lundi 29 octobre 2012

Chez le psy : et si on ne fait pas son "travail" ?

J'avais déjà abordé plus ou moins la réaction de certains patients qui ne reviennent pas en consultation... ou en tout cas qui ne reviennent parfois que plusieurs semaines ou mois après.

Il me faut bien constater que certains patients sont "affolés" devant le "travail", par écrit, que peut leur demander leur psy.

Prenons un exemple.
Je peux demander à un patient d"écrire tous ses cauchemars sur 15 jours dès qu'il se réveille.
Je sais que ce n'est pas facile, d'autant qu'après un cauchemar on n'a pas spécialement envie de s'y replonger, ou même de se lever et encore moins de saisir un stylo et une feuille de papier.
Le problème est que le lendemain matin, voire même quelques minutes après, le contenu du cauchemar s’atténue et disparait, ne laissant qu'une sensation de mal-être et parfois la peur de se rendormir.
Et ce qu'il en reste quelques heures après n'est souvent que quelques bribes le reste étant totalement refoulé par l'inconscient qui, très malin, va planqué ce qui était essentiel.
(non je ne donne pas dans l'interprétation des rêves du style "les 100 clés des songes").

Bref, je continue mon exemple.
J'ai donc rdv avec ce patient 15 jours plus. 
Il ne vient pas, annule à la dernière minute... comme je m'y attendais.
Oui, parce qu'il faut vous dire qu'en général je sais que tel patient ne va pas revenir après la demande de tel ou tel "travail".

D'abord, il y a des patients qui ne font pas leur "travail".
Ensuite il y a ceux qui l'ont fait partiellement.
Ensuite il y a ceux qui ont essayé, parfois très fort, mais qui n'y sont pas arrivés.
Il y a ceux qui n'ont pas trouvé le temps.
Il y a ceux qui sont tombés malades, c'est pas de pot.
Il y a ceux qui ont oublié leur "travail" chez eux.

Tous ont la même motivation, la peur d'être jugée.

Mais pas pour le contenu, pour la forme.
La majorité des patients qui ne font pas leur 'travail" psychothérapeutique en fait ont peur... que je vois leur fautes de grammaire ou d'orthographe, les ratures, les lacunes de vocabulaires, que je vois combien ils écrivent mal ou avec difficulté... de ne pas avoir fait ce que j'avais demandé tout simplement.

Ils se disent "je reviendrai lorsque j'aurai tout corrigé" ou "je reviendrai lorsque j'aurai fait ce que la psy m'a demandé"...

Bref, le psy est le prof.
Le psy est l'image parentale aussi.
C'est le prof, le parent qui juge, dit "tu ne travailles pas bien" et qui donne une note.
Le patient se comporte en enfant.

Alors maintenant je prends les devants. Je leur dit que je ne noterai pas le "travail". Ca les fait rire.
Je leur dit aussi que je veux quelque chose de spontané, pas de romancé. Peu importe l'écriture, les fautes, les ratures, le style, le manque de chronologie, je souhaite que ce soit écrit comme ça vient.

Mais il n'empêche certains ne reviennent pas ou pas tout de suite.
Ils me disent qu'ils n'avaient pas fait leur "travail".
"Et alors vous avez eu peur de quoi, que je vous gronde ou que je vous punisse ?"

Bien sur c'est l'effet du transfert, c'est intéressant. On analyse tout cela.

Ces patients qui ne reviennent pas ne sont qu'en fait face à eux mêmes. 
Il y a bien longtemps que leurs parents ne les grondent plus pour leurs fautes d'orthographe. Mais pourtant ça resurgit lors du travail psychothérapeutique. Les apprentissages ont la vie dure, l'image parentale aussi...

Vous, patients, il faut que vous soyez conscient de deux choses :
- le psy se fout totalement de la façon dont vous écrivez
- ce n'est pas le psy que vous pénalisez mais vous.

En effet, le travail écrit en psychothérapie sert à vous faire avancer vous.
Si vous ne le faites pas, vous n'avancez pas. Ce n'est pas le psy qui reste bloqué mais vous.
Ce n'est pas le psy que vous punissez mais vous.
C'est un travail personnel pas un devoir scolaire.
Tout ce que vous demande le psy, c'est pour vous que vous le faites. Pour personne d'autre. Rien que vous.

