mercredi 21 août 2013

Hikikomori

On nomme "hikikomori" ces jeunes Japonais qui s'enferment dans leur chambre, chez leurs parents, et qui ne peuvent et ne veulent plus en sortir.

Ils peuvent rester enfermés chez eux et même simplement dans leur chambre pendant plusieurs années. Personne ne peut plus entrer, y compris les parents, qui se contentent de déposer un plateau repas devant la porte de la chambre fermée à clé. Certains acceptent de sortir quelques rares fois pour faire quelques courses.

Le mot "hikikomori" étymologiquement signifie un repli sur soi.
Cela concerne majoritairement des hommes entre 20 et 40 ans, mais commence peut commencer dès 10 ans mais se met en place la plupart des cas vers 17 ans. Si les filles ressortent rapidement de la problématique, les garçons peuvent rester enfermés pendant un temps très long.

On estime au Japon qu'environ 260 000 personnes sont concernées. 

On sait peu que sous-tend ce trouble du comportement car les hikikomori ne sortant pas, il est difficile d'évaluer de quoi relève leur besoin d'isolement. Dépression grave ? Schizophrénie ?
Il semble que l'on retrouve ces deux maladies mentales.

Contrairement aux idées reçues, beaucoup ne sont pas des dingues de l'internet mais passent leur journée avachis devant la télé. Le recours aux jeux vidéo permet par contre de conforter l'isolement social. 

Alors pourquoi cet isolement justement ?
Au premier abord il existerait un besoin de devenir le centre du système familial. En effet, toute la famille se réorganise autour du hikikomori et à travers sa dépendance à ses parents il peut en obtenir tout ce qu'il veut. Si il existe une tolérance à l'égard des familles dont un enfant est un hikikomori (on plaint cette famille), il s'agit pour cette famille de faire au mieux afin de rester "parfaite" aux regard des autres (avoir un enfant hikikomori est une honte familiale qui marque l'échec et le déshonneur). C'est sur ce principes que les parents ne poussent pas l'enfant à consulter dès que les premiers signes apparaissent car il vaut mieux avoir un enfant considéré comme asocial qu'un enfant avec une maladie mentale diagnostiquée.

La nouvelle organisation familiale Japonaise semble permette l'éclosion des hikikomoris. En effet, maintenant les deux parents travaillent, il y a moins d'enfant et il y a moins d'échanges avec le voisinage. L'enfant se retrouve rapidement livré à lui même et ne peut développer un attachement sécure aux parents ni une confiance dans les adultes. A l'école, cela se passe mal. Le harcèlement et les persécutions sont choses communes. La pression de la réussite y est infernale. La réussite du concours d'entrée à l'université conditionne encore l'entrée dans la vie sociale. La peur de l'échec pousse ces personnes à s'isoler. Auto-exclus du système scolaire et donc d'une vie sociale quasi garantie, il n'y a peu de portes de sortie. Les parents vont alors encourager l'enfant devenu adulte à rester dans le foyer familial. Le hikikomori n'est pas à même de subvenir à ses besoins ni à ceux de ses parents vieillissants. La honte vient donc parfaire le tableau.

Une étude américaine de données collectées auprès de hikikomori japonais montrent qu'une timidité + un comportement de rejet par la mère prédit un attachement insécure. A l'adolescence, si vient s'y coupler du harcèlement, le risque de développer un hikikomori est fort.

Serge Tisseron, psychiatre français, propose lui une autre théorie. Pour lui, le hikikomori serait un refus de répondre aux attentes fortes des proches. Si la pression scolaire est forte, celle des parents qui s'endettent pour que leur enfant suive une scolarité, l'est encore plus. Du collège à l'université, la pression des pairs est aussi très forte car il faut répondre aux attentes du groupe et s'identifier à ceux qui réussissent. L'adolescent se retirerait alors du monde. Il cesserait de répondre aux attentes des autres et ce sont les autres qui seraient alors obligés de s'en occuper, lui le reclus qui ne fait plus rien.

On commence à trouver des hikikomori dans tous les pays du monde. Quelques cas ont été décrits en France.

