lundi 30 septembre 2013

Sexe et BDSM : brochure de prévention

Vous trouverez ci-dessous la brochure éditée par AIDS Toronto relative à la prévention des infections transmissibles et autres risques au cours de pratiques sexuelles. Ce n'est pas parce qu'il y a écrit "BDSM" que vous n'êtes pas concerné. Chacun pratique sa sexualité à sa manière et le simple changement de partenaire vous met à risque et le moindre recours à un objet dans votre sexualité vous rend directement concerné par ce qui est écrit.

Attention, cette brochure est sexuellement explicite. (cliquez sur l'image)
 





jeudi 26 septembre 2013

Et ta soeur ???

Lorsqu'un patient me dit sur un ton de reproche au bout de 4 consultations qu'il n'avance décidément pas et que ce patient s'est pointé à son RDV de 21h avec 20 minutes de retard, qu'il a pris 3 semaines de vacances en me disant "que pendant les vacances on ne travaille pas sa thérapie" et qu'il n'applique pas les consignes cognitives et qu'il n'a pas fait le travail que je lui ai donné, j'ai moi envie de lui dire :

" Et ta soeur ?!?"

Ce patient qui est arrivé en consultation il y a peu parce qu'il avait peur de ce que les autres pouvaient penser de lui lorsqu'il leur faisait une réflexion.

C'est ce même patient qui me lâche froidement sur le pas de la porte "j'ai l'impression de ne pas avancer, je ne vois pas de changement".

"Et là, vous vous demandez ce que je pense de vous lorsque vous me dites ça ?"

"Non."

"Alors c'est que vous avez avancé". Fermeture de la porte.



Paf, paf, paf le loup !
 




mercredi 25 septembre 2013

Robert Palmer aurait-il pu chanter Blurred Lines ?

J'ai des sacrées questions existentielles des fois qui m'obligent à passer quelques heures devant internet pour trouver LA solution.

Vous connaissez bien sur tous et toutes Robert Palmer (ça se prononce "palmaire", avec "aire" comme dans "mammaire". Là tout de suite ça en parle à quelques uns).

Plus sérieusement (vous avez vu, depuis quelques temps je n'arrête pas d'écrire "plus sérieusement". J'ai eu ma période 'statistiquement' puis 'bref' qui n'est d'ailleurs pas totalement finie et en ce moment c'est "plus sérieusement"). Plus sérieusement donc, Robert Palmer, génial chanteur-compositeur des années 80, fut malencontreusement placardé comme chanteur à pub lorsque un de ces tubes fut repris dans.... une publicité (Every kinka people). Oui, c'est de lui. Puis il eu la bonne idée de s'affubler de minettes court vêtu dans ses clips, ce qui fit remonter ses ventes mais diminuer d'autant la longévité de sa carrière.

Alors quel rapport avec le tube actuel dont on nous rabâche les oreilles "blurred lines".
Tout d'abord, lorsque je l'ai entendu je me suis dit que j'avais déjà entendu ce truc et là j'ai eu beau chercher je n'ai pas trouvé. Malgré les accusations de plagiats et s'il est vrai que des sons sortent de certaines mélodies, je n'ai pas trouvé à quoi ça me faisait penser... à part Robert Palmer.

Le pire c'est que ce n'est pas le clip, mais vraiment la musique et la façon de chanter qui m'y a fait penser.

"Blurred Lines" de R. Thicke a surtout fait surface du fait de son sulfureux clip qui a réussi la gageure de réunir toutes les féministes de tous poils contre lui. Les mecs eux ont plutôt tendance à vouloir être tout contre. Allez savoir pourquoi.



Et tout cela me ramène aux clips de Robert Palmer..

Addicted to love (1985)

Simply irresistible (1988)


C'était franchement plus classe non ? le suggestif l'emportant sur le nu.

Et bien sur vous cherchez le rapport.
Je le cherche encore.
Et vous me direz que j'ai des idées étranges.
Et bien je ne suis pas la seule.

Car quelqu'un a eu la bonne idée de superposer "blurred lines" sur un clip de Robert Palmer... Comme quoi y a pas qu'à moi que ça rappelle quelque chose.
Le pire c'est que ça fonctionne plutôt bien.
Alors "Blurred Lines", hommage caché à Robert Palmer ?




