout pourquoi l'évacuation d'une tension devrait-elle donner lieu à n'importe quoi ? N'empêche on voit rarement des automutilés se tracer des courbes ou des symboles nécessitant un tracé complexe. Certains auraient peut être un début de réponse à apporter.

Les scarifications ornementales sont elles toutes uniquement liées à la volonté de décoration du corps ? Non. Il suffit de regarder sur l'internet pour voir que certains personnes qui s'autopratiquent des scarifications tracent certes des symboles ou des dessins mais d'une main malhabile avec n'importe outil (ciseaux, pince coupante...) avec une volonté évidente de marquer son corps non pas d'un décorum mais bien de faire mal à leur peau. il existe une volonté non pas d'évacuer une tension mais bien de faire mal au corps, corps mal aimé, mal perçu ou perçu inadapté. Nous sommes toujours dans l'automutilation mais la motivation en est différente.

Ensuite, bien sur nous avons ceux qui se font scarifier comme ils se font tatouer (d'ailleurs on a souvent d'abord piercing, tatouage puis scarification). Dans cette progression dans l'atteinte corporelle définie comme ornementale, on constatera néanmoins une progression dans cette atteinte corporelle. Est-ce parce qu'il faut aller de plus en plus loin, de plus en plus dans la souffrance ? Ou parce qu'on n'a pas osé dès le départ se faire scarifier ? On trouvera certainement les deux mon capitaine. Pourtant la démarche n'est pas la même. Se scarifie-t-on pour se décorer ou pour se modifier ? Décorer et modifier vont de pair me direz vous. Oui et non. Car tatouage et scarification ne sont pas réversibles. Pas comme les piercings ou un foulard...

Les scarifications servent donc à marquer son corps, le modifier peut être, tout en faisant passer un message à long terme. Pour les autres et pour soi. Un message qui vous suit jusqu'à la mort et qu'il faudra expliquer aux autres parfois. Tout comme le tatouage. 

Certaines scarifications restent symboliques, voire initiatiques il est vrai. Comme pour le piercing ou l'année passée à l'étranger, le tatouage ou la scarification vient marquer un passage vers un autre état ou "laisser une trace" d'un événement important.

Mais si le tatouage fait aussi appel à l'effraction corporelle et à la souffrance, on ne retire rien. Dans les scarifications il s'agit de retirer de la peau, un bout du corps, un bout de Soi. Certains deviennent accro et se font scarifier à tout va pour compléter leur tatouage voire les recouvrir. Ils auront enlevé beaucoup de leur peau et en auront une nouvelle qui la remplacera. Une façon de faire "peau neuve", une peau dans laquelle ils se sentent mieux et qu'ils ont pu contrôler le plus possible.

Alors comment traiter ces blessures ? les scarifications à visée ornementale et les automutilations seront certainement soignées de la même façon. Après tout une incision ou une brûlure reste une atteinte corporelle quelle qu'en soit les raisons. Mais un automutilé sera-t-il à prendre en charge par les professionnels des soins de la même façon qu'un scarifié ? (car un nombre certain de scarifiés finissent aux urgences : oups ça fait très mal, oups ça s'est infecté, oups ça cicatrise très très mal, oups ça se nécrose autour et j'en passe). Un automutilé a besoin d'une prise en charge psychologique ou psychiatrique. Un scarifié ? Et oui aussi dans beaucoup de cas. Tout dépendra de l'âge et de l'amplitude des scarifications. N'oublions pas non plus que toute atteinte corporelle permet la libération d'endorphine auquel une personne ne situation de fragilité psychique va vite devenir accro. Il lui faudra donc se faire "retoucher" plusieurs fois et de plus en plus fortement. La violence doit détruire le corps. 

Voici un bel exemple de scarifications "automutilations" sur l'avant bras qui ont dérivé en scarification "ornementale" sur le haut du bras. Même combat.
 

Voila donc pour résumer, le terme "scarification" recouvre plusieurs types de pratiques mais souvent une même réalité de souffrance psychique dans nos pays occidentaux.


lundi 17 septembre 2012

L'exercice d'écriture de l'automne

Je vous avais annoncé il y a peu que je vous proposerai un nouvel exercice d'écriture.
Cet exercice sera très personnel aussi il ne s'agira en aucun cas de porter une analyse sur ce qui sera écrit, juste un constat, si le contenu vous touche par exemple....

L'exercice devra m'être envoyé par email à vergiberation[@]gmail.com (sans les crochets). Vous avez le droit de me demander que cela paraisse sous un autre pseudo que celui qui vous est habituel bien sur.

L'exercice :

la forme : une lettre
conditions : vous le savez c'est la fin du monde le 21 décembre (LOL, on va faire comme si), il vous reste donc théoriquement 3 mois de vie
à qui : à la personne à laquelle vous aimeriez dire quelque chose sans jamais avoir osé
comment : le négatif comme le positif, une explication, un pardon, etc... ce que vous voulez
la longueur du texte : celle que vous voulez
date limite de remise du texte : 5 octobre 2012





samedi 15 septembre 2012

Mon amie n'a pas l'air d'aller bien, comment puis-je l'aider ?

Au risque de paraître brutale -ce n'est pas mon genre- je dirai "fous lui la paix à ta copine".

