lundi 29 avril 2013

Dérives sectaires et thérapies déviantes


Sur 300 pages, sont visés le contenu de certaines formations, les "guérisseurs" et les thérapies liées au bien-être et leurs gourous tout particulièrement.

Pour faire très court, le constat qui n'est pas nouveau mais qui se développe, est qu'il existe de plus en plus de pratiques à visée thérapeutiques présentées comme millénaire et venant d'Asie reposant sur des techniques psychologisantes. La grande question étant de savoir si le "client" a affaire à un charlatan ou à un gourou ?

Il s'avère que ces pratiques censées axées sur le bien-être et la santé se traduisent souvent par des pratiques qui dégradent la santé physique et la santé mentale de celui qui les adopte. D'autant que le "praticien" ne se contente pas de son incompétence, il met en place une emprise psychologique dont son client n'arrive plus à sortir.

On va retrouver parmi les clients principalement des personnes malades (maladies graves) et/ou fragiles psychologiquement souvent en quête spirituelle, majoritairement des femmes entre 30 et 40 ans, ayant fait des études supérieures, célibataires ou divorcées.  La notion de "santé" corporelle et mentale est au centre des préoccupations du groupe et assoit la crédibilité du "gourou" en lui conférant une autorité dans son domaine.

dimanche 28 avril 2013

Journée de la déportation



Film en noir et blanc de 1945 issu de photographies et vidéos prises par les américains lors de leur arrivée dans les camps concentration (certains passages sont aussi issus d'extraits de films pris par les nazis). 

En anglais non sous-titré, mais je crois que ce n'est pas vraiment nécessaire les images parlent d'elles mêmes.  Parce qu'il ne faut pas oublier que l'être humain n'a pas de limite dans l'horreur et que ça peut recommencer.

Bien que j'ai vu ce film lorsque j'étais au collège, ça reste déconseillé aux âmes sensibles.




samedi 27 avril 2013

Fontainebleau

  
Vous me direz que Fontainebleau ne se réduit pas à son château et au parc, c'est vrai. Mais bon, la rue principale est pleine des mêmes boutiques de fringues qu'à Paris et sinon ça me rappelle Versailles. La vieille ville s'entend. 
 

N'empêche j'aime bien allez y boire un verre (oui je fais 50 kms pour aller boire un café...) et admirer le magnifique manège de chevaux de bois en dégustant le contenu de ma tasse.

Tiens justement.. Où boire un café ?

2 sites à éviter :

- le délice impérial (devant le Jardin de Diane)
Salon de thé à la grande terrasse ensoleillée...
les + : la grande terrasse, les gâteaux créatifs et bons
les - : le monde que dis-je la foule , les tables serrées, les chaises en nombre insuffisant (qui vous oblige à attendre 15 min pour enfin vous asseoir alors que vous avez la table), le super manque d'amabilité des serveurs, l'irrespect du service envers les enfants, le service à l'arrache et sans sourire, le temps d'attente, sans compter les guêpes en été... 

- le "salon de thé" l'Orangerie du château
En fait, un snack bien placé
les + : le fait d'être devant la porte Dorée et avec une superbe vue sur le château, le lac et l'arrivée des calèches, le nettoyage des tables par des jeunes souriants
les - : les prix, la qualité immonde des produits servis ("muffin" rikiki se révélant de la madeleine rassie, fondant au chocolat hyper sec...), les cuillères pour servir la glace trempant dans une eau saumâtre, le mélange entre vaisselle propre et sale sur le plan de travail, le service lent, l'eau du robinet qu'on nous annonce comme ne pouvant être servie en carafe car "pas très bonne" mais qui sert à faire le café et le thé (et dans laquelle trempe les cuillères à glace) ! (mais que fait la DGCCRF ?)

Evitez aussi tous les bistrots/restau alignés dans les toutes petites rues autour du château. Des trucs à touristes (anglais principalement)... 


Le plus sympa :
Si vous n'aimez pas trop être serré contre la table d'à côté, vous pouvez tenter de prendre un café à la terrasse du l'hôtel de l'Aigle Noir, Place Napoléon Bonaparte, juste à côté du manège. Il y a deux petites tables (faut arriver au bon moment). Il suffit d'aller à la boutique pour qu'on vous serve un café avec le sourire. Calme, juste le passage des quelques clients de l’hôtel qui disent bonjour et pourtant à 3 m de la rue ! 

