vendredi 30 août 2013

Climat incestuel : quels impacts ?

J'ai abordé il y a peu la notion de "climat incestuel" au travers de divers exemples. Vous avez été plusieurs à me demander de préciser quels étaient les impacts de ce vécu.

Il faut d'abord bien comprendre une chose, si je peux vous dresser une liste de ce qu'implique le climat incestuel, ce n'est pas une liste exhaustive et ce n'est pas non plus une liste dont tous les éléments doivent être présents pour faire penser à cette situation. Car les impacts du climat incestuel peuvent différer d'un individu à l'autre pour diverses raisons : d'abord le "tempérament", cette personnalité avec laquelle on naît. Ensuite, l'intensité de la liaison incestueuse. Sans compter les possibilités de pour l'enfant d'en sortir au travers de ces relations aux autres, à d'autres proches. On y ajoutera le fait d'être cru dans sa parole ou dans ses comportements. Le fait aussi que certains vont tenter de faire "tampon" et le fait que les parents se rendent compte, même tard, de la situation. Bref, la résilience ce n'est pas simple et ce n'est pas accessible à tout le monde.

Le climat incestuel, il faut le rappeler, est une vraie relation incestueuse. L'enfant n'est pas envisagé dans son statut d'enfant et de descendant. Les adultes se l'approprie et l'empêche de se discerner d'eux. 

Comme l'inceste "vrai", consommé, le climat incestuel transforme l'enfant en objet. le climat incestuel est d'autant plus pernicieux qu'il ne s'exprime pas vraiment, qu'il repose sur des sensations. L'enfant est dans le flou. Se fait-il des idées ? 

L'enfant est dans l'ambiguité, il veut être lui et n'a pas le droit de l'être.
Et ce qu'il voit, subit, ressent est-ce de sa faute ? Qu'a t il fait pour cela ? D'où la culpabilité.
L'enfant dans sa fusion apprend qu'il n'a pas de valeur en soi.
L'enfant qui sent bien que quelque chose ne va pas ne comprend pas pourquoi cela se passe chez lui. Pourquoi est-ce que les autres (la mère, le père, la fratrie les proches) ne disent rien ? Pourquoi n'agissent-ils pas ? A qui faire confiance ? En fait le climat incestuel est peu visible, le problème c'est qu'il est présent continuellement.
Même si l'enfant sait que quelque chose ne va pas, ses demandes sont ignorées ou dénigrées.
L'enfant est dans une prison.

A l'âge adulte, l'autonomie est difficilement acquise puisque l'enfant appartient au(x) parent(s). L'adulte reste infantiliser. Il n'a pas le droit et ne peut se détacher. Il n'arrive pas à sortir de la fusion avec le(s) parent(s) incestueux.
L'amour et la sexualité sont difficiles. Comment doit-on aimer ? Comment être aimé de quelqu'un d'autre lorsqu'on est "sacrifié" à un parent ? Comment avoir confiance dans une autre personne ? Quelle valeur a la sexualité ? La sexualité peut être pauvre car considérée comme dégoutante ou au contraire excessive car cet adulte n'existe qu'au travers de la relation sexuelle, il est dédié à faire plaisir à l'autre.
Il peut exister une forte somatisation de l'enfant qui perdure à l'âge adulte. 

Il est difficile pour les personnes extérieures de se rendre compte car rien n'est visible, mesurable, quantifiable. Un inceste physique laisse des marques,des traces, des blessures. Mais un inceste psychologique, rien qui ne puisse être vu. La somatisation n'est pas perçue comme telle et est traitée 'au symptôme', il faudra du temps pour faire le lien entre les différentes "maladies" pour comprendre qu'il s'agit d'un appel au secours qui ne peut être dit.

Le schéma corporel n'est pas clair puisqu'il n'y a pas de limite entre ce qu'est l'enfant devenu adulte et le parent incestueux. Il est soi et lui. Il est lui et soi. Il est d'ailleurs plutôt lui. La peau n'est pas une limite corporelle, le psychisme est poreux. 

Les autres adultes peuvent facilement devenir intrusif puisqu'il est impossible de définir où est la zone d'intimité. Et comment leur refuser cette intrusion ?

Si je ne suis personne et si je ne suis pas le parent incestueux, alors qui suis-je ?
Le travail psychothérapeutique va consister à se rendre compte des méandres du climat incestuel, de prendre de conscience des impacts, de fixer des limites corporels et psychiques afin de devenir soi.



 "Le souffle au coeur" de Louis Malle












vendredi 23 août 2013

Hatsune Miku

Ben oui je suis dans une phase "asiatisante" certainement.



Après la vision des dépressions japonaise voila quelque chose de plus réjouissant : la chanteuse hologramme.

Depuis quelques années, un des plus grands phénomènes du Japon est l'engouement des fans pour une représentation virtuelle. 

Car Hatsune Miku, interprète de véritables tubes musicaux, n'existe pas. Elle a été créée de toute pièce. Ce n'est pas vraiment un hologramme d'ailleurs, c'est une création informatisée 3D projetée sur un fond. C'est super bien fait d'ailleurs.

Les fans en sont.... fans. Beaucoup de jeunes filles érigent cette popstar virtuelle en modèle à imiter tant en manières qu'en habillement. Beaucoup de jeunes hommes en sont fous amoureux, elle est la femme idéale.

A la base Hastune est un programme de synthèse vocale. Chaque touche sur un clavier permet d'émettre un son. Auquel on peut associer si on le désire de la musique. Hatsune Miku veut dire "son du futur".

Cette synthèse vocale a été "habillée" vers 2007. C'est une jeune fille comme les aime les Japonais et telle qu'on les trouve dans les mangas. Environ 16 ans, 42 kilos, 1 m 58. Elle change souvent de look pendant ses concerts.