Ne croyez pas que je sois sans sentiment ni empathie, loin de là. Mais franchement c'est quoi ce besoin d'aller aider les autres lorsqu'ils ne l'ont pas demandé ?

Alors bien sur il existe des situations dans la vie qui font qu'on se précipite pour aider sans savoir si les gens le veulent. Tiens il y a deux jours à la Poste une petite dame s'est effondrée devant moi en pleine crise d'épilepsie. Comme on était dans un coin plutôt isolé, je me suis demandée si je devais me tirer mine de rien ou en profiter en douce pour lui fourguer quelques coups de pieds bien placés afin de l'achever. Mais noooon, je me suis précipitée pour que personne ne la touche et la laisse surtout se tortiller dans tous les sens toute seule. Comme en plus elle était sur le côté c'était parfait, elle s'est mordu et le sang a coulé hors de bouche, c'était nickel. Je lui parlais, elle a repris lentement contact avec la réalité les pupilles totalement dilatées et elle m'a doucement mais surement envoyé me faire voir parce que je m'occupais d'elle. Je m'y attendais et dès qu'elle a été suffisamment forte pour s'assoir je l'ai laissé en plan (je vous rassure les pompiers arrivaient).

Vous savez c'est comme quand vous vous cognez dans un meuble. En général à un endroit plein d'os (vous pas le meuble), le coude c'est parfait ou le petit orteil, c'est pas mal aussi. Vous hurlez "p.... de b.... de meuble !" (ça fait pourtant 2 ans qu'il est là et que vous passez sans vous cogner). Rien de cassé mais ça fait super mal et vous voyez des étincelles. Et là, un ami, votre copain, votre mère, bref quelqu'un se précipite pour voir se qui se passe "tu t'es fait mal ? Y a un problème ? T'as très mal ?". Quelle est votre réaction ? Ben oui vous les envoyez se faire voir, c'est tout juste si c'est pas de leur faute d'avoir poser ce foutu meuble ici il y a 2 ans. Ben voila lorsqu'on n'a pas besoin d'aide on n'en veut pas et on jette ceux qui vous en apporte.

Et dans la vie c'est toujours comme ça, quand les gens veulent qu'on les aide ils vous le disent. Bon certains n'osent pas, mais bon ceux là de toute façon si vous leur proposer ils refuseront d'office, question d'éducation, de politesse, de honte ou de fierté. Alors ça revient au même.

Dans tous les cas on propose et après on voit ce qu'ils en disent. S'ils disent oui on fonce, s'ils disent non, on fait rien.

Car il faut bien voir que les gens qu'on force à être aidé (lorsqu'ils sont conscients !) n'y gagnent rien. Et en plus si ça ne marche pas après ils vous le reprochent. Après tout ils avaient rien demandé et en plus vous leur fourguez une solution qui ne fonctionne pas ! Vous vous prenez pour qui ?

En psychologie d'ailleurs on part du principe que c'est le patient qui doit être demandeur et pas les autres.
Perso, à partir de 15 ans je considère que le futur éventuel patient à son mot à dire sur le fait qu'il souhaite consulter ou pas. Tant qu'il n'est pas majeur, je demande à ce qu'il ma rappelle personnellement. A la majorité, c'est lui qui décide pas papa/maman, même si les parents me contactent en premier (et déjà des parents qui appellent pour un majeur ça me questionne).

Tu vas pas bien ? Tu veux te faire soigner ? Alors tu appelles, tu fais le premier pas, tu te bouges. Sinon c'est que tu veux pas t'en sortir. Et personne, personne d'autre ne pourra t'en sortir.


J'ai le souvenir d'un patient dont le frère avait fait une tentative de suicide. Ce jeune homme avait rencontré le psychiatre qui suivait son frère et lui avait demandé qu'est-ce qu'il pourrait faire pour que cela ne recommence pas. Le psychiatre, fort judicieux, lui avait répondu "rien". On ne sauve pas les gens qui ne veulent pas être sauvés, les personnes se sortent elles-mêmes de leurs difficultés si elles le veulent et en plus ce n'est pas votre rôle. Ce psychiatre avait alors sauvé deux personnes : le suicidant qu'il avait soutenu mais aussi le "sauveur" en lui ôtant le poids de l'inutile sacrifice de son temps et de son énergie. 

Si on n'aide pas les gens qui ne veulent pas être aidés, on aide qui ? Et bien on s'aide soi même et c'est très différent. 

Que veut-on donc se prouver à aller sauver l'autre ? Qu'on sait mieux que lui ? Qu'on est la "sauveuse" ? Est-ce une façon de rendre l'autre redevable ? Bref, celui ou celle qui se positionne en "sauveur" ferait mieux d'aller en psychothérapie au plus vite afin de se demander pourquoi il cherche tant à s'occuper des autres plutôt que de soi.

Car il ne faudrait pas confondre aider et soutenir.
On peut soutenir, donner quelques conseils mais cela ne veut pas dire se positionner en donneur de leçon ou d'agir à la place de... Or c'est souvent ce qu'il y a sous la notion d'aide.