Si vous aimez les ambiances plus "bruyantes" et grégaires mais bon enfant, foncez là où vont tous les motards (c'est pas compliqué il y a toutes les motos devant !). C'est plutôt bière avec olives que café, mais ça discute bécane, mécanique, voyages, concentr' et ça se marre beaucoup. L'Ovale, Le Grand Café... c'est juste entre le manège et le kiosque. Difficile de trouver une table.



jeudi 25 avril 2013

Le sport c'est la vie. A moins que ce ne soit l'inverse...

Un patient habitué depuis quelques mois a décidé de changer de vie. C'est plutôt constructif dans son cheminement. 
Il a décidé de se mettre dans le sport. Pas au sport, parce que ça y a longtemps qu'il en fait, mais là ça devient sérieux.

Nos séances sont toujours éprouvantes (pour lui et pour moi) mais très stimulantes.
Et voila que notre dernière séance prend une tournure inattendue.
Nous parlons sport pendant 45 minutes. 
Il me raconte un match, la position des joueurs, leur psychologie, sa place à lui, sa relation à l'arbitre....
Je ne connais rien dans son sport, mais bon les sports d'équipe ce sont des règles, de la stratégie et de l'humain.

Ensuite il me dit en se marrant que cette séance n'a pas servi à grand chose parce qu'il n'a fait que parler sport.
Et je passe les 15 minutes restantes à lui expliquer qu'en fait il me parle de sa famille depuis la début de la séance.
La place de chacun et le rôle tenu par chacun. Sa mère, sa fratrie, son père...Sa place à lui, à la fois dedans et dehors. Son rôle de liant et d'observateur. Celui qui prend les initiatives et qu'on accepte dans ce cas, et celui qui gène et qu'on préfère ne voir que de loin... Celui qui va engueuler l'abuseur et qui de dit rien pour aller protéger la fratrie....

Bref, dans une salle de sport ou sur le terrain parfois on rejoue ses relations familiales au détail près...
Pourtant et heureusement, les enjeux ne sont pas les mêmes.

(et l'arbitre à vachement pris parce qu'il a servit de substitut symbolique de l'agresseur !)



mardi 23 avril 2013

Gérer sa colère

La colère est un sentiment comme un autre. C'est, contrairement à ce qu'on veut bien en dire, souvent un sentiment positif car la colère aide à se sortir de situations difficiles. 

Comme je viens de l'écrire la colère est issue de quelque chose qui atteint une valeur interne. On a pour habitude de résumer par


humiliation --> colère --> révolte (et passage à l'acte)

La colère est parfois bonne conseillère car source de stress elle pousse à la réaction physiologique, à la préparation à l'action et donc à la défense, qu'elle soit verbale ou physique. 

Mais la colère a tendance à faire déraper. Car, comme nous sommes bien élevés et que notre censure est bien construite (et qu'on a surtout peur du code pénal) le passage à l'acte est retenu. Le stress est trop contenu, il devient négatif et peut nous pousser à des comportements inadaptés soit débordants, pour ne pas dire exaltés, donc socialement inacceptables (en d'autres temps tuer celui qui vous énervait était totalement acceptable, ce qui faisait baisser la colère et donc le stress, question de Société et d'époque).

La colère est généralement orientée vers les autres mais elle peut l'être envers soi. D'ailleurs même en se prenant aux autres, on s'en prend aussi à soi, c'est le moment idéal pour faire une crise cardiaque ou un AVC... Vous me direz faire l'amour aussi... ça se défend j'en conviens.

Ok vous êtes donc en colère. Mais qu'est-ce qui vous met donc en colère ?
Lorsque votre colère explose prenez vous le temps de vous demander ce qui peut bien vous mettre dans un état pareil ?

dimanche 21 avril 2013

Le jeu du dimanche - Botanicula

Aujourd'hui testez la démo jouable de "Botanicula".
Il s'agit de cliquer pour faire avancer le jeu. A vous de trouver où et dans quel ordre.... (cliquez sur l'image puis sur "play free demo". Le jeu est un peu long à s'ouvrir)






mardi 16 avril 2013

Les enfants et l'argent

Argent Trop Cher by Téléphone on Grooveshark


Dans nos Sociétés de consommation où la crise bat son plein, difficile pour un enfant de ne pas entendre ses parents parler d'argent ou de ne pas être tenté d'en avoir beaucoup. Les modèles télévisuels d'argent facilement gagné en faisant tout et n'importe quoi ne profitent pas en tant que repères et laissent sous-entendre que l'argent est facile à gagner et que cela ne nécessite ni savoir, ni savoir être, si savoir faire.

