vendredi 8 février 2013

DSM 5

Le DSM (diagnostic and statistical manual) est à la santé mentale ce que les pages jaunes sont aux numéros de téléphones. Il permet de catégoriser et classifier les troubles mentaux, en allant des névroses aux psychoses et autres troubles. Il est surtout utiliser par les psychiatres et les psychologues cliniciens dans l'apprentissage de la reconnaissance des symptômes des troubles mentaux. Normalement, le DSM est une aide, un guide. Pas une bible. Si actuellement nous en sommes à la quatrième version (DSM IV) qui parfois n'est pas toujours claire avec des troubles qui se recoupent, le DSM reste avant tout à l'image des praticiens qui l'ont construits : les psychiatres nord-américains influencés par les lobbies de laboratoires pharmaceutiques mondiaux. Je ne nierai pas l'intérêt du DSM qui sert vraiment. Il existe aussi une autre classification, européenne celle-là et reconnue par l'OMS, la CIM version 10. DSM et CIM sont complémentaires en ce que le DSM présentent surtout les symptômes alors que la CIM permet de cerner les causes (les fameux axes) que ce soit médical ou environnemental par exemple. 

Le DSM V va donc bientôt paraître puisque normalement tous les nouveautés ont été finalisées fin 2012. Des arrangements sont toujours possibles mais ils seront minimes.
Bien sur cela veut dire que la CIM va devoir se refaire une beauté et présenter une version 11.

Alors quelles vont être les grandes nouveautés ?

D'abord dans la globalité, soyons réalistes, il est très clair que le but est de psychiatriser le plus de monde possible. Ce qui va permettre de prescrire des antidépresseurs, anxiolityques et psychotropes à tout va et relancer sans conteste l'économie pharmaceutique mondiale. Tout va ou presque va devenir trouble mental puisque le moindre trouble même à durée courte et n'étant apparu qu'une fois donnera lieu à diagnostic de trouble mental. De nombreux psychiatres, psychologues et psychanalystes mondiaux se sont opposés à certains réaménagement, sans grand résultat...

Pour finir avec ce chapitre global, désormais les troubles seront liés entre eux par vulnérabilité et symptômes. Ce qui ne va pas être facile, déjà que pour un même trouble on pouvait avoir des symptômes totalement opposés, désormais on partira des symptômes pour proposer différents troubles. On voit déjà la foutoir que ça va être. Tous les espoirs se tournent vers la CIM 11 qui viendrait éclairer un peu le sujet.

Il se créé une "section 3" : troubles nécessitant plus de recherches qui va servir de fourre-tout et dans laquelle on retrouvera les troubles de comportement suicidaire ou d'automutilation et les "border-lines".

En étant plus précis :

"Autisme" : fini l'autisme, le syndrome d'Asperger, les troubles du développement... Un seul terme pour tout recouvrir tous les symptômes au sens large afin de dépister plus facilement et plus tôt les enfants atteints. Au moins, ce sera cash pour les parents.

"trouble de binge eating" : ce phénomène devient un trouble mental à part entière avec description des symptômes et des comportements. On y inclus la gourmandise ou des excès dans une période difficile.

"Disruptive mood dysregulation disorder" (on ne sait pas trop comment cela va être traduit "désordre de la dérégulation de l'humeur discontinue" ?). Bref, sous cette expression seront rangés tous les enfants faisant des crises d'irritabilité ou de de colère 3 fois ou plus par semaine pendant au moins 1 an. Le but de ce nouveau désordre est de sortir certains enfants sur diagnotiqués bipolaires... Des gamins tapant du pied 3 fois par semaine, ça va nous valoir une belle épidémie de gosses "malades"...

"Excoriation" (Dermatillomanie) : le fait de s'arracher des bouts de peaux apparait et sera classé dans la catégories des troubles obsessionnels. 

"trouble pédophilique" : le terme "pédophilie" disparait et est juste remplacé.

" trouble d'entassement" : Le but est de caractériser puis d'étudier des personnes qui ont des difficultés permanentes avec la notion d'entassement ou de collection, quelque soit la valeur réelle des objets entassés, sachant que cela a un impact sur la personne atteinte mais aussi sur son entourage.

"troubles de la personnalité" : cette catégorie comprenant 10 troubles de la personnalité demeure comme dans le DSM IV.

