lundi 30 septembre 2013

Sexe et BDSM : brochure de prévention

Vous trouverez ci-dessous la brochure éditée par AIDS Toronto relative à la prévention des infections transmissibles et autres risques au cours de pratiques sexuelles. Ce n'est pas parce qu'il y a écrit "BDSM" que vous n'êtes pas concerné. Chacun pratique sa sexualité à sa manière et le simple changement de partenaire vous met à risque et le moindre recours à un objet dans votre sexualité vous rend directement concerné par ce qui est écrit.

Attention, cette brochure est sexuellement explicite. (cliquez sur l'image)
 





13 commentaires:

  1. du point de vue psycho qu'est-ce qu'on appelle une sexualité déviante puisque comme tu le dis "Chacun pratique sa sexualité à sa manière" ?

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    1. D'un point de vue purement psychologique, tout acte à connotation sexuelle ne visant pas à procréation est une déviance.
      Viennent s'y ajouter ensuite les normes sociales.

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    2. donc la définition psycho ne varie pas dans le temps n'est pas soumise aux valeurs morales, religieuses...

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    3. Ca veut dire qu'on classe la fellation et le fist anal dans la même catégorie de déviance?
      Je suis bien d'accord qu'il n'y a pas de normalité en matière de sexualité mais je me suis toujours demandé si certaines pratiques relevaient du pathologique?

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    4. C'est une définition plutôt psychanalytique. Et en effet, elle ne varie pas avec les contraintes sociales. L'instinct archaïque pousse à la reproduction. Tout le reste n'est que recherche de satisfaction personnelle ou baisse de tension (lorsque la libido n'est pas orientée vers autre chose). La sexualité non reproductive n'est qu'une masturbation à l'aide d'un(e) partenaire.

      Le fait d'être déviant ne veut pas obligatoirement dire pathologie. Par exemple, l'homosexualité est une déviance d'un point de vue psychologie, une pathologie d'un point de vue psychanalytique, elle ne n'est plus rien de tout cela socialement. Mais fellation et fist anal ne relève pas de la même démarche surtout si on est un homme !

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    5. Oui pour l'homosexualité, mais ce que je me demandais, c'est juste si certaines pratiques extrêmes n'étaient pas liées à une trouble mental?
      Est-ce qu'on peut etre psychologiquement sain (lol, ça existe?) et aimer se faire fister sachant que
      1) c'est tres douloureux 2) certaines conséquences peuvent être mortelles?
      Je sais qu'en psychologie les jugements ne doivent pas être de mise, mais quand même certaines pratiques (SM hard, fist, bestialité) me semblent tellement en décalage avec un psychisme normal...

      (2512)

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    6. Je veux dire, si quelqu'un en consultation te raconte sa dernière épopée à la fistinière, tu n'auras pas un a priori sur d'éventuels troubles chez lui?
      (oui je fais dans le cliché)

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    7. Ah voila la question est plus claire.
      Qu'entends tu par trouble mental ? Si tu entends névroses, troubles de comportements si bien sur. Si tu entends maladie mentale, non.
      Ca te préoccupe vachement le fist ? Une expérience malheureuse ?

      Je ne sais pas ce qu'est un psychisme normal, là tu vas dans les normes sociales et morales (et donc religieuses). Sur le principe chacun aime ce qu'il veut, ensuite vient s'y adjoindre quelques contraintes morales ou légales (et parfois -souvent ?- à juste titre).

      Les conséquences d'un fist sont rarement mortelle. C'est arrivé il est vrai. Mais en général, c'est les pratiquants on retrouve plutôt des distensions anales avec impossibilité de rétention et écoulement permament (c'est joyeux, joyeux !). Une femme que je connaissais qui pratiquait la sodomie avec des cul de bouteilles (le côté fin n'ayant plus aucun intérêt) disait que cela lui était égale d'être devenue incontinente anale car le plaisir de pourfendre ce qu'elle pensait être la moralité lui était énorme.

      Car dans l'analité (j'y reste puisque cela semble être TA préoccupation) le plaisir réel est quasi nul. En effet la muqueuse anale n'est tapissée de récepteurs sensoriels que sur 1 ou 2 cm en partant de l'extérieur. Ensuite plus rien. Le plaisir anal est surtout basé sur le fait d'avoir l'impression de braver un interdit ou de pratiquer quelque chose d'inhabituel qu'on ne peut révéler.

      Maintenant pour faire plus psy, les déviances sexuelles quelqu'elles soient relève d'un problème de fixation de l'objet sexuel. En gros cela veut dire qu'il y a eu déplacement de l'investissement sexuel, c'est à dire que le vagin pour l'homme et le pénis pour la femme ne sont pas considérés comme attractif ou comme zone de plaisir ou comme zone sexuelle. C'est en général, soit lié à une mauvaise résolution oedipienne soit à un trauma qui a lié l'objet à autre chose (comme chez les maso). Donc oui il y a trouble, mais pas maladie mentale.