Pourtant il est nécessaire d'aborder la question de l'argent avec les enfants. Ne serait-ce que parce que, c'est une réalité, dans la vie sans argent on ne fait pas grand chose et que tout le monde n'a pas la possibilité d'être  héritier d'une grande fortune (encore que ça ne fait pas des héritiers heureux). Les enfants se posent des questions et en posent à leurs parents. Les sorties scolaires peuvent donner lieu à des échanges d'argent et les classes "vertes" permettent souvent à l'enfant d'emporter ses premières pièces pour les échanger contre des souvenirs qu'il rapporte avec bonheur à ses parents. Puis vient l'âge de l'argent de poche et l'envie de s'acheter des choses pour soi sans que ni papa ni maman n'y voient à redire (pas trop non plus n'est-ce pas ?).

Mais difficile lorsqu'on est parents de ne pas être confrontés aux changements de valeurs véhiculés par les médias. L'argent est le centre de tout. De l'argent pour hyper consommé, de l'argent pour renflouer les dettes du pays... même les politiciens ne parlent plus que de ça, lorsqu'ils ne le planque pas en Suisse...  La publicité qui vise de plus en plus les adolescents et se "jeunifie" avec le temps, tente l'enfant dans son besoin d'argent pour satisfaire tout de suite maintenant l'envie d'acheter ce qu'on vient de lui montrer.

Il est important de comprendre que l'argent n'a pas toujours la forme de pièces ou de billets. L'argent est maligne, elle se cache sous la forme d'un t-shirt de grand marque, du "cartable" logoté ou du dernier mobile super tactile. Certains enfants se retrouvent avec des sommes énormes sur eux, parfois sans même le savoir, mais parfois en usant de ce qui devient leur image sociale, l'argent permettant d'être quelqu'un aux yeux des autres.

Souvent l'argent ne devient un problème chez l'enfant que s'il l'est chez les parents. C'est une réalité, bien des parents ont des difficultés à finir le mois et cela dès le 15 du mois... Ce n'est pas cela le problème (pour les parents si bien sur), mais c'est surtout que l'argent devient le centre des conversations et aussi souvent des disputes. Le manque d'argent fait souvent ressortir les facettes les plus obscures. Et 'enfant apprend que "argent" = angoisse, colère mais aussi vie et bien être. L'argent peut donc très vite devenir le thème central de la construction de l'enfant qui va se développer en se disant que lui ne manquera jamais d'argent et que toutes les manières d'en obtenir sont valables, le tout étant d'avoir du "cash".

D'autant que le jeune enfant ignore la frustration et ne la supporte pas. Ca s'apprend. Il faut apprendre à désirer, à espérer puis à consommer pour faire baisser la tension, qui parfois aura disparu l'objet tant désiré perdant de sa valeur après réflexion. Or l'enfant et le jeune adolescent sont centrés sur eux mêmes. Jamais ils ne se demandent comment leurs parents les font vivre. L'argent parait intarissable. "Ca ne coûte que 2 euros !", ben oui, mais lorsqu'ils ne sont pas sur le compte impossible de les sortir. L'apparition des DAB (distributeurs automatiques de billets) avaient en son temps fait croire aux enfants (et à certains adultes !) que la machine distribuait à tout va. Il est important que l'enfant prenne conscience qu'il existe une limite et que cette limite est concrète, c'est celle du montant gagné chaque mois à force de travail.

Car pour la majorité il faut travailler pour gagner de l'argent. C'est donnant donnant. Tu travailles, tu es payé ; tu veux être payé ? Tu dois travailler. Ainsi est faite la Loi. Mais cela ne veut pas dire que travailler ou gagner de l'argent doit être présenté comme une contrainte ou selon des aspects uniquement négatif. Après tout, aujourd'hui si les gens font des études c'est bien pour tenter d'accéder à un travail pour lequel ils auront plaisir à se lever le matin et si en plus ça rapporte, c'est cool...