Pourtant si vous ne faites pas votre "travail", ce n'est pas grave. Vous n'aurez pas avancé c'est tout.
Ce n'est pas une catastrophe, vous ne serez ni jugé ni puni.
Vous n'aurez pas de mauvaise note non plus et votre psy ne vous déconsidèrera pas pour ça.
Vous êtes grands, si vous ne le faites pas ce "travail", c'est votre problème.

Allez, votre "travail", vous le ferez pour la prochaine fois.
Et puis si vous ne le faites pas, on parlera d'autre chose... mais surtout de pourquoi vous ne le faites pas.


vendredi 26 octobre 2012

La vie c'est comme les dents

Le blog reprend son rythme, cliquez toujours plus nombreux afin d'atteindre les deux millions de pages lues pour la fin de l'année (et on s'en approche)




Les dents ça pousse, ça tombe, ça repousse (une fois hein, ça suffit bien comme ça).

Françoise Dolto, dans ses écrits, expliquait que la première dent qui tombe marque la séparation de l'enfant au parent nourricier. 
L'enfant découvre alors que le parent n'est pas tout puissant, que son corps n'est pas celui de l'Autre mais bien le sien avec un vécu propre. Bref, c'est à ce moment là que l'enfant entame sa séparation psychologique et physique aux parents.

Les premières dents, lorsqu'elles poussent, font souvent mal. 
Bien sur il y a toujours des exceptions.
Mais souvent ça fait mal, ça fait des irritations aux fesses (sans que jamais scientifiquement on n'ait pu trouver une quelconque corrélation entre poussée dentaire et rougeur fessière, mais bon, les croyances perdurent).
L'enfant pleure et en même temps se réjouit. 
Certains enfants naissent déjà avec des dents, mais la majorité voit leur première dent pousser puis se dresser fièrement quelques mois après la naissance.
Ce petit truc blanc éclatant dans la bouche de bébé, humm que les mères qui allaitent adorent ça !!
Mais bon, pour tenter d'en revenir à mon sujet, les dents ça pousse et parfois ça fait mal, parfois non.
Puis le "grand" âge venant, ces dents de laits tombent.
Chez certains, je ne vous dit pas combien c'est long pour qu'elles tombent. 
Elles restent accrochées ces foutues dents, par les vaisseaux sanguins, juste par un coin... Ca gène. Et puis y l'autre qui pousse en-dessous quand ce n'est pas derrière... 
Ca fait super mal parfois, en plus des fois la dent se tord lorsque l'enfant mange... Une horreur totale.
Et puis c'est la joie de voir la dent définitive pousser.
Des dents d'adultes !
Ca fait super mal... oh la ! Elles sont grosses ces dents, il faut qu'elles forcent la gencive, il faut qu'elles poussent les autres. Parce qu'il y a certes plus de place car la mâchoire a grandi mais bon faut faire son trou, c'est pas facile, car les copines elles piqueraient bien toute la place. 
Sans compter celles qui poussent en travers, en arrière...
Mais bref, ça pousse. Ca s'arrange. Appareil orthodontique ou pas.
Et on n'y pense plus.
Faut juste bien les entretenir, les brosser dans le bon sens, pas trop fort.
Et jusqu'à un certain âge on n'y pense plus du tout.
Et puis il faut arriver à la fin de sa vie pour se dire que si on avait su on en aurait pris plus soin, on les aurait bien lavé, on aurait évité d'ouvrir les canettes avec... 

Et bien la vie c'est comme les dents.
Des fois ça fait mal.
Mais on sait que c'est pour que ça soit mieux après.
Des fois il y a des chutes, ça fait mal de tomber. On s'accroche.
Ca fait mal. Mais on tombe, on n'y peut rien, c'est comme ça, il faut.
Puis on repousse derrière. Plus grand, plus fort, parfois de travers.
Alors on corrige ou on n'y pense plus. 
Il faut brosser dans le sens du poil, doucement.
On vit avec.
Et puis à la fin de sa vie, on se dit qu'on aurait pu se relever autrement, faire plus attention.

Voila la vie c'est comme les dents, ça pousse, ça tombe, ça repousse plus fort.
Et c'est comme ça de tout temps.