En fait le programme qui permet à Hastune d'exister est utilisé pour faire d'autres animations. Ainsi, le programme sert pour créer d'autres univers, on l'utilise pour faire des concours de chants et de danses...  Ainsi pendant les concerts d'Hatsune, comme elle est vachement sympa, elle laisse des "copains" et "copines" chanter.

Pour l'instant ça n'existe qu'en Japonais, mais des versions en anglais voire en français sont prévues pour la fin de l'année. Et un jeu vidéo est prévu.

le marché Japonais a développé toute une stratégie marketing de produits dérivés qui marchent très forts.

Et si ça vous intéresse Hatsune Miku donne plusieurs concerts au Japon d'ici la fin de l'année. Et si vous n'avez pas les moyens de vous offrir le voyage, un concert exceptionnel sera organisé dans le cadre du salon Tokyo Crazy Kawaii paris en septembre. A vos cosplay !

Et comme vous êtes devenu fan, voici 3 heures de concert rien que pour vous ! (Kansai 2013, le concert commence à la 12ème minute)


mercredi 21 août 2013

Hikikomori

On nomme "hikikomori" ces jeunes Japonais qui s'enferment dans leur chambre, chez leurs parents, et qui ne peuvent et ne veulent plus en sortir.

Ils peuvent rester enfermés chez eux et même simplement dans leur chambre pendant plusieurs années. Personne ne peut plus entrer, y compris les parents, qui se contentent de déposer un plateau repas devant la porte de la chambre fermée à clé. Certains acceptent de sortir quelques rares fois pour faire quelques courses.

Le mot "hikikomori" étymologiquement signifie un repli sur soi.
Cela concerne majoritairement des hommes entre 20 et 40 ans, mais commence peut commencer dès 10 ans mais se met en place la plupart des cas vers 17 ans. Si les filles ressortent rapidement de la problématique, les garçons peuvent rester enfermés pendant un temps très long.

On estime au Japon qu'environ 260 000 personnes sont concernées. 

On sait peu que sous-tend ce trouble du comportement car les hikikomori ne sortant pas, il est difficile d'évaluer de quoi relève leur besoin d'isolement. Dépression grave ? Schizophrénie ?
Il semble que l'on retrouve ces deux maladies mentales.

Contrairement aux idées reçues, beaucoup ne sont pas des dingues de l'internet mais passent leur journée avachis devant la télé. Le recours aux jeux vidéo permet par contre de conforter l'isolement social. 

Alors pourquoi cet isolement justement ?
Au premier abord il existerait un besoin de devenir le centre du système familial. En effet, toute la famille se réorganise autour du hikikomori et à travers sa dépendance à ses parents il peut en obtenir tout ce qu'il veut. Si il existe une tolérance à l'égard des familles dont un enfant est un hikikomori (on plaint cette famille), il s'agit pour cette famille de faire au mieux afin de rester "parfaite" aux regard des autres (avoir un enfant hikikomori est une honte familiale qui marque l'échec et le déshonneur). C'est sur ce principes que les parents ne poussent pas l'enfant à consulter dès que les premiers signes apparaissent car il vaut mieux avoir un enfant considéré comme asocial qu'un enfant avec une maladie mentale diagnostiquée.

La nouvelle organisation familiale Japonaise semble permette l'éclosion des hikikomoris. En effet, maintenant les deux parents travaillent, il y a moins d'enfant et il y a moins d'échanges avec le voisinage. L'enfant se retrouve rapidement livré à lui même et ne peut développer un attachement sécure aux parents ni une confiance dans les adultes. A l'école, cela se passe mal. Le harcèlement et les persécutions sont choses communes. La pression de la réussite y est infernale. La réussite du concours d'entrée à l'université conditionne encore l'entrée dans la vie sociale. La peur de l'échec pousse ces personnes à s'isoler. Auto-exclus du système scolaire et donc d'une vie sociale quasi garantie, il n'y a peu de portes de sortie. Les parents vont alors encourager l'enfant devenu adulte à rester dans le foyer familial. Le hikikomori n'est pas à même de subvenir à ses besoins ni à ceux de ses parents vieillissants. La honte vient donc parfaire le tableau.

Une étude américaine de données collectées auprès de hikikomori japonais montrent qu'une timidité + un comportement de rejet par la mère prédit un attachement insécure. A l'adolescence, si vient s'y coupler du harcèlement, le risque de développer un hikikomori est fort.

Serge Tisseron, psychiatre français, propose lui une autre théorie. Pour lui, le hikikomori serait un refus de répondre aux attentes fortes des proches. Si la pression scolaire est forte, celle des parents qui s'endettent pour que leur enfant suive une scolarité, l'est encore plus. Du collège à l'université, la pression des pairs est aussi très forte car il faut répondre aux attentes du groupe et s'identifier à ceux qui réussissent. L'adolescent se retirerait alors du monde. Il cesserait de répondre aux attentes des autres et ce sont les autres qui seraient alors obligés de s'en occuper, lui le reclus qui ne fait plus rien.

On commence à trouver des hikikomori dans tous les pays du monde. Quelques cas ont été décrits en France.

Personnellement, j'ai eu un cas d'hikikomori en consultation.
En fait il n'est pas venu pour aller mieux, il voulait juste avoir assez de consultations pour avoir une attestation de suivi afin d'obtenir un aménagement de ses horaires de travail.
Car oui, appelons le Hsin, il travaillait de moins en moins au bureau, de plus en plus chez lui. Il en était déjà à ne plus travailler qu'à mi-temps et il n'arrivait plus à être efficace. il voulait travailler chez lui où, disait il, son employeur serait gagnant car il pouvait travailler toute la journée et toute la nuit sans quasi dormir.

