jeudi 27 juin 2013

Première consultation chez le psy

(quel teasing ! La suite du "cadeau" lundi prochain)


Vous êtes nombreux à me lire à déjà avoir fréquenté le cabinet d'un psychologue.
Mais sans doute pas tous.
Enfin j'espère...
(tous mes lecteurs/lectrices sont-ils dingues ?!?)
(mééééééé non, les dingues c'est pour les psychiatres soyez rassurés)
Lol


Bon, n'empêche qu'en général la "première fois", le patient me dit toujours qu'il ne sait pas comment ça se passe.
Et bien chaque psychologue a sa méthode.
Je vais vous raconter la mienne.


Le patient entre.
Je le pousse sur le canapé.
Je me fous à poil et je vois sa réaction.
S'il a les yeux exorbités j'en déduis qu'il est traumatisé.
S'il part en courant j'en déduis... que je ne serai pas payée.

Non sérieusement.
Lorsque le patient arrive, en général il est à l'heure.
D'autant que je n'ai pas de salle d'attente...
S'il a du retard, j'apprécie un petit sms, m'indiquant qu'on arrive en retard.
Si je n'ai pas reçu de sms, j'appelle le futur (ex ?) patient pour savoir ce qu'il en est de sa venue. Ce qui surprend toujours et en met parfois -surtout ceux qui ont décidé de ne pas venir- plutôt mal à l'aise. Mais aller chez le psy ce n'est pas aller chez le médecin.
Et puis c'est une question de respect, na.

Donc mon patient est arrivé.
Quelque formules pour détendre l'atmosphère puis il s'installe, en face de moi, sur mon joli canapé (il s'assoit, il peut s'allonger s'il veut, mais depuis le temps un seul de mes patients a fait les consultations couché).

Les 5 premières minutes servent principalement aux aspects administratifs. Nom, prénom, adresse, téléphone, marié ou pas, enfants ou pas, date de naissance de tout le monde, antécédents,...

Puis vient la question magique qui soulage (le patient) : "qu'est ce qui vous amène ici ?"
(j'ai quelques variantes en réserve je vous rassure).

En général, le patient dit qu'il ne sait pas par où commencer...
Par le début. 
Le patient commence par ce qu'il veut. Sa demande, un récit, une explication, le temps qu'il fait...

Durant la première consultation le patient parle beaucoup et j'écoute, car c'est durant cette séance que tout est dit. Tout le matériel à travailler est souvent là. 

A la fin de la séance qui dure entre 50 et 60 minutes, en général, j'ai cerné la problématique du patient (pas spécialement sa demande), j'ai reformulé, je lui ai rappelé que je fais pas de miracle et que c'est lui qui va faire le plus gros du boulot, on s'est mis d'accord sur un prochain RDV et je lui ai donné un "travail" à faire. 

Le patient paye (des fois il oublie...).

Souvent le patient sort doublement soulagé (il a enfin pu parler) (et je lui ai pris de l'argent) mais groggy de cette première séance (ça remue beaucoup de chose). En général, les 3 jours suivants le patient cogite beaucoup et est un peu "hors course".

Mais ça doit pas être désagréable puisqu'il revient !






6 commentaires:

  1. parce qu'ils se sont aperçus que ce n'était pas si difficile que ça de rencontrer un psy ! enfin soulagé d'avoir trouvé quelqu'un capable de les écouter pendant une heure, et dont toute l'attention est tournée vers eux.
    Une question en entraîne une autre... des réponses/réflexions sont attendues, et comme ils se sont sentis soulagés en sortant de séance la première fois, ils savent maintenant qu'il est possible de vivre mieux après avoir vidé son sac... ça c'est dans l'idéal ! :-)

    ah parce que t'étais pas sérieuse dans ta première méthode ? hihi ! et si le mec se met à l'aise lui aussi, y aura course poursuite dans l'cabinet !! tu cours vite j'espère ! :o)

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    1. Si le mec est mignon, je ne courre pas trop vite...

      Le problème est que les patients ne font pas la différence entre tous les psys existant. Aussi ils gardent l'image du psychanalyste qui ne fait pas face au patient, qui ne parle quasi pas et qui -contre toute attente- n'analyse pas.
      Beaucoup de patients passés par l'analyse pure et dure, reprennent le travail en psychothérapie parce qu'en fait ils n'ont pas vraiment avancés et surtout ils se sont aperçus qu'ils ont besoin d'un retour mais aussi d'une 'présence'.

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    2. complètement d'accord avec ça, la psychothérapie c'est mieux et carrément plus efficace.
      ah la la, moi aussi j'en ai passé des patates chaudes à la dernière minute, ça ne l'empêchait pas de me pousser vers la porte ! ESJ oblige, rendement, pas plus d'1/2 heure par ado et surtout, pas de consult pendant les vacances scolaires. Cela dit, ça oblige aussi à réfléchir seul et pas seulement à se reposer sur son psy (oui, les patients pensent toujours au début que le psy est un magicien et qu'il va défaire toutes leurs problématiques tout seul ! trop gentil le psy!)

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    3. Je confirme les enfants pas de consultations pendant les vacances scolaires. Pour les ados tout dépend de la problématique et pour les adultes pas de vacances !

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  2. eh bein j'envie tes patients! ma première consult' c'était 15/20 mn à tout casser, j'ai à peine pu parler, donc forcément j'en suis ressorti avec un sentiment d'inachevé, en plus pas de retour donc l'impression d'être tout aussi seule face au problème qu'avant, et comme c'était en CMP, une attente de 2 semaines avant le prochain. et encore, à chaque fois c'était totalement irrégulier. ensuite le psy se souvenait jamais de ce qui avait été dit la fois d'avant, j'avais toujours pas vraiment de retour, au bout d'un moment je me demandais bien à quoi ça me servait quoi, et j'ai fini par arrêter d'y aller (par ne pas reprendre rdv). heureusement que la toute première fois que j'ai parlé, c'était dans une maison des ados. Ca a duré 1heure facile, peut-être même plus, et j'imagine pas comment ça aurait été si cette première fois avait été au quart d'heure du CMP... tu parles pour la première fois d'un truc, tu pleures tu trembles mais tu déroules, et puis là "excusez-moi mademoiselle, je dois vous interrompre mais c'est l'heure, vous pouvez cependant revenir dans deux semaines", ça aurait été l'horreur! voilà c'était mon petit coup de gueule^^

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    1. 15 minutes c'est souvent le temps en thérapie avec un psychiatre ou un analyste.
      En 15 minutes, le patient arrive, se détend, parle du temps qu'il fait, prend sa respiration et déballe. Trop tard, il est l'heure de partir. Et il se fait pousser dehors.
      J'ai beaucoup de mal avec ça, car comme je l'ai expliqué ailleurs, la plupart des patients lâchent un truc essentiel juste au moment d'ouvrir la porte. C'est un moyen pour eux à la fois d'exorciser un truc en se disant qu'on n'aura pas le temps de le travailler (mais je rattrape à la séance suivante car j'ai une grosse mémoire), c'est aussi une façon de rester encore quelques minutes avec le psy. A la fois dans une relation d'emprise mais aussi dans une relation de transfert. Des fois c'est trop important, il n'est pas possible de faire sortir le patient. Certes on en reparle à la séance suivante mais c'est trop facile de passer la patate chaude et de partir en courant... non, non.

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