vendredi 10 mai 2013

Sexe et simulation

Foskifo quitte à reprendre l'écriture autant le faire en attirant le chaland... 

Je ne vais pas vous parler de simulation informatisée. Non. J'en connais, si si, qui ont tout de suite penser graphiques, animations, courbes.
Enfin si ils s'agit bien de courbes, mais pas des mêmes.
Encore que vous me direz que la simulation sexuelle informatisée c'est possible.
Bon je ne vais pas m'en sortir, terrain glissant.. si je puis dire !

Restons simples.
Je viens d'un pas noyé dans le café vous parler de ces personnes qui simulent pendant l'acte sexuel (et souvent surtout pendant l'orgasme).
(certains me dirons "c'est quoi l'orgasme ?" Je leur répondrai "change de partenaire !". Na)
Oh oh, je vois vous pensez tout de suite à ces femmes qui poussent des cris, ondulent du bassin à outrance et se cabrent de plaisir telles qu'on nous les vend dans les films.
Pourtant, méfiez vous des stéréotypes, les hommes sont aussi de grands simulateurs.
Et ne croyez pas que ce soit compliqué ou que les hommes sont de vulgaires bêtes qui sont incapables de résister à une femelle en rut. Je sais c'est le printemps, la sève monte et les feuilles sortent, mais la nature a fait ce qu'il fallait -involontairement sûrement- pour que l'être humain puisse se détacher de la reproduction.

Qu'est ce que simuler d'abord ?

le CEA lui même nous donne une définition intéressante et applicable partout : "La simulation [...] a pour objectif de reproduire une apparence, de produire une image qui paraisse réelle."
Bon, vous aurez compris que le CEA (Commissariat à l'Energie Atomique) ne nous parle pas de simulation sexuelle, mais il s'agit bien lors de l'acte sexuel de faire semblant, de reproduire une apparence et de produire une image qui paraisse réelle de plaisir atteint pour celui qui vous regarde.

Mais pourquoi simuler ?

Lorsque je demande à mes patientes pourquoi elles simulent, elles répondent toutes en choeur que c'est une façon de rassurer leur mec. 
Mais si elles simulent sont-elles satisfaites de ces relations sexuelles ?
Non.
Alors pourquoi continuer à simuler puisqu'en faisant croire à leur homme du moment qu'elles sont satisfaites il continue de la même façon et est persuader d'être l'homme de la situation ?
Parce qu'elles ont commencé et qu'elles ne voient plus comment sortir de cette situation.
Ont elles conscience d'être les grandes perdantes de ce système ?
Non.
Seraient-elles capables d'aborder la sexualité, avec ses attentes, ses plaisirs, ses interdits, ses rejets ?
Non.

Bref, elles simulent parce qu'elles sont incapables de parler de sexualité.
Elles simulent aussi parce qu'elles pensent que ça fait plaisir à leur mec d'être valoriser dans sa virilité.
Elles simulent aussi parce que ça fini par leur paraître normal de ne pas avoir de plaisir.

Sauf qu'elles sont déçues de leur sexualité.
Qu'elles fantasment sur autre chose pour ne pas dire sur quelqu'un d'autre.
Qu'elles s'ennuient ferme pendant l'acte et qu'elles ont hâte que ça finisse.
Qu'elles craignent chaque relation sexuelle et anticipent que ça va être gonflant.
Qu'elles finissent par ne plus aimer la sexualité et apprécie de vivre ce que j'appelle en "colocation" amoureuse.

Bon je veux bien admettre que dans la sexualité d'un couple, tout le monde n'est pas en phase et n'a pas envie en même temps et que du coup parfois on peut accepter des relations sexuelles sans que ça tente, mais on n'est pas obligé pour ça de faire semblant que c'est génial. On a le droit de compter les poussières collées au plafond ou de faire mentalement sa liste de courses. A charge de revanche.