Ses parents étaient des Chinois installés depuis sa naissance en France. Son père âgé, aidé par son épouse, était en profession libérale. Ils avaient un fils unique (mon patient) qui avait commencé des études d'informatique qu'il n'avait jamais pu finir. Les troubles avaient commencé lorsque son père avait envisagé de cesser son activité. Traditionnellement, le fils devait prendre le relais soit en reprenant l'activité du père soit en choisissant une autre activité mais toujours en garantissant aux parents un revenu afin qu'ils puissent garder leur train de vie. 

Hsin avait tout d'un geek.... 24 ans, très mince, toujours habillé en noir comme un hard rocker, les cheveux foncés très longs. Son teint d'une grande pâleur montrait le peu de temps qu'il passait en extérieur. Les yeux toujours écarquillés, les bras ballants et l'air continuellement apeuré, il avait un discours non fluant avec un vocabulaire limité. Passionné d'informatique, le jour il créait des programmes et la nuit il passait son temps à jouer à des jeux vidéos ou à finir son travail. Il dormait peu.

Je l'ai toujours rencontré chez lui. Une fois rentré le soir, il n'arrivait plus à sortir. Il pouvait passer 2 heures assis devant une tasse de thé dans un coin de la cuisine sans bouger, sans parler, les yeux baissés. Ses parents faisaient comme s'il était transparent. On ne lui parlait pas. On l'évitait même. Je n'ai jamais pu parler aux parents qui ne souhaitaient pas aborder les problèmes de leur fils.

Hsin m'a expliqué qu'il ne supportait pas la pression qui pesait sur lui. Depuis son enfance il savait qu'il allait devoir prendre en charge ses parents ce qui lui mettait le pression. Et il souhaitait être à la hauteur. Alors ses études en informatique présentaient d'éventuels bons débouchés rémunérateurs. Mais plus il avançait dans ses études, plus il arrivait vers la fin, plus il sentait la pression peser, plus il avait peur d'échouer et de ne pas arriver à aider ses parents. Brutalement sortir de chez lui est devenu très difficile, il se sentait oppressé, il avait peur. Sous la pression de ses parents, il avait trouvé un travail qui lui était devenu difficile d'exercer au bout de moins d'un an. Son patron néanmoins satisfait de son travail l'avait gardé à mi temps mais envisageait un licenciement si son temps de travail devait diminuer. A l'idée de ne plus travailler, Hsin avait honte et se morfondait de savoir comment il allait aider ses parents. Son père qui avait diminué son activité avait du reprendre son activité à plein temps non seulement pour faire vivre son couple mais aussi désormais pour entretenir ce fils incapable de se prendre en charge. Hsin en avait encore plus honte et la pression en était encore plus forte. Il était aussi la honte de ses parents car il était dépendant d'eux. Ainsi pour régler les consultations il devait aller supplier son père de lui donner l'argent. Mais malgré le travail en psychothérapie, impossible d'en sortir, ses parents n'étaient que des bons parents et la tradition était la plus forte même si elle menait à un comportement paradoxal qui faisait qu'elle ne pouvait être maintenue !

Au bout de quelques consultations il a mis fin aux séances car le fait de tenter de rompre la tradition pour aller mieux provoquait un conflit qui le mettait encore plus mal m'avait il dit. Mais surtout j'avais compris que son père ne souhaitait plus payer pour son fils qui ne rapportait rien coûtait trop cher.

Comme l'explique S. Tisseron, Hsin s'est mis en retrait, la pression de la tradition vécue comme pression sociale est trop lourde.  En contrepartie, il devient à la charge de ceux dont il devrait avoir la charge. Mais il est aussi évident qu'il existe des aspects de dépression profonde. Le discours, bien que limité, n'a jamais été délirant mais au contraire très concret et si la pensée était ralentie, je ne pense pas qu'il était schizophrène.

Lorsque je me ballade je le croise parfois dans la rue. Il rase les murs, cela semble avoir empiré puisqu'il semble terrorisé et évite de croiser quelqu'un. Il ne me reconnait même pas. 





vendredi 16 août 2013

Le climat incestuel (suite)

Comme vous êtes nombreux à avoir lu le premier article sur ce sujet, je voulais revenir sur quelques exemples.

En effet, je vous ai présenté un type de climat incestuel et je ne voudrai pas que certain(e)s croient que le climat incestuel ce n'est que ce type de situation. Ce qui reviendrait à nier la souffrance d'autres victimes ou à donner raison à d'autres agresseurs, dans les deux cas c'est inadmissible.

Je veux surtout que vous compreniez que le climat incestuel consiste à placer l'enfant dans une situation de sexualité fantasmée par le parent incestueux mais aussi par l'enfant. Vous l'avez bien compris, certains parents ne se rendent même pas compte qu'ils créent se type de climat, même si quelque part cela répond à un besoin de le mettre en place. Rationnellement, ils pensent que le climat est normal.

Lorsque j'écris aussi fantasmé par l'enfant, c'est justement parce que parfois le(s) parents(s) pensent que cela n'aura aucun impact sur leur enfant. Or l'enfant, dans cette situation, perçoit une situation sexualisée. Quant-est-il vraiment ? Peu importe. Car ce qui importe c'est le regard de l'enfant, puisque cela le gène et gène sa construction psychique.

Maintenant il existe des situations plus explicites où le parent incestuel sait ce qu'il fait. Mais attention, jamais il ne touchera à son enfant.  D'ailleurs si on lui demande, il est outré qu'on puisse seulement y penser. 

