jeudi 28 février 2013

Joue au psy ! (2)

Un jeune homme fait le constat que son amie ne s'aime pas.
Elle n'aime pas son corps et le critique sans cesse. Elle est tout le temps au régime et tente de faire du sport. Ce qui reste sans grand effet. Du coup elle est toujours de mauvaise humeur.

Ce jeune homme pourtant aime sa compagne comme cela. Il la trouve jolie et le lui dit.
Elle prétend qu'il ment et dit cela pour lui faire plaisir.

Ce homme aimerait pouvoir aider sa compagne.

Qu'en pensez vous docteur ?

A vos écrits !

--------------------

Ah la la, comme vous y allez tous (ou presque) !
Vous voyez vous êtes tombés dans le panneau de la p'tite demoiselle.
Relisez bien ce que vous écrivez, vous en êtes quasi tous à vous demander pourquoi elle va pas bien, qu'est-ce qui cloche, qu'est-ce qu'on pourrait faire pour elle... 
Mais elle ne vous demande rien.
Je vous rappelle que c'est son copain qui consulte pas elle.
C'est son problème à LUI  qu'il faut résoudre.
Or vous faites comme lui, vous cherchez à la sauver elle.
Et ça marche bien.
Il se passe avec vous exactement ce qui se passe avec lui, elle attire l'attention, on se préoccupe d'elle, on se focalise sur elle. Elle est le centre de l'attention tout ça parce qu'elle se positionne en victime. La pauvre.
Et lui dans tout ça ? Tout le monde s'en fout.
Or c'est lui qui est en détresse pas elle.
C'est une grosse manipulatrice, certes en manque de preuves d'affection, certes avec de gros problèmes à résoudre de confiance en elle, peut être de dysmorphophobie, mais elle ne consulte pas.
Lui arrive donc avec ses gros sabots en se demandant comment il pourrait l'aider.
Car oui, lorsqu'il s'est mis avec elle, il s'est dit "moi je vais l'aider, moi je vais la sauver, elle ira mieux avec moi". 
Que dalle.
D'abord jouer au psy ce n'est pas son rôle.
Son rôle c'est d'être un compagnon, de la soutenir psychologiquement, de faire des projets avec elle, mais pas d'essayer de l'aider.
Ensuite, leurs relations dès le départ sont faussées. 
Elle joue à la petite fille qui a besoin du regard valorisant de papa et il joue au papa qui dit à sa fifille 'mais oui t'es belle, t'es la plus jolie de toute".
Mais problème, elle n'est pas sa fille, il n'est pas son père, donc rien ne se résoud.

Ensuite, normal qu'elle ne le croit pas, car oui ce jeune homme est un hypocrite. Je veux bien croire qu'il l'aime et qu'il la trouve jolie, mais à force de lui dire qu'elle est super jolie, elle a comme un doute parce que la perfection ça n'existe pas, elle doit bien avoir quelques défauts. Elle n'est pas parfaite, même pour lui qui l'aime. A force de lui dire qu'elle n'est que jolie, elle ne peut plus y croire, en plus ça fait appel à son corps (qu'elle rejette), mais à son esprit que lui dit il ? Même si elle est super jolie, même si elle est la plus belle du monde (selon lui), elle n'est pas qu'un corps, or il fini à la réduire uniquement à cela. Or déjà qu'elle a une problématique corporelle, si on la réduit à son corps "déformé" on peut imaginer ce qu'elle en pense.

Il faudra donc expliquer à ce jeune homme que ce n'est pas à lui de l'aider et que lui ne peut rien pour elle si elle ne veut pas sortir de sa problématique.
De toute façon, ils sont ensemble pour une raison non viable, aucun des deux n'étant à sa vraie place.

De toute façon, comme l'écrivait Nakito, elle va tout faire pour le pousser dehors. Non pas qu'elle ne l'aime pas ou qu'elle le souhaite, c'est un test. Elle lui dit qu'elle est moche pour avoir un retour rassurant, mais comme ce n'est pas assez rassurant elle en rajoute et lui disant qu'elle n'a pas confiance, il surjoue sa beauté, jusqu'au jour où il en aura marre de l'entendre se plaindre et la quittera. Et elle pourra lui dire "tu vois bien que j'avais raison de ne pas te faire confiance, tu me mentais".

Dans une situation pareille, surtout on n'aide pas l'autre, on lui propose d'aller consulter. Et si elle (il) ne veut pas soit on accepte de subir soit on part en laissant l'autre se débrouiller.





lundi 25 février 2013

Joue au psy ! (1)

Une jeune femme vient raconter sur le net ses déboires avec sa petite copine. 
Elles se connaissent d'il y a quelques mois, mais par une contrainte survenue, elles se sont installées très rapidement ensemble.

