mercredi 31 juillet 2013

Le cahier de vacances psy 5 - Il ne veut pas d'enfant

Madeleine est avec un homme séparé et père d'une fille de 9 ans. De son côté, Madeleine n'a pas d enfant. Ils sont ensemble depuis un an et ils ont décidé de vivre ensemble à la rentrée.
Au cours de leurs discussions son compagnon a dit trois ou quatre fois qu'il ne souhaitait plus avoir d 'enfant car "un enfant ça lui suffit" etc...
Pour le moment Madeleine ne sent pas prête à avoir un enfant, leur relation ne lui parait pas encore suffisamment mûre 
Mais ce qui fait peur à Madeleine c'est que plus tard quand l'envie viendra il est possible qu'il refuse et elle aura alors perdu son temps avec lui. Cette relation ne sera alors que souffrance.
Madeleine voudrait des conseils.

A vos commentaires (réponse samedi soir... normalement)


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Madeleine dit ne pas être prête à faire un enfant. Pourtant c'est quand même son sujet de prédilection dans son couple. C'est clair, à quoi bon être avec ce type s'il ne veut pas d'enfant.

Madeleine se ment à elle même... et du coup à son compagnon aussi.
Car lui est très clair, il n'en veut pas.
Sachant qu'elle en voudrait un et que si il ne veut pas, elle ne souhaite de toute évidence pas poursuivre cette relation, pourquoi reste-t-elle ? Elle manipule son compagnon à tout va et ensuite se plaint que ce sera de sa faute à lui.

Car elle est claire, si il n'y a pas d'enfant au bout, elle aura perdu son temps.
Ce qui veut qu'aujourd'hui déjà elle perd son temps et elle ne reste que parce que l'espoir d'avoir un enfant de cet homme la retient.

C'est homme n'est donc ni un compagnon aimable ni un futur père réellement envisageable, mais il est relégué à un rôle de géniteur... qui une fois, ayant fait enfin l'usage qu'on lui donnait, ne servira plus à grand chose.

Bien sûr, rien ne dit que son compagnon ne changera pas d'avis, car leur relation est jeune et qu'il peut avoir d'un autre enfant. Mais le fera-t-il vraiment alors parce qu'il en a envie ou juste pour faire plaisir (voire pour répondre à la pression) de Madeleine ?

Quelque soit la situation, Madeleine manipule son compagnon. 
Tu perds ton temps Madeleine, ne lui pas perdre le sien.


lundi 29 juillet 2013

Star Wars (la Guerre des Etoiles) ou la quête du père

Starwars Main Theme by John Williams on Grooveshark


Quelqu'un que je ne citerai pas mais qui se reconnaîtra (et qui va finir par me demander des royalties, lol) m'expliquait avoir passé un après midi à revoir la trilogie de Star Wars (la guerre des étoiles qui d'ailleurs aurait du s'intituler "les guerres de l'étoile" ce qui aurait été plus logique puisque le but de tous les combats étant de détruire l'étoile noire).

Pour faire très très court, pour celles et ceux qui n'auraient pas vu la trilogie il s'agit d'un jeune type qui veut devenir pilote et qui finira, après une initiation, par devenir le héros de la force qui va sauver le monde. Face à lui un Empereur maléfique qui a comme bras droit un homme qui a sombré dans la force obscure afin d'asseoir le pouvoir du mal. Comme soutien le héros va s'appuyer sur un compagnon sans peur et farfelu, un extraterrestre en forme de grosse peluche et une princesse tout petite et coiffée de macarons. Bien sur le jeune homme va devoir passer par des rites initiatiques afin de devenir un homme puis un héros.

(les autres films prequels et compagnie n'ont pas de valeur ici car ils n'ont pas été construis sur le même principe)

Mais tout ça c'est de la fioriture.

Au début le jeune Luke Skywalker veut quitter ses parents pour accomplir son rêve, devenir pilote. Il évolue dans un schéma familial étrangement inversé, ici c'est le père qui tente à tout prix de retenir son fils au sein de la cellule familiale sous des prétextes divers et c'est la mère qui tente de séparer le père du fils et qui cherche à convaincre le père de lâcher la main de son fils. Nous apprenons alors que ce sont les parents adoptifs de Luke. Contrairement au rôle important des parents adoptifs pour Superman, ces parents là ne lui apprennent rien de son futur rôle d'homme ni de héros en ne lui transmettant aucune valeur morale si ce n'est la valeur travail. Luke les quittera sans un regard et nous n'en entendrons plus jamais parler tout au long des 3 films. Ce qui reste c'est l'idée que Luke n'a pas connu vraiment connu ses parents et que son père est mort dans des circonstances inconnues.

Luke va faire son apprentissage de la vie. Il va rencontrer un compagnon de route, Han Solo, roublard, grande gueule et débrouillard, qui se veut en contraste avec la personnalité de Luke, effacé, timide et méconnaissant les règles du monde. 

Comme nous sommes dans un film de science fiction et que ça se passe sur une lointaine planète, il y a plein d'extraterrestes de toutes formes, des gentils, des pas gentils. Des robots qui parlent, d'autres qui couinent. Tout ça sert de décor et d'accessoires.

Luke va alors rencontrer Obi Wan Kenobi. On ne sait pas vraiment qui il est au début. Un magicien ? Un mystique ? Un ermite ? Non, un homme qui possède LA "Force". Mais la force de quoi ? Et bien on ne sait pas bien. On apprend juste que cette Force permet de maintenir un juste équilibre interne et qu'elle sert le "bien". Obi prend sous son aile le jeune Luke qui voit en lui un guide spirituel, un apprenant du monde, celui qui va lui donner foi en lui. Bref, un père.

Je vous passe les péripéties diverses, mais c'est alors qu'apparaît la princesse Leia ou plutôt son hologramme, petite chose à l'air fragile qui cherche Obi wan qui est "son seul espoir". Et dont Luke tombe immédiatement amoureux. Or la princesse Leia est tout sauf fragile, elle est espiègle, battante et dévouée au "bien". Mais comme Obi Wan a pris un sacré coup de vieux, il décide de former Luke qui ira prendre sa place dans sa lutte contre l'autre côté de la Force, le côté sombre, la Force Obscure dignement représentée par l'Empereur et son fidèle bras droit Darth Vador (au début Dark Vador) qui veut dominer l'univers et faire régner son royaume. 

Or le méchant Empereur fait construire l'arme fatale (l'Etoile Noire) qui détruira toutes les planètes qui osent lui résister. Le méchant, méchant Empereur que voila. Et son second, planqué dans une armure noire qui lui permet de vivre, exécute tous ses ordres. Le méchant, méchant Vador. 

Et comme c'est dichotomique au possible, tous les gentils sont en blanc et les méchants sont en noir... Les traitres sont en clair avec une cape foncée...

Pendant ce temps, il se passe plein de trucs pas vraiment intéressant. Luke se met en concurrence avec Han à la fois pour leurs qualités de combattants mais aussi pour se taper la princesse. Qui joue sur les deux tableaux et, faut bien l'avouer, fout parfois le bordel. Quelle est mignonne ! 