Ainsi dans les familles incestuelles (et de manière très évidente dans les familles incestueuses), l'enfant concerné prend la place du parent qui n'est pas incestuel. Ainsi il devient le compagnon ou la compagne de parent abusif. Le parent non abusif est relégué à un rôle infantile ou infantilisé. L'enfant devient adulé et tout puissant. Ce dont il profite bien parfois ne soyons pas dupe.

Prenons ainsi l'exemple d'une jeune fille. Je vais changer des trucs parce que ce serait vraiment trop reconnaissable... Son père est un footballer reconnu. Pour tout le monde c'est un type super, un héros, un mec en qui on a confiance avec une vie sociale bien développée.

Chez lui, c'est un obsédé sexuel. Sa compagne ne pouvant le satisfaire, il a opté depuis longtemps pour les revues porno hard et les films hard à tout heure du jour et de la nuit. Il laisse trainer ses revues à la vue de tout le monde y compris de sa fille. La télé reste allumée jour et nuit sur les films porno. Sa fille n'a pas le droit de regarder. Mais quand papa n'est pas là, elle est comme tous les gosses, elle allume la télé. Et elle tombe sur la chaîne porno. Qu'elle regarde. Après tout lorsqu'on a 6 ans, c'est plutôt marrant. En fait non ce n'est pas marrant ces nanas qui sont violées mais consentante, qui disent non mais finissent par gémir de plaisir, ses gros plans sur des nichons, des organes génitaux, des pénétrations... Elle y apprend que ça ne sert à rien de dire non et que les nanas s'est faire pour subir. Et puis sous le canapé, il y a les revues qu'elle trouve ouvertes et qu'elle peut feuilleter... Ah tous ses gros plans super hard, c'est cool.

Le week end, elle aime partir avec son père au foot. Après le match, tout le monde à la douche. Bien sur, on ne la savonne pas je vous rassure. Les mecs se foutent juste à poil devant elle, le père y compris, ils font des blagues salaces, elle rentre dans leur douche (même s'il n'y a pas d'attouchement)... Quelques coéquipiers s'étonnent, mais non répond le père, elle s'en fout, ça la fait marrer et puis c'est pas important. Après tout ça, on va au bistrot, on traîne la petite, on raconte des blagues, les dernières nanas qu'on s'est tiré en détail. On oublie la gamine là qui n'arrive pas à hauteur du comptoir.

A la maison, maman est au courant. Mais elle n'ose rien dire. Et puis sa fille ça n'a pas l'air de trop la géner. Et puis la maman, pendant que son mari fait ça, elle au moins elle est tranquille parce que d'après ce qu'en sait la petite fille, papa il demande des choses que maman n'aime pas. 

A la maison la petite qui grandit prend le pouvoir. Elle domine sa mère, commande à la maison. Se comporte comme une vraie petite femme. Elle devient exigeante, si elle n'a pas ce qu'elle veut, elle dira à tout le monde comment il est papa à la maison.

Ca va durer des années.
Et je ne vous dit pas dans quel état j'ai récupéré cette patiente, mais elle se sentait salie, avilie à l'intérieur comme à l'extérieur. Enfant elle s'était vu à la place de ses femmes et elle avait l'impression que c'était elle qui s'était fait pénétrer, même par son père. Elle imaginait des scènes de sexe entre son père et sa mère... Son enfance a été hyper sexualisée, le père l'a placé sur un plan de femme adulte et de compagne. Il ne s'est jamais rien passé physiquement avec personne, mais le climat n'était plus incestuel il était incestueux. 


Un autre exemple.
Jean est né dans une famille où sa mère était dépressive. La dépression l'avait rendu triste, mais en même temps elle utilisait cette dépression pour faire tourner le monde autour d'elle. Il ne fallait rien lui demander, ne jamais la contrarier... sinon tout était bon pour exercer un vrai chantage affectif et menacer au suicide. Alors tout le monde faisait gaffe, on marchait sur des oeufs, on cédait à tous ses caprices.

Le père de Jean a alors baissé les bras. Il rentrait de plus en plus tard de son travail, avait beaucoup de déplacements et son temps libre était réservé à son engagement associatif (et à sa maîtresse). Jean s'est retrouvé seul avec sa mère. 

Il est devenu son confident.
Elle lui racontait ses malheurs, ses souffrances. Elle lui racontait aussi combien son mari était nul au lit avec force détails, comment elle ne prenait pas de plaisir. Elle espérait que lui ne serait pas comme cela. Petit Jean faisait la sieste dans les bras de sa mère, puis l'éloignement du père se mettant en place, Jean fini par dormir souvent la nuit dans le lit parental. Sa mère se blottissait contre lui. Sa mère si chaude, si douce, sa bonne odeur. Mais si angoissante aussi.

Lorsque le père revenait le week end, il ne comprenait pas pourquoi Jean n'obéissait plus et pourquoi sa femme était si déplaisante. Mais il a fini par comprendre qu'il n'avait plus sa place. Jean avait pris la place du mari auprès de sa mère. Il était le fils, le confident, le compagnon. Jean pouvait tout obtenir de sa mère. Puis Jean a grandit, il a commencé à sortir le soir. Sa mère faisait des crises de jalousie. Elle lui demandait comment il pouvait la laisser seule. Comment il pouvait préférer ses amis à sa mère. Elle se mettait en concurrence avec les amiEs qu'il pouvait fréquenter.
Mais Jean a quand même perdu sa virginité... a plus de 30 ans et il est parti de chez maman à 35 ans...


Voila, il existe bien sûr d'autres situations incestuelles, l'imagination humaine est sans fin.

Vous remarquerez que dans toutes ses situations, il y a un parent qui devient absent même uniquement psychologiquement. Si cette "absence" ne déclenche pas le climat elle l'installe et lui permet de perdurer.