(et figurez vous que j'ai posé la question à l'attaché de presse de R. Thicke et que je n'ai pas eu de réponse).


lundi 23 septembre 2013

La trahison

A part dans les romans, les films ou les séries, où il y a toujours quelqu'un pour trahir le gentil de l'histoire, la trahison reste une notion complexe.

Bien sûr il existe une définition officielle du terme "trahison", mais comme toujours chacun met un peu ce qu'il veut derrière chaque mot  (ce qui fait qu'en utilisant les mêmes mots on ne parle pas toujours de la même chose).

En écoutant mes patients, je dois avouer que parfois ce qu'il nommait "trahison" ne m'en semblait pas. J'aurai pu mettre un autre mot. "Abandon", "manipulation".... mais la notion de trahison n'est pas celle qui me venait à l'esprit.

Sans doute y a t il aussi de l'abandon et de la manipulation dans la trahison...

D'après ce que j'en comprends, pour les patients "être trahi" c'est n'avoir pas trouver chez l'Autre les réponses nécessaires et attendues.

J'écris bien "réponses", car c'est dans la demande qu'on reconnaît ses proches, ses amis, les gens sur lesquels on pense pouvoir compter.

Car nous sommes sans cesse en demande pour nous même. Demande affective, demande de lien, demande d'attention, demande des respect....

Et c'est là que la trahison peut prendre place. Face à ces demandes, la réponse n'est pas toujours celle attendue. Car ne nous leurrons pas nous attendons un certain type de réponse et surtout celle qui va dans le sens de notre attente. 

Le fait que la réponse ne réponde pas à notre demande, nous place en situation d'atteinte à notre égocentrisme. De façon destructrice parfois. Prenons les situations d'abus sur enfant, l'enfant est en demande d'affection, il reçoit de la sexualité. Son Soi est atteint, le psychisme est nié, chosifiée, plus ou moins détruit parfois. Il faudra attendre la compréhension de ce qu'est la trahison (et avec elle la naissance du trauma) pour que l'incompréhension, la colère, la victimisation, l'effondrement se mettent en place. Dans une situation d'emprise, on peut penser que la demande affective est comblée puis vient la prise de conscience que c'est cet Autre qui comble son propre vide affectif au détriment de notre Soi. On peut aussi dire quelque chose et se trouver face à une personne qui ne vous croit pas.

La trahison, c'est le négatif de la confiance.
Car si on se permet d'être en demande, c'est parce qu'on pense que l'autre va pouvoir / savoir y répondre. Or il n'en fait rien. Alors qu'on sait qu'il peut ou sait.

Mais des fois on se trompe.
En effet, la tendance est de croire que nos proches, nos amis, les personnes avec lesquelles ont s'entend bien sont capables de répondre à nos demandes. Ils vont écouter, entendre, dire les mots, agir... Il n'en n'est rien. Certains n'en sont pas capables. D'autres ne savent pas quoi dire, quoi faire. D'autres s'en foutent royalement.
Aux proches surtout nous faisons confiance. On pense trouver un appui, un socle, une sécurité. La réalité au détours d'une situation particulière, nous montre qu'il n'en n'est rien. En tout cas dans cette situation. 

Car parfois nous nous leurrons.
Nous voulons croire que parce que certains ont été capables dans certaines situations, qu'ils ont déjà été présents, qu'ils ont su quoi faire, qu'ils seront comme cela à chaque fois. Il n'en n'est rien. Nous n'en savons rien. 

Les autres ne savent pas tout. Ils ne sont pas si solides que ça. 
Mais ça on le comprend lorsqu'on est grand.
Lorsqu'on est enfant, on pense que les "grands" savent tout, qu'ils vont comprendre, qu'ils agiront, diront ce qui doit être dit, qu'ils sauront répondre à nos demandes.
Les enfants font une confiance aveugle en certains adultes. 
Il leur faudra grandir pour comprendre que la réponse n'était pas appropriée. 
Et si on ne peut pas faire confiance à ces adultes là, a qui peut on faire confiance ?