Personnellement, j'ai eu un cas d'hikikomori en consultation.
En fait il n'est pas venu pour aller mieux, il voulait juste avoir assez de consultations pour avoir une attestation de suivi afin d'obtenir un aménagement de ses horaires de travail.
Car oui, appelons le Hsin, il travaillait de moins en moins au bureau, de plus en plus chez lui. Il en était déjà à ne plus travailler qu'à mi-temps et il n'arrivait plus à être efficace. il voulait travailler chez lui où, disait il, son employeur serait gagnant car il pouvait travailler toute la journée et toute la nuit sans quasi dormir.

Ses parents étaient des Chinois installés depuis sa naissance en France. Son père âgé, aidé par son épouse, était en profession libérale. Ils avaient un fils unique (mon patient) qui avait commencé des études d'informatique qu'il n'avait jamais pu finir. Les troubles avaient commencé lorsque son père avait envisagé de cesser son activité. Traditionnellement, le fils devait prendre le relais soit en reprenant l'activité du père soit en choisissant une autre activité mais toujours en garantissant aux parents un revenu afin qu'ils puissent garder leur train de vie. 

Hsin avait tout d'un geek.... 24 ans, très mince, toujours habillé en noir comme un hard rocker, les cheveux foncés très longs. Son teint d'une grande pâleur montrait le peu de temps qu'il passait en extérieur. Les yeux toujours écarquillés, les bras ballants et l'air continuellement apeuré, il avait un discours non fluant avec un vocabulaire limité. Passionné d'informatique, le jour il créait des programmes et la nuit il passait son temps à jouer à des jeux vidéos ou à finir son travail. Il dormait peu.

Je l'ai toujours rencontré chez lui. Une fois rentré le soir, il n'arrivait plus à sortir. Il pouvait passer 2 heures assis devant une tasse de thé dans un coin de la cuisine sans bouger, sans parler, les yeux baissés. Ses parents faisaient comme s'il était transparent. On ne lui parlait pas. On l'évitait même. Je n'ai jamais pu parler aux parents qui ne souhaitaient pas aborder les problèmes de leur fils.

Hsin m'a expliqué qu'il ne supportait pas la pression qui pesait sur lui. Depuis son enfance il savait qu'il allait devoir prendre en charge ses parents ce qui lui mettait le pression. Et il souhaitait être à la hauteur. Alors ses études en informatique présentaient d'éventuels bons débouchés rémunérateurs. Mais plus il avançait dans ses études, plus il arrivait vers la fin, plus il sentait la pression peser, plus il avait peur d'échouer et de ne pas arriver à aider ses parents. Brutalement sortir de chez lui est devenu très difficile, il se sentait oppressé, il avait peur. Sous la pression de ses parents, il avait trouvé un travail qui lui était devenu difficile d'exercer au bout de moins d'un an. Son patron néanmoins satisfait de son travail l'avait gardé à mi temps mais envisageait un licenciement si son temps de travail devait diminuer. A l'idée de ne plus travailler, Hsin avait honte et se morfondait de savoir comment il allait aider ses parents. Son père qui avait diminué son activité avait du reprendre son activité à plein temps non seulement pour faire vivre son couple mais aussi désormais pour entretenir ce fils incapable de se prendre en charge. Hsin en avait encore plus honte et la pression en était encore plus forte. Il était aussi la honte de ses parents car il était dépendant d'eux. Ainsi pour régler les consultations il devait aller supplier son père de lui donner l'argent. Mais malgré le travail en psychothérapie, impossible d'en sortir, ses parents n'étaient que des bons parents et la tradition était la plus forte même si elle menait à un comportement paradoxal qui faisait qu'elle ne pouvait être maintenue !

Au bout de quelques consultations il a mis fin aux séances car le fait de tenter de rompre la tradition pour aller mieux provoquait un conflit qui le mettait encore plus mal m'avait il dit. Mais surtout j'avais compris que son père ne souhaitait plus payer pour son fils qui ne rapportait rien coûtait trop cher.

Comme l'explique S. Tisseron, Hsin s'est mis en retrait, la pression de la tradition vécue comme pression sociale est trop lourde.  En contrepartie, il devient à la charge de ceux dont il devrait avoir la charge. Mais il est aussi évident qu'il existe des aspects de dépression profonde. Le discours, bien que limité, n'a jamais été délirant mais au contraire très concret et si la pensée était ralentie, je ne pense pas qu'il était schizophrène.

Lorsque je me ballade je le croise parfois dans la rue. Il rase les murs, cela semble avoir empiré puisqu'il semble terrorisé et évite de croiser quelqu'un. Il ne me reconnait même pas. 