Luke n'écoute plus Obi Wan et n'en fait qu'à sa tête, après tout c'est pas son père.

Alors comme Luke ne va pas bien et qu'il part en vrille et qu'il se prend pour le meilleur, on le colle chez le psy de service, le bien nommé Yoda. Vous prenez une tête de chat, vous aplatissez les oreilles sur les côtés, ça vous donne une idée de la tête de Yoda. Yoda qui est un bon psy ne dit jamais à son jeune patient qu'il est un abruti narcissique, il lui explique qu'il va devoir comprendre, accepter, avancer et devenir adulte. Ainsi il pourra assumer ses responsabilités. Bien sur LA question est omniprésente. "De quoi mon père est il mort ?". Yoda l'aidera à s'affranchir des apparences et à ne se fier à qu'à ses sens et la question deviendra "mon père est il vraiment mort ?".

Bonne question.

Pendant que Luke joue au télékinésiste de service et se pose des questions métaphysiques et pseudo existentielles, le reste de l'univers se bat. Mais de toute façon on sait depuis le début que c'est Luke qui sauve le monde, donc on s'en fait pas pour ça.

Lorsque Luke retrouve Han Solo et Leia, il a changé. C'est devenu un homme adulte prêt à se battre et à faire face aux réponses. Du coup Leia, qui a changé elle aussi et est devenue sexy, se sent encore plus proche de Luke et craque un peu plus et Han le supporte encore moins. Yoda et Obi Wan peuvent mourir en paix dans leur coin, la relève de la Force est assurée. C'est beau.

Luke va donc affronter la vérité. Il va combattre Darth Vador qui, après lui avoir coupé la main, lui balance "je suis ton père !!!" et Luke saute dans le vide. Ô vision symbolique ! Luke peut enfin lâcher prise et se séparer du père.

(L'etoile noire sera détruite, l'Empereur tué, bref ça fini bien. Enfin sauf pour l'Empereur du coup)

A la fin, donc, tout va bien, tout le monde danse sur une musique débile entouré de petites peluches gigotantes, les Ewocks. 

Mais tout a repris sa place. La main de Luke d'abord qui a pu lui être greffée. Leia dont Luke a appris qu'elle était sa soeur. Et qui va donc ne plus se tourner vers elle et laisser Leia à Han Solo qui prend le rôle de grand/beau frère. Apparaissent en filigrane, comme des fantômes présents au côté de vivants, tous les morts importants : Yoda, Obi Wan, Darth Vador (redevenu Anakin Skywalker)...

Star Wars, "La guerre des étoiles" c'est donc avant tout la quête du père. Et en re/trouvant ses origines, le héros peut enfin devenir adulte et accomplir sa mission. Chacun reprend sa place, la Force Obscure ne peut plus avoir prise et la vie reprend son cours sur des bases saines.

Que la Force soit avec toi.


Au début la princesse Leia avait un contrat avec Ladurée




samedi 27 juillet 2013

Rochas abuse de photoshop

Vous le savez toutes les modèles présents sur les photos et les pubs sont de plus en plus retouchées. On se demande même encore pourquoi certaines marques s'obstinent à enrôler des "stars" puisqu'elles ne leur conviennent pas et sont obligées de les rajeunir, leur enlever du ventre, les grandir.... D'ailleurs certaines autres marques l'ont déjà bien compris et fabriquent le modèle "parfait". Ce modèle se transforme parfois en monstre car il ne suffit pas d'avoir Photoshop dans on ordi, encore faut il savoir s'en servir.

Rochas n'a donc pas hésité une seule seconde à publier la pub que vous verrez ci-dessous. Le directeur pub/marketing a soit appel à son petit neveu de 14 ans qui ne connaît pas encore très le maniement du logiciel ou avait une main occupée, soit le graphiste avait un peu forcé sur un toxique quelconque ou tout simplement le chef de pub, enfin sûrement l'ex chef de pub maintenant, avait un compte à régler avec son employeur, enfin son ex employeur.

Allez je vous laisse trouver les retouches... si tant soit peu il y ait un seul vrai "morceau" là-dedans...




mercredi 24 juillet 2013

les magazines féminins ou la domination de la femme par la femme 2/2

Nous en sommes donc arrivés au fait que ces magazines pour les femmes édictent des règles explicites ou implicites de ce qu'est "une femme", sous-entendu "une vraie femme". 

Or pour arriver à cela, l'édiction des règles ne suffit pas, il faut ensuite qu'elles soient entretenues par les victimes elles-mêmes. Passant du "tu n'es pas une femme si..." à "je ne suis pas une femme si...".

Cela oblige à créer la notion de comparaison. En effet, pour savoir si on est une femme "bien" et surtout si on le reste, il va falloir se comparer. Se comparer aux modèles montrés et exhibés dans ces revues. Puis se comparer aux femmes rencontrées au quotidien. Avec tous les mécanismes tendancieux existants à savoir qu'on rencontre toujours quelqu'un de plus mince, de plus riche, de mieux éduqué que soi. Ca ça reste du concret. Mais on fini par rencontrer aussi des femmes plus jolies, mieux lookées que soi. Et cela devient du subjectif. 

Si le psychisme va être capable de rationaliser le concret -après tout on n'a pas tous la chance de naître dans la famille Hilton- le subjectif ne peut l'être. Qu'est-ce que ça veut dire "plus jolie" et "mieux lookée" ? En fonction de quels critères ? Mais bien sur voyons, ceux des magazines féminins ! Etre jolie c'est correspondre à tel critère physique que seules présentent 0.1 % des femmes. Etre mieux lookée c'est porter les it-vêtements du moment (dont je vous rappelle que c'est la personne derrière le magazine qui a décidé des couleurs, des formes...). 

Ne vous y trompez pas, vous le savez les créateurs ne créent pas pour les femmes, mais pour "des" femmes. Des femmes "idéales" (selon eux) qu ne répondent en aucun cas aux canons de la population générale et même souvent pas à des critères de féminité (ces "portes-manteaux", squelettes ambulants sans sein et sans hanche sont-elles représentatives des femmes ou de la féminité ?). Alors bien sur, on pourra débattre de ce qu'est la féminité et de ce qu'est l'image de la femme... 

Tout va dépendre de quel point de vue on se place non ?

Et notre point de vue c'est celui de la femme qui regarde les autres femmes auxquelles elle se compare. Or sa femme a sa vision de cette féminité, elle a son vécu, son corps, ses atouts.

Mais pour être belle et bien lookée, il faudra donc faire comme cette Autre. Cette Autre montée au pinacle par la revue. Chaque moi a son icone. Tout dépend de qui on parle en ce moment et de qui gagne le plus d'argent vous avez remarqué ?