Mais cela veut il dire qu'on ne peut faire confiance à personne ?
Non bien sur.
Nous faisons confiance. Et nous avons raison.
Mais il nous faut accepter l'idée que l'autre ne peut pas toujours satisfaire à nos demandes. 
Et en ne répondant pas correctement ou ne répondant pas du tout, il ne le fait pas toujours pour détruire, il le fait parce qu'il pense lui que c'est bien (ou en tout cas que ce n'est pas mal), il ne sait pas faire autrement (il n'a pas appris, il n'a pas eu de modèle ou au contraire c'est le seul modèle qu'il a connu), il ne peut pas faire autrement (c'est trop lourd à porter, ça vient se rajouter à ses propres problématiques).

Lorsqu'un patient dit qu'il se sent trahi c'est que c'est sa confiance qui a été trahie.

Il faudra bien sûr apprendre à surtout se faire confiance à soi.
Donc avoir confiance en soi.

Mais peut on toujours se faire confiance ?




mardi 17 septembre 2013

Déposer plainte après une agression sexuelle ?

Ce n'est pas la première fois qu'on me demande de revenir sur le processus de dépôt de plainte dans les cas d'agression sexuelle. Je vais donc m'y apesantir un peu, tout en sachant que déposer une plainte fonctionne de la même façon quelqu'en soit les raisons, ce qui va changer c'est plutôt ce qui va se passer autour du dépôt de plainte.

Alors d'abord commençons sérieusement.
Il faut savoir que selon la Loi française, c'est à la victime de prouver qu'elle est victime. Cela veut donc dire que la victime de l'agression qui va devoir apporter les preuves de l'agression.
Et donc, il ne faut pas détruire les preuves.
Quelles sont les preuves possibles ? les traces de coups, de défense, mais aussi déchirures, rougeurs au niveau des organes sexuels. Mais aussi les tâches sur les vêtements (sperme, salive...) et les fluides corporels existants.
Après une agression sexuelle, les victimes ont tendance à se précipiter dans leur douche pour se laver symboliquement de ce qui vient d'arriver. Grosse erreur ! Car cela efface les traces de fluide qui pourrait permettre d'arrêter l'agresseur. 
Donc il faut aller déposer plainte dans l'état où on est, même si le sperme coule entre les jambes ou que vous en avez sur le visage. Après une agression sexuelle, pour aller déposer plainte on en cherche pas à faire bonne figure. On amène des preuves.
S'il n'y a pas de preuve, ce sera vos dires contre les dires de l'autre. Dans le doute, la loi est claire, pas de condamnation.

Alors le dépôt de plainte...
Si vous avez attendu avant de prendre votre décision (parfois plusieurs années !), je vous suggère de prendre rendez-vous au commissariat avec un officier de police judiciaire ou avec un référent d'aide aux victimes. Ca vous évitera de faire la queue pendant 2 heures au bureau d'accueil et ça vous évitera d'avoir à hurler dans le brouhaha et devant 20 personnes qui vous avez été victime d'agression sexuelle. 

Dans l'urgence, si vous réagissez "à chaud", le temps d'aller au commissariat vous pouvez les appeler ou alors vous vous présenter à l'accueil en faisant court afin qu'on vous mette rapidement en contact avec un OPJ.

Sachez que vous pouvez demander à être reçu par un OPJ de même sexe que vous si cela vous met plus à l'aise pour parler. 

Ne soyez pas terrorisé(e) par le ton des policiers ou gendarmes, c'est leur façon de parler. Ils sont brefs, cassants, pas toujours aimables, leur but étant d'obtenir des informations rapidement et de façon directe, les flous et les explications psychologiques ils s'en foutent. Ils ont fait beaucoup de progrès dans l'accueil des victimes, mais ce ne sont pas des assistantes sociales ni des psys. Chacun son métier.

Vous allez donc passer au moins une heure à donner vos coordonnées et à expliquer dans le détail ce qui vous est arrivé(e) (où, comment, avec qui, les connaissez vous ?...).
Oui vous allez être suspecté(e) de dire des cracks. C'est normal, les fausses accusations ça existe et même bien plus qu'on le croit. Et puis vous vous pointez en accusant une ou plusieurs personnes, ce qui peut mener cette personne en prison, ce n'est pas rien, donc ils ne sont jamais sûrs que ce que vous racontez est bien la vérité.