On garde les dents de lait comme on garde ses souvenirs.
La petite souris est là pour adoucir la perte.

samedi 20 octobre 2012

Le Musée de la Vie Romantique

Le musée de la Vie Romantique est situé à Paris dans le IXème arrondissement.


C'est par un dimanche de grande pluie et après avoir tourné 30 minutes pour trouver une place que j'ai fini par trouver juste à côté du musée, que j'ai atterri au musée de la Vie Romantique.

Je souhaitais visiter l'expositions "Intérieurs", composées de 80 aquarelles mettant en oeuvre les intérieurs entre 1820 et 1890.

Avant de vous parler de l'expo, je vais vous parler du reste. 
Le musée est situé dans un grand pavillon, dit "hôtel Scheffer-Renan", entouré de verdure. Un îlot tel qu'il en existait de nombreux dans le quartier et qui est aujourd'hui coincé entre des immeubles bas. Nous sommes à moins de 100 m du Moulin Rouge que l'on aperçoit du coin de la rue Chaptal.

Si vous êtes un fan de George Sand, je vous conseille vivement de visiter ce lieu. On y retrouve au rez de chaussée des bijoux et objets lui ayant appartenu, une reconstitution avec ses meubles du salon du chateau de Nohant... On regrettera d'ailleurs que le tapis qui semble d'origine, vu que c'est le même dessin que sur les aquarelles de l'époque, sois totalement élimé à l'entrée puisque personne n'a jugé bon de le protéger des piétinements des visiteurs... 

 reconstitution du salon de George Sand

En passant par un vieil escalier, sans doute la seule chose que j'ai vraiment apprécié vu qu'il ressemblait comme deux gouttes d'eau à l'escalier dans l'immeuble d'un proche lorsque j'étais petite, on trouve plusieurs petites salles qui présentent majoritairement les travaux de Ary Scheffer, peintures et sculptures. J'ai d'ailleurs quelques difficultés à croire que tous les tableaux soient de lui parce qu'il existe des types de "finitions", des détails très différents dans le style d'un tableau à l'autre. En tout, de toute évidence, il avait un gros problèmes pour dessiner les bouts des doigts qu'il camouflait le plus souvent dans des poches, sous des ombres ou qu'il estompait au maximum... Quelque chose m'intrigue dans les portraits féminins et quelqu'un de plus cultivé que moi pourra sans doute m'apporter une réponse :
- soit Ary Scheffer avait des problèmes de vision
- soit les standards de dessin étaient très stricts
- soit les femmes choisies avaient toutes un fort lien de parenté
- soit Ary Scheffer a anticipé les mangas
- soit ces demoiselles avaient toutes de yeux globuleux...
Grands yeux proéminents qu'on ne retrouve pas d'ailleurs dans les bronzes très fins et très détaillés qui ne sont absolument pas dans le style du travail des peintures...
Le tout bien poussiéreux, allergiques s'abstenir!

L'exposition "Intérieurs".
Je n'ai pas été déçue par les apports sur la connaissance sur les papiers peints, les meubles, les hauteurs sous plafond. C'est très instructifs. Par contre, je ne suis pourtant pas très grande, mais j'ai trouvé que les cadres étaient placés un peu bas, d'autres obligent à se contorsionner lorsqu'ils sont placés au-dessus d'une cheminée. Et à moins qu'il fasse moins d'1m60 et très lax, le concepteur de l'expo a une vision assez étrange de la mise en scène... 
On nous présente donc 80 aquarelles (je n'ai pas compté !) qui décrivent principalement des intérieurs cossus, riches. 
On découvre les fumoirs de ces messieurs bleus ou verts et les boudoirs de ces dames rose ou ors.
Les décoration "à la japonaise" font un tabac alors même que le Japon n'était pas ouvert aux occidentaux. Les hauteurs sous plafond sont étonnantes, au moins 4 m voire plus, alors qu'il n'y parfois pas de cheminée dans la pièce... 
L'utilisation de l'espace et donc la répartition des meubles dans les pièces sautent aux yeux : l'éclairage étant peu efficace, seuls les salons et instruments de musique étaient au centre des pièce ou du côté non vitré, alors que toutes les tables de lecture et de jeux étaient devant les fenêtres.
Et plein d'autres choses (les papiers peints, les tapisseries, les tapis, les murs tendus...) si vous avez le sens de l'observation, parce que ce ne sont pas les explications qui vont vous étouffer, les étiquettes ne servant qu'à vous préciser le nom de l'aquarelliste et l'année de réalisation du dessin.