Quelqu'un qui n'agit pas en agissant à sa place, on lui confirme qu'il n'a pas besoin de s'y mettre puisqu'il y aura toujours "une bonne âme" pour le faire à sa place. Ca ne va pas vraiment l'aider à retrouver de l'autonomie, de l'initiative et et montrer sa volonté d'avancer. Et on se retrouve en fait dans une relation de pouvoir avec un pseudo dominant qui sait lui, qui peut lui et surtout qui veut lui. 

Alors faites votre job d'ami(e), parlez lui, dites lui qu'elle n'a pas l'air d'aller bien, proposer lui de consulter (et si vous avez quelqu'un à proposer donnez lui le numéro), mais c'est tout. N'appelez pas à sa place. Ne lui forcez pas la main. Ne faites rien à sa place. Elle ne bouge pas ? C'est que soit elle n'est pas prête, soit elle est encore dans le déni, soit elle trouve un avantage à rester dans son mal-être. N'ayez pas de regret, vous aurez fait votre travail et de temps en temps revenez à la charge, mais stop, c'est tout, ce n'est pas vôtre vie c'est la sienne et elle en fait ce qu'elle veut.

(il existe bien sur des situations de maladies mentales dans lesquelles la personne n'est pas apte à évaluer sa dangerosité pour elle ou pour les autres, il convient alors d'intervenir pour elle puisqu'elle n'est plus en mesure de faire une demande d'aide du fait de sa "déconnexion".)




jeudi 13 septembre 2012

Un peu d'infos médicales...

Pas envie de faire de la psycho aujourd'hui. Alors je fais pire : du médical.
Quelques extraits issus de "Mediscoop"....



« Santé : peu de dégâts chez les ados connectés » Libération, La Croix, L’Humanité

Libération fait savoir que « l’Inpes a étudié les répercussions d’Internet et des réseaux sociaux sur l’état des jeunes ». Le journal retient que ces derniers « sont de plus en plus connectés, mais ils ont une vie amicale riche. Ils dorment certes moins mais ils se nourrissent mieux ». L’Inpes remarque ainsi que « plus de 93% des ados ont au moins trois véritables amis, et ont une vie amicale plus riche qu’en 2006 ».
Libération précise cependant qu’« ils dorment moins bien. Les réseaux sociaux perturbent leur sommeil ». L’Inpes observe ainsi que « ceux qui utilisent un ordinateur ont un temps de sommeil plus court (8 heures et 6 minutes contre 8 heures et 50 minutes), de même ceux disposant d’un téléphone portable équipé d’Internet ».
La Croix remarque de son côté que selon cette « vaste étude sur le bien-être et la santé des 11-15 ans, […] les collégiens français vont bien ! ».
Le journal retient ainsi que « les habitudes alimentaires s’améliorent et l’usage des nouvelles technologies a plus d’effets bénéfiques que négatifs. […] 44% des 11-15 ans déclarent manger des légumes tous les jours (et 39% des fruits), contre 42% en 2006 (31% pour les fruits) ».
La Croix souligne en outre que « 88% des collégiens estiment que leur santé est «bonne» ou «excellente» », mais évoque un « aspect inquiétant : la consommation d’alcool et de tabac. […] L’enquête montre que 35% des jeunes de troisième ont déjà connu l’ivresse. […] Au seuil du lycée, ils sont aussi 1 sur 6 à fumer tous les jours ».
Et L’Humanité observe que « nos ados vont plutôt bien, mais ne dorment pas assez ». Le journal relève en outre que « les filles se déclarent en moins bonne santé. Elles se plaignent davantage de ce qu’on appelle «les symptômes flous de l’adolescence», à savoir de la fatigue, de l’irritation, des difficultés d’endormissement, de la déprime. A cela s’ajoutent des troubles somatiques comme le mal de dos, le mal de tête ou le mal au ventre ».


« Cancer du testicule : le cannabis, facteur de risque »
Le Figaro



Le Figaro fait savoir qu’« une équipe de chercheurs de l’université de Californie du Sud (USC) a passé au crible le passé de 163 jeunes hommes chez qui avait été diagnostiqué un cancer du testicule et a comparé ces données avec celles recueillies chez 292 autres hommes en bonne santé, de même âge et de même origine ethnique ».
« Résultat, les hommes ayant fumé du cannabis présentaient 2 fois plus de risques de développer une forme de cancer du testicule de mauvais pronostic par rapport à ceux qui n’en avaient pas fumé »,
observe le quotidien. Victoria Cortessis, coauteur de ce travail, précise : « Nous ne savons pas exactement comment les composés de marijuana agissent sur les testicules pour conduire à une carcinogenèse. Notre hypothèse est que cela peut se passer au niveau du système interne endocannabinoïde, qui interagit avec les composés actifs du cannabis et qui est aussi important pour la spermatogénèse ».
Le Figaro rappelle que « c’est un cancer rare (1 à 2% environ de tous les cancers), mais c’est aussi le cancer le plus fréquent chez l’homme de 15 à 35 ans. Près de 95% des tumeurs sont guérissables. Son incidence, comme celle du cancer de la prostate, augmente régulièrement depuis les années 1900, et plus nettement dans les pays à peau blanche depuis les années 1950 (augmentation d’un facteur 3 à 5 des années 1950 à 2000) ».