(et par expérience, il n'est pas rare qu'une victime d'agression sexuelle ne dise pas tout ou modifie la réalité, soit parce qu'elle n'arrive pas à dénoncer l'agresseur qu'elle connaît, soit parce qu'elle s'est mise dans une situation où elle pense que c'est de sa faute, soit parce que c'est trop difficile à raconter, soit parce qu'elle a honte....bref, toutes le victimes ne disent pas vraiment ce qui s'est passé).

Raconter est difficile car cela oblige à revivre la scène. Or le policier va vous obliger à préciser certaines choses. C'est difficile mais nécessaire. Pendant que vous êtes dans l'émotionnel, lui est dans le concret (il tapote sur son clavier en essayant de ne pas faire de faute). Et puis il va falloir relire ce qui a été tapé (et donc dit), le comprendre et le signer.

Ensuite, vous allez être conduit(e) aux UMJ, les urgences médico-judiciaire. Ca n'a rien à voir avec la morgue, c'est un service spécialisé composé de médecins urgentistes qui sont chargés de constater et d'évaluer les "dégâts" causés par l'agression. Ils sont sympas, prévenant, ils expliquent, mais néanmoins cela peut être perçu comme une seconde agression. Car des prélèvements seront fait (pour analyse en laboratoire). Pour une femme avoir été violée et se retrouver sur une table de gyneco les jambes en l'air pour un prélèvement vaginal n'est pas facile. Pour un homme, se retrouver penché sur une table, le pantalon et le slip sur les pieds, pour un prélèvement anal ne relève pas d'une sinécure. Oui, c'est dur. Et non, ce ne sont pas des psys mais des médecins, aussi gentils soient ils, ils ne font que leur boulot.

Alors, il se peut lorsque vous irez déposer plainte pour agression sexuelle que ça se passe autrement. En effet, si vous avez des marques apparentes et/ou que vous dites que vous avez des traces de sperme par exemple sur vous, un OPJ vous emmènera direct à l'UMJ sans prendre votre plainte. C'est normal. Car le constat médical peut valoir dépôt de plainte.

En effet, le médecin va vous délivrer un certificat médical et un ITT (interruption temporaire de travail). Même si vous ne travaillez pas ! Ca n'a rien à voir avec le travail. Une ITT est en fait un constat que "si vous aviez travaillé" ce que vous avez subit vous empêcherait de travailler X jours.
Une ITT de 8 jours donne lieu automatiquement et obligatoirement à dépôt de plainte et donc ouvre une enquête, vous en serez informé par le Procureur.
Pour moins de 8 jours, c'est à vous de décidez si vous déposez plainte.
Au-delà de 8 jours, évidemment dépôt de plainte automatique et plus le nombre de jours d'ITT est important plus la sanction pour l'agresseur sera importante.

Sachez aussi que vous pouvez vous présenter de vous même aux UMJ ! Il y a au minimum 1 service par département. Pas toujours à côté de chez vous j'en conviens. Mais si ce n'est pas trop éloigné, vous pouvez y aller directement et ensuite allez déposer plainte. Mais je ne conseille pas trop ce fonctionnement, car il se peut que vous tombiez sur un service fermé (certains services sont ouverts à tour de rôle selon les semaines ou les jours)...
 
Une fois que vous avez déposé plainte et que, si nécessaire, vous avez vu le médecin, vous pouvez rentrez chez vous. 
Et prendre une douche si vous en avez envie.
Par contre gardez les vêtements souillés jusqu'au jugement (des fois qu'il faille des prélèvements supplémentaires).

Il faut comprendre que votre plainte ne permet pas à l'enquête de démarrer.
En effet, votre plainte doit "remonter" au Procureur de la République de votre département qui va décider en fonction de ce que vous avez dit s'il ouvre une enquête ou s'il classe la plainte.
C'est souvent rapide mais c'est parfois long ! Jusqu'à 6 mois d'attente ! les services sont débordés.

