dimanche 30 juin 2013

Cahier de vacances psy 2 - Il m'a menti

Zoé a rencontré un homme dont elle pensait qu'il serait l'homme de sa vie.
Ils avaient des projets : acheter une maison, une belle voiture, voyager...

Ayant rapidement eu des doutes et face à une situation financière qui s'est avérée difficile, Zoé l'a poussé à avouer. Elle vient de découvrir qu'il s'était inventé une vie, un travail, des bons revenus, une vie antérieure...

Il lui a raconté que son expérience avec sa compagne précédente avait été malheureuse. Mais qu'aussi il enviait son frère qui, lui, avait bien réussi dans la vie.

Pour l'instant Zoé et lui se sont séparés. Il est retourné chez ses parents dont il est proche.

Zoé ne sait plus quoi faire car elle n'a plus confiance en lui malgré qu'il affirme qu'il ne lui cache plus rien.


Qu'en pensez-vous ? A vos commentaires !

Réponse mercredi soir (normalement....)

----------------

Comme beaucoup, vous oubliez une chose c'est qu'on parle de Zoé ici.
Bien sur difficile de parler d'elle sans parler de lui.

Déjà Zoé se construit une vie idéalisé. C'est l'homme de sa vie.
Comment peut on savoir qu'on ne se trompe pas ? Comment savoir si on va rester ensemble ? Comment savoir s'il n'y en n'a pas un mieux ailleurs ?
Zoé a trop lu de contes de fées ou alors elle tente de reconstruire un modèle idéal qui ne peut que la mener dans le mur car toute désillusion est une grosse déception.

Du coup à force de chercher le Prince Charmant, elle n'a cherché que cela : le type fantastique, qui va lui offrir le château, les chevaux et l'emporter sur son cheval blanc. 

Zoé a des prétentions sociales. Elle a besoin d'une image sociale parfaite afin d'être rassurée. Tout dans le paraître. Pas une seule fois elle ne parle d'amour.

On pourra se demander tout de même comment elle s'y est prise pour le faire avouer...

Bien sur, il y a le pauvre diable qui s'est fait prendre à son propre jeu.
Elle lui plaisait certainement vraiment cette femme, mais pour la garder il fallait lui sortir le grand jeu. Car Zoé sort soit d'un niveau social supérieur à ce monsieur, soit elle pète bien haut qu'il ne le faudrait. Mais difficile de savoir, bien que j'opterais pour la seconde solution. Alors lui qui déjà ne va pas bien, se compare sans cesse à son frère qui -lui semble-t-il selon ses critères à lui- a tout réussi, se dit qu'il a le droit aussi d'épater la galerie.

Car c'est bien de cela qu'il s'agit ici aussi pour lui c'est d'une image sociale et familiale. Montrer que lui a réussi a avoir ce type de femme et qu'il peut l'entretenir.

Alors il ment. Il s'invente une vie. Mais jusqu'où l'invente-t-il ?

Car tout le problème de Zoé maintenant est de savoir s'il continue à mentir.
Elle vient de s'apercevoir qu'elle tenait à lui bien au-delà des apparences et que ces apparences n'étaient peut être pas tant nécessaires à sa vie. 

Mais le paradoxe du menteur est complexe. S'il ment tout le temps, lorsqu'il dit dire la vérité est-ce un mensonge ? Y-t-il un seul moment où on peut lui faire confiance ? Lorsqu'il raconte sa vie passée est-ce vrai ?

Trop de doutes. Du coup Zoé, malgré ses sentiments, n'a plus confiance.

Or la confiance Zoé, une fois qu'elle est perdue, on ne le retrouve jamais. Tu auras toujours un doute sur ce qu'il te dira, tu ne sauras plus jamais s'il ment ou s'il est sincère. Es-tu prête à ça ?