Si c'est une brindille qui fait la une de la dernière pub, il faudra être une planche habillée rock qui entretien son poids à de rails dans les chiottes de toutes les boîtes du monde. Si c'est une chanteuse à gros derrière gigotant qui vient de sortir son dernier clip, il faudra arborer des fesses rebondies, pas de sein, pas de ventre le tout moulé dans une robe collante. A moins qu'enfin vous ne puissiez qu'être celle là qui ne sourit jamais, la plus maigre possible, hissée sur d'improbable talons de 12 cm tout en vous trimballant partout avec un footballeur et des gamins comme accessoires...

Mais si vous n'êtes pas ça, qui êtes vous ?

Vous pourriez être vous. Mais non, trop has been, pas assez preppy...
Alors vous guettez ce que vous pourriez être partout chez les autres.
Car désormais, il ne faut plus se plaire, il ne faut plus plaire aux hommes, il faut plaire aux autres femmes. 

Voyez votre regard qui s'allume mesdames en regardant celle que voudriez tant copier, être. Et voyez votre regard s'éteindre en pensant à ce que vous n'êtes pas, à cette perfection qui vous parait si éloignée.

Les femmes en arrivent à ne s'aimer qu'au travers le regard des autres femmes.
Ecoutez ces jeunes femmes entre elles. L'une dit à l'autre "oh t'as encore grossi !". Et l'autre fond de honte. Pourtant elle en fait des efforts pour ne pas grossir, pourtant elle est en subit des privations. 
Regardez ces femmes sur la plage en bikini. Elles virevoltent regardant mine de rien si les autres femmes les regardent. Elles se montrent, cherchent à faire admirer leur plastique tout en dénonçant aux autres leurs kilos superflus, leurs hanches rondes...

Avez vous déjà feuilleté un magazine pour homme ? Vous savez une revue où les nanas sont à poils ?
Non ?
Essayez pour voir.
Et venez nous racontez à quoi ressemblent les femmes dans ces magazines.
Vous me répondrez qu'à eux aussi on leur impose un stéréotype et que derrière leurs magazines, il y a aussi quelqu'un qui leur vend une image. Oui mais une image de la masculinité principalement (on leur vend aussi une image de la féminité, de même qu'on vend aux femmes une image de la masculinité).

Mais il n'empêche qu'en plus d'imposer une domination, ces revues pour exister se doivent de gagner de l'argent. 
Or que voit-on, c'est que l'image de la femme idéale pour les femmes n'a absolument rie à voir avec l'image de la femme idéale pour les hommes.

Bien qu'il y aurait encore beaucoup à dire, je terminerai par l'image ou plutôt les images des femmes. Car si vous feuilletez ces revues aux pages pleines de photos et de pub, l'image de la femme est sans cesse mise en question. Hors représentation physique et le style de fringues ou accessoires mis en avant, la façon dont on fait poser les femmes nous questionne aussi sur le droit au corps de la femme. Ces magazines pourtant dédiées aux femmes, les mettent souvent dans des poses qui soulignent une chosification du corps. Femmes lascives, femmes soumises, femmes sexualisées, femmes dans des poses inconfortables... Si vendre des pneus avec une femme nue n'a pas grand intérêt, l'intérêt de vendre des colliers en dent de requins posés sur des femmes dénudées ou suggestives m'échappe un peu... surtout lorsqu'on veut les vendre à des femmes. Doit on y voir une difficile évolution de l'image de la femme, une tentative en douceur de nous imposer le saphisme ou le fait, encore une fois paradoxalement, de nous expliquer que la femme n'est autonome qu'en parole mais qu'en fait elle est soumise ?


Restons en là pour cette fois.
Alors à qui cherchez vous à plaire, Madame ?


(et ne vous trompez pas monsieur, vous allez y venir aussi à ce mode de fonctionnement, ce n'est pas pour rien qu'il existe désormais des versions masculines de ces magazines)

Le site Vogue nous propose sa série de bikinis...


lundi 22 juillet 2013

Les magazines féminins ou la domination de la femme par la femme 1/2

Je ne supporte pas les magazines féminins très "hype" comme Vogue, Elle ou je ne sais quoi. Ces magazines véhiculent une image très stéréotypée d'une femme qui doit être dans la perfection. Dans un communication paradoxale, ces magazines décrivent aux femmes combien elles peuvent être autonomes tout en décriant celles qui ne le seraient pas. Bref, soyez comme je veux que vous soyez et ne soyez pas comme vous avez envie d'être.

Comment tu n'as pas ton "it bag" ou les chaussures "Bouloutin" ? T'es trop nulle ! 
Comment tu n'as pas d'amante et tu n'utilises pas de gode ceinture ? T'es vraiment coincée sexuellement !
Comment tu ne t'habilles pas en taille 34 et tu es obligée de porter un soutien-gorge ? T'es trop moche !
Comment t'es pas encore liftée et tu n'es pas anorexique ? T'as l'air vieille !

Oui, car tout est dans la négation. Il faut avoir, posséder, copier car ne pas avoir et ne faire "comme" c'est ne pas être "comme il faut".

Ces magazines ont fini par créer une domination sur les femmes.
Sans même qu'elles ne s'en rendent compte.
Ces "bibles" de la mode sont devenus pour certaines les références pour être "modernes", "indépendantes" et "sexuellement au top".

Pourtant derrière tout ce discours, il y a bien quelqu'un qui tire les rênes et décrète comment doit être "la" femme. Quelqu'un qui distille son venin, une personne machiavélique qui  décide que ses codes, ses lois, ses visions sont celles que doivent partager toutes les femmes et qui doivent s'appliquer à toutes sous peine d'être exclues.. dont ne sait trop quoi d'ailleurs. 

Le pire est qu'aujourd'hui des milliers de femmes ne jurent que par cette personne qui impose sa Loi et sa vision des femmes. 

Selon des critères totalement ineptes et parfois totalement irréels par rapport à la globalité.

D'où des conflits sans fin pour certaines femmes qui tendent à accéder à cette perfection irréaliste et qui, n'arrivant à l'atteindre, s'astreignent à des conditions de vie qui fait hurler à l'horreur n'importe quel médecin ou nutritionniste. Dans compter le mal-être psychologique. L'impression de sans cesse être nulle car n'atteignant pas ce qui est dicté comme perfection. Tout écart de nutrition, de comportement, de mode devient une faute culpabilisante.

Mais comme le nombre de femmes qui tentent de "coller" aux Lois d'un(e) pervers(e) ne cesse d'augmenter, ce pouvoir machiavélique prend de l'ampleur et peut désormais imposer ses lois partout. Par exemple aux créateurs, qui désormais ne créent qu'en suivant ces Lois sous peine de ne pas voir leurs créations montrées dans ces magazines ou d'être décriés comme étant devenus à éviter.

Il existe donc 1 ou 2 personnes qui décident ce qu'est être "une femme".
Sous-entendu les femmes sont trop nulles pour savoir ce qui est bon pour elles, leur expliquer ne sert à rien car elles ne sont pas intelligentes, il faut leur imposer. "Nous" savons ce qui est bons pour elles.