Bien sur si vous savez qui est votre agresseur et où on peut le trouver, la police va, après la prise de votre plainte, immédiatement allez le chercher et l'entendre. La personne qui vous a agressé peut être placée en garde à vue et c'est le Procureur qui décidera dans les 48 heures si la personne doit rester en garde à vue plus longtemps (pour complément d'information) ou allez au "dépôt", un lieu sombre et humide avec des couvertures crades et pleines de puces où les personnes encore non condamnées mais déjà plus totalement considérées comme innocentes sont en instance de rencontrer un magistrat qui pourra décider de le mettre en "préventive" (un endroit sympathique où tout en étant considéré comme innocent et où vous attendez d'être jugé parfois plusieurs mois, vous êtes déjà en régime pénitentiaire et traité comme les condamnés !) (un directeur de prison que je ne citerais pas auquel je posai la question de la présomption d'innocence -et que ça avait bien fait rigolé- m'avait dit qu'il traitait les prévenus comme les condamnés et que de toute façon ils auraient obligatoirement une condamnation au moins égale à leur temps de préventive pour justifier cet emprisonnement !) (mais je m'égare).

Et si vous n'osez pas franchir la porte d'un commissariat ou d'une gendarmerie, il vous est toujours possible d'écrire (en recommandé avec AR et si possible avec des preuves comme un certificat médical par exemple) au Procureur de la République de votre département en lui expliquant rapidement ce qui vous est arrivé et en précisant que vous déposez plainte. Cela a la même valeur que le dépôt de plainte au commissariat, sauf que ça prend plus longtemps. Et la aussi, votre plainte pourra être classée ou donnez lieu à enquête. Mais dans tous les cas, vous serez amené à vous déplacer afin d'apporter un complément d'information aux policiers/gendarmes.

Pour finir, on ne peut pas vous refuser une dépôt de plainte à partir du moment où il y a atteinte physique. Ils n'ont pas le droit. 

Si vous ne pouvez pas apporter de preuve de la culpabilité d'une personne, ne le désignez pas nommément dans votre dépôt de plainte, portez plainte contre X. En effet car si la personne précisée obtient un non-lieu lors du jugement elle pourra se retourner contre vous et obtenir des dommages et intérêts.

Bref, déposer plainte c'est le bordel et le parcours du combattant lorsqu'on est victime, mais c'est essentiel.

Certaines victimes déposent plainte bien longtemps après la commission des faits. Passez devant le médecin ne sert plus à rien vous vous en doutez. Mais cela peut donner lieu à enquête s'il n'y a pas prescription. La procédure reste la même.


Psychologiquement, il est important pour les victimes de faire le chemin vers le commissariat, même pour déposer une simple main courante. Mais ne croyez pas que déposer plainte va effacer ou vous faire oublier ce que vous avez vécu. C'est un pas vers la liberté. Vous devez le faire pour vous et non pas pour sanctionner l'agresseur (qui s'il est non connu a peu de risques de se faire prendre). C'est une façon de commencer à parler, d'extérioriser et d'intégrer ce qui s'est passé. Et surtout après ne passez pas à côté d'une psychothérapie !

Et si vous avez été victime d'agression sexuelle intra-familiale et que vous n'osez pas déposer plainte ("je ne peux pas faire ça à mon oncle, ma tante ne s'en relèverait pas"...) demandez vous s'il est normal que cette personne soit au-dessus des Lois.



(ceci est le 1000ème article de ce blog !)

mardi 10 septembre 2013

Apprendre à dire NON

Dire "non" c'est fixer une limite.
Une limite à ce que les autres peuvent attendre de vous ou peuvent vous demander (voire exiger).

Dire non c'est d'abord et surtout se fixer une limite interne.
"Non" c'est un peu la peau. Au-delà du non nul ne peut aller.
Le "non" est dit lorsque quelque chose déplaît ou lorsqu'on pense l'inverse de ce que pense (dit) l'autre.
"Tu m'aimes ?"
"Non".
Tout de suite ça casse j'en conviens.
Mais bon si vous ne l'aimez pas vous n'allez pas lui dire oui.

