dimanche 11 août 2013

le climat incestuel

Coucou me revoilou.

L'inceste on sait, si je puis dire, où ça fini. Dans la pénétration par un proche familial sur son descendant (ascendant mais aussi frère/soeur/cousin...). 

Mais comme tout abus sexuel, on ne sait pas vraiment où ça commence. Question de perception individuelle...

On sait par contre que certains actes ou certaines situations vont générer chez l'enfant les mêmes impacts qu'un abus sexuel par un proche. Pourtant il n'y a pas de relations sexuelles ni même d'attouchements. Ces situations sont ce qu'on appelle un "climat incestuel" dans le jargon ou "ambiance incestueuse", expression mieux comprise par les patients.

Ainsi je me souviens avoir eu en consultation un très jeune garçon dont la famille sous contrôle de l'ASE (Aide Sociale à l'Enfance) s'était vu imposer que l'enfant soit suivi pour suspicion d'inceste par le père. Les parents, outrés, n'ayant pas souhaité que leur enfant soit suivi par ce qu'ils appelaient "un psy à la solde de l'ASE" avaient atterri chez moi. Dans une suspicion d'inceste, il est important d'aller faire un tour là où les gens vivent pour comprendre comment cela peut se mettre en place (facilité d'accès à la chambre, quelqu'un d'autre entend-il les allers et venues....). Je me suis retrouvée chez des gens charmants, un peu bizarres mais charmants. Tellement charmants que pour eux qui avaient déjà deux grands enfants partis de la maison tout allait bien. Après quelques questions adroitement posées aux parents comme à l'enfant sur plusieurs consultations, je me suis aperçue que :

- Personne ne fermaient jamais la porte des toilettes
- l'enfant avait le droit d'être dans les toilettes avec ses parents
- l'enfant dormait avec ses parents
- la mère gênée par le manque de place partait dormir dans le lit de l'enfant, laissant la père et le fils ensemble
- l'enfant entendait ses parents pendant leurs ébats
- l'enfant, 6 ans, était encore lavé par ses parents et il prenait sa douche avec ses parents nus...
- lorsque la famille venait l'enfant dormait avec sa grande soeur et on mettait dans son lit le grand-père ou un cousin...
- l'enfant, seul garçon, était gâté par le père qui lui achetait des cadeaux qui s'entassaient dans la chambre au point que l'espace s'en trouvait réduit de moitié.

Un florilège total...

A l'école l'enfant dessinait des pénis symboliques un peu partout...

Au bout d'un certain nombre de consultations, j'ai bien compris que l'enfant n'était jamais abusé physiquement. 
Et que les parents pensaient que ce qu'ils faisaient étaient tout à fait "normal" puisqu'ils avaient fait pareil avec les enfants précédents (qui avaient présentés de sacrés troubles des comportements).

Alors on ne rencontre pas la totalité de ces situations à chaque fois, chacune de ses situations suffit à mettre en place le climat incestuel (selon nos critères sociétaux).

Nous sommes ici dans une situation où il n'existe aucune intimité, l'enfant étant confronté aux organes génitaux adultes trop tôt et sans explication.
Pas de pudeur, où il devient normal de s'exhiber et d'exhiber ses organes génitaux à la vue de tous.
Les parents considèrent leurs enfants comme des adultes. 
Il n'y a aucune limite corporelle, ce qui est toi est moi et ce qui est moi est toi. 
Il n'y a aucun lieu de repli puisque la chambre et le lit de l'enfant peut être transmis à n'importe qui. 
L'enfant se place en séparateur des parents et reste dans une relation homosexuelle avec le père.
La séparation entre les enfants ne se fait pas à un âge où la tentation des guili guili mutuels est forte (et c'est ce qui arrivait !)

En fait il existe une volonté non dite que l'enfant reste dans le giron parental. L'un des deux parents présente à la fois une grande angoisse et cherche -sous couvert de maintenir un lien avec l'enfant- à se le garder sous emprise pour se sécuriser (le monde est angoissant et j'ai besoin d'un doudou) et une incompétence parentale qui mène à la facilité (je n'assume pas mon rôle de parent donc je fais tout pour ne pas avoir à gérer les crises de l'enfant). De l'extérieur on a des parents "parfaits", gentils, très préoccupés par le bien être de leur enfant qui est très accrochés à un des parents (par transmission que le monde extérieur est "angoissant" sans que l'enfant sache pourquoi).
 