Mademoiselle (pardon, ça ne se dit plus) lit les emails et les textos de sa copine et découvre que celle-ci raconte tout à une amie, leur vie, leur intimité. Et elle découvre par la même occasion le passé, pour ne dire le passif, de sa copine. Elle s'interroge alors sur le sentiment de trahison qu'elle ressent d'autant que très pudique elle ne supporte pas l'idée que sa copine commente leur intimité à une tierce personne. Elle se demande aussi si elle peut faire confiance à cette petite amie.


Qu'en pensez vous docteur ?

A vos écrits.

-----------

Merci pour les commentateurs. 
Vous aurez bien sur remarquer la dissonance cognitive (et comportementale) chez cette jeune fille. Elle se plaint que sa compagne ne respecte pas son intimité, mais elle même ne respecte pas l'intimité de son amie. 
On s'étonnera que quelqu'un de pudique ait tellement envie de connaître l'intimité de l'autre. Cette étonnante pudeur serait peut être à creuser du côté d'une phobie d'exhibitionnisme, donc comme il se doit l'envie forte mais contrainte de s'exhiber.

La contrainte est externe, mais de toute façon, cette jeune femme n'a pas su dire non. Et elle semble le regretter. Cette immaturité l'a placé en insécurité, sa compagne étant désormais perçue comme une intruse, intruse dans le logement, intruse dans sa vie, intruse dans son intimité.

On voit poindre une problématique sexuelle, peut être d'abus.
Ce que viendrait compléter l'idée qu'elle ne supporte pas qu'on parle de son intimité à une tierce personne, comme si on la "donnait" sans qu'elle puisse s'en défendre.

Et comme vous l'avez souligné, on se demandera pourquoi son amie à tellement besoin de parler et de commenter son intimité à une tierce personne. Besoin de s'exhiber ? On arriverait alors à un couple phobie de l'exhibitionnisme/exhibitionnisme. Chacun venant tempérer l'autre... si elles arrivaient à se parle.

Je signalerai que contrairement à ce que semble penser cette jeune femme sa compagne lui fait confiance. En effet, pour pouvoir accéder à ses emails il faut qu'elle détienne son mot de passe. Or si sa compagne le lui a donné c'est qu'elle lui fait confiance. Mais aussi qu'elle avait peut être envie que ses emails et le contenu en soi lu. Exhibitionnisme excitatif encore ? (imaginer que sa compagne inhibée puisse lire ses écrits intimes peut la faire fantasmer). Ou désir d'initier la parole sur cet aspect et sur le 'passif' ?

La thérapie de couple s'impose non ?




jeudi 21 février 2013

Changer un pneu où comment la philo est partout...

Alors que de bon matin il me pris l'idée d'aller faire laver ma voiture, pendant que l'automate a bandes "douces" s'évertuait à enlever la saleté en rayant ma carrosserie (non pas la mienne celle de ma voiture), un homme était garé juste à côté sur le parking de la station service.

De bon matin lui avait décidé de changer un de ses pneus.
Il ouvrit un coffre super bien rangé (pas comme le mien puisque vous voulez savoir).
Il pris son cric le posa devant sa roue (arrière) et cric cric cric assura comme un ouf à la manivelle.
Puis il pris son écrou de sécurité, sa clé et démonta ses écrous sans forcer.
Il enleva son pneu.
Qu'il posa délicatement sur le sol.
Puis il attrapa son autre pneu et refit les différents mouvements pour tout remettre en place.

Et lorsque ma voiture fut lavée, soit 5 minutes au total, il avait fini.

Je serai bien incapable de faire ça si vite (je n'ai pas dit que j'étais incapable de la faire, nuance).

De toute évidence ce n'était pas la première fois qu'il faisait cela.
(Ca ne m'est jamais arrivé)
(ca viendra je sais)

Mais je me disais que la dextérité qu'il mettait à changer sa roue était typique de l'approche qu'on a de la vie.
Certains n'ont pas peur des changements.
Certains essaient et voient si ça fonctionne.
Certains, face à l'adversité, ne s'effondrent pas et mettent tout en oeuvre pour régler le problème.
Certains le font avec facilité, d'autres pas.
Certains regardent les autres se débattre.


Et certaines ont des bombes anti-crevaison dans leur coffre....