      Il peut y avoir maladie mentale, si comme dans ton exemple, la pratique n'est plus liée qu'à la sexualité mais aussi à un désir destructeur ou si malgré l'évidence de la dangerosité du comportement il y a persistence à le pratiquer. La pulsion de mort l'emportant sur la pulsion de vie.
      Ainsi chez les femmes soumises qui acceptent de pratiquer certaines tortures ou mutilations (et qui sont demandeuses) , on retrouve souvent une dysharmonie du schéma corporel, un refus corporel, des tendances suicidaires, une dissociation corps/esprit... avec souvent des abus sexuels ou une maltraitance infantile comme antécédents.

      Et oui je confirme, pas de jugement en psycho. Je me fous totalement des pratiques sexuelles de mes patients, ça ne me choque pas. Mais je baigne là dedans depuis suffisamment longtemps pour avoir laisser les moralités sociale et religieuse très très loin.

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    8. initialement je t'ai posé la question car je me souviens d'un reportage où l'on disait que les personnes borderline pouvaient avoir un comportement sexuel déviant. Je ne me souviens pas vraiment mais je m'étais dit que par déviant on devait entendre tout ce qui se fait sans l'accord d'une personne : viol évidemment, voyeurisme, le mec qui passe son temps à mettre la main aux fesses des filles... mais j'ai la réponse à ma question dans ton dernier commentaire. On constate souvent que certaines situations (huit-clos...) sont des révélateurs très forts de la personnalité, est ce le cas de la sexualité, est-ce que tu abordes ce sujet avec chacun de tes patients ?

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    9. Non car il est rare que les patients viennent pr un trouble sexuel. En fait le patient en confiance fini par livr er lui même sa sexualité ("je comprends mieux pourquoi je n y arrive pas !" ou "je m aperçois en parlant qu en fait le sexe avec lui c était nul", cette dernière phrase pouvant donner lieu à 2 niveaux d interprétation d ailleurs). Mais certains patients y vont cash, soit ils sont à l aise avec la sexualité soit en général ils voient comment ça va me faire réagir (c est raté).
      Tu sais un violeur n est pas un malade mental, c est plutot une personne qui a un simple trouble de la personnalité ou qui présente un trouble relationnel aux femmes. Les borderline sont plus dans l action de masse spontanée (tueur de masse par exemple) avec sous tendu une vraie envie de meurtre de la mère inacceptable et des envies suicidaires impossibles à concrétiser.

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    10. pourquoi parles tu de malade mental ? je comprends bien la notion de troubles du comportement beaucoup moins celle de malade mental. Malade me fait penser à un problème organique (chimique, viral, bactérien...). La notion de troubles du comportement doit dépendre de l'environnement sociétal et moral et la notion de maladie dépend des avancées de la science ? Borderline, bipolaire, schizophrène... ça rentre dans quelles cases ?
      La crève c'est bien une maladie ? ça va je sors avec mes microbes...

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    11. Je t'avoue que je bloque sur le fist, ça me semble une telle torture. mais bon, tous les gouts sont dans la nature!
      Merci de ta réponse, même si tu ne hiérarchises pas les préférences sexuelles des patients en sain/pathologique on voit que certaines pratiques englobent souvent les mêmes antécédents

      2512

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    12. Milady : en effet on parle de maladie mentale ou de pathologie mentale, car il s'agit -sur le principe- d'un problème soit génétique soit structurel (cérébral) soit hormonal...
      Tout ce qui touche à la schizophrénie relève d'une classification médicale.
      C'est assez difficile en fait, car la tendance depuis quelques temps est de vouloir tout médicalisé et psychiatriser. On le voit avec le nouveau DSM, où des troubles du comportement deviennent des pathologies mentales et où on confie les psychothérapies aux médecins avec l'idée que l'aspect psychologique ou analytique ne sert à rien. Ainsi l'hôpital Saint Anne a une orientation psychiatrie biologique, à savoir tout est médical, rien n'est psychologique et tout peut être "résolu" par des prises chimiques.
      la crève, dans le sens de mort, peut être une maladie si on considère que ça n'a rien de psychologique et que c'est incurable ! Je sors aussi.

      Ah non me revoila pour répondre à Noel : Ca te semble une torture certes, mais pas plus que de faire une suspension par piercings... Ca dépend de la physiologie de chacun... Ca n'a rien d'une question de goût (sauf si on parle de la fellation ! lol).
      Tss tss, ne me fait pas dire ce que je n'ai pas dis. Certains troubles peuvent mener à certains comportements sexuels, mais les mêmes comportements sexuels ne sont pas obligatoirement lié à ces troubles. Il s'agit parfois d'une "découverte" fortuite au cours d'un jeu et la personne trouve ça sympa.

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