Chacun ici à trompé l'autre. Personne ne s'est montré sous son vrai jour et lorsque les masques sont tombés, les surprises ont fait surface. A trop vouloir n'être qu'image sociale, certains en oublient leur bien-être personnel et intime.








jeudi 27 juin 2013

Première consultation chez le psy

(quel teasing ! La suite du "cadeau" lundi prochain)


Vous êtes nombreux à me lire à déjà avoir fréquenté le cabinet d'un psychologue.
Mais sans doute pas tous.
Enfin j'espère...
(tous mes lecteurs/lectrices sont-ils dingues ?!?)
(mééééééé non, les dingues c'est pour les psychiatres soyez rassurés)
Lol


Bon, n'empêche qu'en général la "première fois", le patient me dit toujours qu'il ne sait pas comment ça se passe.
Et bien chaque psychologue a sa méthode.
Je vais vous raconter la mienne.


Le patient entre.
Je le pousse sur le canapé.
Je me fous à poil et je vois sa réaction.
S'il a les yeux exorbités j'en déduis qu'il est traumatisé.
S'il part en courant j'en déduis... que je ne serai pas payée.

Non sérieusement.
Lorsque le patient arrive, en général il est à l'heure.
D'autant que je n'ai pas de salle d'attente...
S'il a du retard, j'apprécie un petit sms, m'indiquant qu'on arrive en retard.
Si je n'ai pas reçu de sms, j'appelle le futur (ex ?) patient pour savoir ce qu'il en est de sa venue. Ce qui surprend toujours et en met parfois -surtout ceux qui ont décidé de ne pas venir- plutôt mal à l'aise. Mais aller chez le psy ce n'est pas aller chez le médecin.
Et puis c'est une question de respect, na.

Donc mon patient est arrivé.
Quelque formules pour détendre l'atmosphère puis il s'installe, en face de moi, sur mon joli canapé (il s'assoit, il peut s'allonger s'il veut, mais depuis le temps un seul de mes patients a fait les consultations couché).

Les 5 premières minutes servent principalement aux aspects administratifs. Nom, prénom, adresse, téléphone, marié ou pas, enfants ou pas, date de naissance de tout le monde, antécédents,...

Puis vient la question magique qui soulage (le patient) : "qu'est ce qui vous amène ici ?"
(j'ai quelques variantes en réserve je vous rassure).

En général, le patient dit qu'il ne sait pas par où commencer...
Par le début. 
Le patient commence par ce qu'il veut. Sa demande, un récit, une explication, le temps qu'il fait...

Durant la première consultation le patient parle beaucoup et j'écoute, car c'est durant cette séance que tout est dit. Tout le matériel à travailler est souvent là. 

A la fin de la séance qui dure entre 50 et 60 minutes, en général, j'ai cerné la problématique du patient (pas spécialement sa demande), j'ai reformulé, je lui ai rappelé que je fais pas de miracle et que c'est lui qui va faire le plus gros du boulot, on s'est mis d'accord sur un prochain RDV et je lui ai donné un "travail" à faire. 

Le patient paye (des fois il oublie...).

Souvent le patient sort doublement soulagé (il a enfin pu parler) (et je lui ai pris de l'argent) mais groggy de cette première séance (ça remue beaucoup de chose). En général, les 3 jours suivants le patient cogite beaucoup et est un peu "hors course".

Mais ça doit pas être désagréable puisqu'il revient !






lundi 24 juin 2013

Recevoir un cadeau - 1/2

Recevoir un cadeau, normalement on aime tous ça.
J'ai bien dit normalement parce que ce n'est pas le cas de tout le monde. 
Nous y viendrons.

Mais recevoir un cadeau qu'est-ce que c'est ?
Pour vous qui recevez c'est recevoir. Logique.
Mais ce serait trop facile.
Pour vous c'est recevoir, pour celui qui vous le remet c'est un don.
Faire un cadeau est une interaction à deux au minimum.
Celui qui reçoit et celui qui donne.

Pourquoi celui qui donne fait-il un cadeau ?
Ces raisons sont multiples et je n'y reviendrai pas.

Ce qui m'intéresse ici c'est pourquoi ce cadeau là ?
Pourquoi ce choix ?
Pourquoi ce choix pour vous ?

Lorsque vous recevez un cadeau, il en dit long sur ce que le donneur pense et sait de vous mais aussi sur la façon dont il vous considère. 
Le donneur dit donc des choses sur lui, mais il en dit aussi sur vous.
Que dit-il de vous ?
Que dit-il de sa relation à vous ?
Que dit il de votre relation aux autres ?