Ici, l'enfant était très marqué et troublé par la vue des organes génitaux adultes de son père qui lui faisaient peur (vécus comme agressifs) et qui remettaient en question sa propre vision corporelle. Cela occupait une bonne partie de sa sphère psychique et il n'arrivait plus à se concentrer. Il avait des préoccupations sexuelles précoces qui pouvaient en effet faire penser à de l'inceste. Les relations aux autres étaient difficiles et glissait sur un mode agressif. L'endormissement était difficile, le sommeil peuplés de cauchemars. Il avait toujours l'air triste et préoccupé.

N'étant pas en capacité d'expliquer et d'exprimer réellement ce qui clochait dans la famille, il s'est avéré qu'il attendait que soient mis en place les interdits familiaux. Or c'est le rôle des parents de les édicter et de les mettre en place. Il a fallut plusieurs consultations familiale pour expliquer aux parents ce qu'attendait l'enfant. Les portes de toilettes se sont fermées, l'enfant s'est lavé seul ou avec aide mais à sa demande. La famille visitante a fini par dormir sur un matelas par terre ou dans le salon. Il n'a plus dormi avec sa soeur. Et ses parents ont changé le lit de place afin que leurs ébats restent dans leur intimité. 

L'enfant a cessé de dessiner des phallus et s'est mis aux papillons colorés.
Son niveau d'apprentissage scolaire s'est nettement amélioré.

Le climat incestuel non réglé fait les mêmes dégâts que l'inceste consommé. Et l'impact se poursuit à l'âge adulte avec les mêmes conséquences.
Il n'est pas évident de faire prendre conscience à la famille qu'il existe des connotations sexuelles dans leurs comportements.. surtout que certains parents sont persuadés de bien faire dans le but de sécuriser l'enfant  (alors qu'ils font l'inverse).
Les interdits doivent être édictés et dit (et répétés). Tout ce qui n'est pas dit est considéré par l'enfant comme étant valable ou "normal". Encore faut il que les parents les respectent !

Tss tss, Leia, celui là c'est ton frère !



32 commentaires:

  1. ow je reconnais mon petit frère dans pas mal de passages... dors dans le lit des parents presque tout le temps (et le père va souvent dans le sien par manque de place!), quand y a de la visite il reste dans le lit des parents et la famille qui visite prend son lit, il a du mal à s'endormir et fait pas mal de cauchemars et a peur de pleins de choses. à part ça la porte des toilettes est fermée, sauf pour lui, il ne la ferme pas toujours et il se douche rarement tout seul. de façon générale c'est vrai que y a peu d'intimité dans la famille, c'est toujours les uns sur les autres mais sans exhibitionnisme pour autant (du coup je sais pas si on peut parler de climat incestuel pour le petit). bon en tout cas il dessine pas des phallus^^

    question: tu entends quoi par préoccupations sexuelle, à part les dessins? quelles seraient les préoccupations sexuelles anormales dans l'enfance?

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    1. Question bizarre car il n y a pas se préoccupations sexuelles normales chez l enfant ! L'enfant n est pas ds la sexualité juste ds la curiosité.
      Ici l enfant se tripotait en public, utilisait un langage sexuellement explicite (appris à l école mais utilisé ds d autres contextes), il parlait beaucoup de sexualité avec les autres enfants...

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  2. Merci pour ton article, il est très clair et il est rare je trouve de trouver des infos aussi abordable pour les non psy sur ce sujet.

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  3. Oui, c'est son frère... mais elle ne le savait pas à ce moment-là :-)

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    1. Je répondrai biin quelque chose mais je vais m abstenir.... Lol

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    2. En fait si je vais le dire. Si les parents de Leia et Luke avait bien fait leur boulot, ça ne serait pas arrivé, na.

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    3. Compliqué de faire son travail de parent quand
      1) on est morte
      2) on est occupé à être le larbin de l'Empereur!

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    4. Ça c'est certain, je suis tout à fait d'accord.... C'est toujours la faute des parents de toute façon :-)

      Plus sérieusement, je suis aussi d'accord avec Cessy-Loup, cet article est trés intéressant. Il parle d'un sujet hélas totalement inconnu pour beaucoup et, en plus, d'une façon claire pour les non-initiés... Merci.

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    5. Quand Amidala a accouché elle n'était pas morte. Et Darth Vador aurait très bien peu s'en occuper. Les généraux d'Hitler ont continué à s'occuper de leurs gosses... non mais, qui c'est qui a le dernier mot ici ? lol

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  4. coucou Dame !