La difficulté du climat incestuel c'est qu'il peut difficilement être prouvé et que les sanctions sont rares. Dans le cas de la jeune fille ci-dessus, un signalement à l'ASE aurait permis une AEMO ou sans doute un placement de l'enfant et une condamnation du père... Mais ça reste rare car les preuves sont minces et reposent sur un sentiment, une sensation, une émotion...


Peau d'âne, ou l'histoire d'une jeune fille qui fait tout pour échapper à son père qui veut se la taper...


mercredi 14 août 2013

Cahier de vacances psy 6 - En famille recomposée, on n'arrête pas de se disputer

Charlotte et son concubin se disputent à répétition, c'est-à-dire en moyenne une fois par semaine. Tout est sujet de disputes: les enfants, les finances, la sexualité, le manque de loisirs...

Cela fait 8 mois que Charlotte et Jacques sont ensemble. Ils ont les 2 adolescents de Charlotte presque à plein temps et la fille adolescente de Jacques en garde alternée. Avant de vivre ensemble, ils se sont fréquentés durant 16 mois, incluant des vacances familiales ensemble. Ils sont  séparés des parents de leurs enfants depuis environ 10 ans. Chacun a eu des flirts avant de se rencontrer, mais jamais aussi sérieux.

Avant hier, la dispute a dépassé les bornes en violence verbales et physique. Les enfants de Charlotte sont aux yeux de Jacques des "animaux". Et il lui reproche de favoriser ses enfants.


De son coté, Charlotte ne trouve pas sa place de belle-mère, car dès qu'elle a voulu gronder l'ado de Jacques au début de la vie commune, il s'est mis à prendre sa défense. Elle n'ose plus rien dire à sa fille, même lorsqu'elle met la télé tard dans sa chambre adjacente à la leur. D'après Charlotte, elle a un comportement extraverti, de "lolita" et de "petite femme d'affaire" déplaisant. Son père lui laisse trop de libertés. Charlotte aimerait pourtant des relations belle-mère/belle fille sereines, car ce n'est qu'une enfant de 12 ans et elle se sent le devoir de lui apporter une part d'éducation. Jacques accuse Charlotte d'être jalouse de sa fille... et la compare à son fils qui lui aussi est plutôt extraverti, mais passe aussi beaucoup de temps à jouer à des jeux vidéo. Sauf que Charlotte a laissé à Jacques le droit de le gronder s'il a un comportement à recadrer. La fille de Charlotte, elle, est très discrète et reste souvent seule dans sa chambre avec son ordinateur... Charlotte culpabilise de ne plus pouvoir s'occuper d'eux autant qu'avant leur vie de couple. Ils sont trop livrés à eux mêmes. D'autant plus que le déménagement leur a fait perdre leurs camarades d'avant (ils ont changé de ville et d'école). 


Jacques a laissé sa fille dans son ancienne école, et fait des allers-retours en voiture pour l'emmener et la ramener. Ils étaient d'accord pour tous les "traiter" à la même enseigne, sauf que ce n'est pas du tout le cas. D'ailleurs, à la rentrée prochaine, il a décidé avec son ex de mettre leur fille en école privée, qu'il paiera. Charlotte n'a pas été consultée et on l'a mis devant le fait accompli. Est- ce juste par rapport à ses enfants? Au budget? Charlotte ne pense pas être jalouse pas. Elle pense que c'est injuste de privilégier un enfant et pas les 2 autres, d'autant plus que lors de leur dernière dispute, il a mis en avant le fait que les enfants de Charlotte allaient dans un collège "pourri" au milieu d'une zone de cités malsaines...Ce qui l'a mise vraiment en colère.

Autre sujet de dispute : le chat... acquis il y a 3 ans pour sa fille. Avant la mise en ménage,  Charlotte a émis souhait de ne pas avoir d'animaux car source de travail en plus et de discorde entre les enfants. Il l'a convaincu que non. Or, sa fille ne veut pas qu'on y touche (et surtout pas les enfants autres enfants), elle court après dans l'appartement... Ce qui énerve Charlotte puisque je n'ai pas le droit de lui faire de remarques... Quand Charlotte en parle à Jacques, il préfère qu'ils se séparent plutôt que se séparer du chat...

Sexuellement, il a des troubles de l'érection depuis que le début. Charlotte a essayé de le soutenir, mais il inverse la tendance en l'accusant de ne pas plus être sexy...
Elle a  l'impression qu'il est toujours dans la plainte. Même lorsqu'elle pense que tout va mieux, il revient sur le passé. Il y a toujours quelque chose...
Question finances, elle travaille et gagne autant, voir davantage que lui. Sauf qu'elle me retrouve à faire plus de courses et moins d'épargne que lui... Pourtant, il était convenu qu'ils paierait tous les frais communs à part égales...
Pour les taches ménagères, pas trop de soucis, elle aime les faire. mais cuisiner, j'aime pas trop, et il se plaint de cuisiner trop souvent pour lui et les enfants de Charlotte qui rentre tard le soir.
 
Ils essaient de faire des concessions, mais malgré tout ils se disputent sans arrêt. Frustrations, jalousies, craintes, peurs, culpabilités... plein de sentiments désagréables. Pourtant, elle l'aime tant et lui dit l'aimer.
Elle pense qu'ils communiquent, mais tous ces sentiments désagréables prennent le dessus et la communication devient vaine.
 
Qu'en pensez vous ? (réponse samedi)



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Ce qui vous parait évident en l'est pas pour Charlotte parce qu'elle ne porte plus un regard distanciée sur sa situation. Elle est dedans, sous emprise psy, passant son temps à se poser des questions mais surtout pas les bonnes.