 

La sexualité des jeunes femmes sous l’influence des magazines 

lequotidiendumedecin.fr 05/09/2012Archiver    Imprimer  Envoyer par email

Les magazines féminins, une menace pour la sexualité des jeunes femmes ? Oui si l’on en croit une étude réalisée par des chercheurs américains : les représentations quelque peu confuses de la sexualité féminine qui sont véhiculées par la culture populaire et les mass media peuvent avoir des effets problématiques sur la sécurité sanitaire et l’identité sexuelle des femmes.
« Affirmer son identité sexuelle n’est pas une tâche facile pour des jeunes femmes », expliquent les auteurs. Car elles sont confrontées à un grand nombre de messages ambivalents. D’un côté, les jeunes filles sont encouragées à s’habiller et à se comporter d’une manière sexuellement provocante, et d’un autre côté, elles ne sont pas prêtes à assumer les réactions chez les hommes que cela peut susciter. Et par-dessus tout ça, on leur inculque qu’elles seront jugées sévèrement si leur conduite est « trop sexualisée ».
Ce n’est pas la lecture des articles traitant de la sexualité et proposés par les magazines féminins ou les revues populaires qui va arranger les choses, estiment Janna Kim et Monique Ward (département de psychologie de l’Université du Michigan). Les réponses aux questionnaires des étudiantes testées dans leur étude montrent qu’exposées à ces articles, les femmes tendent à mettre au deuxième plan les dangers potentiels que l’activité sexuelle comporte (sida et MST). Et qu’elles adoptent plus facilement un comportement à risque.

Modification de la conception du plaisir

À côté de ces préoccupations en termes de santé, après la lecture de ce type d’articles, on relève des modifications de la conception du plaisir, où le plaisir de la femme serait isolé de celui du partenaire. « Les femmes sont incitées à donner une priorité à leur désir sexuel pour leur propre bien, sans tenir compte particulièrement de celui de leur partenaire masculin. »
Les auteurs notent aussi que « quand elles sont exposées à des textes explicites sur l’affirmation de soi en matière de sexualité, tels qu’ils sont présentés par les magazines féminins, les lectrices considèrent d’un œil plus favorable les aptitudes des femmes à agir en fonction de leur unique désir ».
Et les auteurs remarquent aussi, qu’après avoir lu les articles sur la sexualité, les femmes blanches en particulier ont une tendance à considérer la sexualité avant le mariage comme moins porteuse de risques potentiels que les femmes de couleur.
L’étude a consisté à donner à lire à des étudiantes des articles de deux types provenant de différents magazines féminins et populaires. D’une part, un ensemble d’articles sur le rôle des femmes dans les relations sexuelles. Et d’autre part, des articles sur les loisirs et divertissements en général, sans lien avec la sexualité. Les deux groupes ont été chargés de remplir un questionnaire où différents champs du domaine de la sexualité étaient passés en revue : comportement avant le mariage, préoccupations vis-à-vis des dangers de transmission de maladies, attitudes en fonction des rôles de chacun et des relations sexuelles, etc.
La lecture des magazines n’est donc pas anodine. Les représentations quelque peu confuses de la sexualité féminine qui sont véhiculées par la culture populaire et les mass media sont susceptibles d’avoir des effets problématiques sur le développement de l’identité sexuelle des femmes, concluent les auteurs.
 

« Ces aliments qui peuvent «détraquer» nos médicaments »
Le Parisien



Le Parisien remarque que « tout est évidemment question de dosage, mais certains médicaments sont à consommer avec modération dès lors que l’on suit un traitement ».
Le quotidien rappelle ainsi : « Pamplemousse, choux, produits à base d’anis, réglisse ou boissons alcoolisées… tous ces aliments peuvent soit augmenter, soit réduire l’effet de certains médicaments s’ils sont consommés dans des proportions trop importantes ». Le Parisien explique notamment que le pamplemousse, « surtout, en jus, augmente de façon importante l’absorption du médicament par l’organisme, jusqu’à la multiplier par 15 selon le traitement. Cela peut ainsi revenir à prendre en une seule fois la dose de deux semaines ! C’est particulièrement vrai pour deux types de molécules, les statines […] et les immunodépresseurs prescrits contre les risques de rejet de greffe ».
Le journal relève qu’« un jus de pamplemousse avec la simvastatine peut ainsi provoquer de graves atteintes musculaires. Pour les [immunodépresseurs], c’est le rein qui risque d’être endommagé en cas de prise trop régulière ». François Chast, chef du service de pharmacie clinique des hôpitaux universitaires de Paris-Centre, précise toutefois que « toutes les statines et tous les antirejets ne sont pas concernés et, de façon générale, sur ces interactions, il ne faut pas s’affoler au point de se sentir terrorisé à l’idée de manger ! ».