"trouble de stress post-traumatique" : sera déplacé dans la catégorie des troubles liés aux traumas et aux stresseurs. Cette fois le diagnostic sera surtout axé et cela de façon plus fine sur les troubles du comportement afin de pouvoir être appliqué aux enfants, aux ados comme aux adultes. 

"exclusion liée au deuil" : les aspects dépressifs d'une personne depuis moins de 2 mois après le deuil d'une personne aimée disparaissent mais sont remplacés par des critères stricts présent depuis moins de 15 jours. Le deuil devient un stress social sévère pouvant entraîner une dépression majeure très peu de temps après le décès. Ce qui risque d'accroître fortement la prescriptions de psychotropes.

"troubles spécifiques de l'apprentissage" : troubles interférant avec l'acquisition du langage oral, de la lecture, de l'écrit ou des mathématiques. Les troubles d'hyperactivité sont étendus aux adultes. Avec risque de sur-prescription de Methylphenidate

"troubles liés à l'usage de toxiques" : ne différencie plus abus et addiction. Donc faire 1 seul abus donnera lieu à la caractérisation et aux mêmes soins qu'une addiction.

Les troubles anxieux généralisés sont étendus et peuvent désormais être appliqués aux soucis liés au quotidien, ce qui ouvre le marché des antidépresseurs et autres tranquilisants. 

Les actes manqué et une éventuelle baisse de mémoire rentrent dans les troubles cognitifs mineurs avec risque de sur-diagnostic et de sur-médication. 

L'addiction à internet ou l'addiction au sexe n'entrent pas dans le DSM V. Pas plus que le trouble d'aliénation parentale (ouf !) ou les troubles des traitements sensoriels.





17 commentaires:

  1. Ne rongez plus vos ongles, ne pleurez plus vos morts... à ce rythme-là, dans dix ans, penser et rêver relèvera du pathologique.

    Vincent.

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    1. On est dans une continuité totalement logique de ces 10 dernières années où il s'agit de psychiatriser donc médicaliser tout ce qui touche au psychisme. C'est un gros manque à gagner pour les médecins de voir les psychologues, les psychothérapeutes ou les psychanalystes exister sur ce créneau. D'où la tendance à ne nous parler que de neuropsychologie, comme si le fait d'avoir une déficience génétique ou sérotoninergique expliquait tout. On retrouve cela dans certains hopitaux psychiatriques qui ne propose plus de psychothérapies et traitent médicalement tel déficit ou tel hypersécrétion.... Les médecins sont certainement poussés par l'industrie pharmaceutique, dont les actionnaires sont demandeurs de très fortes hausses annuelles de leur dividences. Lorsque les médicaments sont entrés dans le domaine public pour gagner de l'argent il faut licencier, lorsqu'on a licencié un maxi, il faut trouver autre chose. Pas de vraies nouvelles molécules sur le marché aujourd'hui, donc il faut créer un besoin dans la population. Faire croire aux gens qu'ils ne vont vraiment pas bien, qu'ils soient traités le plus vite possible et à la plus grosse dose possible n'est qu'un process économique et certainement pas une volonté que la population se sente bien, les labos sont beaucoup de choses mais certainement pas philanthropes.

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  2. Tout d'abord un gros merci pour la quantité d'infos que tu nous mets joyeusement en pâture sur ton blog! (je dois en être à 50/100...)

    Sinon, en rapport à cet article et suite à un podcast que j'ai écouté cet aprem' je m'interrogeait sur les (éventuels) conflits d'intérêts (notamment à cause de la clause de confidentialité des psychiatres).

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    1. Conflits d'intérêt entre qui et qui ? Entre les psychiatres et les labos ? Comme pour tous les médecins non ? D'ailleurs on pourra se demander ce qu'il y a de conflictuels là dedans. Sans les médecins les labos n'existent pas, sans les labos les médecins ne soignent pas...
      Ca va plus loin que cela je pense. Les jeunes psychologues qui auront été formés à cette mouture du DSM enverront plus facilement leurs patients chez un psychiatre pour une prise en charge médicale donc allopathique.
      En ce qui concerne la confidentialité des psychiatres, rien ne change en ce qui concerne le secret médical.

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    2. Merci pour ta réponse.

      Pour être plus clair je te met en lien un vieil article assez explicite sur le précédent DSM et les problèmes de conflits d'intérêts qu'il suscitait:

      http://pharmacritique.20minutes-blogs.fr/archive/2008/05/13/le-dsm-v-en-preparation-regorge-de-conflits-d-interets-des-e.html

      Et j'imagine que ces "ambiguités" subsistent ce qui va tout à fait dans le sens de ton article.

