lundi 18 février 2013

Le dialogue intérieur ou la petite voix

Avec l'âge beaucoup de personnes se mettent à parler tout haut, à se parler tout haut.
Beaucoup se moquent. 
Comme si eux ne se parlaient jamais.
Comme s'il n'existait pas une petite voix intérieure, là dans la tête, qui vient commenter, expliquer, réfléchir, insulter tout ce que nous faisons.
Lorsque j'écris n'ai je pas déjà "parlé" ce que je vais écrire dans ma tête ?
La pensée ce sont des images, ce sont des paroles, ce sont des ressentis.
Selon les cultures on pense plus en images qu'en paroles, dans d'autres c'est l'inverse.
Question d'éducation aussi;
Question de bien vouloir s'écouter aussi, de bien vouloir s'entendre.
S'entendre c'est s'écoute mais c'est aussi "s'entendre", s'aimer bien, aller bien ensemble.

Mais le dialogue intérieur que l'on peut avoir avec soi, le pour, le contre, l'irraisonnable, le raisonnable, est avant tout encore une fois une question d'apprentissage.
On se parle, mais on se dit ce qu'on veut entendre, ce qu'on nous a appris à penser, à oser dire, à envisager, à remettre en cause...
Or la pensée est parfois en décalage avec ce qu'il faudrait penser.
Comment être objectif lorsqu'on n'ose pas exprimer du mal d'une situation ou de quelqu'un ?
Comment agir correctement lorsqu'on n'ose pas envisager de se lancer dans l'aventure parce que la petite voix dit qu'on est fou, qu'on n'y arrivera pas ?

C'est ce qu'on appelle de la distortion cognitive.
Et la pensée c'est aussi difficile à "rééduquer" que les comportements.
D'ailleurs en modifiant les comportements on modifie la pensée et en modifiant la pensée on modifie les comportements. 
Plus ou moins en fait. Tout dépend aussi de la volonté de chacun de changer.

Pourquoi changer ?
Parce que si vous êtes assis sur le canapé de votre psy, c'est qu'il y a quelque chose qui ne va pas. C'est ça qu'il faut changer.
Si vous n'allez pas chez le psy c'est que soit il n'y a rien à changer (ça doit exister) soit que rien ne vous gène (et c'est très bien, sauf si votre entourage en souffre).

Alors avant d'envisage de modifier vos comportements, il va falloir apprendre à changer votre façon de penser, il va falloir que votre dialogue intérieur aille dans le sens où vous aimeriez qu'il aille ou au moins qu'il soit capable d'envisager le pour et le contre, le rationnel et l'irrationnel. Attention, il ne s'agit pas d'arriver à ce dire que, par exemple, ce qui est irrationnel est mal, non il s'agit simplement d'arriver à penser.

Penser ce n'est pas juste avoir des pensées. 
Ca tout le monde en a.
Penser c'est envisager le monde d'une certaine façon et en tout cas pas de façon rigide.
Lorsque nous croyons que ce que nous pensons est vrai et que c'est la seule réalité et qu'on n'y peut rien changer, la folie n'est pas loin.
Car, j'en ai déjà parlé, ce que nous voyons, sentons.. n'est pas vrai. Tout n'est qu'interprétation neurologique, sensitive, hormonale, neuromédiatrice et électrique.

Penser c'est accepter l'idée que ce que nous pensons, ce que nous dit notre petite voix intérieure est peut être faux ou inadapté, voire pire manipulé et injecté dans notre pensée.

Cette petite voix intérieure est flexible, malléable, même si c'est difficile et si encore et toujours cela demande du "travail". 
Oui on peut s'opposer aux pensées automatiques apprises dans telle ou telle circonstances et sans doute adaptées alors, mais qui se glissent aujourd'hui partout en toute circonstances même là où elles ne sont pas adaptées.
Oui on peut détruire les stéréotypes, ces croyances qui reposent sur des on-dits et qui sont renforcés par nos expériences que nous réinterprétons à la lumières de ces stéréotypes !
Oui on peut analyser nos propres pensées et les accepter ou les rejeter.
Oui on peut créer des pensées nouvelles plus claires, plus nettes, plus simples, plus joyeuses aussi peut être. 
Oui on peut déprogrammer ce qui a été appris pour y mettre nos propres "règles", nos propres valeurs.