Je veux bien admettre aussi que certaines femmes qui se trouvent un mec pour la nuit se retrouvent avec un nul et font semblant afin d'en être débarrassée au plus vite. Mais bon, comme c'est pour une fois, pourquoi ne pas lui dire qu'il est nul puisque de toute façon elle n'y reviendra pas ? Et puis lui ça lui fera peut être faire des progrès...

Et ne croyez pas messieurs qu'il est possible de savoir quand une femme simule. Non ce n'est pas possible. Certes la manque de lubrification (avant la ménopause) peut être un signe que le plaisir n'est pas présent, mais ce n'est pas vrai à tous les coups. Mais les contractions vaginales multiples liées à l'orgasme sont tout à fait réalisables "à froid", niark niark, niark.


J'ai rencontré peu d'hommes qui simulent.
Ils le font pour des raisons diverses.
La nana ne leur plaît pas tant que ça en fait. Une fois enlevé le wonderbra, la culotte gainante et le maquillage, ce qu'ils découvrent est parfois navrant et une fois qu'on y est pas facile de partir (si ce n'est la queue entre les jambes) (j'ai rien dit).
Ils cherchent à faire plaisir à leur nana alors qu'eux n'ont pas envie. (oui mesdames, les hommes ne sont pas toujours partant à toute heure du jour et de la nuit).
Ils sont en situation où ils n'ont pas le choix que d'avoir des relations sexuelles alors que ça ne s'y prête pas vraiment et ils font croire que ça leur plait.
Mais ne vous y trompez pas, il y a aussi des hommes qui font semblant parce que ça rassure leur copine. 

Si l'homme a un orgasme lorsqu'il éjacule, il peut éjaculer sans orgasme et faire semblant d'avoir un orgasme sans éjaculer. De nombreuses femmes ne sont pas suffisamment sensibles pour sentir les "contractions" lors de l'éjaculation et de toute façon c'est pas très compliqué de faire croire qu'on en a, niark niark, niark.


Il doit donc exister des couples dans lesquels l'homme comme la femme simulent. On imagine l'ambiance : "Ah t'es bonne chérie !" "Oui, oui, vas-y t'y es là !". En fait, elle n'est pas "bonne" et non il n'y est pas...  beaucoup de bruit pour rien.
Surtout pour les voisins.


Le recours à la simulation est principalement basée sur un manque de communication entre les deux partenaires. 
L'un des deux au moins n'arrive pas à aborder le thème de la sexualité. Question d'éducation souvent. Question aussi de méconnaissance du fonctionnement de l'autre sexe. Ne croyez pas qu'être adulte et avoir des relations sexuelles vous permet de connaître le fonctionnement corporel de l'autre. Et encore moins ses attentes.

Car il s'agit bien non seulement de verbaliser mais d'oser verbaliser de sujet personnels : ce qu'on attend de la sexualité, de l'autre. Ce qu'on aime, ce qu'on aime pas, ce qu'on accepte de faire et ce qu'on accepte pas de subir. 

Or chaque partenaire peut surtout en début de relation, puis plus tard si la communication n'a pas réussi à s'installer, croire que les attentes de l'autre sont cela ou ceci, croire qu'il fait plaisir à l'autre ou pas.

Il est nécessaire d'apprendre à se connaître, à connaître le fonctionnement de l'autre sexe. Il faudra aussi comprendre pourquoi on ne peut oser parler sexualité, pourquoi on accepte de subir sans jamais dire non et comment on va sortir de la simulation. Car si l'autre l'apprend sans en comprendre les justifications, la simulation est vécu comme une trahison qui mène en général à la rupture.






4 commentaires:

  1. Ah simuler, quelle bêtise ...

    Mais est-ce qu'on est obligé de prendre du plaisir avec un partenaire ? Sachant qu'il existe des personnes asexuelles, qui n'ont pas de désir pour l'autre, mais qui se masturbent, et qui se forcent à avoir du sexe pour faire plaisir, par amour (j'ai lu ça sur internet hein)

    Et est-ce qu'on est obligé de faire jouir l'autre ? Par exemple, beaucoup de femmes se touchent le clitoris pendant le coït pour arriver à l'orgasme. Donc le mec fait 50% de boulot disons, il stimule le clitoris avec son engin à l'intérieur du vagin, et la fille complète avec une stimulation extérieure du clitoris avec sa main pour atteindre l'orgasme. Est-ce qu'on peut dire que le mec fait jouir la fille ?