Je vous avais déjà parlé du fameux bouquet de fleurs le jour de la fête des mères qui est certainement le pire cadeau qu'on puisse faire... sauf si la maman aime les fleurs et qu'elle en a demandé mine de rien. Le bouquet de fleurs, cadeau basique, non choisi, non réfléchi, sans chercher à savoir s'il fera plaisir et expédié rapidement... L'horreur la plus totale. (1)

Dans la plupart des cas, les gens qui vous offrent un cadeau ont réfléchi - si si.
Ils se sont même mis à votre place. Ils sont forts.
Ils se sont dit, tiens untel aime cela, tiens il s'intéresse à ça....
En fait des fois ils n'en savent rien (ce que nous verrons dans la seconde partie).

Mais ne rêvons pas celui qui choisi le cadeau le fait à 50 % pour vous et à 50 % pour lui. Il cherche à vous plaire et il cherche à se plaire à lui même.
Cherche t il vraiment à vous faire plaisir ou à rentrer dans vos bonnes grâces ?
hé hé, telle est la question !

Vous aurez d'ailleurs remarqué qu'après une dispute filiale, conjugale, familiale.. les personnes se font se plus gros cadeaux (surtout financièrement, mais en taille aussi. Disputez vous mesdames, le diamant sera plus gros, mais vous disputez pas trop non plus, sinon vous n'aurez rien...). 

Lorsque vous recevez votre cadeau, cela montre-t-il que le donneur vous connaît bien ? Qu'il a cherché pour trouver ce cadeau ? Qu'il a cherché d'abord à vous faire plaisir à vous et non pas à lui ou à épater les autres qui sont là ? 
Pourquoi ce cadeau ? Correspond-il à un souhait que vous avez exprimé ? Un besoin ? 
Comment ce cadeau vous place-t-il par rapport aux autres (votre frère recevrait-il de plus beaux cadeaux que vous ?) ? Qu'exprime donc le donneur alors ?
Pourquoi ce cadeau vous est-il offert à vous et pas à une autre personne présente auquel il pourrait convenir ? Que transmet-il ? Ou plutôt que ne transmet-on pas à l'autre ?

Oh je sais vous allez me dire que ça fait beaucoup de questions et que vous vous efforcez juste d'apprécier le cadeau qu'on vous fait.

Menteurs et menteuses que vous êtes !
La plupart de ces questions vous vous les posez en une fraction de seconde puis vous les refouler parce qu'il faut faire bonne contenance et que vous savez que vous n'aurez pas les réponses... à moins que vous ne les connaissiez déjà et qu'elles ne vous plaisent pas.
Et surtout qu'il est temps de sortir le champ' !


(1) En fait non, j'ai trouvé quel était le cadeau le plus naze : l'enveloppe avec de l'argent dedans "tu t'achèteras ce que tu veux !".... Ca en dit long sur le temps que l'on vous consacre psychiquement...

Si la personne qui vous offre un tel t-shirt a dépassé 14 ans d'âge,
il est de temps de vous remettre en question sur l'image que vous véhiculez... 
ou sur la résolution de son Oedipe.



samedi 22 juin 2013

Cahier de vacances psy 1 - Comment avouer à ma mère l'infidélité de mon père ?



Une jeune femme explique qu'elle sait que son père trompe sa mère. Elle l'a appris en lisant les messages sur le portable de son père. Elle se demande comment l'avouer à sa mère.


A vos commentaires développés et judicieux, vous avez jusqu'à mercredi 26 au soir.




Quelques pistes de réflexion :

Nous n'avons pas beaucoup d'éléments sur cette situation.
Vos réactions ont été très logiques : c'est en effet une histoire entre ses parents et elle n'a pas à s'en mêler.

De même sur le principe elle n'a pas à lire les messages de son pères.
On pourra se demander comment et pourquoi elle y a eu accès. Si elle utilise le portable de son père, son père a t il tout fait pour qu'elle trouve le message parce qu'il savait qu'elle fouillerait (et dans ce cas pourquoi fouille t elle l'intimité de son père ?). Ou si elle ne fouillait pas spécialement pourquoi son père la laisse t il utiliser son portable alors qu'il sait qu'on peut avoir accès aux messages avec sa maîtresse (et dans ce cas pourquoi met il ces messages en accès facile ?)...