De toute évidence, elle sait changer un pneu. Mais pas remettre sa culotte... 
On ne peut pas tout savoir.


lundi 18 février 2013

Le dialogue intérieur ou la petite voix

Avec l'âge beaucoup de personnes se mettent à parler tout haut, à se parler tout haut.
Beaucoup se moquent. 
Comme si eux ne se parlaient jamais.
Comme s'il n'existait pas une petite voix intérieure, là dans la tête, qui vient commenter, expliquer, réfléchir, insulter tout ce que nous faisons.
Lorsque j'écris n'ai je pas déjà "parlé" ce que je vais écrire dans ma tête ?
La pensée ce sont des images, ce sont des paroles, ce sont des ressentis.
Selon les cultures on pense plus en images qu'en paroles, dans d'autres c'est l'inverse.
Question d'éducation aussi;
Question de bien vouloir s'écouter aussi, de bien vouloir s'entendre.
S'entendre c'est s'écoute mais c'est aussi "s'entendre", s'aimer bien, aller bien ensemble.

Mais le dialogue intérieur que l'on peut avoir avec soi, le pour, le contre, l'irraisonnable, le raisonnable, est avant tout encore une fois une question d'apprentissage.
On se parle, mais on se dit ce qu'on veut entendre, ce qu'on nous a appris à penser, à oser dire, à envisager, à remettre en cause...
Or la pensée est parfois en décalage avec ce qu'il faudrait penser.
Comment être objectif lorsqu'on n'ose pas exprimer du mal d'une situation ou de quelqu'un ?
Comment agir correctement lorsqu'on n'ose pas envisager de se lancer dans l'aventure parce que la petite voix dit qu'on est fou, qu'on n'y arrivera pas ?

C'est ce qu'on appelle de la distortion cognitive.
Et la pensée c'est aussi difficile à "rééduquer" que les comportements.
D'ailleurs en modifiant les comportements on modifie la pensée et en modifiant la pensée on modifie les comportements. 
Plus ou moins en fait. Tout dépend aussi de la volonté de chacun de changer.

Pourquoi changer ?
Parce que si vous êtes assis sur le canapé de votre psy, c'est qu'il y a quelque chose qui ne va pas. C'est ça qu'il faut changer.
Si vous n'allez pas chez le psy c'est que soit il n'y a rien à changer (ça doit exister) soit que rien ne vous gène (et c'est très bien, sauf si votre entourage en souffre).

Alors avant d'envisage de modifier vos comportements, il va falloir apprendre à changer votre façon de penser, il va falloir que votre dialogue intérieur aille dans le sens où vous aimeriez qu'il aille ou au moins qu'il soit capable d'envisager le pour et le contre, le rationnel et l'irrationnel. Attention, il ne s'agit pas d'arriver à ce dire que, par exemple, ce qui est irrationnel est mal, non il s'agit simplement d'arriver à penser.

Penser ce n'est pas juste avoir des pensées. 
Ca tout le monde en a.
Penser c'est envisager le monde d'une certaine façon et en tout cas pas de façon rigide.
Lorsque nous croyons que ce que nous pensons est vrai et que c'est la seule réalité et qu'on n'y peut rien changer, la folie n'est pas loin.
Car, j'en ai déjà parlé, ce que nous voyons, sentons.. n'est pas vrai. Tout n'est qu'interprétation neurologique, sensitive, hormonale, neuromédiatrice et électrique.

Penser c'est accepter l'idée que ce que nous pensons, ce que nous dit notre petite voix intérieure est peut être faux ou inadapté, voire pire manipulé et injecté dans notre pensée.

Cette petite voix intérieure est flexible, malléable, même si c'est difficile et si encore et toujours cela demande du "travail". 
Oui on peut s'opposer aux pensées automatiques apprises dans telle ou telle circonstances et sans doute adaptées alors, mais qui se glissent aujourd'hui partout en toute circonstances même là où elles ne sont pas adaptées.
Oui on peut détruire les stéréotypes, ces croyances qui reposent sur des on-dits et qui sont renforcés par nos expériences que nous réinterprétons à la lumières de ces stéréotypes !
Oui on peut analyser nos propres pensées et les accepter ou les rejeter.
Oui on peut créer des pensées nouvelles plus claires, plus nettes, plus simples, plus joyeuses aussi peut être. 
Oui on peut déprogrammer ce qui a été appris pour y mettre nos propres "règles", nos propres valeurs.

Notre système de pensée se doit d'être ouvert sur notre intérieur mais aussi sur l'extérieur.
Enfant vous avez été flexible et vous avez su vous adapter, devenir adulte ce n'est pas devenir rigide, bien au contraire à la lumière de notre accès à l'autonomie et la responsabilité, plus que jamais il est possible d'être flexible et adaptable.



Rester flexible en toute circonstance...


samedi 16 février 2013

Beaucoup trooop gentille...