    Et si une personne n'arrive pas à laisser l'autre le faire jouir ? Si un mec ou une fille ne jouit jamais pendant les préliminaires, c'est grave ? C'est un manque de confiance en l'autre, de communication ? Personne ne simule mais personne ne connait bien le sexe de l'autre, pas assez pour le grand final en tout cas. Bref, est-ce que jouir ça se fait à deux ou "tout seul" (pas dans le sens "je me masturbe et je jouis" mais dans le sens "je le masturbe et il jouit") ?

    Ah le sexe, quel sujet passionnant ...

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    1. "Jouir" d'après le dictionnaire c'est "avoir un orgasme" mais c'est aussi "tirer du plaisir de quelque chose". Ce qui pourrait vouloir dire sur le principe que c'est de soi que l'on a du plaisir en le prenant à l'autre. L'autre peut y mettre ce qu'il veut, utiliser la technique qu'il veut, une personne n'a du plaisir que parce qu'elle le veut bien. Encore que lorsque j'écris "veut" c'est juste une façon de dire parce que c'est personnel, parce qu'on peut avoir du plaisir sans le vouloir, le plaisir étant lié à une stimulation, cette stimulation pouvant être interne ou externe, le plaisir reste du coup très mécanique et peut survenir dans les moments les plus inopportun. Surtout chez la femme, qui par nature, peut avoir une excitation sans que cela se voit trop et qui permet aux femmes de ne pas trop se retenir. A l'inverse des hommes, qui sont bien embêtés parce que c'est un peu visible (d'où l'invention du "baggy", mais je m'égare...).

      Une personne asexuelle qui se masturbe n'est pas asexuelle. La sexualité ce n'est pas seulement lié à la présence d'un partenaire. On peut se masturber, se pénétrer seul(e) et ça reste de la sexualité. Mais c'est de la sexualité "déviante" au sens psychanalytique du terme puisqu'elle n'est pas liée à la reproduction (comme tout acte sexuel avec "précaution" d'ailleurs).

      Se force à avoir du sexe par amour, ce n'est pas de l'amour c'est du masochisme. Il faut appeler un chat un chat. Si l'autre aime, il ne force pas à avoir des relations sexuelles. Si l'autre se sent aimé et est en confiance il est capable de dire qu'il/qu'elle ne veut pas de sexualité. Mais est-on un couple sans sexualité ? Des colocataires, des amis sans doute, mais certainement pas un couple. On pourra sans demander pourquoi celui qui n'aime pas le sexe, se force à en avoir sous un pseudo alibi. Trop facile.

      Pourquoi serait on obligé de faire jouir l'autre ? Il n'y aucune obligation dans la sexualité, ni dans le couple d'ailleurs au sens large. Si ces femmes sont obligées de se masturber pendant la pénétration, le mec fait 0 % du travail ! Sinon elles n'auraient pas besoin de le faire. Ce qui prouve surtout dans ce cas c'est qu'il n'y a pas de préliminaire et que l'homme ne fait pas son boulot sur sa compagne ! Après certains aiment à regarder l'autre se masturber ou l'y aider. Chacun son truc. Mais la masturbation c'est mieux lorsque c'est fait par une autre personne car les sensations ne sont pas les mêmes.

      C'est au couple de décider s'il faut jouir ou pas pendant les préliminaires ! En général, si la femme est clitoridienne (90 % des femmes), l'homme aide sa compagne à arriver à l'orgasme et cela se fait pendant les préliminaires ou après le coït (il n'y a pas longtemps à attendre ! lol).
      Pas de grand final, au bout la jouissance c'est un truc perso. Si chacun apprécie de voir l'autre jouir, le plaisir et son intensité reste un ressenti d'une intensité totalement individuelle qui peut être perturbé par n'importe quoi (un bruit, la présence des enfants dans la chambre d'à côté, une pensée fulgurante sur un problème...).

