lundi 22 juillet 2013

Les magazines féminins ou la domination de la femme par la femme 1/2

Je ne supporte pas les magazines féminins très "hype" comme Vogue, Elle ou je ne sais quoi. Ces magazines véhiculent une image très stéréotypée d'une femme qui doit être dans la perfection. Dans un communication paradoxale, ces magazines décrivent aux femmes combien elles peuvent être autonomes tout en décriant celles qui ne le seraient pas. Bref, soyez comme je veux que vous soyez et ne soyez pas comme vous avez envie d'être.

Comment tu n'as pas ton "it bag" ou les chaussures "Bouloutin" ? T'es trop nulle ! 
Comment tu n'as pas d'amante et tu n'utilises pas de gode ceinture ? T'es vraiment coincée sexuellement !
Comment tu ne t'habilles pas en taille 34 et tu es obligée de porter un soutien-gorge ? T'es trop moche !
Comment t'es pas encore liftée et tu n'es pas anorexique ? T'as l'air vieille !

Oui, car tout est dans la négation. Il faut avoir, posséder, copier car ne pas avoir et ne faire "comme" c'est ne pas être "comme il faut".

Ces magazines ont fini par créer une domination sur les femmes.
Sans même qu'elles ne s'en rendent compte.
Ces "bibles" de la mode sont devenus pour certaines les références pour être "modernes", "indépendantes" et "sexuellement au top".

Pourtant derrière tout ce discours, il y a bien quelqu'un qui tire les rênes et décrète comment doit être "la" femme. Quelqu'un qui distille son venin, une personne machiavélique qui  décide que ses codes, ses lois, ses visions sont celles que doivent partager toutes les femmes et qui doivent s'appliquer à toutes sous peine d'être exclues.. dont ne sait trop quoi d'ailleurs. 

Le pire est qu'aujourd'hui des milliers de femmes ne jurent que par cette personne qui impose sa Loi et sa vision des femmes. 

Selon des critères totalement ineptes et parfois totalement irréels par rapport à la globalité.

D'où des conflits sans fin pour certaines femmes qui tendent à accéder à cette perfection irréaliste et qui, n'arrivant à l'atteindre, s'astreignent à des conditions de vie qui fait hurler à l'horreur n'importe quel médecin ou nutritionniste. Dans compter le mal-être psychologique. L'impression de sans cesse être nulle car n'atteignant pas ce qui est dicté comme perfection. Tout écart de nutrition, de comportement, de mode devient une faute culpabilisante.

Mais comme le nombre de femmes qui tentent de "coller" aux Lois d'un(e) pervers(e) ne cesse d'augmenter, ce pouvoir machiavélique prend de l'ampleur et peut désormais imposer ses lois partout. Par exemple aux créateurs, qui désormais ne créent qu'en suivant ces Lois sous peine de ne pas voir leurs créations montrées dans ces magazines ou d'être décriés comme étant devenus à éviter.

Il existe donc 1 ou 2 personnes qui décident ce qu'est être "une femme".
Sous-entendu les femmes sont trop nulles pour savoir ce qui est bon pour elles, leur expliquer ne sert à rien car elles ne sont pas intelligentes, il faut leur imposer. "Nous" savons ce qui est bons pour elles.

Car tout est fait pour vous aider mesdames. Si on vous explique long en large quelles techniques il faut utiliser pour maigrir de 15 kilos en 2 semaines afin de vous permettre  de retrouver un écartement entre vos deux cuisses, c'est bien sur non pas pour que vous sachiez comment faire, ça ne viendrait à l'idée de personne, mais bien pour dénoncer cette pratique. La communication sans cesse à double sens.

Ce qui est bon pour toutes fait que celles qui ne rentrent pas dans le "moule" sont jugées inaptes à être des femmes, des incapables, incompétentes, indignes de devenir des icônes. Ce stratagème permet de mettre en place le coup final : regarde autour de toi, toutes celles qui ne suivent pas mes règles ne sont pas dignes d'intérêt et il faut dénoncer leur mocheté.

Car c'est là la cerise sur le gateau : il s'agit désormais pour les femmes de plaire avant tout aux autres femmes... 