27 commentaires:

  1. Ce comportement me fait penser à un genre de phobie sociale...Peut-on le définir comme tel ?

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  2. Sympa le nouveau lay out! C'est très doux comme thème
    Mais LOL pour les réactions possibles, une petite suggestion si l'envie te prend de changer encore:

    1) genial 2)genial 3)genial

    :)

    A part ça, c'est interpelifiant/bouleversifiant/incontournabilifant cet article, je n'avais pas connaissance de ce phénomène!

    2512

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  3. Patach : si on est sur le versant de la honte, oui c'est une phobie sociale, car la mort sociale attend celui qui ne peut se plier aux règles de la Société. Sur l'autre versant, celui de la personne qui profite du système, c'est non. La phobie sociale devient l'alibi et non la conséquence. En fait, il s'agit d'un retournement de situation. C'est pour cela que je pense que les deux visions (celle de l'étude et celle de Tisseron) sont valables, les deux cas existent.

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  4. Emma : oui, mais certaines Sociétés basées sur la réussite conjointement à une pression familiale/traditionnelle, ne peuvent que mener vers ce type de comportements.

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  5. 2512 : merci pour les compliments.

    je fais un essai car les modèles "dynamiques" font que les lecteurs ne passent plus par le site, mais uniquement par Google, mais le nombre de personnes informées de l'existence du blog est plus grand. A l'inverse, en passant par ce type de modèle, les lecteurs sont obligés de passés par le site, mais les articles sont moins accessibles. Dilemme.

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  6. J'ai un peu de mal à concevoir qu'une phobie puisse devenir un alibi mais bon j'entrevois l'idée.

    Concernant ta nouvelle présentation je trouve que la lisibilité en général est moins facile maintenant . J'aimais bien avoir une vue "globale" des évolutions de discussions sur plusieurs articles à la fois ..Avec la présentation actuelle je suis moins prompte à aller me balader plus loin que le premier ou deuxième article ...C'est dommage car j'aimais beaucoup suivre les échanges pouvant parfois s'étaler sur plusieurs jours voire sur plusieurs semaines...Aussi les fonds d'écran qui changeaient très régulièrement m'intéréssaient bien que l'arrivée un peu rapide des articles m'empêchaient d'apprécier l'image, du coup j'ouvrais plusieurs fois de suite ton site juste pour pouvoir voir l'image... Lol ...Maintenant c'est cool je peux apprécier à loisir le fond d'écran :-) ... il est vraiment chouette celui-là !

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  7. L'idée est que certains troubles sont maintenus car ils procurent un gain.

    Je ne pense pas que cette nouvelle présentation va durer ! Je suis passée de 4000 visiteurs (8000 hors vacances scolaires) par jour à 500 aujourd'hui ! Même si je ne vise pas un lectorat, si je veux que le site continue a être référence je suis obligée de jouer le jeu...

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    1. Pourquoi changer un truc qui marchait bien ?
      Les flipcards étaient vraiment pratiques à tout niveau .
      ( Le deuxième et sixième modèle dynamique proposé par blogger sont les plus lisibles .. de mon point de vue...)

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    2. Parce que 1. j'en ai marre, j'aime le changement. 2. ce n'est pas si pratique que ça, ça plante souvent. 3. ca m'oblige à laisser la main à Google sur le processus de référencement.
      Ensuite si tu veux repasser en flipcard rien de plus simple. Tu cliques sur la barre juste sous le titre, sous Vergiberation. Y a écrit "mosaic" tu cliques et tu choisis "flipcard". Et hop miracle ça redevient comme avant.
      Mais je pense que je vais être obligée de revenir à ce modèle car en mosaic les commentaires sont tronqués.

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    3. Bah oui je sais....j'ai été obligée de faire cette manip' pour pouvoir écrire ...
      Mais de toute façon je vois que je ne vais plus en avoir besoin...Ouais !!!Les flipcards sont reviendues !!!! :-D

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    4. avec la version d'hier je pouvais pas lire les commentaires. comme ça c'est bien.

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  8. Tiens il faudrait que vous me disiez si pour la lecture sur vos mobiles vous préférez un affichage spécial mobile (tel qu'actuel) ou un affichage du site classique (tel que sur votre ordi), que j'opte pour ce qui vous parait le plus agréable à lire. Perso je préfère l'affichage "classique"...