Si nous faisons le point 
Charlotte et son compagnon se disputent chaque semaine
Tout sujet est bon pour se disputer
Son compagnon la dévalorise, l'insulte et la frappe
Il insulte les enfants de Charlotte
Il ne lui laisse pas sa place de belle-mère
Elle n'a pas le droit d'avoir de l'autorité sur les enfants de Jacques
Les enfants de Jacques font la Loi à la maison
Les enfants de Charlotte ne vont pas bien.
Charlotte a accepté de déménager et de séparer ses enfants de leurs amis ce que n'a pas fait Jacques 
Le chat, même si on peut admettre qu'il n'a qu'une maître, n'est pas partagé
Le chat est plus important que Charlotte
Jacques a pensé à se séparer de Charlotte
Ils en sont à tenir leurs comptes de dépenses en détail pour savoir qui dépense plus/ moins que l'autre
Elle se tape toutes le corvées ménagères et son compagnon n'accepte pas de les partager
Jacques n'apprécie pas de faire des choses pour les enfants de Charlotte

Listé comme ça, ça devient tout de suite criant non ?

Charlotte est empêtré dans sa relation car elle aime Jacques et est aveuglée.
Elle pense que ça peut changer, qu'une bonne psychothérapie familiale règlera les problèmes.
Mais le problème principal est que Jacques tente de dominer sa compagne et plus elle ne dit rien plus il abuse. 
De toute évidence on est dans la mise en place classique de situation de violences conjugales.
Charlotte pense qu'elle est coupable et qu'elle s'y prend mal, bref elle n'est pas une bonne compagne, ni une bonne mère, ni une bonne belle mère. L'emprise psychologique est totale, le dénigrement a déjà fait du dégât et le chantage affectif est en place. Jacques ne se remet jamais en question.

Une psychothérapie familiale ne donnera rien car, dans ce type de situation, il y a de forts risques pour que Jacques mette fin aux séances très rapidement. Il se sent victime et victimise ses enfants. C'est elle la "méchante".

Charlotte aurait surtout besoin d'une psychothérapie individuelle dans laquelle elle devrait tenter de comprendre pourquoi elle a eu besoin de se trouver un compagnon aussi agressif. Une faible estime d'elle même est sans doute en cause et elle rejoue certainement un schéma familial.




dimanche 11 août 2013

le climat incestuel

Coucou me revoilou.

L'inceste on sait, si je puis dire, où ça fini. Dans la pénétration par un proche familial sur son descendant (ascendant mais aussi frère/soeur/cousin...). 

Mais comme tout abus sexuel, on ne sait pas vraiment où ça commence. Question de perception individuelle...

On sait par contre que certains actes ou certaines situations vont générer chez l'enfant les mêmes impacts qu'un abus sexuel par un proche. Pourtant il n'y a pas de relations sexuelles ni même d'attouchements. Ces situations sont ce qu'on appelle un "climat incestuel" dans le jargon ou "ambiance incestueuse", expression mieux comprise par les patients.

Ainsi je me souviens avoir eu en consultation un très jeune garçon dont la famille sous contrôle de l'ASE (Aide Sociale à l'Enfance) s'était vu imposer que l'enfant soit suivi pour suspicion d'inceste par le père. Les parents, outrés, n'ayant pas souhaité que leur enfant soit suivi par ce qu'ils appelaient "un psy à la solde de l'ASE" avaient atterri chez moi. Dans une suspicion d'inceste, il est important d'aller faire un tour là où les gens vivent pour comprendre comment cela peut se mettre en place (facilité d'accès à la chambre, quelqu'un d'autre entend-il les allers et venues....). Je me suis retrouvée chez des gens charmants, un peu bizarres mais charmants. Tellement charmants que pour eux qui avaient déjà deux grands enfants partis de la maison tout allait bien. Après quelques questions adroitement posées aux parents comme à l'enfant sur plusieurs consultations, je me suis aperçue que :

- Personne ne fermaient jamais la porte des toilettes
- l'enfant avait le droit d'être dans les toilettes avec ses parents
- l'enfant dormait avec ses parents
- la mère gênée par le manque de place partait dormir dans le lit de l'enfant, laissant la père et le fils ensemble
- l'enfant entendait ses parents pendant leurs ébats
- l'enfant, 6 ans, était encore lavé par ses parents et il prenait sa douche avec ses parents nus...
- lorsque la famille venait l'enfant dormait avec sa grande soeur et on mettait dans son lit le grand-père ou un cousin...
- l'enfant, seul garçon, était gâté par le père qui lui achetait des cadeaux qui s'entassaient dans la chambre au point que l'espace s'en trouvait réduit de moitié.

Un florilège total...

A l'école l'enfant dessinait des pénis symboliques un peu partout...

Au bout d'un certain nombre de consultations, j'ai bien compris que l'enfant n'était jamais abusé physiquement. 
Et que les parents pensaient que ce qu'ils faisaient étaient tout à fait "normal" puisqu'ils avaient fait pareil avec les enfants précédents (qui avaient présentés de sacrés troubles des comportements).

Alors on ne rencontre pas la totalité de ces situations à chaque fois, chacune de ses situations suffit à mettre en place le climat incestuel (selon nos critères sociétaux).

Nous sommes ici dans une situation où il n'existe aucune intimité, l'enfant étant confronté aux organes génitaux adultes trop tôt et sans explication.
Pas de pudeur, où il devient normal de s'exhiber et d'exhiber ses organes génitaux à la vue de tous.
Les parents considèrent leurs enfants comme des adultes. 
Il n'y a aucune limite corporelle, ce qui est toi est moi et ce qui est moi est toi. 
Il n'y a aucun lieu de repli puisque la chambre et le lit de l'enfant peut être transmis à n'importe qui. 
L'enfant se place en séparateur des parents et reste dans une relation homosexuelle avec le père.
La séparation entre les enfants ne se fait pas à un âge où la tentation des guili guili mutuels est forte (et c'est ce qui arrivait !)