Car tout est fait pour vous aider mesdames. Si on vous explique long en large quelles techniques il faut utiliser pour maigrir de 15 kilos en 2 semaines afin de vous permettre  de retrouver un écartement entre vos deux cuisses, c'est bien sur non pas pour que vous sachiez comment faire, ça ne viendrait à l'idée de personne, mais bien pour dénoncer cette pratique. La communication sans cesse à double sens.

Ce qui est bon pour toutes fait que celles qui ne rentrent pas dans le "moule" sont jugées inaptes à être des femmes, des incapables, incompétentes, indignes de devenir des icônes. Ce stratagème permet de mettre en place le coup final : regarde autour de toi, toutes celles qui ne suivent pas mes règles ne sont pas dignes d'intérêt et il faut dénoncer leur mocheté.

Car c'est là la cerise sur le gateau : il s'agit désormais pour les femmes de plaire avant tout aux autres femmes... 

J'y reviendrai dans le prochain article.



dimanche 21 juillet 2013

Cahier de vacances psy - 4 - 20 ans d'écart

Vanessa a 18 ans. Son copain âgé de 39 ans l'a quitté ce qu'elle ne supporte pas.
Ils ont passé 3 ans ensemble et brutalement à la fin d'une soirée il lui a dit que c'était fini.
Il avait déjà essayé de la quitter mais était revenu rapidement vers elle lui apportant un amour protecteur.
Lui dit être une homme solitaire qui n'arrive pas à vivre avec une autre personne.

Vanessa et son copain ne se voyaient que le week end le temps de partager principalement des sorties, car sexuellement ce n'était pas le top. Ils n'ont jamais vécu ensemble bien que Vanessa l'ait souhaité. 

Ils s'amusaient beaucoup et son copain a même décidé de la photographier sous tous les angles afin d'avoir des souvenirs. Il a pris des centaines de photos d'elle en talons aiguilles, en sous vêtements... Elle en garde de bons souvenirs.

Lorsqu'il la quitté, il l'a serré dans ses bras et lui a exprimé combien tout cela était du gâchis. Il ne souhaite plus être en contact avec elle et l'a rassuré sur le fait qu'il n'y avait pas d'autre femme dans sa vie. Il lui dit qu'il souffre et que son amour restera protecteur.

Or Vanessa l'aime et se demande s'il va revenir.

Qu'en pensez vous ?


(reponse mercredi soir)



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Il y a plusieurs façons de voir la situation. 

La version romantique.
A 15 ans, vanessa est tombé amoureuse d'un homme de 21 ans de plus qu'elle. 
Bravant tous les interdits, elle décide néanmoins qu'il sera l'homme de sa vie.
3 ans plus tard, leurs relations ont évolué et le monsieur encore jeune rend la liberté à sa copine afin qu'elle fasse sa vie.
Bien sur, on pense immédiatement que Vanessa cherche à combler un père absent, un Oedipe pas réglé... C'est fort possible.
Dans ces conditions, on comprendra qu'ils ne se soient vus que le week end et que la sexualité soit difficile. Cela donne l'impression d'une relation père/fille en séparation où on ne voit son père que les samedis et dimanche. Et avec papa, pas de sexe, non non.
Mais elle ne se rend pas compte de tout cela, aussi elle espère. Après tout elle a "papa" tout pour elle. Elle peut avoir du sexe avec et elle a des projets avec lui. Miam miam.
Lui fini par comprendre ce que représente cette situation, il l'a lâche et la pousse vers un autre homme, comme le ferait un père avec sa fille. Et il lui garanti, que, comme le papa de substitution qu'il est, il sera toujours là pour elle.
On en sait pas où est la mère de la gamine, on ne sait pas si quelqu'un s'est opposé. Vanessa vit en vase clos son amour.
C'est beau c'est gentil.

la version beaucoup moins romantique.
On se demandera pourquoi un type de 36 ans va se taper une fille de 15 ans.
Peut être par facilité. Elle aurait eu 14 ans, c'était de la pédophilie, là elle a 15 ans il échappe à cette accusation. Malin.
Et puis s'il y a une maman ou des parents, ils ne sont pas présents. Ils n'ont pas l'air de s'opposer. Sont ils seulement au courant de ce que fait leur fille. Pratique ces parents.
 
Mais Vanessa va grandir, de l'adolescente qu'elle était avec son innocence, sa pureté elle va devenir une femme avec ses formes, ses envies de se caser et son amour de la sexualité adulte.
Et c'est là que ça ne colle plus. Lui ce qu'il aime c'est les ados (peut être même plus jeunes mais c'est dangereux). Une femme il n'en veut pas, 18 ans c'est un âge symbolique. Alors il la largue. 
Mais il a gardé plein de photos où elle doit poser nue, en talons, en déshabillé.
Qu'on doit pouvoir retrouver quelque part sur le net...

Et qui doivent nourrir ses fantasmes lorsqu'ils les revoie.
Il va garder le contact avec elle (pas trop longtemps peut être), après tout rien ne dit qu'il ne l'aime pas bien au fond. Le temps de s'en trouver une autre qui a moins de 18 ans.

Non Vanessa il ne reviendra pas. Sauf s'il a des remords ou sauf s'il a besoin d'autres photos.
 


mercredi 17 juillet 2013

L'effet Kirlian

Y'avait longtemps que j'avais envie de vous parler de l'effet Kirlian, mais je ne savais pas trop comment aborder ce sujet.

En fait, l'effet Kirlian c'est un truc dont on n'entend plus parler. 
Ca été très "à la mode" dans mon enfance.
C'était l'époque de Yuri Geller et ses cuillères tordues par la pensée.
L'époque où les soviétiques testaient la télépathie entre l'(ex) URSS et leurs sous-marins.
L'époque où Gérad Majax, le super magicien hexagonal, nous faisait découvrir les trucs de la magie et, tel un Bruce Lee dévoilant les secrets de Shaolin, se faisait taper sur les doigts pour divulguer ainsi les diverses manipulations auxquelles nous étions tous susceptibles de succomber.

Bref, une dure époque pour le paranormal.

L'effet Kirlian m'avait frappé car -avant de rentrer dans la définition- cela tendait pour l'enfant que j'étais à montrer la vie et la qualité de cette vie était partout. Etre vivant ou inanimé.

Oui vous avez bien lu.
L'effet Kirlian s'appliquait aussi bien aux humains, qu'aux animaux, qu'aux plantes et qu'aux pierres et autres objets.


Alors l'effet Kirlian c'était quoi ?

A la base c'est un procédé photographique spécifique (haute fréquence) re/découvert à la fin des années 30 en URSS.
En prenant une photo selon ce procédé, il apparaissait un halo autour de ce qui était photographié. Et ce halo, cette "aura" selon Kirlian, était le reflet de l'âme !

Rien de religieux là-dedans, ici l'âme était énergie. Plus cela "solarisait" plus l'âme était puissante, bonne et en "bonne santé". Lors de consultations, l'état de l'effet Kirlian permettait de connaître l'état énergétique et le niveau de spiritualité de la personne photographiée. 