J'y reviendrai dans le prochain article.



12 commentaires:

  1. on devrait aussi porter plainte contre ceux qui ont inventé le miroir et le pèse-personne !! (bon... le miroir c'est quand même bien pratique pour voir si on n'a pas troué son collant, ou un mickey au ras de la narine avant un rdv...).
    Et puis celle qui a une belle plastique n'est pas forcément meilleure au lit que celle qui a des poils sous les bras !! na !

    ps : lire ces torchons t'aurait fait atteindre enfin la superficialité ! aurais-tu abandonné ton saint graal ? :-)

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  2. Le pèse personne est l'ennemi numéro 1. Surtout ne jamais en avoir, ça ne sert à rien.

    Sous entends tu que les belles n'ont pas de poils sous les bras et par là que celles qui ont des poils sous les bras ne peuvent être que des moches... C'est une polémique intéressante qui mériterait débat.

    Les lire ? Parce qu'il y a quelque chose à lire ? 1 page de photo, 1 page de pub. Ooops là, 3 mots de texte.
    En plus je ne les achète pas, on me les donne ! Je ne fais même pas vivre le système. Honte à moi ! Pour la peine je me condamne à sortir en tongs et à subir les regards des autres femmes.

    Oui j'oublie mon but parfois, ciel, merci de me le rappeler. J'ai encore pas mal de boulot tu vois.

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  3. ouf ! j'ai cru un instant que tu t'étais perdue dans la sériosité de la life !

    J'en sais bigrement rien, même pas je les ouvre dans la salle d'attente des médecins !
    et l'air de rien, c'est un budget que d'en faire la collection.
    Bon ça va alors, si tu mets les tongs... à Paris... avec les crottes de chien sur les trottoirs... mais tu mets du rouge à ongle sur les doigts de pieds ?? nan mais parce que sinon, ça compte pas ! (pas du loréal mais du la foire fouille, les pros le remarqueront de suite !!)

    Pour les poils, la psy que je voyais était plutôt jolie, avec des queues d'écureuil sous les bras. Elle avait son charme quoâ ! (ma prof de math de 4e aussi, avec sa jolie robe à fleur)

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  4. On apprend vraiment tout plein de choses sur ce site: j'ai été sur internet voir à quoi ressemble un it bag, les chaussure Louboutin parfaites pour augmenter la cambrure du dos et souffrir le martyr sans parler des entorses (enfin là je parle pour moi). Je me posais une ou deux questions : est-ce que cette vision stéréotypée de la femme n'est pas d'une certaine manière imposée également aux hommes? il me semble qu'il y a moins de journaux destinés aux hommes leur disant ce qu'ils doivent faire pour être parfait et séduire leur conjointe, est-ce parce que ce n'est pas financièrement rentable ou parce que au départ la presse était dirigée par des hommes? (en tout cas chez ma coiffeuse il n'y a que des journaux féminins...) Par contre désolée je ne suis pas d'accord avec vous deux sur le pèse-personne. C'est un objet, il a une fonction point barre, ce n'est pas l'objet le problème mais ce qu'on en fait. A la visite médicale annuelle la pesée se fait habillé (parfois avec chaussures)c'est un indicateur rien de plus. Et puis ça peut être utile pour éviter les taxes à l'aéroport, faire la confiture... En plus pas besoin d'une balance pour savoir si on a pris du poids ou pas : quand on ouvre le bouton du pantalon ou inversement quand on est obligé de mettre une ceinture c'est qu'on a pris ou perdu 4 kgs.

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    1. Dac, passé 3 ans pour surveiller une prise de poids liée à la croissance, se peser n'a aucun intérêt. Si tu prends 500 g tu les sais tout de suite en rentrant dans ton jeans. Si t'as des bourrelets, tu sais que t'es en surpoids et tu es capable de faire la différence entre ta bouée de retour de vacances et l'obésité. Idem quand tu maigris, tu flottes dans ton soutien-gorge et tu serres un cran de plus sur ta ceinture. La balance est un instrument qui sert les intérêts de toute une industrie de la "beauté" en instaurant des normes (qui d'ailleurs évoluent tous les 10 ans). Je ne nie pas que dans certains cas médical la balance puisse avoir un intérêt, mais pas chez soi, chez le toubib. La balance n'existe que parce qu'il y a des gens qui ressentent le besoin de se peser. Certes les gens en font ce qu'ils veulent, mais y aurait pas cette demande, ça n'existerait pas. Maintenant si tu te pèses sur ta balance de cuisine, t'es pas bien grande...

