jeudi 7 mars 2013

Joue au psy ! (4)


Joséphine n'en peut plus.
Elle pense de plus en plus à son collègue de travail, même lorsqu'elle a des rapports sexuels avec son mari. Du coup son mari la gonfle et elle n'a plus de désir pour lui.

Pourtant elle connaît peu ce collègue et il ne s'est jamais rien passé avec lui, leurs relations sont purement professionnelles.

Elle souhaite sortir cet homme de sa tête.

Qu'en pensez vous docteur ?

A vos écrits !

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Franchement, je ne sais plus quoi dire. Vous devenez super bons psys !

Oui Joséphine n'en peut plus, mais on ne sait pas vraiment de quoi. Elle fini en annonçant qu'elle veut sortir son collègue de sa tête, mais rien ne nous dit qu'elle parle bien de cela.

Fantasmer sur son collègue de travail pendant ses relations sexuelles avec son mari n'a rien d'une tare. Son collègue ou Brad Pitt ou un mec imaginaire, c'est pareil. Le plus difficile est certainement de se retrouver face à face le lendemain matin avec la réalité. Quant on fantasme sur Brad Bite, on sait, à part si on s'appelle Angelina Jolie, qu'on ne le verra pas le lendemain. Pas de culpabilité, pas de honte (et parions que A. Jolie fantasme sur quelqu'un d'autre...). Là, Joséphine, elle fantasme sur son collègue et on peut imaginer que cela pose un problème car lorsqu'elle le voit le matin elle l'imagine dans une position, son "instrument" à la main ou je ne sais quoi de sexuel qui peut générer face à lui une certaine gène. Or cela pourrait être marrant, il n'en n'est rien pour Joséphine. D'où peut être le fait que cela devienne obsessionnel. 

Or vous l'avez compris si vous lisez ce blog depuis quelque temps, dans l'obsession il y a toujours l'envie inverse. Celui qui se lave les mains 50 fois par jour n'accepte pas l'idée d'avoir envie d'avoir les mains sales. Joséphine, elle n'accepte pas l'idée de ne plus penser à ce type. Pourtant c'est sa demande.

Le mari de Joséphine la gonfle et elle n'a plus de désir pour lui, mais si vous lisez bien c'est uniquement parce qu'elle passe son temps à penser à l'autre. L'autre rempli toutes ses pensées, son temps. Elle ne peut plus penser à son mari ni à son désir. 

Et vous remarquerez qu'elle ne vous dit pas qu'elle désire son collègue. Elle fantasme sur lui certes mais uniquement dans un contexte bien précis : lors de l'acte sexuel avec son époux.

On peut donc percevoir qu'il existe une problématique sexuelle entre elle et son compagnon. S'ennuie-t-elle avec lui ? A-t-elle remplacé son visage par celui de son collègue (seul moyen d'avoir des relations sexuelles) ? Mais surtout a-t-elle tout simplement encore envie de sexualité ? Car si elle nous dit qu'elle n'en n'a plus envie avec son époux, elle n'en n'a pas non plus envie avec son collègue. Elle ne cherche même pas à le séduire et n'attend pas de lui qu'il lui renvoie une image de femme attrayante. On est face à une absence de désir tout court. Et le désir c'est le sel de la vie.

Joséphine s'ennuie dans sa vie. 
Son collègue n'est qu'un dérivatif. Le symbole d'une autre possibilité de vie.
Ce mari là, bof...
Cette vie là, bof...
Le collègue représente la nouveauté. Le besoin de passer à autre chose, dans un dynamique moins plan-plan. 

Alors elle souhaite sortir cet homme de sa tête. C'est elle qui l'y a mis, lui n'a semble-t-il pas cherché à y être.
Pendant qu'elle pense à lui, elle ne pense pas à la réalité. Et c'est pour cela que c'est obsessionnel, car cesser de penser à lui permettrait à ses vraies problématiques de refaire surface dans son esprit. Il est la censure. 

Joséphine devra travailler sur ses problématiques d'ennui, de jeunesse "perdue", de renouveau. Et peut être passer à autre chose. Mais en acceptant que ses problématiques fassent surface, son obsession disparaîtra brutalement. Elle passera par un épisode de déprime et en sortira si elle accepte le changement.