L'argent ne doit pas être le centre de la vie. C'est vrai, l'argent ça aide pour avoir un toit, du chauffage, à manger, puis ensuite pour avoir des loisirs (et pas l'inverse). S'il existe un minimum nécessaire, le but de la vie n'est pas d'accumuler ou d'en avoir le plus possible ou plus que le voisin. La vie ne doit pas être centré sur le fait de gagner de l'argent. Il faut gagner de l'argent pour vivre, il ne faut pas vivre pour gagner de l'argent. Le but, même le travail, étant de s'enrichir psychiquement et relationnellement d'abord et cela permet aussi d'acquérir des savoirs-faire. 

Si vous avez les moyens, vous donnez certainement une certaine somme voire une somme certaine en argent de poche à vos enfants. Certes, le montant est question de moyens financiers, mais qu'apprennent-ils ? Que l'argent tombe du ciel, que cela ne nécessite aucun effort. Ils apprennent aussi que cela sert surtout à répondre à toutes les lubies immédiates et subites (et surtout marketing). Pas de vrai désir, juste une impulsion. Et un désintérêt pour l'objet acheté souvent aussi brutal que l'envie de le posséder. Tout cela pour faire des enfants ne supportant pas la frustration, colériques et tyranniques voire violents si un jour l'argent vient à manquer et qui croient que l'argent résoud tout. Il est possible de leur faire comprendre que l'argent n'est pas qu'une richesse personnelle, elle peut être partagée. 

Dans les familles où l'argent fait défaut, il est important de rappeler l'intérêt du désir (qui devient souvent moteur social) et de l'amour. Au contraire de ce que veulent bien nous asséner les médias, les enfants issus de familles ouvrières ne sont pas de enfants malheureux. Ce qui est important ce sont les relations, l'entraide, l'écoute, le temps donné,  l'amour encore. Bien sur la tentation est grande d'avoir comme l'autre, le modèle vu à la télé ou le copain qui lui a, ça ne pose vraiment problème que lorsque l'argent est situé au centre de la problématique familiale...

Mais ne rêvons pas, quelque soit la situation financière, la résistance à la frustration est un apprentissage difficile,  surtout lorsqu'on est à un âge où la patience n'existe pas vraiment.  Je l'ai déjà écrit, la tentation est partout : à la télé, dans les magazines, dans la rue... ne pas consommer est parfois un véritable acte de résistance qui ne peut se mettre en place et être assumé que si le jeune adulte aura compris que l'important c'est de réussir sa vie, bien plus que de réussir dans la vie. 


jeudi 11 avril 2013

Je suis mythomane...

Mais si je vous dis que je suis mythomane est-ce que je vous dis la vérité ou est-ce que je vous mens ?

Mais mentir ce n'est pas être mythomane. Le mensonge, nous l'avons vu il y a peu, nous y avons tous accès. Dans le langage courant dire "quel mytho !" revient à dire que la personne raconte un récit faux ou arrangé, mais dans le sens sémantique d'une personne racontant un mensonge pour se tirer d'une situation ou raconter quelque chose qui va la mettre en valeur de façon épisodique.

La mythomanie n'existe pas en tant que telle. Elle n'est pas répertoriée dans le DSM IV, ce n'est pas une maladie mentale, ce n'est pas un trouble de la personnalité non plus. Car la mythomanie en soi n'est qu'un symptôme. C'est comme lorsque vous butez sur la syllabe d'un mot parfois, ce n'est pas que le mot soit dur à prononcer ou que vous ne le connaissez pas ni même que vous présentez un trouble de le prononciation, simplement ce "raté" exprime une émotion qui s'exprime par le fait de buter sur une syllabe. La mythomanie de ce fait peut être trouvé dans de nombreuses pathologies : bipolarité, personnalité antisociale, anxiété... et surtout la dépression.

Etre mythomane c'est raconter des histoires auxquelles on croit et dont on essaye de persuader les autres qu'elles sont vraies. Pour le mythomane, c'est clair, il a vécu cela, il a dit ceci, il s'est retrouvé là. Et plus ça parait vrai, plus les autres y adhère plus ça devient vrai pour lui. En effet si vous vous y croyez, c'est que c'est vrai, donc il y croit. 

Il y a des degrés dans la mythomanie et cela ne devient gênant et pathologique que lorsque cela a des répercussions sur la vie de ceux qui mentent.

Il y a ceux qui ne supportent pas leur vie et l'embellissent. Ils font vivre une vie qui n'est que rêvée. Ils rêvent éveillés.