      Donc jouir, arriver à l'orgasme, c'est un truc auquel on peut arriver seul sans difficulté et qui est bien plus intense lorsque c'est l'autre qui nous y fait arriver. Jouir, ça se fait seul, à deux, à trois... pas de limite, juste celles qu'on veut bien s'imposer.

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    2. Sur ce blog http://journeeasexualite.tumblr.com/ on peut lire qqs témoignages de gens qui se revendiquent asexuels, et qui aimeraient vivre une histoire d'amour "romantique" sans sexe. Mais souvent ça ne marche pas car l'autre veut du sexe. Tu penses que c'est anormal d'être asexuel ? Car ils revendiquent vraiment ça comme étant une "4eme sexualité", après l'hétérosexualité, l'homosexualité et la bisexualité.

      Tu dis que 90% des femmes sont clitoridiennes. Mais je pense que les 10% restant le sont aussi, c'est juste qu'elles arrivent à jouir seulement en stimulant leur clitoris "de l'intérieur", dans le vagin. Elles doivent être plus sensibles je pense.

      Et le mec, quand il va et vient dans le vagin de sa partenaire, est-ce qu'il ne se masturbe pas un peu ? C'est lui qui contrôle ses propres mouvements, à moins que les rôles soient inversés et que ça soit la femme qui bouge. Bon les sensations sont sûrement plus fortes dans un vagin que dans sa main, mais y'a pas bcp de laisser aller si le mec bouge et que la fille se laisse faire, on pourrait dire qu'il se masturbe en elle, non ?

      J'suis désolée si j'dis des bêtises, j'ai du mal à saisir où se situe la limite entre la masturbation et l'acte sexuel. En plus, pour en revenir à la simulation, j'crois qu'il y a des filles qui aiment bien simuler pendant qu'elles se masturbent, histoire de recréer l'acte sexuel, de s'auto-exciter, lol

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    3. Une histoire d'amour sans sexe est une relation infantile, donc immature, donc anormale (au sens psychologique et/ou psychanalytique du terme). De toute façon, toute sexualité qui s'éloigne de la reproduction est considérée comme "déviante". Donc la masturbation, le sexe juste pour le plaisir... tout cela ne relève pas d'une sexualité normative en psychanalyse. Vient ensuite la question des valeurs sociales et morales qui ne sont pas toujours compatibles avec ce que disent les théories (et heureusement !). Si le but premier (et ancestral) de la sexualité est la reproduction, le but secondaire est la baisse des tensions internes (ce qu'on retrouve tout particulièrement dans la masturbation). Etre devenu(e) adulte, c'est être passé(e) par le stade génital qui pousse aux relations sexuelles pour se reproduire. La sexualité est donc une réalité adulte. Rejeter la sexualité c'est rejeter l'état adulte. Oedipe mal résolu ? Pathologie mentale ?

      Non, il existe vraiment des femmes vaginales. Question de sensibilité, de psychée et d'imprégnation hormonale lors des rapports ! On ne stimule pas le clito de l'intérieur ! Impossible. Le clito est à l'extérieur, il est la base du pénis chez l'homme, bref c'est un mini pénis !
      En effet, le va et vient de l'homme est l'équivalent d'une masturbation et non les sensations ne sont pas plus fortes dans le vagin, car le vagin se dilate très vite et le mec fini par "flotter" à l'intérieur en quelques secondes ! Ce qui fait la différence c'est le plaisir d'être avec et dans l'autre. Si le plaisir est une réaction physique mécanique, il est avant tout psychologique dans une relation consentie !

      Pourquoi se demander quelle est la limite ? Il n'y a pas de limites dans la sexualité. La masturbation fait partie de l'acte sexuel, c'est un acte comme un autre.

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