    Est-ce que certains n'auraient pas préféré (à la rigueur) qu'il y ait des faits plutôt que de vivre dans un climat incestuel ?
    L'impact pouvant être le même, il est certainement plus facile de comprendre sa souffrance relevant d'un acte plutôt que d'un climat (chose d'impalpable).

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  5. je n ai jamais rencontré de patient adulte qui ait exprimé qu il aurait été mieux que l inceste soit physique. Mais contre toute attente les patients cernent bien d où viennent leur problématique, ce qui va faire évoluer c'est le fait de d'entendre "inceste" qui est une vraie prise de conscience et ensuite tout le travail de haine /amour sur le parent incestuel. En fait pour les patients climat incestuel ou inceste c'est pareil.

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  6. hum-hum... je ne me reconnais que trop bien dans cet article... mais bon, le passé étant par définition passé, quelles sont les conséquences a l'age adulte dont vous parlez? (voir si je m'y reconnais aussi hein tant qu'a faire lol) et comment passer outre?

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    1. Le passé est certes passé et le but de la psychothérapie est justement d'aider à ne plus s'y accrocher et éviter de se retourner pour le regarder. Mais en fonction du vécu, de l'expérience, des acquis, de l'estime de soi... il est parfois impossible de lâcher la main. Le rationnel (le passé est passé) n'a rien à voir avec ce qui se passe dans la sphère psychique (le passé fait de moi ce que je suis).
      Il me semble que j'ai écrit un article quelque part sur les impacts des abus sexuels... Ca doit dater. Je peux en refaire un.
      Pour passer outre ? Aller en psychothérapie, c'est assez long en général car ça créé beaucoup de ramifications au quotidien. Et puis on ne passe pas outre en fait, car c'est arrivé, c'est la réalité. On en fait pas un bond en disant je passe à autre chose, non, il faut l'accepter, l'intégrer puis modifier ses pensées et ses comportements.

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    2. Merci en tout cas pour cet article qu'il m'a fallu le temps de digéré mais qui, au final, met en lumiére beaucoup de choses. j'ai l'impression d'avoir enfin compris d'ou je venais... je serais ravie d'un article sur les impacts des abus sexuels meme si, dans mon cas, il n'y en a pas eu et que je prefererais un article sur les impacts du climat incestuel meme si j'ai bien compris qu'il s'agissait de la meme choses, certains mots font figure de "gros-mots" encore a mon esprit ;-)

      Merci a nouveau...

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  7. J'ai donné dans cet article quelques exemple typiques de climat incestuel, mais il y a d'autres situations bien sur très différentes.

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  8. je vais poser une question qui n'a sans doute rien à voir, mais comme c'est l'été ça peut être d'actualité même si ça me semble passé de mode. Quel est l'effet du naturisme sur le développement des enfants?

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    1. Bonne question qui à ce jour donne encore lieu à polémique. Il y a deux camps qui s'affrontent : les naturistes qui disent que la nudité est naturelle partout et les psys qui disent que la nudité est naturelle mais dans l'intimité.
      Il faut trouver le juste milieu. Il est très clair que les parents peuvent être nus lorsque l'enfant est petit, mais de toute façon vers 6 ans la pudeur fait son apparition sans même qu'on est besoin de l'apprendre aux enfants (aspects incestueurs universaux). Les enfants se couvrent alors et demandent à leurs parents (et aux autres adultes) de se couvrir. SI les parents ne le font pas, cela génère une grande gène chez l'enfant, de l'angoisse à la vue des organes génitaux adultes, de l'angoisse liée au non respect de l'intimité qui peut s'accompagner de régressions comportementales (comme le fait de faire caca dans sa culotte).

      Maintenant les naturistes nous disent que de tout façon la nudité est naturelle, ce qui est vraie et qu'elle est exempte de toute sexualité. Ce qui est faux. Ou alors cela veut dire que les naturistes ne se draguent jamais. Mais s'ils se draguent cela veut dire qu'ils évaluent le physique de la personne en face d'eux et donc qu'il attribue au corps nu une valeur de séduction. Donc dans cette nudité, il y a un versant sexuel fortement présent qui ne devrait pas l'être pour les enfants.