« Le bio n'est pas meilleur pour la santé »
Le Figaro



Marc Mennessier s’interroge dans Le Figaro : « Faut-il encore manger bio ? La question mérite, une nouvelle fois, d'être posée après la publication dans la revue Annals of Internal Medicine, d'une étude dont les conclusions montrent clairement que les aliments issus de l'agriculture biologique ne sont pas meilleurs pour la santé que ceux produits par l'agriculture conventionnelle ou «chimique» ». « Alors que le consommateur les paie en moyenne, et au bas mot, 25% plus cher ! », rappelle le journaliste. Marc Mennessier indique que « des médecins de l'université de Stanford [aux Etats-Unis, menés par le Dr Dena Bravata] ont épluché pas moins de 237 études scientifiques dans lesquelles aliments biologiques et conventionnels étaient comparés de façon rigoureuse. À leur grand étonnement, les chercheurs ont constaté qu'il n'y avait pas de différence significative entre les deux catégories de produits. Que ce soit sur le plan des apports nutritionnels ou de la réduction des risques sanitaires ». Le journaliste explique que « contrairement à ce qu'affirment les promoteurs ou les adeptes de l'agriculture biologique, le contenu en vitamines, en minéraux, en protéines ou en lipides est à peu près le même dans les aliments bio et non bio. Seul le phosphore fait exception avec un avantage significatif pour les premiers, mais comme les carences sont rares, l'intérêt sanitaire est faible ». « Plus surprenant encore, les médecins californiens ont constaté que les aliments conventionnels n'étaient pas significativement plus pollués ou néfastes pour la santé que leurs homologues bio », souligne Marc Mennessier, qui relève que « certes, le fait de manger des fruits et légumes bio réduit en moyenne de 30% l'exposition aux pesticides, en particulier chez les enfants. Mais le Dr Bravata note que les concentrations en résidus des fruits et légumes conventionnels ne dépassent pas les limites sanitaires autorisées. En outre les produits bio ne sont pas totalement exempts de pesticides… ». Le journaliste continue : « Sur le plan microbien, les risques de contaminations bactériennes (en particulier les Escherichia coli) sont identiques quel que soit le régime, bio ou non. Seule différence, le risque de présence de bactéries résistantes à certains antibiotiques est 33% plus élevé dans la viande de poulet ou de porc non biologique ». « Les rares études portant directement sur la santé humaine (17 seulement sur le total) n'ont pas non plus mis en évidence de surcroît de maladies allergiques de type asthme ou eczéma chez les consommateurs de produits non bio », ajoute Marc Mennessier.


« Du café pour lutter contre le cancer » colorectal
Le Point



Anne Jeanblanc relaie dans Le Point la publication du « dernier numéro du bulletin d'information Café et santé, rédigé sous la direction d'Astrid Nehlig (Inserm U 666, faculté de médecine de Strasbourg) et destiné à la presse ». La journaliste indique ainsi que « plusieurs études scientifiques mettent en évidence un effet favorable de ce breuvage sur le risque de développement du cancer colorectal ». Anne Jeanblanc relève que « les auteurs rappellent que, dès 1991, un groupe de travail de l'IARC (International Agency for Research on Cancer) avait conclu à "l'existence d'une relation inverse entre consommation de café et cancer du côlon" ». « Mais c'est surtout le récent travail, très complet, d'un groupe de chercheurs de Pékin qui est détaillé dans Café et santé. Il portait sur 25 études cas-témoins (15 522 personnes) - malades et non-malades - et 16 études de cohortes (953 669 participants classés en fonction de leur consommation de café), réalisées en Amérique, en Asie et en Europe », souligne la journaliste. Anne Jeanblanc note ainsi que selon les chercheurs chinois, « il existe bien, dans les études cas-témoins, une relation inverse significative entre les plus gros consommateurs et les plus faibles ou les non-consommateurs de café et le cancer colorectal. Des résultats toutefois modérés par ceux des études de cohortes ». La journaliste remarque cependant que « les scientifiques avouent mal connaître les mécanismes potentiellement protecteurs. Néanmoins, différents constituants du café (polyphénols, mélanoïdines et diterpènes) ont des effets antioxydants, antimutagènes et anticarcinogènes, d'où l'élimination de certains agents cancérogènes et une réduction de l'effet oxydant des hydrocarbones aromatiques polycycliques (générés par la combustion de matières fossiles et notamment par les moteurs diesel) ». « De plus, le café pourrait réduire la synthèse et la sécrétion de l'acide biliaire, un promoteur de ce type de tumeur », continue Anne Jeanblanc, qui conclut que « ces résultats viennent confirmer ceux de la cohorte de la NIH-AARP Diet and Health Study (composée de 489 706 hommes et femmes). Ses auteurs ont observé, sur une durée de 10 ans, plus de 6 700 cancers colorectaux. Et ils ont calculé que la consommation d'au moins 4 à 5 tasses de café "normal" par jour avait un effet bénéfique ».



mercredi 12 septembre 2012

La révolte des pépitos

Vous ne l'avez pas demandé, mais la psy l'a quand même fait (grâce à l'intervention hautement judicieuse de Lymphe qui a toujours de bonnes idées).

Voici le groupe Fessebouc de "la Révolte des Pépitos" :


Inscrivez vous nombreux, même vos ados peuvent s'inscrire.
A bientôt au flashmobbing (le temps que vous appreniez tous les chorégraphie).



Et n'hésitez pas à partager l'information et même à initier un hashtag

Vergibération
(la psy qui -de temps en temps- pète un câble)

PS : ne me demandez pas comment on fait pour trouver autrement le groupe sous FB, je n'y connais rien...

lundi 10 septembre 2012

Couple : lorsque le psy reçoit celui "qui reste"...


Jusqu'à ce jour dans le cadre des séparations, je n'ai jamais eu que des femmes demandeuses de la rupture.
Que ce soit seule ou en présence de leur futur ex....