Il y a ceux qui cherche à briller. Il faut séduire, paraître "plus" ou "mieux", être à son avantage, avoir du prestige et si possible plus que l'autre en face auquel on parle.

Et il y a ceux qui cherchent à exister par tous les moyens. Même en se faisant passer pour des victimes, en suscitant de la compassion et l'intérêt...

Il s'agit d'aller jusqu'à s'inventer une vie et mettre tout en oeuvre pour convaincre les autres que cette vie est réelle.  Le mythomane s'enferre dans son mensonge, il peut être très convaincant, il faut aller de plus en plus en loin pour ne pas se recouper. Mais lorsqu'il est démasqué tout bascule. Son monde s'écroule. Le mythomane peut alors aller jusqu'au meurtre pour annihiler ceux qui l'ont découvert.

La mythomanie est un symptôme en plein développement. L'internet permet à toute personne de s'inventer une personnalité, un travail, un physique, une vie. Ce n'est pas très nouveau d'ailleurs, dès qu'il y a anonymat la tendance à embellir se profil (souvenez vous des petites annonces du "Chasseur français" où tout le monde se présentait comme beau, bon statut social, intellectuel...). Internet est un espace de rêve, où chacun peut créer à l'envi le monde dans lequel il veut faire croire qu'il évolue. Les gens racontent-ils leur vie ou la vie qu'ils veulent bien avoir ? Je vous avais déjà dit que sur les forums on trouvait surtout des victimes et des psychopathes : des proies et des prédateurs. La proie se victimise afin qu'on s'apitoye sur son sort et le prédateur se présente comme celui qui doit être admiré. 

Car le fait d'être mythomane "victime" ou "existentiel", comme d'être "victime" ou "prédateur" relève d'un choix inconscient où on retrouve une vérité sur ce qu'est la personnalité réelle du menteur. Chacun ses aspirations psychiques. 

Mais bien sur le mythomane n'existe que grâce aux autres. Si on ne le croyait pas ou surtout si on ne faisait pas semblant de le croire, il n'existerait pas. Or il faut bien avouer que parfois c'est marrant de faire semblant de croire mais parfois ces autres ont envie de croire. Ce qui donne raison au mythomane. Pourquoi ne pas mentir puisque ça me fait du bien et que ça fait plaisir aux autres ?


lundi 8 avril 2013

Née pour... libérer la parole

Appelons la Anissa.
Anissa a 27 ans. Un vrai "p'tit mec". Elle n'a peur de rien, elle n'a jamais mal, de dos tout le monde la prend pour un garçon (même parfois de face !), elle est lesbienne, très cultivée, intelligente.

Anissa est née par hasard.
Plus personne ne l'attendait. Déjà 3 autres filles à la maison, les parents rêvaient d'un garçon qui ne pouvait pas venir puisque la mésentente régnait à la maison. Des reproches sourds, des tromperies cachées, une envie de divorce tue. Et puis Anissa se profile. Les parents espèrent un garçon, envisagent l'enfant comme tel.
La mère perd son emploi. Dépression. Le père reste pour assumer. Mais rien n'est dit. Tout reste en sourdine.
Encore une fille.... 
Vu de l'extérieur tout va bien. Famille modèle, bon statut social. On s'invite, on part en vacances avec les voisins. Les enfants sont heureux, les parents sont souriants.

Anissa est habillée en jolie petite fille.
Le climat est difficile à la maison. 
La petite fille est laissée à la garde des plus grands. Ou alors elle est toujours fourrée chez les copains.
Pas les copines, les filles c'est bêtes, niais, ça ne prend pas de risques.
Anissa aime faire la course en vélo, tomber, se faire mal, grimper, parier qu'elle est plus forte, plus casse cou.
Plus casse-couille aussi.
Anissa n'arrête pas de se faire remarquer, elle fait des bêtises, ses prises de risques la mette en danger. Elle. Et parfois ses amis.
Mais personne ne dit rien. Tant qu'elle est avec ses amis tout va bien et puis les autres parents surveillent du coin de l'oeil.
Qu'on croit.

En fait, personne ne surveille Anissa. C'est le rôle de ses parents. Or ses parents sont occupés avec leurs autres enfants, avec un nouveau qui va arriver. Avec leurs problèmes. Et puis il faut donner une image parfaite.
Le prédateur a bien repéré Anissa, proie facile que personne ne surveille, dont tout le monde se fout et qui, quoi qu'elle dise, ne sera pas crue car il ne faut pas faire de vague.

