jeudi 16 mai 2013

Les violences faites aux personnes

J'avais rendez-vous il y a peu avec les représentants d'une association d'aide aux victimes. J'étais bien sur venue leur présenter l'action de mon association et les sensibiliser à une réalité sociale encore taboue. 

Au fur et à mesure cette présentation s'est transformée en discussion sur les constats que nous pouvions faire eux au sein de leur association, moi au cour de ma pratique.

Nous nous étonnions du peu de prise en compte des violences intra-familiales mais aussi institutionnelles qui ne sont pas considérées au travers de la prévention et donc pas prise en charge tant au niveau de l'écoute, que de l'accueil ou de la reconnaissance par le droit.

Car il faut bien le constater on nous parle sans cesse des violences faites aux femmes. On a raison d'ailleurs, mais on fini par avoir l'impression que seules les femmes sont victimes et uniquement par leur conjoint ou par des violeurs. Pourtant tous actes d'agressions confondus, les hommes sont plus victimes que les femmes...

Mais qu'en est il :

- au sein de la famille :
              - des violences faites aux enfants ? 
              - des violences faites aux hommes ?
              - des violences faites aux personnes âgées
              - des violences faites aux personnes handicapées...
              - des violences faites aux parents (par leurs enfants)
              - des violences familiales (faites par un "ami" ou par des beaux-
                parents tyranniques)

- hors du système familiale :
              - des violences faites aux personnes âgées (milieu hospitalier,
                maisons de retraite,....)

              - des violences faites aux personnes malades ou handicapées
                (milieu hospitalier, intervenants

                sociaux, maison de repos...)
              - des violences faites aux enfants (familles et centres d'accueil,
                orphelinats, écoles, centres de vacances....)

Qu'en est il des accompagnants, des aidants qui laissés pour compte sans soutien psychologique (pas de budget dans les hôpitaux) se retrouvent seuls face à la détresse, la maladie, la souffrance. Et qui au lieu de s'en prendre à cet ennemi invisible s'en prennent à la personne en face d'eux, cette personne fragilisée qui n'aura pas de répondant et qui subira en silence et sans recours ?

C'est bien sur très paradoxal, car en tant qu'individu nous souhaitons tous que l'Etat reste le plus loin possible de notre vie privée, ce qui est compréhensible. Mais en même temps, lorsqu'il se passe quelque chose, les victimes seraient bien contentes que quelqu'un se préoccupe de savoir si tout va bien. Et ce sont les mêmes personnes qui,lorsqu'elles sont victimisées, hurlent après les manques de l'Etat.

Il n'empêche que les violences aux personnes sont sous-estimées et parfois totalement tues voire niées. Il y a un sacré travail à faire.

Ce qui pose la question de savoir pourquoi tant de personnes sont violentes et ressentent surtout le besoin d'exprimer cette violence sur plus faibles qu'elles... 

J'ai bien des réponses mais je suis sûre que vous en avez aussi. 




4 commentaires:

  1. C'est tellement plus facile de taper sur une personne plus faible ...
    Cela peut être taper à coup de mots qui font aussi très mal.
    Plus l'autre est faible plus on tape .non ? En tout cas c'est mon ressenti :

    J'ai eu l'occasion de faire partie de jury pour faire passer des oraux de concours administratifs ( ah oui au fait tu as totalement raison sur le paradoxe de ces gens qui veulent voir supprimer les fonctionnaires de la Terre mais qui demandent ce que font les pouvoirs publics quand ils ont un problème...grrrr),et donc à l'occasion de ces oraux de concours j'ai pu constater que le jury "s'acharnait" plus vite et plus facilement sur un candidat qui se laissait "taper" dessus (ce qui me mettait carrément mal à l'aise...mais bon dans ce genre de situation il n'y pas péril en la demeure , et il y a toujours un membre du jury qui va aller au secours du candidat..car cela reste un jeu , on est là juste pour évaluer la personne, pas pour la bouffer ) .
    Alors qu'un candidat sur de lui, qui a l'air solide et "présent" est beaucoup plus épargner.
    C'est paradoxal mais c'est comme ça .
    L'humain s'acharne sur ce qui est faible, ou ressenti comme tel.
    Alors j'imagine que taper tout court sur quelqu'un de faible , sur des gosses, sur des handicapés ...etc... s'explique par ce phénomène .
    La violence n'est-il pas un exutoire ? Certains font de la boxe pour se défouler et d'autres font de la boxe sur les humains qui font office de punching-ball.
    Je me pose la question aussi de savoir si dans certains cas les gens tapent sur les autres par défaut car il voudraient surtout pouvoir taper sur eux-même ?