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  9. Donc un enfant de 5/6 ans qui fait des rêves fortement érotiques, qui s'intéresse aux personnes de sexe opposé et, en particulier, à leur sexe, ce n'est pas "normal" et peut être le signe d'un climat incestueux ?
    C'est un enfant qui fait beaucoup de cauchemars, a des problèmes de comportement à l'école (indiscipliné, trouble de la concentration), souffre d'angoisse et montre une certaine nervosité et un trop plein d'énergie.
    Est-ce préoccupant ?

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    1. Pour la première partie de ton message, si c'est tout à fait normal. La masturbation apparaît vers 4 ans, ce qui veut dire s'intéresser à son sexe. L'intérêt pour le sexe de l'autre est lié au besoin de découverte "l'autre est-il comme moi ? Et si non y en a t il d'autres qui sont comme moi et comme elle ? Vais - je devenir comme elle ?". Ce sont ces questionnements qui génère la masturbation qui permet de faire baisser les tensions physiques et psychiques. Maintenant il y a intérêt et intérêt. Le climat peut ne pas être incestueux mais au contraire à une trop grande pudibonderie de l'entourage qui ne répond pas aux questionnements de l'enfant.

      Pour la seconde partie, cela peut en être le signe, mais pas seulement. Ces signes que tu décris vont surtout dans le sens d'une mise à plat oedipienne normal à ce àge là.. Il faudrait plus d'infos sur le contexte familial pour en tirer des conclusions d'alarme.

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    2. Merci pour cette réponse, elle me rassure car je ne pense pas que l'on puisse parler d'un climat incestueux dans ce cas-là, mais j'avoue qu'à la lecture de cet article, j'ai eu un doute, ne sachant pas si ce comportement pouvait être normal pour un enfant de cet âge. Merci pour ce "recadrage".

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  10. Peut-il y avoir un rapport entre climat incestuel et psychose? Une jeune voisine est tombée en psychose à 22 ans, et son père la tripotait sans cesse, mais elle dit qu'il n'y avait pas passage à l'acte (sauf attouchements). Tant qu'elle était avec ses parents, la psychose n'a pas pu s'améliorer, une fois qu'elle les avait quittés elle en est sortie environ 6 à 9 mois plus tard...

    Ses parents disent que sa psychose était de nature religieuse, car elle venait de s'associer à un groupe religieux plutôt fondamentaliste, qui la faisait changer complètement de culture (en matière de pudeur, mais aussi comment on mange, interdits pour certains jours, etc)

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    1. Bon déjà si il y a attouchements il y a passage à l'acte. Si elle en est encore à nier le passage à l'acte c'est que c'est loin d'être réglé.
      Ensuite on ne tombe pas en psychose, on y entre. Et pas à 22 ans, c'est trop tard (ou trop tôt). Ce n'est donc pas une psychose... une bouffée délirante peu être ce qui collerait mieux avec le fait d'en être sortie quelques mois plus tard. Ceci dit elle en sort dans les 9 mois plus tard, le temps d'une gestation... Ca pose question au niveau symbolique (au minimum).
      Son adoption par un groupe religieux lui a peut être permis de passer d'une famille abusive à une autre famille abusive mais à un autre niveau. Cela a peut être été sa porte de sortie. Maintenant il lui faudra sortir de tous les abus...

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  11. Pour aller plus loin il peut sur le principe y avoir un rapport entre psychose et climat incestuel (ici il y avait inceste) car si la psychée n'arrive pas à se battre elle se "déconnecte" et c'est l'entrée en dépression puis en psychose. Comme je l'écrivais plus haut, j'ai donné un exemple dans cet article mais il existe plein de façon de créer un climat incestuel, et l'emprise psychique, l'inversion des rôles dans la famille ont un impact très puissant parfois plus puissant que les actes subis. Or l'emprise psychique qu'elle soit incestuelle ou non mène à la psychose adolescente.

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  12. Merci pour cet article. Je ne savais pas que l inceste pouvait être psychique. Du coup je comprends maintenant (en partie ) quel enfant j étais et surtout pourquoi j avais acquis cette capacité de "m échapper" psychiquement. Tout ce que je viens de comprendre serait bien trop long a expliquer ici , pour resumer je suis devenue une ado et une adulte qui sait parfaitement disparaitre tout en étant là physiquement... pour me défendre sans doute.

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  13. Bonjour,

    J'ai du mal à imaginer que le "climat incestuel" puisse être comparer ainsi à "l'inceste", que certaine répercutions soit identique ou proche ok, mais il y a tout de même une sacré différence quant à la transgression de l’interdit et à l'effraction du lien entre les deux.

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    1. moi aussi....