Si vous arrivez ici par hasard, sachez que cet article est la suite du précédent dans laquelle vous avez vu comment en 3 emails, sans même être en face à face, une personne arrive à générer de l'agressivité à son égard.

Bon, cette patiente que je trouvais très narcissique (et sans gène !) m'expliqua que d'après elle son problème principal était qu'elle était "troooop gentille" avec ses compagnons. C'est vrai, elle faisait tout pour que tout se passe bien. Elle faisait tout à la maison, elle achetait tout ce qu'il fallait, elle anticipait tout ce qu'ils pourraient désirer, elle ne disait jamais non... bref, la compagne parfaite et idéale selon elle.

Mais que pourquoi donc ça ne fonctionnait et que ses compagnons, qui étaient d'ailleurs fort doux au départ, devenaient au bout de 3 à 4 mois de vrais tigres tentant de la lacérer ?

Bien sur qu'on ne pouvait totalement nier l'idée que peut être ils avaient une face cachée, qu'ils s'étaient montrés doux pour l'attirer dans leur rets et qu'ensuite avait surgit leur vrai visage. Bref, elle se serait fait avoir. Ca arrive, plus souvent qu'on ne le croit d'ailleurs, chacun tentant de "maquiller" ce qu'il est, lorsque l'intimité et le temps font leurs affaires, la réalité est parfois bien moins sympa qu'on en le croit.

Elle y croyait mais pensait aussi qu'elle était un terreau qui avait permis la mise en place de ses comportements agressifs. Une proie parfaite facilement manipulable.

Mais réfléchissez bien et mettez vous 5 minutes à la place de ses compagnons. Imaginez votre partenaire super sympa, hyper prévenant, vous n'avez jamais rien à dire ni à demander, tout est fait, fin prêt et parfait. Ca ne vous parait pas un peu étouffant ? Si n'est-ce pas. Et qu'est-ce qu'on fait lorsqu'on étouffe ? On tente de sortir vite fait, quitte à tout balancer, pour pouvoir respirer. 

C'est exactement ce que cette femme génère. Une sensation d'étouffement. Elle en fait trop. Elle est trooop gentille, on vous l'a dit. 

Mais est-ce vraiment de la gentillesse ?

Réfléchissez encore.
Si votre partenaire prévient tous vos désirs, vous n'avez plus rien à désirer. 
Et en plus vous n'osez pas lui dire que ça ne vous plait pas, parce que votre partenaire semble le faire avec tellement de gentillesse que ça vous fend le coeur que votre réaction puisse le rende triste.
Mais si vous ne désirez plus rien, votre vie devient fade. Le plaisir dans le vie vient du désir et de la difficulté à combler ce désir puis de la fierté à la réussite de le combler. 
Donc déjà plus de désir.
Mais en plus, votre partenaire ne lit pas dans vos pensées. Ce partenaire pense que "ça" ça va vous plaire et combler vos désirs. Ce sont donc ses pensées à lui qu'il projette sur vous. Il ne cherche donc pas à vous faire plaisir, mais bien à se faire plaisir à lui, tout en émettant que c'est pour vous plaire. A aucun moment il ne vous demande votre avis, il ne vous demande ce que vous vous aimeriez, il ne vous demande pas si ça vous plait. Non, il en est sûr, il pense à votre place, il agit à votre place. 
Le (ou la) "troooooooop gentil(le)" n'est qu'un manipulateur narcissique qui vous impose sa façon de voir et de vivre. Il nie votre identité, il nie vos désirs, il nie votre droit à exister. Vous n'exister que pour lui permettre de mettre en avant sa (pseudo) gentillesse et se transformer en victime dès que vous émettez un désaccord.

Alors bien sur, cette tellement charmante jeune femme a fini par comprendre que d'être "troooop gentille" n'était que le fruit d'une volonté de domination sur l'autre. Cet autre qui étouffait et qui voulait avoir le droit d'exister par lui même et d'exprimer ses désirs. Et qui n'en pouvant plus partait violemment. Et en plus la traitait de manipulatrice. "mais non, je vous assure ils n'ont rien compris, je suis siiii gentille avec eux comment peuvent-ils être siiii méchants ?". Non, c'est toi qui n'a rien compris à ce que tu fais subir aux autres, vile narcissique.