On ne sait pas en fait si la mère n'est pas au courant. Cela se peut elle sait depuis longtemps et elle peut avoir fait le choix d'ignorer, ou de pleurer sur sa vie ou d'accepter pour mettre du piment dans leur couple. Et dans ce cas on pourra se demander si le père, en facilitant l'accès à ses messages, n'a pas tout simplement cherché à informé sa fille de cette situation parce qu'il ne sait pas comment faire autrement. Comptant sur sa curiosité et sur son caractère intrusif, il lui a expliqué qu'il avait quelqu'un d'autre dans sa vie.

Il est évident qu'il faut qu'elle ait une discussion avec son père. Non pas pour critiqué sa situation, mais pour comprendre pourquoi elle a pu avoir accès à cette relation. Car de toute façon, quelque soit la situation, cela ne la regarde pas. Que ce soit volontairement ou involontairement, une fille n'a pas à connaître l'intimité de son père. D'autant qu'ici, l'image du père et de l'homme en prend en sacré coup.

Maintenant, tout cela est superficiel et montre une situation plus complexe.
Elle le dit "elle doit avouer à sa mère".
Or ce n'est pas elle qui trompe cette mère.
On se demandera ce qu'a réellement à avouer cette jeune femme à sa mère.
Quelque chose en tout cas, qui tente de refaire surface à la lumière de sa découverte. Qui là, pourrait n'être qu'un alibi, pour aller parler à sa mère d'un autre sujet.

mercredi 19 juin 2013

Un p'tit mot gentil

 (Mot trouvé dans ma boîte aux lettres. J'ai effacé la signature)



 (oui c'est tout froissé, c'est une longue histoire)
Et je vous rassure mes conseils sont limités aux procédures judiciaires





J'ai mal au pouce et à l'index à force de jouer à Bubble Totem. J'ai comme un doute, vous pensez que les troubles musculo-squelettiques des doigts sont pris en charge comme maladie pro chez les psys ?



vendredi 14 juin 2013

L'impact de l'enfant mort dans la fratrie

Dans l'histoire d'une femme, d'une mère, il peut se passer des événements qu'elle préfère passer sous silence ou oublier. Plus ou moins facilement selon les circonstances voulues ou pas.

Une femme peut avorter volontairement pour des raisons "raisonnables" et concrètes mais en fait de ne pas vraiment vouloir ne pas porter cet enfant. Et faire le choix de faire fi de ses émotions et de son envie interne. Envie interne qui n'est peut être que le signe d'un bon fonctionnement hormonal, mais qui créé un attachement rapide à l'enfant déjà envisagé et peut être rêvé. Mais c'est la vie et il sera toujours temps de refaire un autre enfant "raisonné" plus tard.

Il y a aussi ces femmes qui perdent leur enfant pendant leur grossesse. Cet enfant déjà revêtu de l'attachement, de l'idéal est vécu comme une pathologie du Soi. Mais j'y reviendrai dans un autre article. Elles font le choix, comme on le leur conseille d'ailleurs, de retomber enceinte rapidement.

Et puis il y a ces enfants nés qui décèdent dans des circonstances plus ou moins tragiques. 

Mais quelque soit la situation, cet enfant mort est présent.

Tenez, prenons Etienne.
Sa mère est tombée enceinte tout de suite après sa naissance. La situation étant, les parents ont décidé de ne pas garder l'enfant. Sauf qu'à cette époque avorter était très difficile, il fallait partir à l'étranger. Alors le temps que l'argent soit réuni, cet enfant dans le ventre a déjà quelques mois. C'était un garçon. Etienne, 6 mois, a été laissé en garde à sa tante, et lorsque les parents reviennent 1 mois plus tard, la mère d'Etienne est dépressive. Elle le restera toute sa vie.

Etienne grandit avec un fort sentiment d'abandon, dont il ne sait d'où il vient. Sa mère le couve, le sur-protège. Parfois, elle le prend dans ses bras et pleure. Etienne ne comprend pas. Il a l'impression de ne pas exister, d'être nié sans savoir d'où ça vient.