La joie comme la souffrance pouvait être "mesurée" visuellement.
En effet, si on prend l'exemple d'une feuille d'arbre. On prenait une feuille entière, on la photographiait et on obtenait une magnifique "aura" rouge et jaune. Puis on coupait la feuille en deux. On photographiait une moitié de cette feuille et sur la photo on obtenait la photo de la feuille en entière mais avec une aura très limitée, "appauvrie" et bleue.
Contre toute attente, ces expériences ont permis de faire comprendre à bien des gens que les plantes souffraient du manque d'eau, de la proximité d'un chauffage ou du fait de voir leurs feuilles déchirées (principe des bonzaïs).

 Mains à haut profil énergétique en effet Kirlian







main à bas profil énergétique Kirlian






Ca marchait aussi avec les objets, sans que l'on sache expliquer pourquoi et comment les objets auraient eu une âme...



Le temps passe, l'effet Kirlian aussi. On a pu expliquer qu'il s'agit en fait d'un effet Corona (qui n'a rien à voir avec la bière, sauf au bout de quelques canettes) qui est une décharge électrique qui apparait lorsque l'air est ionisé. Cet effet est utilisé dans les photocopieurs.

L'effet Kirlian est donc tombé dans l'oubli, mais il garde ses partisans qui y voit une technique parmi d'autres soit pour visualiser l'âme soit pour mesurer un état énergétique. 




lundi 15 juillet 2013

Les patients résistants

(Bien que vous vous foutiez totalement, je vous informe que ce blog a passé les 3 000 000 pages lues il y a plusieurs jours. Ouaip, 3 millions, ça m'ébouripoustoufle !!)



Les patients résistants sont un vrai défi pour le psychologue.

Bien sur il y a différents types de résistance.

Il y a le patient dont on ne tirera jamais rien. On se demande même pourquoi il(elle) est là. Rien à dire, que des banalités. Ne répond que par "oui", "non", "bof" aux questions du psy... Impossible de pousser ce patient dans ses retranchements, ça bloque. C'est patient qui arrive souvent parce que l'entourage les y pousse ou parce qu'ils viennent régler une question de surface sans vouloir aborder la profondeur afin de comprendre pourquoi la surface fait des vagues.

Ce sont des patients qu'on voit une courte durée. Et auquel je précise que je mets fin à à la psychothérapie en attendant qu'ils soient décidés à s'impliquer et à avancer. 


Il y a ceux qui vous parlent de tout sauf d'eux.
Enfin qu'ils croient.
J'ai des patients qui ne me parlent que de leur boulot ou que de leurs enfants.
Ce qui est soi est déjà parlant non ?
Ceux là quasi impossible de les faire parler d'eux, dès qu'on aborde un sujet personnel paf au bout de 30 secondes ils vous rebalancent un exemple pris au travail ou dans leurs relations à leurs gamins.

Avec ceux là, on avance lentement, on les voit de loin en loin. Ils viennent souvent pour parler d'un problème à régler au travail ou d'un problème de leur gosse (le psy joue alors au coach). Jusqu'au jour où le psy (moi en l'occurence) fatigue un peu. Alors certes il est facile d'interpréter certaines situations et de les recentrer en fin de consultations sur leur vécu personnel et intime (ils n'aiment pas), mais ils avancent lentement car ils ne font pas leur "travail" à la maison et ne réfléchissent surtout pas chez eux, oh la, pas le temps, le travail ou les enfants leur bouffent tout leur temps.


Y a ceux aussi qui tournent en rond.
Ceux là on les voit longtemps.
En fait ils avancent vite, puis font un grand bond en arrière.
Ils recommencent sans fin le même fonctionnement, les mêmes comportements.
On a beau les travailler, leur montrer leurs problématiques cognitives de conditionnement, rien n'y fait.
En fait il y a souvent un problème d'Oedipe à la base qui ne se règle pas... et qu'ils ne veulent pas régler ! 
ils ne font pas leur travail à la maison, n'ont jamais le temps de se poser pour réfléchir, il se passe toujours plein de trucs dans leur vie qui les freinent, les empêchent... Bref, ils fuient.

Certains en arrivent même à oublier leur rdv chez le psy ! 
Et en consultations le "méchant" psy les fait souvent pleurer car le psy met en mot leur blocage qu'ils n'osent aborder par eux-mêmes.
Le travail avec eux prend du temps, ils avancent lentement et le transfert fonctionne à fond. Et le choix du psy n'a vraiment rien de hasardeux (l'est-il d'ailleurs parfois ?)...


Et il y a ceux qui évitent tout ce qui est émotionnel. Ils sont très rationalisant. Dès qu'on effleure une émotion, paf ils deviennent tout froid, très distancié ou alors sortent une grosse blague. 
Sauf que le psy n'est pas dupe et leur demande de mettre en mots leur ressenti.
Ca bloque, ça bloque.


Enfin, je dirai qu'il y a ceux qui n'ont rien à dire.
Ils ne sortent que des banalités tout le long de la consultation.
Le temps qu'il fait, les fringues de leur copine, les futures vacances, le sport...
En fait ceux là, on peut aussi les retrouver parmi les autres catégories, parce que parfois lorsque le patient sent qu'il va aborder un sujet difficile, il tourne autour du pot et chaque patient est susceptible de devenir un patient qui n'a rien à dire.
(et qui s'ennuie pendant la consultation)
(le psy aussi).
"Au revoir patient, à la prochaine !"
"Au fait psy, je ne vous ai pas dit.... "

De toute façon, les résistants y'en a vraiment que deux catégories.
Ceux qui se persistent à résister. 
Et ils retournent et restent chez eux.
Ceux qui lâchent prise.
Et ceux là ils avancent !


Même sous la torture, le patient résistant résiste ! lol





vendredi 12 juillet 2013

Cahier de vacances psy - 3 - Ma mère boit

Holla, je reviens de vacances, tout doux, j'ai besoin de me reprendre le rythme. De même qu'il faut que je remette d'avoir croisé G. Depardieu -moi qui le croyait au fin fond de la Tchéchénie baignant dans la vodka et entourée de jeunesses en costume traditionnel- à la sortie de sa datcha parisienne... Et là je me suis dit qu'on bronzait mieux chez nous qu'à Smarank...

Tout ça pour vous présenter le nouveau cahier de vacances :



Maé a 30 ans. Dans sa jeunesse sa mère, alcoolique, a fait plusieurs crises de violences et tentatives de suicide dont la toute jeune fille de 6 à 8 ans à l'époque a été témoin à chaque fois. 

Sa mère s'est soignée et est restée sobre pendant des années. Puis, la vie l'a malheureusement ramené vers ses démons et elle a recommencé à boire en grande quantité. Maé, va la voir et face aux nouvelles crises de sa mère se sent faible et a l'impression d'avoir à nouveau 6 ans. Elle a peur d'en parler de vive voix à un psychologue.


A vos commentaires ! (la "solution" dimanche soir)



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Dans cette histoire, il y a une chose bizarre : on ne nous parle pas du père. On peut donc soupçonner que Maé était toute seule avec sa mère.