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  5. Une bonne idée serait de faire une version parodique très grasse de ce magazine... En essayant par-là de jeter une pierre dans le lac! Rien de tel qu'une bonne dose d'iconoclastie pour décomplexer la populasse.

    Mouahaha.

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    1. En lisant parodie très grasse j'ai compris une parodie avec des grosses... lol
      Peut on encore parodier des magazines qui s'autoparodient chaque semaine ? Toujours plus fort, toujours plus de pubs, toujours plus futiles...
      La populasse nous prouve chaque jour devant sa télé que ce qui l'intéresse le plus ce sont les caricatures, la vulgarité.. le vide quoi.

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    2. Peut-être qu'il leur manque juste cette "révélation" de l'aspect vain et caricatural de toutes ces choses ?

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  6. Magnifique coup de gueule vergiberation.
    J'avoue ...je ne savais pas ce qu'était un it bag et finalement je n'ai rien perdu ...(c'est bien ça va nourrir le marché des contrefaçons..lol)
    Je découvre (au grand dam de ma compagne) que j'ignorais aussi qu'avoir une amante est à la mode , et là je suis scotchée.
    J'ai une aversion pour la mode et donc forcément je ne suis au courant de rien puisque je m'en tape totalement .
    Et apprendre que des hétéros singent , par mode, les homos, ça me laisse ....à vrai dire.. je ne trouve pas le bon qualificatif pour exprimer ce que j'ai ressenti quand j'ai appris ça. Ma compagne trouve que c'est plutôt bien car une expérience homo donnerait, d'après elle , une possibilité de comprendre et de savoir ce que c'est . Là-dessus je ne suis absolument pas d'accord (et heureusement ..qu'est-ce-qu'on s'ennuierait si nous étions tout le temps d'accord..)
    Cette saloperie de mode nie les souffrances des ados qui , eux , se découvrent homo (ou bi ou autre ) donc pas comme la majorité.Je ne ferai pas la liste non-exhaustive des ces souffrances qui en général perdurent tout au long de la vie ..là n'est pas le débat.mais quand même.. ça me donne envie d'hurler.
    La majorité, donc ,s'éclaterait en ayant des expériences homo ...??? Je trouve tout cela abjecte , et que ceux ou celles qui ont "décrété" que surfer sur l'actualité législative et politique est le "must" ne soient plus lus seraient une de mes utopies car ils font du mal à tout le monde et aussi à leur lectrices ..Mais malheureusement ces magasines féminins débiles envahissent les librairies ...Il y a une raison sans doute ;-)..Bon je viens de lire la suite de ton coup de gueule. ..Rien de nouveau sous le soleil en matière de dictature par les grands patrons de la mode...Et maintenant c'est les mecs ...un sacré marché à prendre.. mais puisque ça marche pourquoi se priver hein ? grrrrr

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  7. On fait plein de trucs juste pour savoir ce que c'est lol. Une expérience homo ne serait qu'une expérience parmi d'autres, comme de sauter à l'élastique... Est-ce que ça fait aussi peur ? lol
    Ceux qui se découvrent homo sont plutôt rassurés non ? Tu sais l'homosexualité féminine a toujours été très bien assumée socialement. Les filles au collège ou au lycée se font la bise et se tiennent par la taille ou la main depuis la nuit des temps sans personne n'y voit une transgression, ce qui n'a jamais été le cas pour les hommes, même encore aujourd'hui. Ce n'est pas tant l'expérience homo que la transgression qui doit être dépassée afin de ne plus être considéré(e) comme coincé(e), il faut donc avoir des accessoires, des expériences homo, des relations BDSM pour être une "femme libérée" (ce qui ne se dit plus), donc une femme tout simplement.
    Le problème c'est qu'on peut être décomplexé(e) sur tout, cela ne devrait pas devenir une obligation.