Devenu adulte, il est perdu. En psychothérapie, ses descriptions me font penser qu'il y a eu un enfant décédé. Il en parle à sa mère, qui s'effondre et lui "avoue" l'enfant dont elle a avorté et qu'elle regrette. Lorsque regardait Etienne en fait elle imaginait se fils qu'elle n'avait pas eu. Elle ne voyait pas Etienne, elle voyait l'autre. Etienne n'existait pas.


Prenons Victoria. 
Victoria a 11 ans. Elle est infernale. Toujours en opposition à ses parents et surtout à sa mère. Elle a du mal à grandir dans sa tête et tente désespérément de rester une enfant alors que ces parents ne cessent de lui répéter qu'elle est une grande fille.
Une discussion avec la mère fera apparaître un avortement avant la naissance de sa fille. 
Cette toute jeune fille qui n'est pas l'unique enfant, n'est pas l'aîné non plus, mais bien la cadette. 
Et qui se comporte comme telle !


Prenons Sidonie.
Sidonie est une belle jeune fille, intelligente, à qui tout réussi. Deux soeurs aînées.
Enfin semble-t-il.
Car Sidonie souffre de troubles alimentaires.
Avec le psychothérapie elle va mieux, mais brutalement elle se plante brutalement à ses examens et ne croit plus en elle. Refait surface ce qu'elle pressentait depuis longtemps, à savoir qu'elle ne sait pas quoi faire de sa vie, elle dit ne pas savoir qu'elle est place ni dans sa famille, ni parmi ses amis, ni dans le monde. Elle se sent en insécurité permanente et toujours sous pression.

Je l'écoute et je lui dit que je vais peut être émettre deux hypothèses un peu folles, mais je voudrais qu'elle se renseigne. Je lui dis que soit elle jumeau décédée, soit il y a un enfant décédé dans sa fratrie. Elle me regarde interloquée et me dit qu'elle a appris il y a 2 semaines que sa mère avait accouché d'un bébé mort né et qu'elle avait été conçue dans la foulée.

Enfant de remplacement, comment connaître sa place lorsque dans la confusion on croît qu'on est la troisième alors qu'on est la quatrième ? Comment ne pas être sous pression alors qu'on image l'angoisse de la mère et du père espérant que cet enfant vivrait ? Comment ne pas être en insécurité permanente alors que ses parents ont envisagé qu'elle ne pourrait pas vivre et qu'il pourrait la perdre ? Savoir aussi qu'on peut mourir à tout moment...


Voila trois exemples parmi d'autres situations, qui montrent que l'enfant décédé a un impact sur les parents et sur les enfants, même lorsqu'ils ne l'ont pas connu.
Chaque enfant décédé compte dans la fratrie. Sa présence, quasi fantomatique, est ressentie. Il ne s'agit pas de faire revivre cet enfant ou de lui donner une place de vivant, car il faut choisir soit vivre avec les morts soit vivre avec les vivants. Mais si on fait comme s'il n'avait pas existé, il fini par resurgir à la lumière des problématiques des enfants. Sa présence, comme son absence, explique bien des choses.



Au XIXème siècle, 
les enfants décédés étaient photographiés afin d'en conserver la mémoire




mercredi 12 juin 2013

Le psy, coach de vie

Vous l'avez compris lorsque un patient arrive en psychothérapie, il y a ce qu'il demande et ce qu'il voudrait vraiment. Deux versions qui ne sont pas toujours complémentaires.

Mais il faut aussi faire avec la personnalité et l'éducation de la personne.

Si son but est de se défaire de ce qui gène, le patient ne vient pas toujours pour tout changer et faire table rase du passé. S'il vient pour régler une problématique précise il est évident que cela va ouvrir d'autres champs à modifier, mais ce n'est pas une obligation. Et puis si psychothérapie à moyen ou long terme il y a, le patient va passer par des phases des remise en question de ce qu'il est, de ce qu'il voudrait être, de ce qu'il fait et de ce qu'il voudrait faire.

Ainsi le coaching de vie peut se pratiquer indépendamment de toute psychothérapie (mais il y ramène souvent) ou être intégré dans une psychothérapie.