      Après ce n'est nullement mon domaine c'est pourquoi je voulais d'autres avis ;)

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    3. Si les psychiatres n'étaient pas financés par quelqu'un pas sûrs qu'ils se réuniraient pour rédiger quelque chose., toute la question est là. Qui devrait les payer ? C'est la question qui découle de tout cela et que personne ne pose jamais. Si c'est l'Etat de toute façon on les accusera d'être à la solde du "gouvernement", il se pourrait que plus personne dans ce cas n'arrive à rentrer dans les "case" pour faire faire des économies à la sécu... lol. Si ce sont les patients, jamais ils n'accepteront de verser de l'argent aux toubibs pour les voir se réunir autour d'un super restau... Les associations n'ont pas assez d'argent quant à elles.... Bref, si on veut voir un manuel un tant soit peu sérieux et bien mis en page il faut que quelqu'un finance. Mais ça génère des dérives c'est clair. Dans le DSM V il va exister des troubles qu'on ne connaît pas en Europe (c'était déjà le cas avec le IV). Rédacteurs nord américains, préoccupations nord américaines !
      Maintenant les conflits d'intérêt ça me fait toujours marrer, qui n'a jamais été en conflit d'intéret ? Lorsque tu fais partie de l'association des parents d'élèves et que ton gamin est dans l'école, tu parles au nom de tous mais surtout au nom du bien être de ton gamin et si on peut aider principalement sa classe c'est cool non ?

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  3. Ça me fait penser au système scolaire avec par exemple les tests certaines années pour évaluer le niveau moyen d'une génération mais également individuellement (et là danger).
    Dans mon souvenir le DSM IV comportait des questions très zarbis. Est-ce que ça n'a pas quand même pas une certaine utilité? N'est-ce pas un effort louable de synthèse ? Avec bien entendu le risque de mettre de l'ordre là où il n'en faudrait pas autant (pas du tout ?). C'est clair qu'il vaut mieux ne pas sortir des clous, sinon gare à toi... et hop je te colle une pathologie! Ceci dit si je comprends bien c'est surtout les psychiatres qui utilisent ce document et rien n'empêche d'aller voir plusieurs psys.

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    1. Les classifications ont d'intéressants qu'elles cherchent à simplifier les choses là où ce n'est pas évident. Ensuite cela permet aussi de savoir que, contrairement à ce qu'on veut bien nous faire croire médiatiquement, non nous ne sommes pas tous différents et oui nos réactions sont prévisibles car nous rentrons tous dans une vingtaines de cases (qui fluctuent d'intitulés et de pertinence en fonction des époques et des "modes").
      Les psychologue cliniciens connaissent aussi bien le DSM car ils sont formés aux pathologies mentales, sans avoir le droit de prescrire quoi que ce soit par contre.
      Nous avons tous des pathologies (sauf moi ! lol), certains plus que d'autres et certains plus prononcées que d'autres. La question est donc de savoir où commence la névrose qui ne nécessite qu'une psychothérapie (ou parfois rien du tout) et où commence la psychose qui nécessite une prise en charge lourde à la fois médicamenteuse et en terme de suivi. La tendance dans le DSM 5 va être de faire baisser les seuils de la psychose, donc plus de gens seront diagnostiqués "fortement" là où quelques semaines avant on les aurait laissé tranquilles. Autant pour l'autisme, ce n'est sans doute pas si mal (mais cela va être très difficile de dire aux parents que leur enfant est autiste alors que ce sera léger avant les "pros" tournaient autour du pot). Pour le deuil, 15 jours avant de cerner une dépression, ça me parait un peu court surtout pour le décès d'une personne très proche et aimée (oui parce que si elle n'était pas aimé y a pas de raison de faire une dépression), même si j'en conviens, comme dans le cas du baby blues, une dépression peut s'installer en moins d'une semaine.
      Bref, on est tous foutus et dingues. Vous tous surtout.
      lol

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  4. Vergibération, la contingence médicamenteuse dont tu parles me fait beaucoup penser à une expérience aberrante que j'ai personnellement vécu l'autre jour ; je gambadais sur des sites d'actualité, et soudainement, il y a CETTE pub qui s'est ouverte sur mon écran :
    http://www.tryablixa.com/evaluation/
    J'en ai franchement ri aux larmes... Dire qu'il y a des gens qui tombent dans le panneau ! C'est d'une caricature digne des Feux de l'Amour. Je me demande ce que ça peut t'évoquer. Cette production étant vraisemblablement signée d'experts en com, c'est intéressant de voir comment le "psy" est perçu par la plupart...