En général, c'est elles que je vois en consultation.
Elles viennent pour savoir quoi faire. Partir ? Rester ? 
Toutes sont toujours persuadées d'avoir de bonnes raisons.
Et ce n'est pas à moi d'en juger.
Mais en fait toutes, sans exception, viennent en sachant déjà ce qu'elles veulent faire.
Mais elles viennent surtout pour accepter l'idée, la verbaliser à soi puis à l'autre.
D'ailleurs lorsqu'elles finissent par enfin lui dire, elle verbalisent très bien qu'en fait il y a longtemps qu'elles avaient pris leur décision mais que c'était difficile à entendre même pour elle.

Mon rôle consiste à les faire réfléchir sur leurs motivations. Je dirai en gros que j'essaye de leur montrer qu'il existe peut être une autre solution. Après tout lorsqu'on prend une décision aussi importante que celle de balayer plusieurs années de vie communes, une parentalité (et parfois le lien du mariage), autant ne pas avoir de regrets après.

Mon but n'est aucunement de les faire changer d'avis, mais juste d'avoir bien tout envisagé. Les travers de l'autre comme les leurs. Mais aussi, parfois, une scène parentale qui se rejoue, une influence "extérieure" (merci les copines), un idéal trop fort ou un rôle stéréotypé des sexes au sein du couple.

Puis, il y a un moment où l'autre, celui "qui reste" s'en prend plein la tête. 
Il tombe des nues. Sa compagne vient lui apprendre qu'elle le quittait et qu'elle avait déjà tout prévu : les répartitions des meubles, la garde des enfants, le déménagement...
Que faire face à ça ?

C'est là qu'en général, le monsieur m'appelle pour me demander un RDV.
Je ne dis jamais non.
S'il n'est pas question qu'il entame avec moi une psychothérapie, je veux bien le recevoir 2 à 3 fois afin qu'il soulage son psychisme le temps qu'il se trouve un thérapeute.

Faut bien vous dire, que lorsqu'il prend RDV et qu'il arrive il n'est pas de bon poil.
il arrive plein d'a priori. Je suis la méchante qui a certainement mis dans la tête de sa compagne qu'elle devait partir. Encore une féministe acharnée qui a horreur des hommes, une vieille fille qui cherche à casser les couples heureux...

La première minute est assez glaciale.
Perso, je suis en paix avec moi même. Je sais que madame a pris sa décision seule.
Il vient bien sûr me parler de sa compagne. 
Ce sur quoi je le retiens, il peut m'en parler autant qu'il veut mais je ne lui en parlerai pas.
Maintenant s'il veut me parler de lui et de sa relation à son couple, je veux bien l'entendre.

C'est là en général que je (re)découvre que les patientes utilisent dans leurs argumentations des choses que nous avons vu ensemble. Des exemples, des "images". 
Du style "avoir un train de retard".
Car il faut bien l'avouer malgré tous les indices et parfois les choses clairement verbalisées, le monsieur n'a pas compris que sa femme lui donnait un ultimatum pour qu'il se bouge. 
Alors bien sur d'un couple à l'autre la demande est différente : être plus démonstratif, être plus initiateur des projets, être plus présent, être dans son rôle de père, être plus viril.... 
Pour certains couples, la demande est indirecte et je dois reconnaître comprendre que monsieur n'a pas tout compris du besoin urgent de remettre certaines choses en question est évident. Mais d'en d'autres, ça été très clair.

J'avoue ne pas avoir la réponse sur pourquoi, malgré tous les indices, il faut arriver à ce que madame arrive à dire "ça y est là je pars" pour que monsieur se réveille.
Certes il a comme je le disais donc "un train de retard". 
Madame lorsqu'elle a commencé à verbaliser ses premiers reproches en avait déjà marre. Les gouttes n'ont fait que s'accumuler dans le vase. Et monsieur n'a rien vu. Lorsque les reproches deviennent plus clairs, il entame alors le chemin et commence par remettre en cause... ce que dit sa femme qui n'arrête pas de se plaindre. Elle se fait des idées, la maternité l'a changé... Ce qui est vrai, mais bon ce n'est pas une raison pour ne pas réagir.
Et puis aussi, les hommes ne discutent pas ou rarement. Comme ils verbalisent peu leur ressenti, comme ils sont moins à l'aise dans le verbal, comme ils ont tendance à croire que se plaindre est une faiblesse, etc... Et bien ils se renferment. Il y a remise en question personnelle, mais elle n'est pas visible. De l'extérieur, la compagne pense qu'il s'en fout, qu'il n'a pas compris, qu'il est mou, qu'il est indifférent... 
Alors du coup autour de la table, les rares fois où ils arrivent à parler, madame fait des reproches, lui se tait. Et plus il se tait, plus elle hausse le ton. Et plus elle hausse le ton, plus il se dit que ça ne sert à rien de discuter parce qu'elle cherche à toujours avoir raison et plus il se ferme. Et plus madame pense que décidemment son mec ne vaut rien et qu'il est temps de partir.