Il ne suffit pas ensuite de dire "je voudrais..." encore faut il mettre la machine en route.

Et c'est là que le psy change de casquette et devient coach de vie.

J'ai eu un patient qui venait en consultation pour se faire "botter le derrière".
Certes nous avons travaillé sur la compréhension de pourquoi il n'arrivait pas à se motiver seul, mais ce n'est pas la question aujourd'hui.

Il venait, me parlait de ses difficultés, de se projets.
Et nous analysions les difficultés qu'ils pensaient avoir rencontrées et son ressenti puis je lui reboostait l'estime de lui même, le motivait et le poussait ensuite dans l'ascenseur.
Il partait de chez moi tout en forme, plein d'énergie... qu'il perdait trois jours plus tard. L'effet "psy" ne tenant que 3 jours, le temps que la psychée intègre ce qui avait été dit en consultation. Et il revenait tout joyeux d'avoir avancé, doucement et pas en totalité de ce sur quoi nous avions discuté, mais avancé tout de même. Vous me parlerez transfert, procrastination.... oui oui, je sais tout ça. Il n'empêche que ces mini changements additionnés finirent par se transformer en gros changements. Son estime de Soi, sa confiance en lui lui permirent de trouver la force de réaliser ces projets sans crise existentielle.
Beaucoup de personnes parmi les nouveaux thérapeutes s'intitulent "coach de vie" sans aucune formation et sans s'intéresser aux problématiques liées à ce besoin. J'en vois qui sous prétexte d'avoir directeur des ressources humaines ou reine de l'événementielle se positionnent en directeur/trice de conscience et de vie, quand ils ne sont pas "chercheurs"... de vide. Car il s'agit souvent de cela : diriger l'autre, le contrôler et même le sermonner s'il ne fait pas ce qui est attendu. D'ailleurs si ces "chefs" avaient été si bons, ils seraient restés les chefs de là où ils étaient... Je dis ça, je dis rien. 

Chez le psychologue, rien de tout cela. Le psy n'est pas un gourou, il ne dirige pas l'autre, il ne le contrôle pas et ne le sermonne pas. Il s'agit de travailler les failles, d'accroître l'estime de Soi (du patient ! Pour le psy ça va merci) et d'arriver à créer une émulation interne qui fait que le patient arrivera à se motiver seul et à se "pousser" seul dans la réalisation de ses projets. 

Les coachs de vie tendent souvent à rendre l'autre dépendant d'eux. Business oblige. Pouvoir aussi. Le psychologue, lui, va chercher à rendre son patient indépendant et autonome... et le pousser le plus loin du psy possible.

Le psychologue coach de vie va ouvrir le champ des possibles et permettre à son patient, via la confiance en son fonctionnement interne et le contrôle de ses émotions, de devenir maître de sa vie. Et non, ça ne se fait pas en forfait de 5 séances !


dimanche 9 juin 2013

Les photos du dimanche

 
 
Pour bien sortir de sa place de parking,


 d'abord regarder à droite,...

...puis à gauche !

vendredi 7 juin 2013

Les effets de la méditation Jhana ou l'autostimulation des centres du plaisir

Vous aurez remarqué que depuis 1 semaine il est hyper galère d'accéder à mon site depuis Chrome. Accès difficile, ouverture des articles difficile, quasi impossibilité de lire et de laisser des commentaires... Merci Blogger. Je vous conseille pour l'instant de revenir sous un autre navigateur. Sous Androïd, pas de problème semble-t-il si... vous ne passez pas par Chrome !

Mais restons zen !

Des neurologues se sont penchés sur les personnes pratiquant la méditation. 
On sait depuis longtemps déjà que la pratique de la méditation favorise la diminution du stress et on la recommande en psychothérapie cognitivo-comportementale à certains patients.

La méditation contemplative dite méditation Jhana est particulière car ses pratiquants arrivent à une sensation de joie intense qui inonde tout leur corps et dont ils disent eux même que c'est bien plus jouissif qu'un orgasme.

la médiatation Jhana démarre comme une méditation "classique" puis repose sur 8 phases à passer qui apportent chacune sont lot de joie. Pendant ces 8 phases la personne en méditation perd le contact avec l'extérieur et est en altération de la conscience. 