    Mais oui on y vient aussi pour les hommes.

    Maintenant qui sont les grands patrons de la mode justement ? Qui véhicule ces images ? Qui impose sa vision du monde ? Ce ne sont pas spécialement les détenteurs des magazines qui ne sont que des investisseurs et du moment que ça se vend il peut y avoir n'importe quoi dedans.

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  8. Pour ma part je n'ai pas du tout été rassurée quand j'ai enfin compris quelle était mon orientation sexuelle mais bon ...Et pour les autres , en tout cas ceux et celles que je cotoie, n'ont pas fait un feu d'artifice quand ils ont compris qu'ils étaient homos... Malgré la croyance véhiculée par les médias d'une soi-disante avancée des mentalités il y a encore du boulot ...crois-moi. Même adultes nous sommes encore régulièrement victimes de la beaufitude .
    A mon sens les investisseurs ont une énorme responsabilité dans cette dictature de la mode puisque c'est grâce à eux si les magasines féminins (et masculins ) sont toujours là . Ce qui m'étonne c'est le nombre de magasines différents qui sont à disposition dans les librairies, sachant qu'ils font tous des articles sur les mêmes sujets depuis des décennies . j'ai l'impression de lire les mêmes titres qu'il y a quarante ans quand ma mère achetait certains de ces magasines qui existent toujours .

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    1. Il y a encore du boulot et ca ne peut pas avancer car l'homosexualité reste une déviance quant au but initial de la sexualité à savoir la reproduction. L'être humain a beau tout faire pour s'en écarter (cf. dissociation reproduction/plaisir et augmentation du nombre de personnes qui ne veulent pas d'enfants ou qui souhaitent que la reproduction se fasse hors corps), il n'empêche que toute base psychique reste axée sur ce principe archaïque (qui ici ne veut pas dire dépassé mais relatif aux temps anciens) à ce jour. Le jour où la chimie des corps ne nous poussera plus à, pour les dames, être enceintes, l'homosexualité sera totalement acceptée.
      Maintenant l'homosexualité féminine reste beaucoup mieux acceptée (acceptable ?). Je le constate auprès de mes patientes (qui ne sont pas représentatives de la globalité) qui assument et s'assument plutôt bien, en tout cas socialement (au niveau familial c'est plus dur).
      Pour les hommes... aÎe aïe. Tiens je te donne un exemple. Il y a quelque semaines une femme, la voix tremblante et terrorisée m'appelle. elle me dit sur le ton de la confidence "je voudrai une consultation pour mon fils de 14 ans. Il dit qu'à l'intérieur de lui il se sent fille, il dit qu'il pense comme une fille c'est terrible. Qu'est ce que vous pouvez faire pour lui ?". je lui demande si elle attend que la psychothérapie le fasse changer d'avis et le fasse se sentir garçon. elle me répond "oui parce "ça" ça n'est pas possible (elle pleure), c'est tellement horrible vous vous rendez compte". ben non justement. Rdv pris puis annulé. Gageons que le gamin aura passé ses vacances à l'UCPA dans le section rugby... dur dur...

      Certains magazines sont très redondants, je constate aussi. On me donnait "femme actuelle", chaque année il y avaient les mêmes sujets les mêmes mois ! lol
      Avant on partait du principe que le peuple avait des besoins que parfois il méconnaissait lui même et qu'on allait créer pour répondre à ces besoins. De nos jours, on crée et on fait croire au peuple qu'il a en a besoin. les magazines que j'ai cité sont sur ce créneau. Ce n'est pas parce qu'on est un femme qu'on doit lire ses magazines, mais ils faut les lire pour savoir être une femme. Et c'est cette dérive qui déconstruit les gens. Je vois bien en consultation l'impact que cela a sur l'image qu'une femme peut avoir d'elle même. Déjà sans les lire, les culpabilisations sont omniprésentes autour de nous...

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