Du coup lorsque madame est fermement décidée à partir, d'un seul coup monsieur se dit "mince, là il faut que je dise quelque chose".
Trop tard.
Trop tard, parce qu'à force d'attendre, madame en a marre et elle ne l'aime plus. Il la gonfle.
Et que lorsque l'amour est parti, il n'y a plus rien dans un couple.
Il a beau faire des efforts : se mettre à parler, entamer une psychothérapie, lui certifier que maintenant il fera attention, lui jurer qu'il n'avait pas compris, lui promettre qu'il va rattraper le temps perdu... 
Bref, il va courir derrière madame pour rattraper le train.
Sauf que lorsqu'il rattrapera le train, il n'y aura plus personne dedans.

Alors "celui qui reste" lorsqu'il arrive en consultation, ce qu'il voudrait c'est des "trucs" pour rattraper sa compagne. C'est aussi savoir s'il est vraiment seul responsable de la situation. C'est surtout savoir si, moi psy, je pense qu'il peut reconstruire tout ça.

En général, mon rôle consiste surtout à lui montrer comment il fonctionne et à lui expliquer certaines choses (par exemple, un homme ancien enfant battu, n'accepte pas les conflits parce que cela le renvoie à la violence du coup il se "couche" systématiquement devant les demandes de sa compagne au point d'en oublier ses propres envies. Or s'imposer n'est pas toujours s'opposer, désaccord ne veut pas nécessairement dire violence). 

La majorité des hommes en sortant sont décidés à entamer une psychothérapie individuelle et c'est bien, ne serait-ce déjà que pour surmonter la crise liée à la séparation. 
Mais aussi une psychothérapie de couple, que personnellement je ne trouve pas nécessaire, pas à ce moment là en tout cas, car ce n'est efficace qu'au début des troubles au sein du couple.
En effet, là,  mari et femme ne vont pas y aller pour les mêmes raisons. Lui ira en espérant trouver les arguments pour que sa femme reste, alors qu'elle ira avec l'idée de savoir gérer la séparation.
Une fois la décision prise la psychothérapie de couple ne fait que semer la confusion entre celui qui croit qu'il y encore une chance (et qui du coup ne lâche pas prise) et celle qui est déjà partie (et qui du coup trouve que l'autre le harcèle).

Mais celle qui part culpabilise beaucoup, car elle voit les efforts de l'autre. Et l'autre lui renverra cette culpabilité en lui disant "tu vois malgré tous mes efforts, tu ne restes pas, cela veut dire que de toute façon si j'avais réagit avant tu serais quand même partie".

Alors avant toute chose apprenez à COMMUNIQUER dans un couple.
Madame dites ce que vous avez à dire sans vous énervez et monsieur apprenez à parler et à exprimer votre ressenti. 
Et magnez-vous avant qu'il ne soit trop tard.









jeudi 6 septembre 2012

Réseaux sociaux. Et ensuite ?

Je n'ai pas de compte perso sur les réseaux sociaux.
De façon très rétrograde peut être, je n'ai toujours pas saisi l'importance de ces moyens de communication.
Mais mon association a un compte avec lequel je me connecte presque quotidiennement afin de voir ce qui se dit ou de lancer des piques qui donnent souvent lieu à (d)ébats.

Je discutais avec une journaliste qui me demandait très judicieusement pourquoi à mon humble avis les gens avaient tellement envie de témoigner à la télé.
Je commençais par lui rappeler que beaucoup de témoignages étaient bidons ou lorsqu'ils ne l'étaient pas le journaliste avait l'art et la manière d'orienter les questions ou de mettre en montage des réponses qui collaient à d'autres questions. Mais en dehors de cela, il faut bien avouer que ce désir de se montrer, nu parfois autant physiquement que psychologiquement, de raconter sa vie, de pleurer ou de crier sa colère contre le monde, la Justice ou Dieu est de mise. Et sans grande difficulté pour trouver des personnes qui accepteront de jouer le jeu.

Les réseaux sociaux symboles du vide de la communication quotidienne ("Je mange". "Je suis en réunion". "Photo de ma fille". "Marre des râleurs"....) mais rayonnement d'un étalage de chaque minute de la vie de certains où chacun devient pendant quelques secondes le héros.
Mais héros, héros et demi. Quel héroïsme y a t il à manger des sushis ? A faire une réunion au bord d'une piscine ? A engueuler les gens qui ne vous "like" pas ?
Alors chaque événement un peu exceptionnel est vécu pour ces personnes de façon extraordinaire. C'est l'affaire de leur vie. Celle qui va leur apporter leurs 15 minutes de gloire.
Pendant quelques instants, dans l'écran, ces personnes qui viennent témoigner deviennent des héros.
"J"ai vu ma mère mourir sous mes yeux", "J'ai pris 20 kilos et je n'arrive pas à les perdre".... Même combat.
Montrer, se montrer. Exister.
Exister dans un monde où tellement de gens se plaignent de ne plus pouvoir communiquer et qui sont les premiers à se balader dans la rue avec un casque sur les oreilles pour ne pas entendre (ni voir) les autres et qui sur Fessebouc et Touiteur se plaignent d'être seuls, isolés et de ne pas exister.