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    1. Je n'ai pas accès au site qui est considéré par mon anti tracker comme un site dangereux ! Le site existe en français...
      De toute évidence d'après ce que j'ai pu lire sur le net, c'est un pub qui est passée dans les cinémas avec l'acteur (si on peut appeler ça comme ça) Jude Law (qui semble avoir retrouvé des cheveux... Grâce à la molécule miraculeuse ??) qui sert de caution en jouant le rôle d'un psychiatre (un des professionnels !).
      Beaucoup de forums où les personnes se demandent si c'est efficace. Ce qui montre que nombreux sont ceux qui cherchent une solution pour (re)trouver le bonheur... Ca laisse une grande place à l'industrie pharmaceutique.
      L'alipazone (Ablixa) vient de bénéficier il y a quelques jours de l'autorisation de mise sur le marché américain. dans la catégorie "selective serotonin reuptake inhibitor (SSRI)" (inhibiteur sélectif de la recapture de la sérotonine) pour le traitement des dépressions majeures.
      D'après ce que tu dis, tout devient rose. C'est déjà le problème des déprimés, c'est qu'ils voudraient que leur vie soit parfaite et toute rose. Ca type de discours ne peut pas les aider à prendre conscience que dans la vie il y a hauts et des bas (ce qui permet d'apprécier les hauts) et que la vie n'est pas parfaite (c'est d'ailleurs ce qui fait son charme et qu'on garde des rêves et des projets). Beaucoup de personnes pensent que la vie doit être lisse pour être heureux. C'est ce qu'on leur vend. Ce qui prouve que le labo et ces publicitaires ont bien compris les motivations des dépressifs....

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    2. Site dangereux ? Étrange ça... ?
      Ah concernant l'acteur je n'ai rien à dire ! lol Microphysionomique complètement maîtrisée, posée, avec une voix très profonde, il fait une parfaite figure de psy. Dommage que tu puisses pas voir la pub !
      Non tout n'est pas rose, mais c'est dramatisé à l'excès. Le psy est bien installé dans un cabinet à l'éclairage très intimiste, il fait bien face à la caméra et pose, sur un ton très grave, des questions à l'internaute. Ex : "Vous sentez vous parfois seul et sans espoir ?" ; si tu cliques sur oui, il te dit "C'est un symptôme de la dépression. Vous pourriez avoir besoin d'Ablixa", si tu réponds non, "D'accord, mais la dépression peut revêtir bien des formes... Vous pourriez avoir besoin de prendre Ablixa.", et si tu mets + de 30 secondes à répondre, "le temps que vous mettez à répondre traduit de l'indécision. L'indécision est un symptôme de la dépression..." Grossomodo c'est ça.
      Mais ce qui est marrant c'est que peu importe (ou presque) ce qui est répondu, il trouve un moyen de le relier directement à la "dépression" et son visage est toujours habité d'une empathie très prononcée, qui a un côté fatal. C'est ridicule.
      Je t'approuve sur le plan de la non-opérance du discours. J'ai surtout peur que des gens parfaitement sains d'esprit se sentent à tort concernés par la dépression... (et peut-être pire, par ladite molécule). Ce genre de publicité (d'autant plus forte qu'elle ne revêtit absolument pas une forme publicitaire) leur permet alors une solution de passivité, non plus face à LA grosse déprime, mais face à n'importe quel coup de blues, déception, dissonance cognitive, sentiment d'insatisfaction, que sais-je. C'est assez destructeur comme communication finalement.
      Cette pub devrait être interdite (même si elle offre à nous autres étudiants en cinéma une matière curieusement riche ! lol).