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    1. Je n'arrive pas à aller sur ton blog depuis mon black berry
      Peut-être qu'un affichage classique serait mieux, et m'aurait permis de continuer à lire ton blog pendant les vacances :)

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  9. C'est vrai que ça ressemble plus a une "base de donnée" comme ça.
    Tout à l'heure ça faisait un peu blog.

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    1. ouaip, je préférais aussi. Mais Google qui est la Société qui détient Blogger et qui décide de comment sont référencés les sites sous Blogger fait que si on opte pour les modèles "classiques" le référencement est quasi nul (mais en contrepartie le référencement se fait sur le blog directement) alors qu'en modèle "dynamique" le référencement est optimum (mais le référencement se fait via Google) et les lecteurs voient plus d'articles et ils surfent sur le site. Je n'ai pas de modèle dynamique qui me satisfasse esthétiquement pour l'instant c'est tout le problème et ce type de modèle ne peut pas être modifié. Bon j'essaierai d'autres choses... Ne vous étonnez pas, ça va bouger souvent pendant quelques heures.

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  10. Salut Vergi, je t'avais perdue pour cause de pause bloguesque par manque de temps puis perte de lien par la faute de la disparition de google reader à laquelle je n'ai pas voulu croire. Mais qu'est-ce que je suis contente de t'avoir retrouvée. Tes articles sont toujours aussi interressant.

    Pour ce qui est de la forme: Je viens de constater avec surprise que le modèle dynamique s'affiche très mal avec Google Chrome: un comble! Point de fleurettes en fond de page, impossible de choisir son mode d'affichage avec le menu en haut à gauche et impossible de laisser des commentaires!
    Dans IE j'ai du rebasculer en affichage "Classic" pour voir au-delà des 3 premiers commentaires et pouvoir laisser le mien mais au moins on y arrive.

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    1. Chrome a beaucoup de problèmes depuis la dernière MAJ. J'ai été obligée de revenir à Firefox pour ouvrir certains sites, dommage car Chrome est bien plus rapide. Il y a donc des gens qui utilisent encore IE ?!? Ce truc tout pourri sans cesse attaqué par les virus, y a fort longtemps que je ne l'utilise plus et je ne cherche pas à configurer pour ce navigateur.
      Comme je l'ai écris plus haut, je vois qu'avec le modèle dynamique "mosaic" les commentaires apparaissent tronqués, je vais donc repasser en mode "flipcard" qui me gonfle sérieux.

      L'intérêt c'est qu'en n'arrêtant pas de faire des tests depuis quelques heures, Google fait des efforts pour me suivre. lol.

      Merci de revenir, ça me fait plaisir de te retrouver.

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  11. Bon finalement je viens ajouter un bémol: que ce soit sur Google Chrome ou IE je suis tombée sur un problème de taille: certains de tes articles sont interrompus par un "Plus d'infos >>" et lorsque je clique dessus il ne se passe rien, quelque soit le mode d'affichage je ne vois pas la suite de l'article alors que j'ai pu heureusement la lire dans mon nouvel agrégateur de flux.
    Ça n'a en plus visiblement pas de rapport avec un problème de longueur puisque par exemple le billet "Climat incestuel(suite)" est coupé au bout de 12 lignes après " Peu importe. Car ce qui importe c'est"; le cahier de vacances 6 est entier; le "Climat incestuel" fait 11 ligne est coupé après "(Aide Sociale à l'Enfance) s'était vu imposer que l'enfant soit" et l'article qui m'intéressait(les magasines féminins 2/2) est coupé après 27 ligne à:" Tout dépend de qui on parle en ce moment et de qui gagne le plus d'argent".
    Incompréhensible et sans doute très frustrant pour qui n'a pas d'agrégateur.

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  12. Oui je sais pourquoi je vais y remédier, j'ai complètement oublié ce truc... Merci de m'en faire part.
    C'est parce que j'ai demandé un flux partiel et intégré des séparateurs du coup qui ne sont pas reconnus par les sites dynamiques. (ces modèles créés par Google pour Blogger permettent à Google d'envoyer l'article en entier aux abonnés sans qu'ils leur soient nécessaire de passer par le site, Google récupère donc le flux de lecteurs généré pour lui).