Certains diront que les réseaux sociaux poussent à l'isolement.
Certes, certains se livreront plus facilement sur FB car ils sont timides, souffrent d'un manque d'estime d'eux mêmes et passeront plus de temps devant leur écran que dans la vie.
Mais en général les réseaux sociaux sont plutôt de révélateurs de l'état psychique des personnes.
Alors vous me direz "les personnes qui fréquentent les réseaux sociaux sont-elles représentatives de toute notre Société ?"
Et je vous répondrai.... "non".
J'ai repéré 4 grandes catégories de connectés sur FB
- "je viens pour me faire de la pub" : entreprises, associations, événements... Le but est de promouvoir une date, une action ou un produit. On juste besoin qu'on parle d'eux.
- "je suis une victime" : les plus courant je trouve. Des gens qui ont souvent vécu quelque chose de difficile ou qui ne vont pas bien. Des gens qui viennent se plaindre, se mettre en colère... Entre soupirs et dénigrements, dépression et agression. Des personnes qui écrivent sans vraiment réfléchir, se livrent, décrient, montrent tout de leur vie, de leurs proches, sans même avoir conscience de ce qu'ils livrent et de l'usage que peuvent en faire les autres. Ont grand besoin des autres pour exister et permettent de par leurs comportements la naissance de ce qu'elles craignent.
- "je suis un prédateur" : le corollaire des précédents... Des psychopathes ou des personnes en manque d'estime qui viennent se prouver qu'ici elles sont quelqu'un. Elles chassent, ferrent, mettent sous emprise à l'aide d'arguments imparables pour des personnes en état victimaire. A coup de statistiques, de concepts pseudo philosophiques et de théories affirmées bien que datant de plusieurs décennies, ces prédateurs attirent, séduisent et cherchent à former des groupes voire à rencontrer. Sans cesse contrés par les narcissiques et les pubards, ce qui les met hors d'eux. Aimeraient surtout ne pas avoir de témoins, n'existent que parce que les victimes potentielles existent.
- "je suis narcissique": le "je" est leur arme préférée. "Je sais tout, je fais tout et ceux qui font et savent autrement sont tous des nuls qui dégagent". Souvent intelligents, cultivés, sûrs d'eux mais incisifs et supérieurs, ils génèrent réactions épidermiques voire agressivité de la part de leurs lecteurs (nombreux) !). Le narcissique n'a pas besoin des autres pour exister, il existe par et pour lui même, mais s'il peut avoir des témoins c'est encore mieux.

Mais se mettre en oeuvre, étaler sa vie, est-ce exister ? Est-ce exister dans les yeux des autres ?
Une réponse sous forme de commentaire, de "like" ou de touit, est-elle la preuve que l'on existe pour celui qui répond ? A quoi répond-il ? Juste à ce qui est écrit ou à une personne derrière son écran ?
Et vous qui lisez cet article, le fait que vous me lisiez me fait-il exister ? 

Et n'oubliez pas : tout ce que vous écrivez dans un réseau social pourra être retenu contre vous !




dimanche 2 septembre 2012

Des news et des projets

La semaine a été très prenante, je n'ai pas eu le temps de venir me pencher sur un prochain article. Mais je ne vous oublie pas. I'm back !  


 

Allez c'est la reprise pour quasi tout le monde, va falloir que vous vous bougiez pour que ce blog arrive à 2 millions de pages lues d'ici le 31 décembre. Ca doit être faisable, si vous cliquez au hasard sur plein d'articles de ce blog... On a les défis qu'on peut (surtout que c'est pas moi qui clique). Si ça peut vous rassurer ça ne me rapporte rien... à part le plaisir de vous contrôler ! lol

Plus sérieusement, dès la semaine prochaine, je vous proposerai un exercice d'écriture. Le but ne sera pas d'en tirer quelque chose, à part pour celui qui écrit. Donc je n'y ferai aucun commentaire (c'est juré) ni aucune analyse (si si j'ai dis que je n'en ferai rien). Donc pour ceux qui me lisent soyez sur les starting-blocks et prévenez les autres.

Si la série des "questions de l'été" vous a intéressé et que vous souhaitez que cela devienne les "questions de l'automne", dites le et fournissez moi un peu de matières à réflexion, c'est à dire faites la liste des questions ou vos sujets auxquels vous aimeriez trouver un minimum de réponse et postez la dans les commentaires ou par email. 

Je vous propose de monter un espèce de groupe de discussion et de paroles où chacun viendrait poser des questions psy (ou pas). Le but n'est pas psychothérapeutique, mais comme sur le blog de proposer des pistes, des réflexions, des approches et son expérience. Bref, le blog mais dans la réalité. Ca vous tente ? Vous aimeriez venir entendre de traiter tel ou tel sujet ? Des sujets non proposés lors de l'inscription pourront être aussi être abordés. Je dérive toujours pas mal de toute façon. Très prochainement je vais vous proposer 3 dates (des samedis après midi c'est promis). Ce sera payant, c'est la vie. Il faudra être au moins 10 par groupe pour que le groupe soit maintenu. Ca se passera soit à Montrouge (92), soit à Paris, soit à Sèvres (92) mais toujours a proximité d'un transport en commun.

Et pour finir, un peu de pub. Je vous rappelle (ou vous informe c'est selon) que l'association SOS Hommes Battus tiendra son second colloque le 19 novembre 2012 au Parc nautique de Sèvres (92). Venez nombreux, faites passer le message car il y a beaucoup d'hommes concernés. Plus d'info ICI.


Et c'est déjà pas mal !




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