La phase 1 apporte du plaisir intense.
La phase 2 étend le plaisir à tout le corps
En phase 3 la joie se transforme en contentement et sérénité
La phase 4 est une phase de paix et de repos
La phase 5 est appelée "espace infini"
La phase 6 est la "conscience infinie"
La phase 7 est le "rien"
La phase 8 est la phase de "ni perception ni non perception"
Les phases 1 à 3 sont donc centrées sur la joie et le bonheur et les phases 4 et 5 sont des phases intermédiaires.
Chaque phase isolant un peu plus de l'extérieur que la phase précédente. 
Le passage d'une phase à l'autre prend entre 5 et 20 secondes.

Aussi des psychologues comme des neurologues s'intéressent à la compréhension de ce phénomène, la quête du bonheur suprême restant le Graal de nos Sociétés (bon pour moi ce sera la superficialité suprême, mais l'extase n'est pas loin non plus ! lol).

Les dernières études montrent que les pratiquants de la méditation à long terme possède plus de matière grise que les non pratiquants. Mais 4 semaines de pratique suffisent à réguler l'attention et les émotions. Lors d'une séance de méditation Jhana, 11 zones cérébrales modifient leur activité et en particulier le noyau accumbens qui représente le système d'activation de récompense dopamine/opoïde.

Bien sur tout le monde ne peut atteindre cette altération de la conscience et seuls quelques rares pratiquants expérimentés sont capables d'expérimenter de la joie sans stimulus externe de récompense. Lorsqu'une récompense est obtenue chez les humains, comme chez les animaux, les neurones dopaminergiques sont activés et amène un plaisir subjectif. La stimulation peut provenir de n'importe quel canal, ça fonctionne de la même façon. Ce système intervient aussi dans les addictions. Les pratiquants de la méditation sont-ils accros à la stimulation de leur système de récompense ?

Quel suspens.

La médiation Jhana n'est pas une simple altération de la conscience, il n'y a pas d'hallucinations visuelles ou auditives ni de mise en jeu des sens et la diminution de l'activation des zones visuelles ou auditives est différente de celle qu'on observe en repos et cela jusqu'en phase 3. La méditation est uniquement centrée sur le sujet de médication. Et le système de récompense est activé de façon interne et non par les mouvements rythmiques du corps typiques dans ce type de méditation. Le cerveau est en fonctionnement global soit pour s'activer soit pour inhiber certaines zones. Et plus l'isolement du monde extérieur est intense plus d'activation de l'orientation diminue. 

Bien que lors de la méditation, le pratiquant affirme pouvoir déclencher la joie sur commande, contre toute attente le système de récompense dopaminergique n'est pas stimulé ni par des pensées, ni par des hallucinations sensorielles, ni par le rappel d'un souvenir sensoriel, ni par les mouvements rythmiques. Mais rien n'empêche qu'il soit activité par un fonctionnement en boucle rapide de l'un de ces stimulii ou par la mise en place de taches à accomplir dont l'accomplissement stimulerait le système de récompense (comme par exemple réussir à bien respirer à tel moment). L'activation du système de récompense est très forte, mais ce n'est pas lorsque le pratiquant dit qu'il a le plus de plaisir qu'il est le plus stimulé. 

Alors où la psy va-t-elle vous emmener ?

D'abord si vous êtes adepte de la méditation comprenez que la méditation Jhana n'a rien à voir avec la méditation transcendantale ni avec la médiation dite de compassion qui activent des zones et des ondes cérébrales différentes. 

Psychologiquement, on pense que l'atteinte de certains états d'altération de la conscience a permis la cohésion de groupes sociaux, d'où leur apprentissage facile. 

