lundi 15 juillet 2013

Les patients résistants

(Bien que vous vous foutiez totalement, je vous informe que ce blog a passé les 3 000 000 pages lues il y a plusieurs jours. Ouaip, 3 millions, ça m'ébouripoustoufle !!)



Les patients résistants sont un vrai défi pour le psychologue.

Bien sur il y a différents types de résistance.

Il y a le patient dont on ne tirera jamais rien. On se demande même pourquoi il(elle) est là. Rien à dire, que des banalités. Ne répond que par "oui", "non", "bof" aux questions du psy... Impossible de pousser ce patient dans ses retranchements, ça bloque. C'est patient qui arrive souvent parce que l'entourage les y pousse ou parce qu'ils viennent régler une question de surface sans vouloir aborder la profondeur afin de comprendre pourquoi la surface fait des vagues.

Ce sont des patients qu'on voit une courte durée. Et auquel je précise que je mets fin à à la psychothérapie en attendant qu'ils soient décidés à s'impliquer et à avancer. 


Il y a ceux qui vous parlent de tout sauf d'eux.
Enfin qu'ils croient.
J'ai des patients qui ne me parlent que de leur boulot ou que de leurs enfants.
Ce qui est soi est déjà parlant non ?
Ceux là quasi impossible de les faire parler d'eux, dès qu'on aborde un sujet personnel paf au bout de 30 secondes ils vous rebalancent un exemple pris au travail ou dans leurs relations à leurs gamins.

Avec ceux là, on avance lentement, on les voit de loin en loin. Ils viennent souvent pour parler d'un problème à régler au travail ou d'un problème de leur gosse (le psy joue alors au coach). Jusqu'au jour où le psy (moi en l'occurence) fatigue un peu. Alors certes il est facile d'interpréter certaines situations et de les recentrer en fin de consultations sur leur vécu personnel et intime (ils n'aiment pas), mais ils avancent lentement car ils ne font pas leur "travail" à la maison et ne réfléchissent surtout pas chez eux, oh la, pas le temps, le travail ou les enfants leur bouffent tout leur temps.


Y a ceux aussi qui tournent en rond.
Ceux là on les voit longtemps.
En fait ils avancent vite, puis font un grand bond en arrière.
Ils recommencent sans fin le même fonctionnement, les mêmes comportements.
On a beau les travailler, leur montrer leurs problématiques cognitives de conditionnement, rien n'y fait.
En fait il y a souvent un problème d'Oedipe à la base qui ne se règle pas... et qu'ils ne veulent pas régler ! 
ils ne font pas leur travail à la maison, n'ont jamais le temps de se poser pour réfléchir, il se passe toujours plein de trucs dans leur vie qui les freinent, les empêchent... Bref, ils fuient.

Certains en arrivent même à oublier leur rdv chez le psy ! 
Et en consultations le "méchant" psy les fait souvent pleurer car le psy met en mot leur blocage qu'ils n'osent aborder par eux-mêmes.
Le travail avec eux prend du temps, ils avancent lentement et le transfert fonctionne à fond. Et le choix du psy n'a vraiment rien de hasardeux (l'est-il d'ailleurs parfois ?)...


Et il y a ceux qui évitent tout ce qui est émotionnel. Ils sont très rationalisant. Dès qu'on effleure une émotion, paf ils deviennent tout froid, très distancié ou alors sortent une grosse blague. 
Sauf que le psy n'est pas dupe et leur demande de mettre en mots leur ressenti.
Ca bloque, ça bloque.


Enfin, je dirai qu'il y a ceux qui n'ont rien à dire.
Ils ne sortent que des banalités tout le long de la consultation.
Le temps qu'il fait, les fringues de leur copine, les futures vacances, le sport...
En fait ceux là, on peut aussi les retrouver parmi les autres catégories, parce que parfois lorsque le patient sent qu'il va aborder un sujet difficile, il tourne autour du pot et chaque patient est susceptible de devenir un patient qui n'a rien à dire.
(et qui s'ennuie pendant la consultation)
(le psy aussi).
"Au revoir patient, à la prochaine !"
"Au fait psy, je ne vous ai pas dit.... "

De toute façon, les résistants y'en a vraiment que deux catégories.
Ceux qui se persistent à résister. 
Et ils retournent et restent chez eux.
Ceux qui lâchent prise.
Et ceux là ils avancent !