Imaginez donc une enfant de 6 ans qui voit se mère se suicider sous ses yeux. Que croyez vous qu'elle pense ? Maman va mourir. Qu'est-ce que je vais devenir ? Qu'est-ce que je peux faire pour qu'elle ne le fasse pas ? Comment je la soigne ? Est-ce que c'est à cause de ce que j'ai dit ou fait qu'elle passe à l'acte brutalement ?

Bien sur à 6 ans, ce n'est pas si clairement exprimé, mais on est dans ces registres.
Ca laisse des traces traumatiques qui ne s'effacent pas facilement. 

La mère de Maé s'est "calmée" pendant des années et Maé a pu refouler ses souvenirs. Après tout c'était fini et ça ne recommencerait plus. Autant se préoccuper d'elle maintenant.

Puis sa mère replonge. Souvenirs, souvenirs. Les mêmes questions existentielles se posent à nouveau. Si aujourd'hui Maé sait ce qu'il faut faire, elle reste terrorisée à l'idée que sa mère meurt. Elle décide donc de s'en occuper.

Mais ces situations font surgir du néant une partie Maé qui était restée enfouie jusqu'alors. La petite Maé de 6 ans qui n'a pas pu grandir et qui reste bloquée dans cette période difficile des tentatives de suicides de sa mère. Car non Maé ne redevient pas une petite fille devant sa mère, elle EST la petite fille. Toujours aussi perdue, toujours en souffrance et se posant toujours les mêmes questions.

Maé va devoir faire un long chemin.
Un long chemin pour arrêter de culpabiliser car elle n'est pas responsable de l'état de sa mère. De même qu'elle ne sera pas responsable de sa mort si elle ne s'en occupe pas.
Elle va devoir "faire grandir" cette petite fille ou plutôt la mettre en sécurité afin qu'elle cesse de surgir dès qu'une difficulté apparait.
Enfin, Maé a devoir accepter que ce sont les parents qui doivent se préoccuper de leurs enfants et pas l'inverse. Si cette inversion peut être compréhensible dans certaines circonstances (accident, vieillesse), elle est inacceptable lorsque c'est la mère qui s'y place volontairement.

Quelque part cette mère compte sur la fille. Et replonger dans l'alcool est une façon de la retenir à elle et de la forcer à être là pour la sauver.

Bien sur la mère de Maé est en souffrance, mais elle a son chemin à parcourir et si elle ne fait pas personne ne le pourra pour elle. Surtout pas Maé.













mardi 9 juillet 2013

Monstres Académie

J'avais écrit un article sur le film "Monstres Academie" et je l'ai effacé en tentant maladroitement d'effacer un autre fichier ! 

Donc je disais donc que dans mon quartier j'ai pu assister en avant première à la diffusion de "Monstres Académie" qui fait suite au filme "Monstres et Cie" sorti il y a quelques années. Ce premier film plutôt dendard m'avait beaucoup plu et c'est donc d'un pas allègre que je suis allée voir cette suite, qui est en fait un "prequel", c'est à dire que le scénario de cette suite se situe AVANT le film précédent. Vous suivez toujours ?

Bref, le film numéro deux devient le film numero un dans l'ordre chronologique des faits.

Le scénario ici est mince : on nous conte l'histoire de la jeunesse de Bob Razowsky, monstre rond et vert et de son entrée à l'université des monstres. Il y fait alors la rencontre de celui qui deviendra son plus fidèle ami, Sulli la Terreur des enfants.

Si le premier film (enfin le second) m'avait bien faitrire et était plein de trouvailles, rien de tout cela ici. Certes les décors sont super léchés, mais l'animation n'est pas au super top. C'est très fluide, mais on est loin du soin apporté à la fourrure de Sulli qui nous avait tant extasié dans le premier.

Les nouveaux personnages peu attachants. A part la directrice de la section Terreur, Mme Hardscrabble, personnage haut en couleur qui sort du lot et qui mérite le détour sur le plan psychologique car sous le couvert psychorigide règne en fait une ouverture d'esprit inattendue.

Pour tout vous dire je n'ai pas ri une seule fois, je crois bien n'avoir même pas souris. Le film est sympa, certes, mais sans plus. Si le public de la salle était peu nombreux, il était majoritairement composé de pères avec leurs jeunes enfants. Je n'ai entendu personne rire dans le public.

Certaines situations de monstres hurlants et grimaçants sont, à mon avis, à déconseiller au moins de 4 ans. Mais il y avait bien plus jeune dans la salle et certains à cet âge s'étaient déjà de toute évidence coltinés le dernier Superman, ce n'est donc pas un monstre hurlant surgissant de sous un lit qui allait -semble t il-les tracasser.

Les monstres sont plus anthromorphiques que dans le premier film, mais c'est  Disney tout craché.
Pas de situation inattendue et ça fini bien... En fait seules les 20 dernières minutes du film (lorsque Bob déboule dans un dortoir d'enfants d'une colonie de vacances) ont un réel intéret car on y retrouve le rythme du premier film et, de passage, quelques personnages plus récurrents dans le second. Il était temps, je commençais à regarder mes emails sur mon mobile !

Pour conclure, scénario léger, pas de grosses surprises, une animation moins travaillée, une animation de  générique moins alléchante... On ne pouvait attendre sans doute mieux d'une sortie en plein mois d'août.

Pour finir, je ne vais plus au cinéma sans mes protections d'oreilles, je ne peux vus suggérer que de faire de même surtout pour les plus jeunes, car là pas de surprises le son hurle dès le début de la séance, c'est horrible ! Merci d'avance pour les jeunes oreilles. 

(quite à passer pour une réactionnaire, je demande instamment qu'on mette fin à la vente de popcorn dans les cinémas. Entendre les grattements des petites (et grandes) mains au fond du carton afin d'y récupérer les pops tout au fond est insupportable. Rendez nous nos esquimaux ! )





lundi 8 juillet 2013

Les dissociations de la personnalité

La notion de "personnalités multiples" a été un grand phénomène dans les années 90' aux Etats-Unis. Ils en voyaient partout, même parfois où il n'y en avait pas..

En Europe, assez bizarrement personne n'en rencontrait. Ou lorsqu'on trouvait une personnalité multiples, chez nous on parlait de "dissociation schizophrénique".

Les américains voyaient plusieurs personnalités, parfois contraire et même ennemies.
Les Européens voyaient, quant à eux, une seule personnalité morcelée.

Les deux avaient raison.
Car dans tous les cas, il ne s'agit pas de plusieurs personnes dans le corps d'une seule.
Il s'agit bien d'une personnalité morcelée.
Sauf que ces "morceaux" peuvent vivre indépendamment les unes des autres.
Avec des caractères très différents et parfois en s'ignorant les unes les autres.
Mais toujours avec le but d'être "la" personnalité dominante, celle qui est et qui permet au corps de vivre.