Pourtant j'en vois devant leur écran qui n'auraient pas réussi dire ce "non".
Peur des représailles.
Peur de blesser l'autre.
Mais croyez vous vraiment qu'en lui mentant le jour où il s'en apercevra la blessure ne sera pas plus profonde ? Et en plus il n'aura plus confiance en vous. Et en plus il aura l'impression d'avoir été trahit, il n'aura plus confiance en personne. Et en plus ne s'étant rendu compte de rien, il se dira qu'il a vraiment été nul.... Bref, ne pas dire non fait parfois plus de dégât qu'on ne le pense. A vous aussi puisque vous serez dans la culpabilité de ne l'avoir pas dit avant.

Alors bien sur on n'est pas toujours obligé de dire non même lorsqu'on le pense.
Des fois on s'en fout d'aller dans tel restau ou d'être d'accord ou pas. Alors dire oui ou non n'engage pas grand chose.

Mais j'ai eu des patients qui n'arrivaient même pas à dire non à une proposition de boisson qu'ils n'aimaient pas !

Dire "non" c'est d'abord exprimer que l'on existe.
Etre incapable de dire non, c'est ne pas exister. C'est laisser l'Autre décider à votre place, c'est laisser l'Autre être vous, c'est laisser l'Autre entrer en vous.

Bien sur à la lecture de ces quelques mots, on comprendra que les personnes abusées sont souvent celles qui ont le plus de mal à dire non. 

Car la question se pose toujours de savoir si on a le droit de dire non.
Car la question se pose aussi de savoir si ce "non" serait écouté, entendu et pris en compte.
Or certaines personnes peuvent penser que dire "non" ne sert à rien, voire que dire non veut parfois dire oui (les films porno créent de sacrés traumas chez les nanas sur ce point).

Ce n'est pas vrai.
Il est possible d'accepter que cet Autre décide pour vous, mais cela ne doit se faire que si vous êtes d'accord pour céder le pas.
Ce n'est plus alors une question de libre-arbitre, juste le fait que certaines questions, certaines situations n'ont pas d'intérêt. Faut il se prendre la tête à choisir son restau, alors que cela n'a pas d'importance ? Pas nécessairement, mais ça peut être un bon moyen de tester sa capacité à dire "non" !

Certaines personnes ne disent jamais "non" parce qu'elles ont peur qu'on cesse de les aimer si elle entrent en opposition. Ces personnes sont en demande affective constante et pensent -à tort- que toujours aller dans le même sens que l'Autre fait qu'il n'en sera que plus aimant. Or c'est souvent l'inverse qui se passe. Les gens aiment qu'on les contrarie ! (moi la première !!). Les "bénis oui-oui" sont énervant ! Certes on peut profiter voire abuser d'eux, mais qu'est-ce qu'ils sont gonflants. Jamais une opinion par eux mêmes, des vrais légumes, obligeant toujours l'Autre à être dans l'initiative, la décision, la domination... Bref, impossible d'avoir une relation d'égal à égal avec eux, c'est toujours une relation sado/maso ou soumis/dominant. Il ne vous arrive jamais de vous dire que l'Autre aussi aimerait parfois avoir la vie facile et qu'on prenne certaines décisions à sa place ?

Mais dans le "vais-je cesser d'être aimé ?" il y a la question en miroir "suis-je aimable ?". Pour être aimable (mériter d'être aimer) il faudrait donc être aimable (ne jamais dire non).

Mais vous aurez compris que tout cela renvoie, encore une fois à des consignes directes ou indirectes. Ces consignes intégrées puis modifiées, transformées, étalées partout, qui gâchent votre vie.

Mais les consignes de sont que des conditionnements.
Et vous savez ce qu'on en fait des conditionnements en psychologie ?
On les casse !!

Soyez vous !


Dites "non" !
















vendredi 6 septembre 2013

Chez le psy, sortez vos mouchoirs !

Avec moi on se marre souvent. 

Des fois pas.

Des fois je dis des trucs pas drôles.
Des fois les patients racontent des trucs qui leur remontent et qui les font pleurer.

L'émotion monte, submerge et paf, le loup les pleurs.

Mais tadaaaaaa Super Psy est là !
Avec sa super boîte de mouchoirs.

Oh la, je n'en donne pas à n'importe qui.
Non juste à ceux qui le méritent. 
Mais non, juste à ceux qui ont de grosses larmes ou qui ont besoin de se moucher en même temps (et là, la main sur le coeur, je donne même deux mouchoirs).