En fait il existe une volonté non dite que l'enfant reste dans le giron parental. L'un des deux parents présente à la fois une grande angoisse et cherche -sous couvert de maintenir un lien avec l'enfant- à se le garder sous emprise pour se sécuriser (le monde est angoissant et j'ai besoin d'un doudou) et une incompétence parentale qui mène à la facilité (je n'assume pas mon rôle de parent donc je fais tout pour ne pas avoir à gérer les crises de l'enfant). De l'extérieur on a des parents "parfaits", gentils, très préoccupés par le bien être de leur enfant qui est très accrochés à un des parents (par transmission que le monde extérieur est "angoissant" sans que l'enfant sache pourquoi).
 
Ici, l'enfant était très marqué et troublé par la vue des organes génitaux adultes de son père qui lui faisaient peur (vécus comme agressifs) et qui remettaient en question sa propre vision corporelle. Cela occupait une bonne partie de sa sphère psychique et il n'arrivait plus à se concentrer. Il avait des préoccupations sexuelles précoces qui pouvaient en effet faire penser à de l'inceste. Les relations aux autres étaient difficiles et glissait sur un mode agressif. L'endormissement était difficile, le sommeil peuplés de cauchemars. Il avait toujours l'air triste et préoccupé.

N'étant pas en capacité d'expliquer et d'exprimer réellement ce qui clochait dans la famille, il s'est avéré qu'il attendait que soient mis en place les interdits familiaux. Or c'est le rôle des parents de les édicter et de les mettre en place. Il a fallut plusieurs consultations familiale pour expliquer aux parents ce qu'attendait l'enfant. Les portes de toilettes se sont fermées, l'enfant s'est lavé seul ou avec aide mais à sa demande. La famille visitante a fini par dormir sur un matelas par terre ou dans le salon. Il n'a plus dormi avec sa soeur. Et ses parents ont changé le lit de place afin que leurs ébats restent dans leur intimité. 

L'enfant a cessé de dessiner des phallus et s'est mis aux papillons colorés.
Son niveau d'apprentissage scolaire s'est nettement amélioré.

Le climat incestuel non réglé fait les mêmes dégâts que l'inceste consommé. Et l'impact se poursuit à l'âge adulte avec les mêmes conséquences.
Il n'est pas évident de faire prendre conscience à la famille qu'il existe des connotations sexuelles dans leurs comportements.. surtout que certains parents sont persuadés de bien faire dans le but de sécuriser l'enfant  (alors qu'ils font l'inverse).
Les interdits doivent être édictés et dit (et répétés). Tout ce qui n'est pas dit est considéré par l'enfant comme étant valable ou "normal". Encore faut il que les parents les respectent !

Tss tss, Leia, celui là c'est ton frère !



dimanche 4 août 2013

Savez vous lire les panneaux de circulation ?


Ce qu'il y a de bien lorsque vous passez votre permis, c'est qu'on vous apprend à lire les panneaux de signalisation. Ces panneaux, au demeurant fort utiles pour informer l'automobiliste, ont parfois tendance à fleurir à l'entrée de certaines villes. Certains vous dirons qu'il faut bien indiquer ce qu'il faut faire pour protéger le conducteur. D'autres, de mauvaises langues certainement, vous dirons que la commune a passé un contrat "personnel" avec l'entreprise qui fourni les panneaux... Bref, des fois croyez moi il faut lire vite...

En voici un exemple accompli. Les connaisseurs sauront-ils reconnaître vers où la psy se dirigeait ?

Amusez-vous à compter les panneaux !




vendredi 2 août 2013

Terra Nova...

Comme il y a longtemps qu'une nouvelle série n'était apparue sur nos écrans, j'ai cru bon de me pencher sur "Terra Nova", sur je ne sais plus quelle chaîner.

Terra Nova est une série produite par Spielberg. 
Ce qui déjà n'est pas bon signe.
J'aime beaucoup les films de Spielberg, mais en ce qui concerne le choix des séries qu'il produit il n'est pas doué. De prime abord, cela ne préjugeait rien de très valable.

Et bien...
Tu le sauras à la fin.

Tout en faisant autre chose, je me suis coltiné les deux premiers épisodes de la série.

En gros on nous explique que désormais les humains ont pourris le climat de la terre. Il y a 50 ans, on nous aurait dit qu'il y avait eu une explosion nucléaire, il y a 40 ans qu'il y avait un cataclysme, il y a 30 ans qu'on avait été attaqués par des extra-terrestres (des méchants forcément), il y a 20 ans qu'on s'était pris un astéroïde sur la tronche, il y a 10 ans qu'on avait tout pollué et aujourd'hui qu'on a bousillé le climat terrestre.Il s'agit donc de faire culpabiliser l'humain et tout particulièrement le téléspectateur. "Regarde donc Ô idolâtre ce que tu as fait au climat et voit le monde que tu vas offrir à tes enfants !". Il fait gris, sombre, pas de soleil, un décor à la "Blade Runner" sans la pluie.

Ensuite, on nous présente une famille qu'on tente de nous définir charmante. 1 papa flic, 1 maman docteur en biologie immunologique et leurs 3 bambins. Le grand, la moyenne et la petite. Sauf que... dans ce monde pollué où il n'y a plus assez d'air pour respirer les couples n'ont droit qu'à 2 enfants. Et bien sur la charmante famille se fait choper. Le père part en tôle direct. Après tout dans son pays, à son époque (en 2200 et des poussières) c'est un criminel.