Souvent ces "personnalités" ne se connaissent pas.
Chacun sait que les autres existent, elles se "sentent", mais ne communiquent pas et chacun fait ce qui lui plait. Comme il n'y a pas de connections, chaque morceau ne sait pas ce qu'à fait ou dit ou pensé l'autre.

Pourtant il existe au milieu de tout cela une personnalité de "base".
Celle qui existait avant le trauma.
Celle qui relie tous les morceaux et mais que chaque morceau tente de faire disparaître tout au fond, tout au fond, le plus profondément possible.
Mais cette personnalité ne doit pas mourir car sinon toutes les autres meurrent.

Alors chacun rivalise d'astuce.
Chaque morceau se présente comme le défenseur de cette personnalité.
"Je la protège", "c'est une abrutie, elle est faible, heureusement que je suis là pour la sortir de situations difficiles"...

Contre toute attente, ces patients que je reçois ne sont pas "encore" schizophrènes.
Mais ils y courent à toute vitesse.
A eux de choisir s'ils vont le devenir (oui, je pense que le fait de devenir schizophrène n'est qu'un mécanisme de défense).

En fait ces dissociations ne sont que des facettes émotionnelles de la personnalité.
Il arrive d'être en colère, joyeux, triste...
Pour vous, vous êtes toujours vous, c'est juste votre humeur qui change.
Pour ces patients, chaque "humeur" est une personnalité complète.
Etre triste, c'est être devenue Untel, une personnalité triste, avec son vécu, ses contacts, sa façon de travailler...
Etre joyeux, c'est être Unetelle, avec son vécu, ses contacts et sa façon de travailler.

Ca change souvent... ou pas. Fonction des traumas antérieurs, des éléments externes aussi qui viennent stimuler, on dirait agresser, et qui permet l'émergence de telle ou telle personnalité. Ca fluctue donc. Parfois une personnalité ne fait que passer quelques secondes, parfois elle reste pendant des mois.

Pourtant toutes ses "personnalités" en sont qu'une.
Elles portent toute le même nom, celui du patient, quelque soit les noms que le patient leur donne.

En psychothérapie, elles apprennent à se connaître, à se connecter, à prendre conscience aussi qu'elles sont dépendant les unes des autres. A comprendre aussi qu'en fait elles n'existent que parce que l'autre, cette personnalité de "base" leur permet d'exister.

Il ne s'agit pas de les faire disparaître car ce serait faire disparaître les différentes facettes de la personnalité. Nous avons tous besoin de la joie, de l'amour, de la colère, de la peur...

Il s'agit de les ré-associer pour ne redevenir qu'un.
Comme tout le monde.

vendredi 5 juillet 2013

la psychologie, science des conditionnements

On m'a appris en fac -et ailleurs- que la psychologie était la science des comportements.

Et que le but des psychologues était de permettre à leurs patients d'avoir les comportements les plus adaptés avec ce qu'ils sont en eux (et non avec les attentes de la Société).

Il faut bien dire qu'avec le temps et l'expérience, j'ai compris une chose c'est que la psychologie n'est pas la science des comportements.
Non c'est la science des conditionnements.

D'ailleurs à la fac, une des premières choses qu'on nous apprend c'est les types de conditionnements qui sont susceptibles de nous manipuler. Y avait le conditionnement de type 1, de type 2, pavlovien... et j'en passe. Depuis mes années de fac, les noms ont changé mais les techniques restent.

Il y a bien sur l'éternel débat entre l'inné et l'acquis.
J'affirme haut et fort que l'inné a un bien faible impact dans ce que nous sommes et ce que nous faisons dans notre vie.

Mais j'affirme aussi haut et fort que les apprentissages infantiles restent prégnants toute la vie... tant qu'ils ne sont pas remis en cause.

Du coup, ce qui marche à 3 ans, ne fonctionne plus à 30.
Et parfois, ce qui marche avec les parents ne fonctionne pas avec le patron.
Pourtant, comme ça a bien fonctionné avant et que ces apprentissages sont devenus des automatismes de défense, on continue à les "coller" partout même lorsqu'ils ne sont pas/plus adaptés.

Le but de la psychothérapie cognitivo-comportementale va être de mettre le doigt sur les conditionnements infantiles.

Puis de permettre au patient de se rendre compte que ces conditionnements arrivé à un moment c'est lui et lui seul qui les met en place et les entretien.

Prenons l'exemple d'une jeune fille à laquelle sa maman, nutritionniste, a appris à super surveiller son alimentation afin que sa fifille chérie ne devienne pas grosse (car son fantasme d'enfant idéal vient nourrir son fantasme d'estime de Soi et d'image sociale). Et bien cette jeune fille à chaque fois qu'elle mange avec ses parents, fait attention. Et si elle ne fait pas attention, sa mère la rappelle à l'ordre.

Quelques années plus tard, cette jeune fille quitte enfin la maison. 
Elle passe devant une pâtisserie. Oh le bel éclair au chocolat !
Mais non, elle ne cèdera pas, elle risque de grossir et que va penser maman.
Mais maman n'est pas là. 
Elle n'est pas en face d'elle.
Elle ne dit rien.
Elle ne lui fera aucun reproche parce qu'elle n'en sera rien.
Et puis manger un éclair de temps en temps n'a rien d'une catastrophe.
Mais cette jeune fille fait comme si maman était là.
C'est dans sa tête.
Que va en penser maman ?
Mais maman n'en pense rien !
C'est cette jeune fille qui pense.
Elle qui renforce le conditionnement appris en se disant que si maman était là, elle dirait ci, elle ferait ça.
Mais fifille a grandi, maman peut toujours dire ce qu'elle veut, si fifille veut manger des éclairs c'est SON choix, plus celui de maman.

C'est un exemple, mais cet exemple vaut pour plein de situations.
Les patients ont été conditionnés, manipulés.
Il faut casser ces conditionnements pour recréer la liberté de choix.


Pour faire de la psycho, on apprend les conditionnements.
Ce n'est que pour mieux les comprendre pour permettre de les détruire en psychothérapie.

Demandez vous toujours pourquoi vous faites tel choix.
Le faites vous parce qu'il vous parait judicieux pour vous ou parce que vous cherchez à répondre à une attente dont vous ne savez rien ?

Conditionnement pavlovien : 
dès que la musique du marchand de glaces se fait entendre, les gosses salivent...
(les parents aussi)




lundi 1 juillet 2013

Recevoir un cadeau 2/2

Nous avons vu la semaine dernière que lorsqu'on reçoit un cadeau se posent bien des questions relatives à ce que transmet le donneur à celui qui reçoit.

C'est celui qui donne qui ouvre le bal de la grande comédie humaine.
Puis vient en feedback les réactions de celui qui reçoit.

Chacun sa vision des choses. Ainsi il y en a qui sont couverts de cadeaux, d'autres qui n'en reçoivent jamais.
Et entre les deux tout un continuum qui fluctue au cours du temps, des circonstances.. des moyens ainsi !