Si comme moi vous aimez le dessin, vous serez certainement surpris car les (grands !) ratés des perspectives dans certaines aquarelles !! 
Sinon on ne peut nier que les aquarellistes avaient un sens énorme du détail et des pigments et une bonne patience dans leur travail.





Je ne finirai pas par le salon de thé, car comme il pleuvait la terrasse était fermée et en intérieur il y a 3 tables qui ne désemplissent pas.

(J'espère que le gardien "vigipirate" de l'entrée aura fini par recevoir sa parka qui lui évitera de se geler sous la pluie)

Je conclurai donc en vous conseillant d'aller voir l'expo "Intérieurs" qui est très informative si vous vous intéressez aux décors et aux cadres de vie (de la haute Société), reflet d'une certaine Société... Sinon, à moins encore une fois d'être un grand fan de George Sand,... allez ailleurs.

(La prise de photos étant interdite, je vous propose ici quelques photos qu'on peut trouver sur le net...)

samedi 13 octobre 2012

un petit coucou du tgv

A l instant même ou j'écris je suis dans le TGV qui me ramène à Paris.

j ai passé la journée à Lyon. Dans le cadre de la semaine égalité hommes/femmes, pardon femmes-hommes, je suis intervernue  pour présenter l association et expliquer le cas des hommes victimes de violences conjugales.

ce que j ai pu y raconter n est pas intéressant ici mais pendant près de 45 minutes ns avons bénéficiez de l intervention d activistes féministes, hommes et femmez confondus dont certains de tote évidence venaient juste pour, passez moi l expression, foutre la merde.

En fait ca été plutot amusant et il a fallut l intervention de la police pr que le groupe parte en courant.

chants féministes, accusation de participer au
système patriarcal, guitare et slogans sexistes, on a tout eu et ca ne manquait pas d ambiance. On est resté très calmes, on a même dansé, je les même filmé ce qui a eu le don de les énerver.

Bref, ceux qui sont restés ont été calmes et respectueux : des psys, s étudiants, des intervenants sociaux et des hommes venus apporter leur témoignage spontané. Etre chahutés c est plutot cool car  ca montre que l action des associations qui se penchent sur le cas des hommes victimes agitent le paysage.

Bon le train est arrêté depuis 30 minutes.. pas sur qu on repartent de suite. C est bien la peine de prendre un train rapide.

20 minutes d'arrêt à Macon !

(je sais y a plein de fautes et ya pas d'accent mais c est gonflant d ecrire via le mobile)


vendredi 5 octobre 2012

Les collectionneurs : passion ou trouble mental ?

Il existe peu d'études sur les collectionneurs.
Sans doute parce que nous sommes tous un jour passés par là. Surtout dans notre enfance, qui n'a pas collectionné des timbres, des images Panini, des marrons à l'automne, des figurines d'animaux... ?
Et qui n'a pas fréquenté certains adultes qui ont vu leur collections d'enfance se transformer en véritable passion ? Passion des voitures, passions des timbres, passion des pièces de monnaie... ?

Mais la "collectionnite aigüe" existe aussi ! Qui n'a jamais vu, ne serait-ce que dans un reportage télévisuel, ces fans collectionner depuis 50 ans le plus d'objets ayant appartenus à une "star" ? Au point que toute la maison en est rempli et que le fan lui même s'habille comme son idole... Sans parler de celui qui passe à vie à envahir son espace de vie d'objets aussi divers que variés entassés au fur et à mesure des longues pérégrinations au sein de boutique, marchés ? Qu'en est-il de celui qui semble ne plus collectionner mais bien entasser tout ce qui lui tombe sous la main, bien qu'en y approchant on constate une certaine logique dans ce qui est gardé ?

Car ne nous y trompons pas collectionner ce n'est pas entasser.
Et si collectionner des timbres ne relève pas d'une pathologie avérée, pour l'entassement c'est une autre histoire.