Notre système de pensée se doit d'être ouvert sur notre intérieur mais aussi sur l'extérieur.
Enfant vous avez été flexible et vous avez su vous adapter, devenir adulte ce n'est pas devenir rigide, bien au contraire à la lumière de notre accès à l'autonomie et la responsabilité, plus que jamais il est possible d'être flexible et adaptable.



Rester flexible en toute circonstance...


10 commentaires:

  1. C'était pas fait exprès ? je pensais que tu voulais nous déprogrammer, obligation de sortir de la matrix, penser par et pour soi-même après une lecture subliminale de tes écrits non rigides :-)

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    1. Si c'était fait exprès mais je ne pensais pas que ça ne vous permettrait pas de lire les articles si jamais votre pensée en avait envie.

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  2. Je bloque sur un passage :" soit que rien ne vous gène et c'est très bien sauf si votre entourage en souffre"
    Ok mais si la personne en question ne voit pas (ou ne veut pas voir) qu'elle fait souffrir les autres , on fait comment ? Cette personne n'est en effet pas gênée par rien , simplement elle gêne les autres qui n'ont de cesse de lui montrer combien elle fait souffrir son entourage ... On ne va quand même pas lui mettre une mitraillette dans le dos pour l'obliger à aller se soigner chez un psy. (? )
    (est-ce compréhensible ce que je viens d'écrire ?? )

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    1. Oui c'est clair. Non on ne peut pas forcer quelqu'un à se soigner, sauf si c'est tellement gênant pour ne pas dire dangereux pour elle ou pour son entourage et dans ce cas on peut obtenir une hospitalisation à la demande d'un tiers ou une hospitalisation d'office... Mais ça reste des pratiques rares car ayant souvent données lieu à débordements il y a quelques décennies.
      Lorsque l'entourage en souffre, il y a une très bonne manière de ne plus souffrir c'est de couper les ponts. Encore faut il parfois oser sortir de ses apprentissages pour ne pas tomber dans la honte ou la culpabilité de le faire.

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    2. Honte , culpabilité et donc impossibilité de couper les ponts..oui.
      I agree...
      Mais quand on est gosse , on subit .
      Puis quand beaucoup plus tard (beaucoup beaucoup plus tard) on fini par somatiser de manière dramatique (j'en fait référence entre les lignes quelque part dans ton blog...) c'est justement à ce moment-là que l'on prend enfin conscience de la toxicité du parent .Mais le mal est fait et a eu largement le temps de prendre ancrage dans le cerveau .(A un point qui est innommable.)
      Résultat: c'est moi qui suit sur le divan pour me sortir de cet enfer . Et ce divan je commence à le connaitre ..ça fait un sacré moment que je m'allonge dessus.
      Pendant ce temps-là l'autre est en parfaite santé ...et il n'y a toujours aucune remise en question de sa part . Je trouve ça ..comment dire..? Incredible .


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    3. ototoxicité ? Que faut il ne pas ou plus entendre ? Quel cri ? quel mot ?
      Il est normal d'en vouloir à l'autre...pendant un certain temps. Puis il faut comprendre puis admettre que cet Autre ne fait que ce qu'il sait faire, c'est SON mécanisme de défense, c'est sa façon de s'adapter au monde, c'est sa façon de survivre. Il est rare que les personnes fassent exprès d'être toxiques, elles le font parce qu'elles ont eu ce modèle, parce que ce comportement était adapté pour elles aussi à un moment ou parce qu'à l'inverse elles n'ont pas eu de modèle et ont créé quelque chose à partir de rien.
      Tu as subi, mais peut être cette personne ne te voulait pas directement du 'mal', peut être même a t elle voulu t'aider mais ses comportements n'ont généré que l'inverse. Chacun fait de son mieux avec ce qu'il a et parfois certains n'ont rien.

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    4. Ototoxicité . ...gagné .

      Enfin quelqu'un qui suit...Bravo ( et le mot est faible. )

      Et pour les autres qui n'ont rien compris... et bah tant pis je renonce à me faire "entendre" car de toute façon même mon cerveau a décidé d'être sourd aux explications ci-dessus, très bien comprises , trop bien comprises...
      Merci .













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    5. Merci à toi.
      mais réfléchis bien à ce que je vais écrire :
      ototoxicité = autotoxicité

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  3. En effet, c'est parfois compliquer de réussir à prendre du recul sur ses propres pensées mais c'est un processus nécessaire si on veut réussir à avancer. Un article très pertinent !

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