11 commentaires:

  1. Le fantasme fait partie de la vie affective et sexuelle. C'est l'expression de la libido, en soit c'est plutôt bon signe.
    Ce qui pose problème c'est que ce fantasme envahi la vie couple de cette femme, au point de venir mettre à mal l'image qu'elle a de son mari.
    Le fantasme est fait d'idéalisation, une idéalisation contre laquelle son mari ne peut rivaliser (puisqu'il y a eut passage à l'acte avec lui , et pas uniquement d'un point de vue sexuel, le fantasme s'est heurté au principe de réalité).

    Avant de chercher à oublier ce collègue, il est intéressant de comprendre pourquoi elle l'a investi aussi massivement à ce moment là. Qu'est ce qui dans son couple l'a poussé à porter son investissement libidinal sur cet homme, et à désinvestir son mari. Comment était leur couple ces derniers temps.Quelle est sa place de femme/ sa féminité avec son mari?

    Je pense que dans cette situation il faut surtout chercher à analyser la relation de couple. La place de ce collègue vient juste mettre le doigt sur une situation qui était potentiellement déjà existante avant dans le couple, mais que cette femme ne voyait pas.

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  2. Le collègue de travail semble prendre beaucoup de place dans l'esprit de Joséphine. Tellement qu'il n'y en a plus pour son mari, puisqu'il l'agace, elle n'a plus envie de lui. Ça veut dire que déjà avant, son mari n'occupait plus beaucoup de place dans ses pensées, donc qu'il était possible pour elle de fantasmer sur quelqu'un autre, de se divertir autrement. Je pense qu'elle s'ennuie avec son mari. Peut-être qu'elle ne l'aime plus, mais qu'elle ne se l'avoue pas, elle préfère penser que le problème c'est ce collègue, et qu'en le sortant de sa tête, tout va s'arranger pour elle. Mais je pense que son vrai problème, c'est sa relation avec son mari, et qu'il faut se demander pourquoi elle pense de moins en moins à lui, donc de plus en plus à ce collègue. Une rupture s'impose ? Ou une thérapie de couple ?

    Peut-être aussi qu'elle tombe réellement amoureuse de ce collègue. L'amour platonique, c'est tout de même de l'amour. Mais elle n'a pas l'air de souhaiter avoir une relation avec lui. Ou alors elle n'ose pas, parce qu'elle est déjà engagée et que, selon elle, C'est mal de penser à quelqu'un d'autre. Peut-être qu'elle a des enfants, une situation stable, et que ça lui est insupportable d'imaginer remettre tout ça en question.

    Osez osez Joséphine !
    (Chantait Bashung)

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  3. Peut-être que Joséphine est attirée par ce collègue mais est-ce résiproque?
    Avant quelle gache ses années de couple et surement de changer la vie de son mari avec éventuellement celle de ses enfants,mieux vaut en être certain que les deux futur amants ressentent les mêmes choses.
    Si non c'est que sexuelle mais là chacun sa moral.

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  4. c'est pas un gros transfert ça ? Un peu comme un patient avec son psy. Un patient qui transfert ne s'ennuie pas forcément avec son conjoint, donc il faut chercher l'explication plus loin et voir ensuite le point commun avec le conjoint, ce qu'il fait ou ne fait pas.

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  5. "Joséphine n'en peut plus ": elle n'en peut plus de qui et de quoi ? On peut supposer qu'elle n'en peut plus de penser à son collègue mais en fait elle n'en peut plus de son mari et/ ou de faire l'amour avec son mari .
    D'ailleurs "elle a des rapports sexuels avec son mari" donc ils ne font pas l'amour . En tout cas pas elle ...Elle n'a pas l'air de prendre beaucoup de plaisir , voire pas du tout.C'est écrit :" son mari la gonfle et elle n'a plus de désir pour lui" .(La question que je lui poserai :Alors pourquoi continuer à accepter que son mari lui fasse l'amour ?"
    "Pourtant elle a connait peu son collègue et ne s'est jamais rien passé avec lui" : C'est ça qui est très excitant . Elle l'idéalise car il est "loin" d'elle .Cela lui permet de fantasmer à loisir.
    "Elle souhaite sortir cet homme de sa tête " : elle culpabilise par rapport à son mari.
    Est-ce-qu'il ne faudrait pas plutôt qu'elle sorte son mari de son lit plutôt que de sortir son collègue de sa tête .Car celui-ci a vraiment l'air de l'exciter (mais ça je l'ai déjà dit non ?)