Sauf, que depuis quelques années certains humains triés sur le volet ont le droit de partir ailleurs pour reconstruire une nouvelle civilisation ("Terra Nova" voulant dire "nouvelle terre"). (Vous en déduirez donc logiquement que "Mamie Nova" veut dire "Nouvelle grand mère", quelle culture sur ce blog). Et comme par hasard sont choisis la charmante maman et ses deux grands enfants. La petite 3ème étant interdite de voyage car les familles ne sont composés que de 4 personnes (et du coup le père étant en prison, on se demande pourquoi la 3ème gamine ne pourrait pas venir puisque ça ferait 4 personnes...). 

Le père s'évade (on ne sait pas vraiment comment vu que c'est une prison super haute sécurité) et rejoint sa famille sur le pont de départ. Pont de départ pour les cinéphiles qui ressemblent fort à celui utiliser par les envahisseurs dans "Invasion Los Angeles" de John Carpenter et une porte dématérialisée, copie de celle utilisée dans "Stargate, la porte des étoiles". Et pour ceux qui s'inquiètent, la dernière gamine est planquée dans le sac à dos.

Bon pas de suspens, tout le monde passe la porte pour se retrouver dans le passé de la terre. A l'époque des dinosaures. Afin qu'on ne s'enlise pas dans une incohérence temporelle (si les humains ont vécu au temps des dinosaures, comment peuvent ils apparaître 60 millions plus tard ? Et si les humains ont commencé à polluer au Trias, la terre serait invivable bien plus tôt qu'au 23ème siècle et nous n'aurions pas eu la technologie pour revenir en arrière...), on apprend que les humains sont bien revenus en arrière mais dans un autre espace temps, un univers parallèle de la Terre. Air, arbre, fleurs, fruits, le monde est beau.

Donc Spielberg nous ressort un remake de Jurassic Park, avec les gentils dinosaures (les mêmes diplodocus) avec la gamine qui les nourrit à la main.

Sauf que moi, un monde dans lesquels les citoyens sont dirigés par des soldats armés jusqu'au dents auxquels il faut obéir, vous je sais pas, mais moi j'appelle ça une dictature.

Le chef des soldats tout en noir et pête sec ne vous rappelle pas quelqu'un ? Mais si, bien sur. La silhouette de Lee Van Cleef dans "New York 1997" toujours de ce sacré John Carpenter. Spielberg connaît ses classiques.

Alors bien sur le vilain criminel devient le héros (parce que du coup -presque- tout le monde a déjà oublié que c'était un criminel qui s'est pris 7 ans de prison et pour ceux qui, comme moi, n'auraient pas oublié le chef des soldats s'empressent de rappeler qu'ici son crime on s'en fout).

Le héros redevient flic, sa famille a une belle maison. La mère a retrouvé un super travail, le grand fils pleure sa copine, la grande fille commence à draguer et la petite nourrit les dinosaures. Fin du premier épisode.

Ah si si, j'ai oublié y a des méchants. Oh la "les classes 6", les fameux rebelles qui refusent de rester dans la communauté et qui tentent de détruire le monde rêvé du soldat en chef. Des vilains entrés on ne sait comment dans ce monde. Des anti-civilisation, qui volent de la nourriture, qui roulent en bagnoles blindées brinquebalantes et tentent de survivre dans la jungle entourés de bestioles très hostiles... et qui nous rappellent les rebelles sous-terrains de "Demolition man" de Brambilla avec un zeste de "Mad max"...


Au début du second épisode, je ne m'étais pas endormi, mais je m'étais encore plus sérieusement plongée dans une autre activité. (non je ne vous dirai pas quoi). 

Alors je ne sais même plus comment ça débute. Mince, c'est commencé.

Bref, ils sont de retour. Le soldat en chef a pris sous son aile le gentil flic.
Le grand fils tombe sous le charme d'une demoiselle (dont on sait tout de suite que c'est elle qui informe les classes 6 - y a que le chef qui n'a pas compris). Ils partent dans la jungle. Se font attaquer par les classes 6 puis par des dinosaures sanguinaires.

Mais entre temps, dans le camps de concentration, euh pardon dans le nouveau village à la campagne où des bestioles ailées attaquent. 
Je me dis "nooon, ils ne vont pas nous faire le coup des "Oiseaux" d'Hitchcock ?". 
Et si.
Bon les oiseaux attaquent tout le monde.
Ils rentrent dans la maison par l'aération (ben oui y a plus de cheminée...).
Ils attaquent la femme et ses gosses (qui s'en sortent, pas d'inquiétude).
On ne sait pas pourquoi ils attaquent. 
Mais bon comme la technologie est ce qu'elle est on comprend qu'en fait le camp est construit sur leur lieu de ponte et hop que la charmante maman nous fabrique en quelques heures une phéromone pour les attirer plus loin.

Ouf, tout le monde est sauvé.

Fin du second épisode. Qui pose quand même une question vachement existentielle : et quand ces "oiseaux" seront des millions, on fera quoi ? 

J'en suis encore toute retournée.

Ah juste un constat amusant. Vous avez remarqué l'inversion des rôles entre hommes et femmes. Avant c'étaient les mecs qui avaient la force, la puissance, le savoir et qui prenaient des initiatives. Les nanas se contentaient de hurler et d'être protégées. Là, ce sont les nanas qui en fait détiennent le pouvoir. C'est elles qui décident, c'est elle qui prennent des initiatives, c'est elles qui sont les chefs et qui se battent, c'est elles qui détiennent le savoir, tout en rappelant aux mecs qu'ils ne sont pas capables) (car la femme ne protège pas les hommes, elle se protège elle et ses enfants, les autres démerdez vous vous êtes censés savoir vous défendre). Et les mecs pleurent, souffrent, hurlent, ne savent pas quoi faire. Les pauv'.

Bon vivement le prochain épisode.
Que ne je regarderai pas.










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