Même sous la torture, le patient résistant résiste ! lol





6 commentaires:

  1. Bravo pour les 3 000 000 de vues ! Pour ma part, il faut enlever trois "0" pour le mien (mais c'est déjà pas trop mal !)...

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  2. Bravo pour les 3 000 000 vues ! Pour ma part, il faut enlever 3 "0" pour le mien (ce qui est déjà pas mal !)...

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  3. je ne me souviens pas avoir cliqué autant !! hiiiiiiihihihihiiii !!
    bravo !! clap clap clap !! :o)

    Pour en revenir aux patients résistants, difficile de sortir d'un schéma de pensées qui date depuis fort longtemps pour certains. Ceux qui font la démarche savent au fond d'eux qu'il y a quelque chose qui cloche dans leur vie mais ils ne sont pas tous prêt à faire le grands saut vers une nouvelle aventure, une nouvelle vie !!! car il faut dire que travailler sur soi change tout... le cerveau n'aime pas l'inconnu et s'accroche a ses repaires. Mais bon, il y a ceux qui se donnent le coup de pied au derrière, ceux qui en ont envie mais qui ont du mal et ceux qui comprennent le problème mais qui n'ont pas envie de changer leurs mauvaises habitudes.
    J'en connaissais une comme ça qui comprenait parfaitement qu'elle avait un gros problème mais elle se complaisait parfaitement dans sa vie de victime, tout le monde la plaignait, t'imagine le succès qu'elle avait ? sauf qu'à un moment donné, on a envie de leur mettre un gros scotch sur la bouche à ces gens là.
    Aussi, certains font beaucoup de choses pour s'en sortir : yoga, tai chi, acupuncture, kinésiologie, etc et rien ne fonctionne, et bien sûr, le refrain suivant "on ne peut rien pour moi, j'ai tout essayé!" sauf de vouloir vraiment s'en sortir...

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    1. Toutes ces pratiques sont liées au corps et pas à l'esprit. On peut les lier mais encore faut il le vouloir et le faire. On peut faire du yoga juste pour être souple, du taï chi juste parce qu'on fait les Langues'O, de l'acunpunture parce qu'on fume, de la kinésiologie parce qu'on veut manipuler les autres.... mais rien pour soi réellement au niveau psychique.

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  4. C'est une grande question que la question de la résistance.
    La Gestalt-thérapie (c'est mon école de pensée) a pas mal cheminé avec ça dans la vision de la théorie. A une époque, on étudiait et on enseignait aux thérapeutes que la projection, la rétroflexion, l'égotisme, la confluence étaient des résistances au contact, et qu'il fallait vaincre ces résistances et aller vers le plein contact. Maintenant, on peut voir ça comme des manières d'être au monde, des ajustements, des flexions.

    Pour ma part, je considère que le patient fait ce qu'il peut faire au mieux à l'instant ou il le fait. Et que moi, Gestalt-thérapeute, je fais aussi ce que je peux au mieux à l'instant ou je le fait.

    Si je sens quelque chose que j'interprète comme une résistance, je vois cette interprétation comme un mouvement de la situation, et à partir de ce mouvement on va pouvoir avancer ensemble. Être la et vivre ce sentiment de résistance. Ou se confronter ensemble. Traverser ensemble.

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    1. Alors je suis d'accord avec le fait que la patient fait ce qu'il peut au temps de la consultation et le psy aussi. Pour interpréter il faut avoir des matériaux, mais lorsque le patient n'en donne pas il est difficile d'interpréter. Je peux toujours dire au patient qu'il a peur. Mais certains affirment que non. "Ca ne vient pas" ou "je n'ai rien à dire" ou "c'est le grand noir" ou "je n'ai aucun souvenir".... Je pourrai donc faire des consultations où le patient n'a rien à dire et du coup moi non plus, je m'y refuse. J'accepte les silence et il est facile de les interpréter mais les consultations vides et silencieuses je les laisse aux psychanalystes. (bien que cela me soit arriver de le faire parce qu'il y avait un tel décalage entre ce que ne disait pas le patient et ce que disait son corps, je considérai qu'il parlait).

      Il est important d'analyser ses propres résistances c'est évident. Pourquoi cette résistance me gène. Perso, elle ne me gène que parce que parfois le patient se demande ce qu'il là, ce qui le rend non coopératif voire agressif. Je vous le laisse ! lol

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