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  6. Il y a forcément une idéalisation de ce collègue, pour quelque raison que ce soit, car le peu de connaissance qu'elle a de lui permet aux fantasmes de se défouler sans se heurter au mur de la réalité.
    Après, si ça dérange autant Joséphine, c'est qu'elle n'accepte pas son état de "femme en désir", soit par morale, soit parce que qu'elle ne veut objectivement pas risquer de perdre son couple et qu'elle n'est pas capable de dissocier son fantasme et son attachement quotidien donc le second pati du premier sans avoir rien demandé.

    Je suis à 90% d'accord avec ce que Odile dit mieux que moi en fait, hormis sur la conclusion. En effet, quand bien même on est en couple et plutôt heureux en couple, il est arrivé à tout le monde d'avoir des "flashs", des béguins" pour une tierce personne sans que la relation du couple soit à l'origine de l'éloignement. ET heureusement, ça montre qu'on est pas des machines et qu'on reste un peu animal, avec des pulsions, des passions... je trouve ça plutôt sain.

    Ensuite, c'est la manière de gérer ce problème qui dépend de la personnalité des gens.certain(e)s auront besoin de sauter le pas pour se libérer du fantasme qui s'estompe de lui-même une fois assouvi, d'autres auront besoint de s'éloigner physiquement, d'autres encore peuvent vouloir confronter le conjoint au dilemme et espérer que cela ravive une flammme ou un brin de folie...
    Bref, je n'ai pas la solution mais ça me semble ultra classique comme problème. Ah, elle pourrait peut-être en parler à son frère...Ah bon, je confonds ? :-)

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  7. Qu'en pensez vous docteur?
    C'est la question qui est posée à la fin du texte;
    Moi je me demande pourquoi poser cette question,aprés tout elle doit connaitre ses envies.Il est écrit "elle souhaite sortit cet homme de sa tête".
    Bien,quelle le fasse.

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    1. la règle du jeu est celle-ci :C'est toi qui doit tenter de te mettre à la place du psy (ou du docteur...c'est pas forcément un toubib , un docteur est quelqu'un qui a obtenu un doctorat , donc un toubib est un docteur en médecine, mais un psy peut être aussi docteur s'il a passé un doctorat pendant son cursus universitaire , en général le doctorat se situe plutôt en fin de cycle)
      Revenons à nos moutons: La question posée "qu'en pensez-vous docteur " est une manière de te demander ce que tu dirais pour aider Joséphine au cas présent .
      On imagine que cette femme , perturbée par ses amours (et ses emmerdes :-) )est venue consulter un psy (ou un docteur) pour que celui-ci l'aide à résoudre son problème.En effet elle connait ses envies mais elle a du mal à faire le tri donc elle vient se faire aider et si elle tombe sur un bon psy , Joséphine devrait assez vite trouver la réponse à ses questions.
      (Bon elle est passée où notre vergiberation nationale ?? Je fais tout le boulot là !!!!!:-))

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    2. Tu ne fais aucun boulot dans la mesure où j'ai rédigé il y a peu un article sur le titre de docteur... Donc les lecteurs peuvent s'y reporter.
      Ce que dit Joséphine n'est pas une question, c'est un constat. Elle ne sait pas comment faire et pour l'aider nous devons comprendre pourquoi ce collègue est si présent dans sa vie. Si un médecin ou psy dit à son patient "il suffit de ne plus y penser" pas sûr que ça l'aide vraiment le patient...

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    3. D'accord avec toi PATACH j'ai répondu un peu à coté.

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  8. Je suis relativement d'accord avec Nakito.
    En fait ma conclusion vient du fait que pour moi ces béguins n'arrivent pas par hasard. Avoir des fantasmes, loucher sur un bel homme (ou une belle femme), bien sur ça ne pose pas soucis. Mais aller jusqu'à une sorte d'obsession , je pense que ça vient signifier quelque chose (sur le sujet , ou le couple).

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