      Je suppose que les "symptômes" de l'incestuel et de l'inceste peuvent être semblables sur les enfants qui le vivent (pas de limites, représentation d'organes sexuels, d'actes sexuels, etc), il se peut que certains effets à long terme soient similaires, mais je suppose que l'acte incestueux consommé, surtout à répétition, a un impact bien plus grave que le climat incestuel, comme je crois que l'acte répété a un effet plus grave que l'acte isolé, que la pénétration a un impact plus grave que les attouchements, etc...

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    2. Etes vous conscient(e)s de l'illogisme de ce que vous écrivez. Vous êtes capable d'écrire, oui alors c'est les mêmes symptômes et pour il existe des répercussions identiques mais ça ne fait pas la même chose ? Un peu de rationalité serait sympa. Vous ne voulez pas voir parce que ça vous arrange. Il y en a que ça arrange de se dire "je n'ai été victime QUE de climat incestuel" et d'autres "oui, mais moi je suis une VRAIE victime parce que j'ai été pénétrée".... Cela ne relève pas du même processus on s'en rend compte.

      Il y en a certainement parmi vous qui ont déjà été cambriolé(e)s. Il y en a pour lesquels cela a été sans impact, mais pour la majorité ça été un vrai viol, une effraction de l'imité qui crait la peur au ventre, non pas de se faire piquer ses affaires, mais que quelqu'un ait pu entrer chez soi -en soi- sans y avoir été invité. Cela créé une insécurité énorme, une félûre dans la barrière intérieur/extérieur. Pourtant les cambriolés n'ont pas été violés physiquement s'entend, non juste psychiquement.
      Quant à savoir ce qui laisse le plus d'impact entre le physique et le psychique, tout dépend de l'entourage, du fait qu'on vous croie ou pas, du fait que vous soyez pris en charge rapidement ou pas, du fait que vous soyez entourée d'affection ou pas. On connaît les impacts, maintenant la puissance et la ténacité de ses impacts n'ont rien à voir avec les actes vécus mais avec ce qui a été mis en place pour aider la victime à en sortir.
      Et pour finir, on sait aujourd'hui avec les témoignages des victimes de tortures, que la torture physique si elle est difficile on s'en remet, la torture psychologique est pire car elle détruit le tréfond de la psychée et pour s'en remettre c'est très long. Lorsqu'on s'en remet.

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    3. Je m'interroge sur ta dernière phrase : "Lorsqu'on s'en remet" ça veux dire qu'on peux ne pas se remettre de certaines choses?

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    4. On peut régler beaucoup de choses, mais toute la personnalité actuelle est basée sur ce qui s'est passé. Donc soit on fait table rase, soit on fait avec ce qui veut qu'il reste des points qui seront améliorés mais non réglés. Et comme faire table rase ce n'est pas possible... Le but n'est pas d'effacer, c'est impossible. Le but n'est pas d'oublier, c'est impossible sauf sur de courtes périodes, le but est de "ranger" au même rang que les autres souvenirs. Mais ça laisse des traces. C'est comme une blessures sur le corps. Tu n'as plus mal, tu peux même ne plus te souvenir de comment tu t'es fait ça, mais la cicatrice reste. Tu peux la voir, les autres aussi. Elle modifie ton corps et ton regard que tu as sur lui. Tu peux faire comme si elle n'était pas là et n'en n'avoir rien à faire, mais tu sais qu'elle est là. Le psychisme c'est pareil. Et puis les séquelles que ça laisse ne sont pas uniquement négatives ! Si je prends l'exemple de plusieurs patients gravement abusées sexuellement par des hommes, elles ont réappris à faire confiance aux hommes et à ne plus avoir peur du pénis, mais elles ont été homo pendant des années, elles pourraient changer mais elles ne le font pas. Elles sont bien dans leur homosexualité certes, mais elles n'y sont pas arrivées de leur plein gré, elles sont homo par réaction. Le tout étant de le comprendre, de l'accepter et de faire le choix en toute liberté (mais est-ce réellement une liberté, là est la question ?).

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    5. Merci pour ta réponse.
      En fait j'ai mal posé ma question, je voulais savoir si il y avait des choses dont il n'est pas possible de se remettre, mais j’imagine que j'ai déjà ma réponse, tu l'avais déjà donné avant, ça dépend de beaucoup de facteurs plus que de l'évènement en lui-même...

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    6. Ok c'était une question plus globale. Exactement c'est multi factoriel.

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