Après tout cela Anissa, n'est plus tout à fait la même ni tout à fait une autre. Se protéger avant tout. Ces parents avaient raison de ne pas vouloir une fille : être une fille ça attire les méchants. 
Mais Anissa ne peut que se taire, car elle pense qu'on ne la croirait pas.
Anissa devient une petite délinquante. 
Crise d'ado pense-t-on.
Anissa part jeune de chez ses parents. 
Et elle vit sa vie.
Plutôt bien d'ailleurs. Pas trop mal intégrée, une vie pleine de rires et de copines.
Une vie rose alors qu'à l'intérieur tout est néant.

Mais le néant rattrape Anissa.
Et Anissa parle, explique, crie son vécu et sa souffrance.
Anissa fait encore des vagues ! 
Pfff, quelle est fatigante cette gosse, c'est comme ça depuis qu'elle est née. Pas au bon moment, pas comme on l'aurait voulu, toujours à ne pas obéir, toujours aux urgences pour se faire recoudre ses bobos, toujours en train de la chercher, toujours à vouloir qu'on la remarque, toujours à ne pas s'habiller comme les autres. Une fois partie ça c'était calmée, mais bon voila qu'elle remet ça. Elle fait encore parler d'elle, elle veut qu'on l'écoute, elle veut qu'on agisse et même qu'on la soutienne !

Alors Anissa se bat contre son démon.
Anissa va voir tout le monde et demande réparation pour ce qui n'a pas été vu, pour ce qui n'a pas été fait.
Anissa oblige tout le monde à parler, à se parler, à écouter. A croire, pour certains, ce n'est pas possible, d'autres s'effondrent, d'autres avouent s'en être doutés. Mais ses parents ne disent rien.

La parole d'Anissa va faire ressortir quelques problématiques familiales, dont le fait que c'est une enfant non désirée, dont la naissance était gênante et qui n'en fini plus de gêner depuis des années. Dont le fait que c'est famille où on ne se parle pas, le fait que la mère elle-même a été abusée dans sa jeunesse et qu'elle n'a pu parler, le fait que ce couple tient par la non parole car la parole y mettrait fin, le fait que jamais Anissa n'a été considéré comme une fille ni même comme une enfant, leur enfant. 

Anissa, petite fille livrée à elle-même dont la naissance avait pour but de libérer la parole des uns et des autres. Pont entre deux parents qui se parlaient peu, qui ne se parlaient plus et qui a elle seule stigmatise toutes les problématiques du père et de la mère. Là devant leur yeux, elle est le résultat de leur silence, de leurs non-dits. 

Sans le vouloir consciemment, les parents d'Anissa l'ont poussé dans des situations qui leur montraient leurs souffrances et leur incompétence. Anissa a parlé, elle leur a montré, expliqué. 
Maintenant chacun fait son chemin. S'il le veut.
Anissa doit et peut maintenant faire le sien.





dimanche 7 avril 2013

Les jeux du dimanche - Samorost 1 & 2


Pour la version "full" il vous faudra payer... Beaucoup à regarder, un peu à jouer, énormément à réfléchir parfois.
Dans ces versions démo vous pouvez les niveaux un de deux jeux. Pour démarrer cliquer sur les images.
C'est à vous de trouver ce qu'il faut faire en cliquant partout mais dans un ordre spécifique...

Samorost 1 (version demo)




Samorost 2 (free version)





vendredi 5 avril 2013

Tout le monde ment...

Je sais la série du "Docteur House" est finie...
Il était temps, les deux dernières saisons devenaient du n'importe quoi. Mais le dernier épisode aurait pu s'intituler comme le premier... 

Car tout le monde ment.

J'adooore lorsque j'entends les parents dire à leurs enfants "c'est pas beau de mentir".
Tu parles, comme si les adultes ne mentaient pas.

Pourquoi donc demande-t-on aux enfants d'être réglo et de dire toute la vérité rien que la vérité, alors que les adultes ne le font pas ?
Pourquoi l'apprendre aux enfants, en leur soutenant mordicus que c'est important, alors que quelques années plus tard on va leur apprendre l'inverse (et même parfois les y pousser) ?