L'envie de collection apparait dans l'enfance, vers 6 ou 7 ans. L'enfant a trouvé un truc joli, il en veut d'autres ou il a été initié par un oncle, un grand père qui a réussi à lui faire partager sa passion.
L'enfant par nature est collectionneur, c'est sa façon d'appréhender le monde et de le classer. Il prend connaissance, évalue, range, étiquette... Nous continuons à tous faire cela d'ailleurs pour nous intégrer.
Mais chez l'enfant ces processus psychiques sont visibles comportementalement et on pense que les collectionneurs auraient gardé un mode de fonctionnement infantile.

Cela ne remet nullement en cause leurs capacités cognitives, ni même l'organisation de leur personnalité.
Et même s'ils sont passionnés et capables de faire 5000 kms dans le week end pour acquérir la pièce recherchée, ils savent ce qu'ils vont chercher et peuvent s'en passer, même si cela génère regrets et colère. L'impact sur l'entourage est plus ou moins important. Et on considère qu'un collectionneur "sain" saura limiter sa passion afin de réduire l'impact négatif que cela pourrait avoir sur ses proches.

Certains n'en sont pas capables. Et l'impact est fort. On trimballe tout le monde de mauvais gré pour aller chercher telle objet à tel endroit. Même si ça n'intéresse pas les autres. Le monde commence à être centré sur la collection et plus sur la réalité. Ceci dit les capacités cognitives sont encore en bon état, même si l'organisation de la personnalité parait rigide. Nous sommes ici dans ce qu'on appelle "le collectionnisme". La limite entre l'obsession et la passion sont ténues, mais là la collection envahie le champ de la vie. Ce n'est pas toujours un trouble du comportement car, soyons réalistes, pendant que le collectionniste cherche, chasse, pense, chine, voyage.... il ne fait pas autre chose. Le tout est de savoir si ce qu'il fuit est à l'intérieur de lui ou à l'extérieur. Mais dans tous les cas, le collectionniste ne fait pas face.

Et puis, il existe une troisième catégorie.  Les "entasseurs".
Ce sont souvent des personnes plutôt âgées.  Comme le terme l'indique, ces personnes entassent. Soit avec un thème mais il y en a partout, cela a envahit la cheminée, le papier peint, le dessin du tapis...  soit c'est tout et n'importe quoi parfois jusqu'aux espaces communs ou dans la cave...

Toute la difficulté est de savoir si on a affaire à une personne qui présente un trouble mental ou si c'est un choix de vie. Ainsi une personne peut décider d'entasser des objets anciens qui lui rappellent un événement. Si c'est un choix personnel, nul ne peut intervenir. Bien qu'il sera intéressant de se poser la question de pourquoi cet événement est si important et prégnant dans le vie de la personne. Si cela ne démontre pas un trauma ou quelque chose dont elle n'a pu se détacher. 

Les autres entasseurs entassent par angoisse. Ils ne peuvent se détacher des objets collectionnés, ils présentent une incapacité à perdre, à lâcher, à se séparer. Un travail de deuil n'a pas été fait. Ils vivent sans cesse dans le passé. Mais surtout ils ne font plus la différence entre leur "soi intérieur" et l'extérieur et l'accumulation vient compenser les failles dans la protection, comme s'il fallait colmater les brèches en soi avec tout ce qui tombe sous la main par peur d'un morcellement.Par contre, ils ne sont pas passifs, mais bien actifs. Ils agissent en lutte contre.

Chez les "grands" collectionneurs ont est dans 50 % des cas face à des personnes qui ne présentent pas de troubles mentaux mais qui ont des aspects anxieux et stressés. Dans 50 % des cas, ces individus présentent des troubles psychotiques avec détérioration intellectuelle.

Ce qui permettra de faire la différence entre ces catégories est bien sur le questionnement, mais aussi l'observation du milieu de vie. Y a t il envahissement ? Dégradation ? Négligence ? Quel est le degré d'isolement social et familial ? Quel impact sur l'espace social ?


Lorsque collectionner devient de l'art...





lundi 1 octobre 2012

Nostalgie - les fantômes du passé

(la semaine commence pas super, alors je ne sais pas si j'aurai le temps -ou l'envie- de venir mettre un autre article cette semaine)

Vous avez sans doute vécu à différents endroits dans votre vie. Qu'en reste-t-il dans vos souvenirs ? Qu'en reste-t-il dans la réalité ? Et comment se confrontent les deux ?