En fait certains ne veulent pas de mes mouchoirs (pourtant tendus avec empathie), ils effacent rapidement les larmes qui perlent.
Surtout ne pas pleurer, surtout résister et ne pas émettre d'émotionnel.
Ne pas pleurer parce qu'on a appris que ce n'était pas super ou par pudeur, on ne pleure pas devant n'importe qui (et la psy est n'importe qui. Y'en a qui se souviennent que je suis Dieu ?)
A moins qu'ils aient peur que je leur facture le mouchoir en sus à la fin ??

Y'en a qui préfèrent LEUR mouchoir ! Lol 
Les patients sont prévoyants (les femmes surtout).

Les larmes ça fait couler le rimmel.
Et j'ai des patientes qui ressortent avec un look émo.
D'autres avec des yeux de lapins russes.
D'autres auraient bien besoin d'une compresse de thé sur les paupières inférieures.
Chez d'autres ça laisse des traces dans le fond de teint.
Bigre ! Y'en a aussi à qui ça ne fait rien.

Bref chez la psy on rit, on pleure, ce n'est pas comme la vache qui rit (mais ne pleure pas).
S'il y a bien un endroit où on peut exprimer ses émotions chez bien chez le psy. Lâchez prise, criez, riez, pleurez (non ne tapez pas, enfin pas sur la psy).

Une de mes patientes m'avait dit qu'elle ne pouvait pleurer qu'en consultation. Le reste du temps il fallait qu'elle montre une image forte, à son compagnon, à ses enfants, à ses proches. Pas question qu'ils la voient affaiblies, en pleurs, pas question qu'ils la consolent, pas question qu'ils sachent que quelque chose n'allait pas.

Chez le psy pas besoin de contrôle de soi, on se laisse aller et les larmes peuvent monter et sortir.
Il y a les petites larmes juste parce que l'émotion refait surface et les gros chagrins parce que le patient revit la scène, il ressent la souffrance, la tristesse, l'isolement peut être qu'il a ressenti à ce moment là. 

Des situations peuvent enfin être abordées, la censure a sauté et les émotions peuvent enfin s'exprimer.

Et le psy c'est aussi du transfert. Le patient pleure parce qu'il redevient le petit enfant sans défense, seul avec sa peur, son abandon.

Est-ce que le psy doit vous sauter au cou lorsque vous pleurez à chaudes larmes ?
Et bien non ! 
Car le psy se doit de rester ce qu'il est : quelqu'un d'extérieur qui vous aide à trouver votre chemin. Mais vous êtes adulte, c'est à vous d'apprendre à vous sécuriser, c'est à vous de trouver les forces qui vous feront rationaliser et prendre de la distance.

Je ne vous dit pas que je ne l'ai jamais fait, je ne suis pas une bête non plus.

Mais bon pleurez chez le psy, c'est l'occasion d'exprimer et de 'sortir de soi' certains souvenirs ou certaines sensations ou émotions qui restaient contenues. Le souvenir est vécu au travers du corporel ce qui diminue aussi les tensions et somatisation liées à ce souvenir.


(et laissez vos petits garçons pleurer, qu'ils apprennent un mode pour abaisser leurs tensions et exprimer leurs émotions)



lundi 2 septembre 2013

Couple : effet miroir ou complémentarité ?

Il y a quelques temps une patiente vient me voir parce qu'elle était amoureuse de deux hommes et qu'elle ne savait lequel choisir pour construire son couple.

Cela faisait quelques mois qu'elle vivait un temps avec l'autre et un temps avec l'un. Bref, une espèce de "garde alternée"qui lui convenait plutôt bien mais qui était marquée par une culpabilité évidente de ne pas réussir à choisir entre l'un ou l'autre.

D'autant que chacun d'eux en était arrivé à lui proposer de s'installer en couple. Le dilemme était total.

Elle décida donc de s'installer avec Michel tout en mettant en attente Jonas.
Mais pendant qu'elle était avec Michel, elle pensait à Jonas. Et lorsqu'elle était avec Jonas, elle pensait à Michel.

En fait, la psychothérapie lui permis de mettre en mots ce qu'elle trouvait de positif comme de négatif chez l'un et chez l'autre sans censure. Le poids de chacun était donc dans la balance. Michel ou Jonas ? Jonas ou Michel ?