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    3. Site dangereux au sens qu'il doit y a voir lors de la connection plein de trackers qui se mettent en place et que l'internaute est profilé. Mais le site semble dangereux pour d'autres raisons d'après ce que tu en dis.
      Le problème que j'y vois d'abord est qu'on y parle que de dépression. Or avoir un coup de blues ou une baisse de régime peut être le signe d'un stress ou d'une déprime. La dépression n'est pas le premier stade. Or le discours semble aller dans la lignée de la non discrimination déprime/dépression. Quelque soit la réponse, on est dépressif (on est totalement dans la Société judéo-chrétienne où il faut être triste et pénitent. Toujours quelque chose à se reprocher).
      On est vraiment dans une stratégie marketing, à savoir créer un besoin là où il n'y en n'a pas. On créé un produit, il ne correspond à aucune demande, alors on va créer le sentiment qu'il faut avoir besoin de ce produit pour créer la demande. On vend du médoc comme on vend du yaourt.
      Avec sous-entendu un discours très culpabilisant pour ceux qui n'en prennent pas. J'ai remarqué depuis quelques années combien il est mal vu d'aller bien, d'être heureux et bien dans sa peau. Ca déclenche des jalousies inattendues !!

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    4. Très intéressant tout ce que tu dis.
      C'est agaçant car en principe la com-marketing utilise l'enseignement de la psychologie de façon subliminale ; mais de là à ce que ce soit aussi assumé... Avant on avait "Mousseline lave votre linge plus blanc que blanc !" maintenant c'est "Bonjour je suis psy, et je suis formel : vous avez besoin de mon antidépresseur."
      Je n'aime pas cet effacement des barrières entre le marketing et l'intimité (si la pub est prise pour un psy, le peuple n'est pas dans la m****), je trouve ça dangereux.
      C'est effrayant, mais peut-être logique car (si mon impression est fondée) le thème de la psychologie/psychiatrie est comme tombé dans le domaine populaire, en devenant "à la mode"... tout en étant encore frais au sein du zeitgeist ; les gens n'ont pas encore beaucoup d'esprit critique face à ce sujet valorisé. Ça irait dans le sens d'une société embourgeoisée, où l'individu est mis en avant et est plus prompt à l'introspection. Phénomène qui est d'ailleurs (si l'on en croit mes cours) fortement lié au cinéma (projections du spectateur, identification, double archaïque, etc.).
      En parlant d'introspection, les écrans d'ordinateur, avec les réseaux sociaux et l'identité numérique qu'ils suscitent, peuvent en être un terrain d'élection. Donc le sournois Jude Law se serait manifesté au bon endroit au bon moment...
      Il est vrai que quand on regarde Tim Burton et son esthétique de la déprime, récemment "Le magasin des suicides" où les personnages heureux sont discriminés, Tony le mafieux (Sopranos) qui prend du prozac... on retrouve cette inversion des pôles (déprimé c'est cool, et être cool c'est déprimant) que tu évoques.
      Ce que tu dis sur la société judéo-chrétienne (où il faut être triste et pénitent) cependant m'étonne car la pub est d'origine américaine et il me semblait en fait que leurs influences protestantes les baignait dans une audace indifférente face à l'échec, alors qu'en Europe au contraire on doit se montrer + retenu face à l'entreprise et l'échec est pris avec + de gravité et d'humilité (grossomodo). C'est ce qu'on m'a exposé un jour, je ne suis pas sûr de mes sources.

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    5. La Société nord américaine reste basée sur le "rêve américain". Et il est vrai qu'il est plus facile là-bas de monter une entreprise, de trouver des sponsors, de se faire financer lorsqu'on a un vrai projet. Mais la crise les touche aussi, les subprimes ont fait beaucoup de dégâts au sein de la population (surtout la plus pauvre) et puis maintenant l'équivalent de la sécurité sociale est obligatoire pour tous. Donc désormais ces pauvres, sans logis, sans travail vont pouvoir avoir accès aux antidépresseurs ! C'est une grande révolution, allélouya ! Chez les protestants, il faut gagner de l'argent pour donner au Temple. Plus on donne plus on est croyant. Pour les victimes de subprimes, y a de quoi être doublement déprimé, non seulement on bouffe pas mais ils passent pour des mauvaises ouailles.... L'antidépresseur rapproche t il de Dieu ? Beau sujet de philo non ?

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    6. "J'ai remarqué depuis quelques années combien il est mal vu d'aller bien, d'être heureux et bien dans sa peau. Ca déclenche des jalousies inattendues !!"

      des heureux jaloux des malheureux?

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    7. Non des malheureux qui disent aller bien et qui ne supporte pas que les autres soient bien dans leur tête mais surtout dans leur vie. Il est de bon ton de nos jours d'aller mal, surtout dans les entreprises !

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  5. et est-ce que tu en vois qui ne supportent pas que es autres aillent mal et qui les jalousent à cause de ça?

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