Et puis le nouveau compagnon de Miss Trooop Gentille a fini par arriver. 
Je la vois. Elle me dit qu'elle s'est décidée suite à sa réflexion psychothérapeutique, à lui faire de la place dans l'appartement et même sur la table (oui ce n'était pas prévu). Mais ça été difficile. Et puis, elle est partie dans un magasin de déco, a acheté plein de choses "masculines" pour égayer la maison, a choisi quelques posters tout ça pour que son chéri se sente bien.
"Et", lui ai-je demandé "il ne vous ai jamais venu à l'idée qu'il aurait pu choisir lui même ?"
"Euuuuh, ben non."
"vous n'avez pas l'impression d'imposer vos choix décoratifs à votre nouveau compagnon ?"
"Je n'avais pas vu les choses comme cela, mais si ça ne lui plait pas on jettera tout et puis je l’emmènerai choisir d'autres objets".
Bien sur que tout juste arrivé, ce type rencontré sur le net et qu'elle connait à peine va lui dire que ça ne lui plait pas et qu'il aimerait mettre la déco à son goût...

La séance suivante fut intéressante. Après m'avoir envoyé un matin 50 emails entre 8h et 9h, je la reçu le même jour quelques heures plus tard. 
L'envie de l'étrangler me taraudait et ma psychopathie naturelle trouvait un terreau parfait pour s'épanouir. J'hésitais encore entre le garrot et l'arrachage en douceur des ongles.
La séance commença fort, je l'engueulai un bon coup.
Pas de réaction.
Alors lui fis-je remarquer "vous cherchez à me dominer, en réaction je vous engueule et vous vous écrasez ?"
Elle commençait à comprendre. 
On rejouait encore une fois la scène familiale et la lumière se fit.
Mais je ne vous dirai pas tout, na na nère...




mercredi 13 février 2013

Elle m'énerve, mais elle m'énerve...

Ben oui quoi, y a jamais des gens que vous avez envie de baffer au bout de 5 minutes ?
Moi si.

Une patiente.
On est mal partie elle et moi. Enfin surtout elle.
Elle a pris RDV par email. No blem.
Puis m'a renvoyé un email rapidement pour me dire qu'en fait sa consultation devait durer 1h30 parce qu'elle en a vraiment besoin et que comme j'étais super compétente ça irait plus vite. Sans même me demander si ça me convenait ou pas. En plus vous savez ce que j'en pense. La consult durerait 1 heure et pas une minute de plus.

Le lendemain re-email pour me raconter comment elle avait tendance à se faire malmener par ses ex compagnons. Et en profitait pour me dire que le rdv serait à 17h, parce que c'était plus facile pour elle et que comme j'étais super agréable je comprendrais ses contraintes.
Le rdv était fixé à 11h et il l'est resté.

Surlendemain... rere-email hyper long. Pour me dire que les échanges avec moi par email étaient fructueux (je n'avais pas mis 2 lignes !) et que désormais j'étais tellement sympa qu'elle m'écrirait souvent pour entretenir la psychothérapie. Ou comment me faire un compliment pour faire passer la pilule. Le genre de truc que je ne supporte pas.

Et que je lui ai répondu un truc super sec de 10 mots maxi.

Bon faut vous dire qu'à la fin de ces quelques jours, je n'avais qu'une envie c'était de lui mettre une baffe.
Ce qu'avaient d'ailleurs fait TOUS ses compagnons précédents.
Ca alors.

Première séance, une nana ouverte sympa que j'installe sur le canapé.
Et qui se lève brutalement au bout de 3 minutes, saisit une chaise, s'installe sur le bureau à 30 cm de moi, sort un dossier, me met des documents sous le nez et continue sa parlote.
Je lui coupe la parole.
Moi : "il n'y a rien qui vous choque dans ce qui vient de se passer ?"
"Ben, non, pourquoi ?"
Moi : "Je vais vous dire. Vous m'avez envoyé 3 emails et par l'effet du contre-transfert je n'ai une qu'une envie c'est de vous envoyer vous faire voir. Alors là vous voyez, le fait que vous vous rapprochiez m'est égal, mais le fait que vous ne me demandiez pas la permission de vous mettre sur le bureau ni de savoir si je veux bien lire vos documents, m'agace fortement. Alors je ne vous connais que depuis 5 minutes et j'ai déjà envie de vous sortir, alors imaginez un type avec lequel vous vivez et qui vous voit 4 heures par jour ce qu'il doit avoir envie de vous faire..."

Ca l'a laissé sans voix.

Après réflexion, elle m'a dit qu'elle se doutait qu'il y avait une part d'elle qui avait du participer au climat délétère qui avait existé avec ses compagnons. Et comme elle en avait trouvé un nouveau qui venait s'installer quelques jours plus tard chez elle, elle avait besoin de savoir ce qui clochait afin de ne pas revivre la même chose. Et qu'en plus ce serait bien de savoir d'où ça vient.