La notion de cadeau elle-même est complexe. 
Qu'est-ce qu'un cadeau après tout ? Le dictionnaire vous en donnerait une définition précise et concrète de quelque chose qu'on offre. Cela place donc uniquement en avant celui qui offre.
Mais celui qui reçoit comment perçoit il la notion de cadeau ?

L'enfant attend en général avec excitation ses cadeaux de Noël. Cette excitation vient du fait que c'est Noël, qu'en général le cadeau est plus important que les autres du reste de l'année, que la famille est réunie...

L'ado en général fait la tête, ce n'est jamais ce qu'il a voulu, jamais assez bien, assez cher... Enfin surtout il a a envie de casser l'ambiance histoire de gonfler les adultes et de montrer qu'il a un pouvoir dont il faut tenir compte. Crise d'adolescence que ça s'appelle.

A l'âge adulte ça se complique sérieusement.
Il y a ceux qui s'émerveillent d'un rien.
Après tout c'est le geste qui compte n'est-ce pas ?
Oui c'est vrai, m'enfin si le geste pouvait en plus apporter un cadeau qui plait ça aiderait encore plus à apprécier le geste non ?
Parce que même si c'est le geste qui est important lorsque le cadeau est moche.... hum difficile de faire bonne figure.
Même si certains y arrivent très bien.
A leur propre détriment.

Prenons cette charmante jeune femme.
Toujours souriante, toujours polie, toujours ravie de ses cadeaux. "Oh c'est super !" "Quelle bonne idée !" "Ca me fait super plaisir !". Bisous, smack, smack.
La dernière fois une cousine à elle lui a offert un joli col roulé de couleur verte.
"Oooooh, merci, il est trop beau !"
Ben tiens, sauf qu'elle ne porte jamais de col roulé et qu'elle a horreur du vert. A part ça tout va bien.
Mais qu'est-ce qu'elle a appris la cousine, et tous les autres autour, ce jour là ? Et bien que la cousine aimait les cols roulés et aimait le vert. L'anniversaire suivant risque d'être intéressant à suivre... 
Mais que pourquoi me demanderez vous cette jeune femme ne dit-elle pas qu'elle n'aime pas son cadeau ?
Parce qu'elle est bien éduquée.
Parce qu'elle a peur de blesser l'autre.
Parce qu'elle a peur qu'en contrariant l'autre, cet autre ne l'aime plus...
Parce que c'est le geste qui compte.

Mouais m'enfin cet autre qui s'est pris la tête pour trouver un cadeau, il apprécierait peut être de faire un cadeau qui plaise à celui auquel il l'offre non ?
Seriez-vous tellement outré qu'on vienne vous dire gentiment "tu sais le vert ce n'est pas trop mon truc, tu crois que je pourrais faire un échange ?" ou (avec tout le sous-entendu nécessaire) "l'opéra c'est sympa j'y vais souvent, j'aurai bien été à Disney...".
Vous auriez 10 ans je dirais oui, mais vous êtes adulte non ?
Non ?
Hum hum...

Alors bien sur si c'est grand mamie et ses 99 ans qui vous offre un horrible support pour essuie-main que même sur Leboncoin vous n'arriveriez pas à le vendre sans donner de l'argent avec, il est clair que là un effort de politesse peut s'imposer. Après tout grand-mamie, elle voit les choses avec son oeil plein de cataracte. Elle n'a pas encore bien intégré la libération de la femme (votre père non plus d'ailleurs), elle pense que le bois ça fera joli dans votre cuisine tout en ayant oublié que vous êtes équipé en contemporain et puis elle a fait l'effort d'aller se traîner avec son déambulateur jusqu'au pakistanais du coin qui lui a assuré tout sourire "si si j't'assure mamie, ta p'tite fille elle va adorer. Allez j'te le laisse à 5 €. Tu verras tu le ramèneras pas !"... Et puis grand-mamie vous allez pas la contrarier à 99 ans, elle risquerait de vous en faire une AVC, vous en culpabiliseriez tout le reste de votre vie et vous seriez obligée de garder le support d'essuie-tout comme souvenir... L'horreur totale qui vaut bien un joli faux sourire. Je sais c'est pas bien, mais bon c'est pour la bonne cause (la sienne et surtout la vôtre).

Et puis y a ceux qui ne supportent pas les cadeaux.
J'en connais qui ne fêtent ni leur anniversaire, ni Noël, ni leur anniversaire de mariage, ni le nouvel an... et pour qui offrir un cadeau aux autres relèvent du défi agressif. D'ailleurs ils se débrouillent soit pour ne pas en offrir, soit pour trouver un truc au fond de leur tiroir, soit pour vous balancer "moi j'aime pas les cadeaux, ni en recevoir ni en faire".
Là c'est l'extrême. 
Ces gens là sont insupportables et on pourra se demander si ne pas recevoir de cadeau n'est pas un alibi pour ne pas avoir à en faire. 
Des oursins dans les poches ?
Tout le tralala les gonfle. Chercher un cadeau, quelle perte de temps. Inviter à la maison pour recevoir un cadeau, quel fric dépensé et quelle obligation de faire bonne figure.
Ces personnes là vous reçoivent un cadeau avec mauvaise humeur ou indifférence dans le meilleur des cas. Le cadeau est tellement rapidement déballé et posé dans un coin qu'on oublierait qu'il y en a eu un.
Ces gens souvent ne supportent pas les cadeaux parce qu'ils se sentent redevables. Obligation d'en faire en retour, obligation de sourire et surtout obligation de dire "merci".
A ça dire merci ça leur arrache la gueule. 
Ils vivent ça comme un outrage à leur petite personne, une soumission à l'autre. 
Une obligation sociale insupportable.
Alors pour ne pas dire merci, surtout à untel, ne pas recevoir de cadeau. Jamais. Et ne pas en faire non plus. Comme c'est tranquille.

Y'en a d'autres qui aiment faire des cadeaux, mais qui ne supportent pas d'en recevoir.
Ceux là sont toujours persuadés qu'ils ne méritent pas l'attention qu'on leur porte.
Dire "merci" pour eux aussi c'est difficile, mais parce qu'ils ont toujours l'impression qu'ils n'ont rien fait d'exceptionnel.
Ca les met mal à l'aise, ils rougissent. Ca les rend même agressifs parfois !
Leur offrir un cadeau, c'est les mettre au centre du cercle d'attention.
On les regarde. On les juge peut être. On épie leur moindre geste. 
Ils se sentent évalués. Le regard des autres leur est insupportable. 
Ils en oublient le cadeau, le geste de plaisir réciproque de l'autre. Ce cadeau qu'ils ne méritent pas.
Ceux là n'ont pas confiance en eux et se dévalorisent sans cesse.

Ils y auraient certainement d'autres situations à envisager, mais on pourrait en écrire un livre.

Bref, offrir un cadeau c'est pas simple, mais le recevoir non plus.
(et si vous voulez m'offrir une tablette Samsung Galaxy note 10.1, n'hésitez pas, moi je sais très bien recevoir les cadeaux) 


Wouah, je m'y attendais pas du tout !




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