Surtout ne pas mentir sauf lorsque papa et/ou maman le demande.
L'enfant alors ne ment pas par lui même mais pour les autres. Mais pourquoi lui dire de ne pas mentir alors car le pousser à faire l'inverse ne peut que provoquer qu'un conflit interne puissant. Sans compter des interrogations métaphysiques sur la confiance qu'on peut accorder aux parents

Car apprendre aux enfants à ne pas mentir, revient à leur faire comprendre que les adultes ne mentent pas.
Menteurs !

Pourquoi ça commence dès leur naissance parfois. Secret de "fabrication", secret de naissance.
Sans compter le Père Noël, la petite Souris, le marchand de sable, le croque-mitaine, les loups, les fantômes.
Vous me direz l'être humain est crédule, ils sont beaucoup à aimer à croire ce qu'ils ne voient pas, ne verront jamais, ne sentiront jamais. Vous me direz que ce n'est pas parce qu'on n'a jamais vu un ptérodactyle dans la savane qu'on croit qu'ils n'ont pas existé... Ca se discute vous me direz.

Les enfants ne doivent pas mentir.
Pas à leurs parents en tout cas.
Aux autres ils ont le droit. 
Ce qui sous-entend une volonté de savoir tout ce que pense l'enfant. Une toute puissance dans laquelle l'enfant n'a pas le droit à son intimité. Car du coup dès que le parent va poser une question, l'enfant devra dire la vérité. On peut très vite entrer dans une situation de harcèlement psychique dans lequel l'enfant n'existe plus. 

Tout le problème des enfants c'est qu'ils ne mentent pas.
Une maman, il y a quelques jours encore, me disait en me présentant son jeune fils qu'il mentait.
Je lui faisait remarquer qu'à cet âge là on ne ment pas (d'autant que maman dit que ce n'est pas une bonne valeur morale) mais qu'on modifie la réalité.
Nuance.
L'enfant modifie ce qu'il a vu, entendu, fait. Et il est persuadé que cette modification est la réalité. La déconnection interne/externe est encore floue. Ca dure pendant quelques années. (J'en connais chez qui ça perdure. Je dis ça, je dis rien). L'enfant arrange la réalité à la lumière de ce qu'il pense être beau, viable mais surtout conforme à ce qu'on attend de lui. Sinon pourquoi mentir ?

Aussi ces parents qui veulent à tout prix que leur enfant ne leur mente pas poussent-ils au mensonge. Car seule la "bonne" réponse peut être entendue par ces parents. Or cette "bonne" réponse, qu'elle mène à la récompense ou à la punition, n'est pas toujours la réalité. A force de vérité, le mensonge fait surface.

D'ailleurs pourquoi ment-on ? (menton lol) (je sais)

Pour plein de raisons : on ment par amour, on ment pour ne pas faire souffrir, on ment pour se sortir d'une situation désagréable, on ment pour ne pas être puni, on ment parce que ça fait plus joli, on ment parce que l'autre ne peut pas entendre la vérité,... j'en oublie sans doute.

Et on commence à se mentir à soi même surtout.

En fait on ment toute la journée. 
Ca commence dès que quelqu'un vous demande si vous allez bien ? Par politesse, vous répondez oui et aussi parce que vous n'avez pas envie d'étaler vos problèmes. Vous mentez.
Ca continue lorsque votre chef vous demande si vous avez fini et que vous lui répondez que vous avez pris du retard parce que le service d'à côté n'a pas assuré, alors qu'en fait vous n'avez rien glandé hier. Vous mentez.
Au resto d'entreprise, vous prenez des carottes râpées alors que vous rêver de prendre le saucisson sec, mais l'été arrive attention aux bourrelets. Vous mentez.
A la sortie de l'école, vous souriez à toutes les mamans même à la pimbêche toujours bien apprêtée que vous ne supportez pas. Vous mentez.
Vous demandez à votre gamin s'il a passé une bonne journée, alors que vous pensez à votre voiture qui a eu du mal à démarrer. Vous mentez.
Vous croisez la voisine, celle qui part toujours en vacances à l'étranger et vous lui affirmer que cette année vous partez en Grèce alors que vous finirez comme d'hab au fin fond du Finistère. Vous mentez.

Je pourrai en aligner des tonnes comme cela.

Bien sur il y a des jours où on ment moins, d'autres où on ment plus.