Et c'est de là que je vous expliquerai bientôt pourquoi cette patiente était TROOOOOOP gentille.

Qu'elle dit.

Quel suspens !




vendredi 8 février 2013

DSM 5

Le DSM (diagnostic and statistical manual) est à la santé mentale ce que les pages jaunes sont aux numéros de téléphones. Il permet de catégoriser et classifier les troubles mentaux, en allant des névroses aux psychoses et autres troubles. Il est surtout utiliser par les psychiatres et les psychologues cliniciens dans l'apprentissage de la reconnaissance des symptômes des troubles mentaux. Normalement, le DSM est une aide, un guide. Pas une bible. Si actuellement nous en sommes à la quatrième version (DSM IV) qui parfois n'est pas toujours claire avec des troubles qui se recoupent, le DSM reste avant tout à l'image des praticiens qui l'ont construits : les psychiatres nord-américains influencés par les lobbies de laboratoires pharmaceutiques mondiaux. Je ne nierai pas l'intérêt du DSM qui sert vraiment. Il existe aussi une autre classification, européenne celle-là et reconnue par l'OMS, la CIM version 10. DSM et CIM sont complémentaires en ce que le DSM présentent surtout les symptômes alors que la CIM permet de cerner les causes (les fameux axes) que ce soit médical ou environnemental par exemple. 

Le DSM V va donc bientôt paraître puisque normalement tous les nouveautés ont été finalisées fin 2012. Des arrangements sont toujours possibles mais ils seront minimes.
Bien sur cela veut dire que la CIM va devoir se refaire une beauté et présenter une version 11.

Alors quelles vont être les grandes nouveautés ?

D'abord dans la globalité, soyons réalistes, il est très clair que le but est de psychiatriser le plus de monde possible. Ce qui va permettre de prescrire des antidépresseurs, anxiolityques et psychotropes à tout va et relancer sans conteste l'économie pharmaceutique mondiale. Tout va ou presque va devenir trouble mental puisque le moindre trouble même à durée courte et n'étant apparu qu'une fois donnera lieu à diagnostic de trouble mental. De nombreux psychiatres, psychologues et psychanalystes mondiaux se sont opposés à certains réaménagement, sans grand résultat...

Pour finir avec ce chapitre global, désormais les troubles seront liés entre eux par vulnérabilité et symptômes. Ce qui ne va pas être facile, déjà que pour un même trouble on pouvait avoir des symptômes totalement opposés, désormais on partira des symptômes pour proposer différents troubles. On voit déjà la foutoir que ça va être. Tous les espoirs se tournent vers la CIM 11 qui viendrait éclairer un peu le sujet.

Il se créé une "section 3" : troubles nécessitant plus de recherches qui va servir de fourre-tout et dans laquelle on retrouvera les troubles de comportement suicidaire ou d'automutilation et les "border-lines".

En étant plus précis :

"Autisme" : fini l'autisme, le syndrome d'Asperger, les troubles du développement... Un seul terme pour tout recouvrir tous les symptômes au sens large afin de dépister plus facilement et plus tôt les enfants atteints. Au moins, ce sera cash pour les parents.

"trouble de binge eating" : ce phénomène devient un trouble mental à part entière avec description des symptômes et des comportements. On y inclus la gourmandise ou des excès dans une période difficile.

"Disruptive mood dysregulation disorder" (on ne sait pas trop comment cela va être traduit "désordre de la dérégulation de l'humeur discontinue" ?). Bref, sous cette expression seront rangés tous les enfants faisant des crises d'irritabilité ou de de colère 3 fois ou plus par semaine pendant au moins 1 an. Le but de ce nouveau désordre est de sortir certains enfants sur diagnotiqués bipolaires... Des gamins tapant du pied 3 fois par semaine, ça va nous valoir une belle épidémie de gosses "malades"...

"Excoriation" (Dermatillomanie) : le fait de s'arracher des bouts de peaux apparait et sera classé dans la catégories des troubles obsessionnels. 

"trouble pédophilique" : le terme "pédophilie" disparait et est juste remplacé.

" trouble d'entassement" : Le but est de caractériser puis d'étudier des personnes qui ont des difficultés permanentes avec la notion d'entassement ou de collection, quelque soit la valeur réelle des objets entassés, sachant que cela a un impact sur la personne atteinte mais aussi sur son entourage.

"troubles de la personnalité" : cette catégorie comprenant 10 troubles de la personnalité demeure comme dans le DSM IV.

"trouble de stress post-traumatique" : sera déplacé dans la catégorie des troubles liés aux traumas et aux stresseurs. Cette fois le diagnostic sera surtout axé et cela de façon plus fine sur les troubles du comportement afin de pouvoir être appliqué aux enfants, aux ados comme aux adultes. 