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  13. bonjour! et sinon pour revenir au contenu de l'article... ;-) je ne suis pas fine psychologue loin de la mais l'image des hikikomori m'a fait pensé a une régression in-utero.
    alors ça peut paraître fou mais bon... je suis comme ça!
    je m'explique : je trouve intéressant que ce processus soit en place dans des société et des conditions ou l'enfant doive, a un moment donné, prendre la place du parent. alors on le sait tous, a un moment nos parents vont etre vieux, se faire pipi dessus et il faudra bien leur changer les couches. cependant, dans les société asiatique c'est bien plus que ça, c'est un devoir, une juste continuation, ce que donne les parents a leurs enfants n'est pas gratuit puisqu'ils attendent d'eux la même chose quand ceux-ci auront trouvé du travail et les enfants le ressentent comme tel aussi, plus leurs parents vont les aider, plus leur dette sera grande quand ils vont etre en mesure de leur rembourser.
    dans le cas présenté notamment, le jeune vient de débuter dans la vie professionnelle et commence a ressentir la réalité de ce poids.
    c'est de la que viens ma conclusion de retour in-utero. revenir a sa place d'enfant ultime, appartenir a maman jusque dans son corps, se laisser nourrir par maman (plateau devant la porte) a la limite du cordon omblical et le tout en restant dans la douce chaleur d'un environnement familier...
    "buller" dans le liquide amniotique en vacant a ses occupations dont personne ne connait le fruit mais pour qui, cependant, tout le monde porte de l'interet. car oui c'est une honte pour la famille, bien plus qu'une grossesse mais justement par ce statut de honte la famille proche y porte un interet exacerbé a la limite de celui porté lors d'une grossesse... les parents ayant honte de cet enfant attendent sa sortie telle une "délivrance"...
    voila, je vais peut etre trop loin, je ne sais pas mais c'est le ressentit que m'a donné cet article... qu'en pensez vous M'dame? j'ai l'imagination trop fertile?

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  14. Mais c'est fini de se dévaloriser comme ça ?!?
    Si c'est exactement ça et c'est d'ailleurs ce qu'on retrouve dans toute dépression, d'ailleurs lorsqu'on parle de "repli sur soi" on visualise facilement une position foetale. Il y a toujours cette confrontation entre la réalité et la vision idéalisée de la vie, l'écart étant considéré comme trop grand. Le replis sur soi permet de ne plus s'occuper de soi et oblige les autres à le faire pour soi. C'est pour cela que l'on considère que c'est immature.
    Que l'on soit dans la dépression ou dans la schizophrénie, le but est de se couper du monde.
    Dans les Sociétés asiatiques, la mère est au centre. Et le poids des traditions est énorme.
    C'est très bien imagé cette vision que tu as.






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  15. t as vu le film Suicide Room? (la chambre des suicidés, et titre original en polonais donc je pourrais pas te le répéter)

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    1. oui. Mais dans Suicide Room l'ado s'isole surtout parce que les autres jeunes se moquent de lui. Certes la pression sociale est sous-tendue, mais c'est d'abord parce que lui n'assume pas ce qu'il est.

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    2. et la fille? c'est un cas comme ceux que tu décris non? (enfin le même phénomène, trois ans sans sortir). le coup du plateau repas devant la chambre m'a fait penser à ton article que j'avais lu la veille.

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  16. On peut dire que les parents sont maltraitants ?

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    1. Difficile à dire. Vu de l'extérieur, la maltraitance commence dès que tu dis non et que tu frustres l'enfant à la limite alors qu'on sait que la frustration est nécessaire à son bien être. Dans ces populations en hyperdémographie (par rapport à la taille du territoire), où tout est très codé, où les codes de conduites sont ancestraux, sortir du lot, réussir dans la vie et sa vie demandent un effort immense. Les parents ne font qu'aller dans le sens où les pousse la Société avec l'espoir que leur enfant s'en sortira et le mieux possible (on fait pareil car nous rêvons tous de voir nos enfants médecins, avocats, président... personne ne rêve de voir son gamin ouvrier à la chaîne et du coup on pousse les gamins à travailler à l'école, à aller à la fac...). La grande différence c'est que pour l'instant nous acceptions encore que nos enfants nos réalisent pas NOS rêves et surtout nous n'avons plus dans l'idée que les enfants doivent servir à faire vivre leurs parents. Je pense donc que le concept de maltraitance peut être appliqué si on regarde la situation avec nos yeux d'occidentaux, mais pour un asiatique je ne pense pas que cela en soit.

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