Le pire c'est que le mensonge tout compte fait on le vit assez bien. 
Imaginez si on disait tous et tout le temps la vérité ! Quel enfer sur terre. Je vous dirais, ça mettrai de l'ambiance dans les entreprises... "toi je te salue pas, t'es qu'une conne !" "et moi je trouve que ce matin t'es vraiment mal fringué. C'est ta mère qui choisi tes vêtements ?" "Clara, vous êtes vraiment nulle. Déjà d'habitude vous volez pas haut, mais là vous vous surpassez !" "Tiens, ton augmentation tu la verras juste passer, t'avais qu'à être à l'heure". "c'est vrai vous êtes un bon client, mais vous êtes tellement désagréable que j'ai une super envie de vous mettre dehors, mais je n'en ferai rien j'ai besoin de votre contrat"...

Le seul problème du mensonge c'est qu'il se fait souvent rattraper par la réalité.
Parce que ça se voit que vous n'allez pas bien.
Parce que votre chef sait que le service d'à côté a fini depuis longtemps.
Parce que ce n'est pas en bouffant des carottes pleines de sucre que vous perdrez vos bourrelets.
Parce que la pimbêche elle sait bien qu'elle vous embête et que c'est même pour cela qu'elle minaude devant vous.
Parce que votre gamin n'est pas dupe et voit votre regard flou.
Parce que votre voisine elle verra bien que vous n'avez pas le bronzage grec et que votre gamin il lui dira comment c'était bien les vacances chez papy et mamy...

Alors, je ne vais pas vous dire que mentir c'est bien. Ce serait un jugement de valeur mais ce serait surtout faux. Car plus on ment, plus on s'éloigne de ce qu'on est réellement, plus on pousse les gens qui nous entourent à se conformer à ce qu'on leur "vend" et plus la réalité finie par vous tomber dessus.

Mentir c'est bien. Des fois.
C'est pas bien. Souvent.

Question de valeur morale et sociale, bref question d'éducation. Question de savoir ce que vous êtes et ce que vous voulez montrer de vous aux autres.



mardi 2 avril 2013

Tous pervers... surtout les autres

Non je n'ai aucun remord de vous avoir laissé sans message depuis 8 jours et non je n'ai aucun regret de ne pas avoir fait paraître quoi que ce soit ici (bien que j'ai commencé 3 articles que j'espère avoir le temps de finir cette semaine).

Il est toujours intéressant de constater que c'est toujours mieux chez les autres. Ou moins bien, c'est selon nos perceptions.

Les gens aiment les tueurs en série, les violeurs, les crimes de sang... Ils les aiment parce que ce ne sont pas eux qui sont touchés et qu'ils pensent que jamais Ô grand jamais eux ne seraient capables de choses pareilles.

Pourtant parfois il y a une grande différence entre ce que les gens prêchent, surtout à leurs enfants, et ce qu'ils font ou ont fait.



Prenons deux exemples simples :

J'ai rencontré une femme, la cinquantaine, banale, fade. Une vie pas très joyeuse il est vrai, pleine de souffrances. En couple depuis 30 ans. Beaucoup de tabous et surtout une grande valeur morale. Une fille de 17 ans et demi.

Nous discutons. Avec son langage peu châtié, elle me dit tout de go que "sa fille est une salope. Vous vous rendez compte, elle s'envoie en l'air à 17 ans et demi. C'est une vraie traînée"... Je lui rappelle qu'aujourd'hui c'est plutôt l'âge des premiers rapports et j'essaie de tempérer le regard de cette femme sur sa fille. Elle ajoute "Qu'est-ce qu'elle va devenir si elle commence déjà, une vraie pute." Ambiance.

Alors je lui demande à quel âge elle a eu son premier rapport sexuel.

A 16 ans. "mais moi" me dit-elle "je suis restée avec le mec".

C'est vrai ça change tout n'est-ce pas ?



Prenons cet homme. En couple depuis de nombreuses années avec la même compagne. Des enfants dont deux filles de 12 ans qu'il protège jalousement contre les hommes pervers et pédophiles qui pourraient détourner ces jeunes pousses.

Puis nous discutons de son couple à très long terme. Comment a-t-il rencontré sa compagne ? Au travail. Il avait 18 ans et a été ébloui par cette jeune et jolie brunette qu'il a instantanément invité à sortir avec lui.

Jeune ? Ah bon quel âge avait-elle ?

14 ans. Mais il est resté avec.

C'est vrai ça change tout n'est-ce pas ?




Stats