Mes parents ont beaucoup déménagé lorsque j'étais enfant, du coup j'ai beaucoup déménagé aussi ! C'était bien plus facile alors, on ne vous demandait pas une liste de papier longue comme un bras suivi d'un questionnement digne d'une enquête policière. On quittait un appart, parce la journée d'avant on en avait trouvé un mieux. On écrivait au propriétaire "demain  je ne serais plus là" et le lendemain on partait en posant les matelas sur le toit de la voiture. Des fois on traversait juste la rue...

Sur tous les endroits où j'ai pu habiter seuls 2 ou 3 m'ont marqué et ont laissé des souvenirs. Tout paraissait immense et magnifique alors.

Les hasards de la vie -ou peut être pas- on fait que j'ai souvent eu l'occasion de repasser devant les lieux où j'ai vécu enfant.

J'ai habité en région parisienne dans un petit immeuble. Ç’avait été certainement un ancien hôtel particulier qui avait été découpé en appartements.
Lorsque mes parents avaient déménagé, le vieil petit immeuble à côté avait déjà été abattu pour être remplacer par un grand ensemble "moderne". Nous en étions séparés par une haie dans laquelle je ramassait les coccinelles l'été.
Il y a quelques années je suis passée dans la rue et je m'y suis arrêtée. Assez étrangement l'allée d'accès à l'immeuble était toujours au même endroit, elle avait toujours la même forme mais au bout se dressait désormais un grand immeuble avec balcons. Là où se trouvait l'appartement de mon enfance, il y avait désormais l'entrée et l'ascenseur, le tout entouré d'immenses baies vitrées. Le jardin du gardien qui faisait pousser de magnifiques roses odorantes -et que j'allais cueillir la nuit avec mon père pour les offrir à ma mère- avait été remplacé par des dalles en béton... Pourtant en regardant ce grand truc, je ne voyais que l'image du vieil immeuble, la petite porte d'entrée, le jardin, la haie... Je voyais quelque chose qui n'existait plus et qui n'avait jamais existé pour bien des gens.

J'ai aussi habité à Vanves, dans un petit passage. Je passe devant souvent.
Il y a deux ans j'ai décidé d'aller voir. L'immeuble dans lequel j'avais vécu y était toujours, sauf qu'il avait été transformé en usine. Au premier étage, je souriais de voir des ouvrières en blouse fumant leur cigarette appuyée sur le rebord d'une fenêtre, fenêtre qui avait celle de ma chambre. Je revoyais encore la chambre de mes parents à côté. La porte d'entrée était toujours la même. Rien n'avait changé de l'extérieur. Le pavillon en face était toujours là...

Et puis il y a peu un ami m'a dit "es tu retournée dans la rue... ? non ? Tu devrais....".
Alors je suis allée voir. 
Tout a été rasé.
De jolis immeubles tout blanc avec balcons ont remplacé tout ça.
Pourtant je n'ai pas besoin de fermer les yeux, je vois encore l'immeuble usine. Je vois encore la fenêtre de ce qui fut ma chambre, les rideau avec des feuilles colorées. Cette image se superpose à la réalité.

Il y a certainement quelque part dans ma famille des photos qui atteste que ce que j'ai dans ma mémoire a existé. Pourtant c'est étrange c'est impression fantomatique. Pas de regrets, pas de nostalgie vraiment, mais l'impression bizarre de voir quelque chose que personne d'autre ne voit. Vous savez un peu comme sur les vieilles pellicules, ces photos spirites, où on voyait de soi-disant spectres transparents se superposer aux images photographiées.

Mes souvenirs ne sont plus la réalité. 

Je peux vous décrire tout ce que je veux, jamais vous ne pourrez vous imaginer ce que c'était. 
Jamais vous n'arriverez à vous imaginer l'image que j'ai dans la tête et que je peux "voir".
Du coup mes souvenirs sont-ils faux ?
Cela vous est certainement déjà arrivé... vous en pensez quoi de cette réalité fantomatique ?

 Les moches non plus...
















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