"exclusion liée au deuil" : les aspects dépressifs d'une personne depuis moins de 2 mois après le deuil d'une personne aimée disparaissent mais sont remplacés par des critères stricts présent depuis moins de 15 jours. Le deuil devient un stress social sévère pouvant entraîner une dépression majeure très peu de temps après le décès. Ce qui risque d'accroître fortement la prescriptions de psychotropes.

"troubles spécifiques de l'apprentissage" : troubles interférant avec l'acquisition du langage oral, de la lecture, de l'écrit ou des mathématiques. Les troubles d'hyperactivité sont étendus aux adultes. Avec risque de sur-prescription de Methylphenidate

"troubles liés à l'usage de toxiques" : ne différencie plus abus et addiction. Donc faire 1 seul abus donnera lieu à la caractérisation et aux mêmes soins qu'une addiction.

Les troubles anxieux généralisés sont étendus et peuvent désormais être appliqués aux soucis liés au quotidien, ce qui ouvre le marché des antidépresseurs et autres tranquilisants. 

Les actes manqué et une éventuelle baisse de mémoire rentrent dans les troubles cognitifs mineurs avec risque de sur-diagnostic et de sur-médication. 

L'addiction à internet ou l'addiction au sexe n'entrent pas dans le DSM V. Pas plus que le trouble d'aliénation parentale (ouf !) ou les troubles des traitements sensoriels.





mercredi 6 février 2013

Egalité pour tous, surtout pour moi

J'ai chopé la crève mais ce qu'il y a de bien avec l'écran, c'est que je ne risque pas de la vous la repasser. 
C'est donc l'oeil larmoyant et le nez fixé au fond d'un mouchoir que j'écris quelques lignes. Peut être qu'un fond de whisky m'aiderait à tuer les microbes... Certains me conseilleraient un grog je sais. Vous croyez que ça fait effet en spray nasal ?

Mais comme le matin ça va toujours à peu près bien, j'ai reçu un homme en consultation.
Une loque humaine. Il y a deux ans encore, d'après ses photos, c'était un bel homme, grand, baraqué, viril. Et puis il est tombé sur une furie. Par internet. Tiens d'ailleurs il faudra que je vous parle des risques de rencontre par le net, ça devient catastrophique. En deux ans, le type a pris des coups de poings, de pieds, il s'est fait fouetté à coups de câble de téléphone, il s'est pris des cendriers en verre sur le corps, il s'est pris la télé, le téléphone fixe, l'ordinateur dans la tronche.... 

Comme c'est un mec qui en veut, il a déposé plainte plusieurs fois. Des mains-courantes aussi. Des constats médicaux, des ITT, des constats de police.... Madame a été convoquée une fois. Elle s'en fout. Elle continue. La police ne veut plus prendre les plaintes de monsieur, d'ailleurs il a autre chose à faire que de perdre du temps au commissariat. Il doit gagner de l'argent, beaucoup car madame est dépensière. Très. Rien ne bouge. Tiens, il y a peu un soir alors qu'il rentre chez lui, les serrures ont été changées, madame a installé un autre homme dans le salon. Police, constat. "Ah non monsieur on ne peut pas la forcer à vous ouvrir la porte". Mais alors qui le peut ?

Les femmes violentes je pourrai vous en parler toute la journée. 
Ces femmes violentes surtout avec les hommes.
Ces femmes ont les voit un peu partout aujourd'hui criant à qui veut bien l'entendre que les hommes sont tous des machos, des patriarches qui en veulent à leur corps, à leur âme. Tout en se basant et diffusant des chiffres faux, archi faux sur ce que feraient les hommes.
Allez dites un chiffre. Combien de viols de femmes en France en 2012 ?
75 000 à droite ?
200 000 à gauche ?
C'est votre dernier mot ?
Biiiiip : 1462.
299 hommes ont été victimes de viol sur la même période.
Je ne vais pas vous dire que c'est rien, bien au contraire même 1 victime ce n'est pas normal, mais pourquoi certains femmes s'obstinent-elles à faire vivre les stéréotypes de l'homme violeur ?