Mais le fait d'être capable d'auto-stimuler son centre de récompense a un effet négatif sur la survie de l'espèce car cela court-circuite la motivation d'activation de l'instinct de survie. Un individu qui s'auto-stimule ne répond plus aux demandes issues de l'environnement ou physiologique et est amené à ne pas survivre. Les neurologues proposent donc de se livrer à l'auto-stimulation de notre système de récompense avec précaution. Ceci dit avouons qu'aujourd'hui il y a de nombreuses façons de se sur-stimuler par le recours à de nombreux toxiques. La stimulation du centre de récompense peut aussi pousser à ne pas faire de projets dans le but d'apprendre, bouger ou travailler...  L'idéal serait non pas uniquement de stimuler mais d'être capable de le gérer et le réguler afin de rester adaptatif.




mardi 4 juin 2013

L'expertise psychologique demandée par le juge

L'expertise psychologique intervient dans le processus judiciaire à la demande du magistrat.

Par exemple, dans un situation de divorce conflictuel, lorsque la garde des enfants devient problématique entre les parents, le magistrat (ici le JAF) peut demander une expertise psychologique des parents et/ou des enfants. L'initiative de l'expertise peut aussi venir de l'avocat d'une des parties -à la demande de son client- qui sera validée ou non par le magistrat. Il est possible d'être expert aussi au pénal.

Pour réaliser l'expertise psychologique, le magistrat pose plusieurs questions à l'expert. De situer les parents psychologiquement, de situer l'environnement social des enfants, de voir si les enfants sont en souffrance, de proposer le type de garde le plus adapté en fonction de ce qu'il a vu et entendu... 

Qui est l'expert psychologue ?
L'expert psychologue a postulé pour être sur une "liste d'expert" près la cour d'Appel (régionale) ou la cour de Cassation (nationale). 
Il faut être psychologue clinicien, avoir fait paraître quelques articles, remplir le dossier et bénéficier de l'appui de deux experts. Le futur expert subit alors une enquête sociale et une enquête fiscale. Ensuite, un comité composé d'experts psychologues et psychiatres se réuni et décide ou non de nommer telle personne expert. Il ne s'agit en aucun cas d'une validation de compétence ou de renommée, il s'agit surtout d'avoir de bons appuis. Bref on devient surtout expert par piston avouons-le.

Pourquoi devenir expert ?
Parce que le psychologue en libéral ne peut vivre de sa seule pratique libérale. Le salaire des psys n'est pas bien haut et ne cesse de diminuer. Aussi la majorité des psys en libéral exerce 50 % de leur activité ailleurs : soit en hopital, soit dans une institution, soit en entreprise, soit comme expert... Or les expertises, il y en a à la pelle. Ce n'est pas super bien rémunéré (198 €) car c'est la Justice qui paie. L'expert psychologue ne peut s'y soustraire (sauf cas particulier), cela veut dire qu'une fois nommé expert il n'a pas le droit de refuser de réaliser les expertises qui lui sont proposées. Si, selon de le droit, la pratique de l'expertise ne doit pas être l'activité principale de l'expert, dans la pratique on constate que très souvent la réalisation d'expertises prend la majorité du temps de l'expert et que les demandes ne cessent d'augmenter. A civil, la rémunération est libre (compter entre 1500 et 5 000€)  et c'est la partie demanderesse qui paie.

Comment se passe l'expertise ?
La façon dont doit se passer l'expertise n'est pas fixée et est laissée libre à l'expert. Aussi, si auparavant une expertise pouvait prendre en moyenne 3 heures avec passation de tests et entretien, il n'est pas rare aujourd'hui que le temps soit de 1h30 avec juste un entretien.

Il faut être âgé d'au moins 4 ans pour pouvoir subir une expertise psychologique. 

Dans le cadre d'une expertise relative à la garde d'enfant devant le JAF, il est ordonné 1 expertise de la mère, 1 expertise du père et 1 expertise par enfant. En fonction de l'âge des enfants, leur expertise peut avoir lieu pendant celle du parent accompagnant. Dans ce cas les enfants sont évalués avec le parent puis reçus seuls.

Ensuite, l'expert rend un rapport qui sera directement envoyé au magistrat. Les avocats en feront la copie pour leur client. 

Le magistrat n'est jamais obligé de tenir compte du contenu d'une expertise. En effet, toute expertise n'est qu'un avis consultatif par une personne censée mieux s'y connaître que le magistrat. Mais il peut très bien décider de ne pas la lire ou de faire comme s'y de rien n'était.

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