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  2. Bonne question !
    Par constat, je dirai d'abord que les gens agressifs ont un compte à régler avec quelqu'un, mais comme ils ne peuvent pas s'en prendre à cette personne il se trouve un substitut, par nature plus faible qu'eux sinon ils ne pourraient pas les agresser, et défoule sur cette personne toute la colère, la haine, la rancoeur qu'ils n'osent pas exprimer là où le faudrait. il y a donc un déplacement de la cible car la cible est inatteignable (soit physiquement soit psychologiquement soit les deux si la personne est décédée).
    je te rejoins sur le fait que la colère est aussi -surtout- ce que ces personnes aimeraient retourner contre eux. Prenons un exemple, prenons une femme qui en veut à son père, elle va être en colère contre lui et s'en prendra ensuite à son conjointe et/ou ses enfants. Elle aimerait bien "taper" sur son père, mais lorsqu'on analyse bien elle aimerait surtout se taper dessus pour ne pas avoir réagit lorsqu'on se père a dit ou fait telle chose.
    Dans les graves agressions physiques on retrouve ce phénomène. On a souvent des individus suicidaires dont le psychisme est assez fort pour rejeter le fait de mettre fin à leur vie et qui vont extérioriser ce besoin de se détruire en détruisant l'Autre. Ce qui fait baisser la tension interne pour quelques moments. D'où le cycle des violences.

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  3. Mais est-ce que le fait d'être face à quelqu'un de faible encourage à s'acharner dessus forcément? J'avais plutôt l'impression que le fait que cette personne oppose une résistance donne encore plus "envie" de s'acharner pour la détruire... que cette résistance multiplie la colère.

    Kirikou

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    1. Oui, plus la personne montre sa faiblesse plus la personne violente s'acharne sur elle. En fait, les personnes violentes ont souvent besoin de ce que j'appellerai un "contre pouvoir". Il y a bien sur un juste milieu, car il ne s'agit pas de tomber en réaction dans la violence ou de pousser l'autre au passage à l'acte aggravé. Ce qu'on a par exemple souvent dans les meurtres conjugaux lorsque la victime dit à l'autre "t'es pas cap de le faire !". On sait depuis longtemps que ce type de phrase fait que l'agresseur, remis en question dans son estime de lui même, va obligatoirement passer à l'acte.
      Les personnes violentes physiquement le sont d'abord psychologiquement ou verbalement. Mais comme elles ne trouvent pas de de freins devant elles, elles pensent ou comprennent qu'elles peuvent aller plus loin en toute impunité (après tout "qui ne dit mot, consent"). La victime fini donc pas donner elle même la possibilité à son agresseur d'aller plus loin. Ce n'est pas de la lâcheté, c'est un mécanisme de défense de la part de la victime qui pense que si elle ne fait pas de vague la crise violente sera retardée ou moins forte, ce qui renforce le statut de victime (j'accepte de subir) et qui est basée sur une totale dissonance cognitive car c'est justement cette non réaction qui accroît la violence et c'est le fait de réagir qui l'atténuerait ou la ferait cesser.
      les enfants eux, n'ont pas ce choix, car ils sont "captifs" de leurs parents. Désobéir ou s'opposer est sanctionné, la Loi des parents se référant à la norme sociale (en tout cas c'est ce que pense les enfants). Donc s'opposer à la violence d'un adulte est plus difficile. D'où le fait que choisir un enfant comme cible d'un acte violent est moins risqué que de tenter la même chose avec un adulte.

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