Il me fallut bien lui faire constater alors que le mode de fonctionnement de chacun d'eux était différent.

Ainsi avec Jonas, c'était un fonctionnement "complémentaire" qui prédominait. Ils n'aimaient pas exactement les mêmes choses tout en se retrouvant sur certains points. L'intérêt était que chacun faisait découvrir à l'autre de nouvelles choses. Ainsi ils aimaient tous les deux le théâtre et y allaient avec joie. Elle aimait faire les expos, ce qui le gonflait, mais il l'accompagnait avec plaisir tout en reconnaissant que c'était souvent intéressant. Il aimait les concerts de rock, ce n'était pas sa musique préférée mais elle y allait avec plaisir et admettait que parfois c'était sympa. Elle était inorganisée, il savait planifier. Elle était tête en l'air, il était prévoyant. Il était dépensier, elle tenait les comptes. Bref, ils se tempéraient s'évitant de basculer d'un extrême à l'autre.

Avec Michel, c'était un fonctionnement à "effet miroir" -ce que certains appelleront "fusionnel"- qui était en place. Ainsi il fallait bien reconnaître que ma patiente se retrouvait chez Michel. Ce qu'elle aimait bien chez c'était ce qu'elle aimait bien chez elle. Et ce qu'elle n'aimait pas chez lui c'était ce qu'elle n'aimait pas chez elle. Le problème c'est que du coup, ça se cumulait. Elle tête en l'air, lui tête en l'air, ils en étaient arrivés au point qu'ils rataient leur train parce qu'ils faisaient les boutiques chacun comptant sur l'autre pour lui dire qu'il fallait y aller. Pour l'argent ils étaient radins sur les mêmes choses et dépensiers sur les mêmes. Ils aimaient tous les deux visiter les expos, du coup ils y passaient leur temps. Pas de concert, pas de ciné, pas de théâtre.

Cette prise de conscience lui permis de comprendre plusieurs choses :

1. Il ne s'agissait pas de choisir entre Michel et Jonas, entre deux corps, mais bien d'opter pour le mode de fonctionnement qui lui convenait le mieux

2. L'effet de complémentarité est une solution de facilité. En effet, pas de besoin de changer ou de se remettre en question, l'autre est toujours là pour pallier à vos défauts et vous palliez aux défauts de l'autre. L'intérêt aussi c'est que ce mode de fonctionnement pousse à l'ouverture d'esprit et à l'adaptation.

3. L'effet miroir est compliqué à gérer :
  • soit on ne change rien et le couple se "spécialise" autant dans ses plus que dans ses moins.  L'un et l'autre ne sont plus qu'un (ou l'autre, ce qui revient au même).
Pourquoi pas ? Mais à ce moment, il faut accepter chez l'autre ce qu'on l'oblige à accepter de soi.

  • soit on ne supporte pas les "défauts" de l'autre et là il faut se demander pourquoi on ne le supporte pas chez l'autre alors qu'on lui demande de les supporter chez soi. Cela veut dire aussi que si on ne les supporte pas chez l'autre en fait on ne les supporte pas chez soi. L'effet miroir permet donc de révéler ce que nous sommes.
Deux solutions s'offrent dans cette situation:
    • soit on décide de changer l'autre. Ce qui revient à dire qu'il ne nous convient pas. Alors pourquoi l'avoir choisi, être avec ou rester avec ? 
    • soit on décide de changer parce les "défauts" de l'autre étant ce que nous aimons le moins chez nous, ils nous sont enfin révélés et on décide de changer pour s'aimer soi. Par contre, l'effet miroir ne fonctionnant plus, l'autre peut ne pas apprécier le changement de fonctionnement (parce que lui aussi est en effet miroir) et il existe un risque pour qu'il vous jette.

Il n'y a pas de meilleur mode de fonctionnement que l'autre, chacun à ses avantages et ses inconvénients. Le tout c'est de trouver le mode qui vous convient et d'être -comme toujours- conscient des processus en jeu. Car cela doit rester un choix de vie et pas un "truc" inconscient qui vient vous aider à régler une problématique diverse.




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