Prenez le "mariage pour tous". J'ai horreur de cette appellation qui sous-entend que tout le monde pourra se marier avec n'importe qui ou n'importe quoi. Mais qui l'a surtout imposé ? Certaines associations, lobbies, féministes qui cherchent à lutter contre un certain patriarcat. Un des buts, pas le principal affiché sans doute, est de soustraire le père de ses droits. Après tout lorsque 2 femmes ou deux hommes seront mariés il n'y aura plus de notion de "père" ou de "mère". Biologiquement pour les femmes ce sera plus simple puisque si une des deux aura porté l'enfant, elle sera la mère biologique réduite à son apport de génitrice. L'autre sera quoi ? La "mère" aussi ? Attendons la Loi là-dessus. La question est que les hommes se trouvent à nouveau bien coincés. Eux ne peuvent pas porter des enfants, ils devront donc continuer à aller à l'étranger adopter ou se trouver une mère porteuse. Il y a déjà une discrimination flagrante. Les femmes auront le droit d'être mères, les hommes n'auront pas le droit d'être pères. On y arrive. On arrive aussi que les pères, ces pères qui en ce moment se battent et commencent à faire bouger la Justice, ne pourront plus se réclamer du droit des pères à la garde ou au partage du droit de visite. Tout le travail de ses associations va se retrouver réduit à néant. Seul le droit de la mère devrait rester. 

Ce que ces femmes n'ont pas compris, c'est qu'en tentant de détruire les droits du père elle vont détruire leurs propres droits. Parce qu'encore une fois, en dehors du cas où une femme aura porté l'enfant, toutes les autres femmes ne seront pas plus mères que les pères ne seront pères. Beaucoup vont donc perdre leurs droits prioritaires. Plus de priorités d'une femme sur l'autre dans un couple. C'était facile de se battre contre un homme que la Justice reléguai au second plan. Ces féministes ont bien compris qu'il fallait éjecté le père, mais elles n'ont pas encore compris qu'elles allaient s'éjecter elles-mêmes...

Tiens prenons encore la notion "d'école maternelle" qu'une de nos ministres inspirée et certainement inoccupée a décidé de supprimer. Il y a d'abord une raison qui plaît beaucoup aux féministes, en tout cas à certaines, c'est qu'en supprimant la notion de "maternelle" on ne réduit plus la femme à son rôle de porteuse d'enfant et à son rôle éducatif. On reconnaît alors que la femme peut être autre chose qu'une mère. C'est vrai. C'est aussi reconnaître aujourd'hui le rôle du père dans sa part éducative. Après tout l'enfant n'est pas élevé aujourd'hui que par sa mère et même de plus en plus par son père. Alors ne plus mettre en avant que le rôle de la mère c'est désigner le père dans son importance. C'est bien.

Mais par ailleurs, ça fait très plaisir à un certain courant masculiniste. Car du coup, cela montre aussi que les mères n'ont qu'un rôle limité à jouer dans l'éducation des enfants. Donc plus de raison de leur confier la garde principale des enfants, plus de raison de leur accorder d'office des pension alimentaires ou des prestations compensatoires, elles sont capables aujourd'hui de se prendre en charge tout seule. Ce ne sont pas que des mères, ce sont des femmes indépendantes et autonomes qui ont tout autant droit au travail que les hommes. En leur versant quoi que ce soit c'est leur reconnaître des faiblesses et une incapacité à être des femmes indépendantes donc c'est incompatibles avec les notions féministes défendues par certaines.

Or ce courant est très porteur de notions d'égalité et de parité. Mais ces femmes qui tapent du pied en demandant plus de liberté et d'autonomie voient-elles bien dans quoi elles s'engagent ? Voient-elles qu'en fait elles font le jeu de certains masculinistes qui se frottent les mains à les laisser se débrouiller et à voir enfin l'égalité de traitement devant la Justice ?

Car n'en doutez pas jusqu'à encore aujourd'hui notre statut de sexe faible nous vaut quelques traitements de faveur. Voyez les assurances qui viennent, sous couvert d'égalité et d'accès aux mêmes droits et devoirs que les hommes, demandez aux femmes de payer les mêmes cotisations que les hommes (vous saviez que vous payiez moins mesdames ? Moi non...). Bien sur il aurait été plus simple de ramener le taux de cotisation des hommes vers celui des femmes, mais comme ce sont les femmes qui veulent le même traitement que les hommes et pas l'inverse, que cela ne tienne, égalisons dans le sens exigé. Etonnament aucune association féministe ne s'est réjouie de cette nouvelle accession à l'égalité, allez savoir pourquoi...

Si personnellement je me réjouis d'un nivellement dans le traitement législatif  homme/femme (ou femme/homme, je n'ai pas de préférence sur la position), certains courants féministes se rendent-ils vraiment compte de qu'ils sont en train de semer ? A vouloir dominer les hommes, soit on va aller vers un pseudo matriarcat comme en Suède, soit on va vers une égalité dans laquelle personne n'aura rien gagné mais au contraire où chacun aura perdu.





Stats