mercredi 23 octobre 2013

Les enfants zappeurs

zappeurs-pompiers ?
Ok je sors

Les enfants zappeurs sont des enfants à problématique comportementale que l'on voit apparaître en nombre depuis peu. 

Souvent pris pour des enfants hyper actifs par les parents et même par certains professionnels de santé, il s'avère que le "traitement" n'est pas le même.

Les enfants zappeurs sont des enfants qui ont eu pour nounou la télé ou un écran. 
j'en connais qui y sont laissés dès le réveil jusqu'à leur couché.
La crise aidant de plus en plus de parents n'ont plus recours à une vraie assistante maternelle, cela a un coût de presque l'équivalent d'un salaire chaque mois.
Ensuite, sans moralisation aucune, on constate une évolution parentale vers deux extrêmes : soit des parents hyper impliqués dans leur rôle, soit des parents totalement non impliqués. Question de vécu personnel, de choix de travail, des raisons qui ont poussé à avoir un enfant, du rôle attribué à l'enfant et du temps qu'on a envie de consacrer au rôle parental.

Il faut bien avouer qu'un enfant de moins de 5 ans par nature assez agité, curieux et sans savoir sur les dangers du monde, devient hyper calme devant un écran. Hyperstimulé par les 24 images par seconde, il peut rester focalisé des heures devant un écran sans aucune capacité d'ailleurs à s'en écarter même si ce qu'il visualise le dérange ou lui fait peur. Bref, un tel enfant ne bouge plus, reste calme. Pratique non ?

Mais une fois sortis de ce monde virtuel, une fois dans la réalité, ces enfants s'avèrent inadaptés. Ils sont agités, incapables d'attention, en demande constante de stimulation, difficile à canaliser, autoritaires et capricieux. Les parents règlent le problème en les remettant devant... un écran !

En fait ces enfants ne sont pas hyper actifs, ni même agités, ils n'ont tout simplement pas de repères. Ils ne connaissent pas les règles familiales ou sociétales. Ils ne sont pas adaptés a monde. Ils souffrent d'un déficit parental.

Pour aider ces enfants à s'adapter au monde et à grandir, il va falloir passer par une remise en question complète du système éducatif qui leur est proposé.  Ce qui veut dire que la procédure thérapeutique va surtout concerner les parents auxquels il va falloir proposer ce que j'appelle une "éducation parentale" qui vont leur permettre d'offrir à l'enfant un cadre structurant. L'enfant lui va devoir apprendre le mode d'emploi du monde. 

Ne croyez pas que ce mode "éducatif" soit si nouveau non, mais juste que de nos jours il y a croissance exponentielle. J'ai eu une patiente de 25 ans qui avait été éduquée comme cela. Dotée d'un QI que j'évaluais "à l'oeil" autour de 80, elle disait elle même qu'elle ne savait pas comment se comporter avec les gens. Il a fallut mettre en place des séances au cours desquelles elle apprenait à gérer les relations aux autres dans des situations banales (boulanger, rue...). Même si elle a fait de gros progrès au niveau social elle est restée "au bord" et une prise en charge plus globale et lourde à été nécessaire. D'autant qu'ayant eu un enfant, elle reproduisait le même système "éducatif" avec lui... c'était très pratique disait-elle face à un enfant jugé comme gonflant.

Pour conclure, justement ne concluez pas un peu vite que tout enfant agité est un hyperactif. Aujourd'hui on sait que ce terme utilisé un peu trop facilement peut recouvrir des situations psychologiques très éloignées de l'hyperactivité vraie. Le système de fonctionnement familial, les rôles parentaux doivent aussi être évalués afin de comprendre pourquoi l'enfant semble présenter tant de déficits.





vendredi 18 octobre 2013

Va te faire niquer !

Voila une belle expression qui me fut adressée il y a quelques jours par une automobiliste pressée sans doute que je m'adonne à une autre activité que celle de la conduite.

Bien sur le fait de se faire niquer est une vision intéressante du monde. Mais que voulait-elle me dire par là ?

On pourrait trouver bien des étymologies. Et d'ailleurs de grands littéraires s'y sont penchés et cassés les dents.

Personnellement, j'aime beaucoup l'approche de mon ami Valentin.
Valentin, qui le lendemain d'une sortie en boîte, me dit tout de go "Je lui ai d'abord tâté robert et ensuite je l'ai niqué".
J'ai oublié de vous dire que mon ami Valentin est un grand romantique.
Il possède un vocabulaire riche et imagé qui plait aux femmes. 
Enfin le croit-il.

Mais "niqué" peut être rapporté à deux choses.
Ainsi nous retrouvons le sens aujourd'hui admis des plus jeunes, à savoir se faire avoir. 
"Je me suis fait niquer" voulant sans conteste exprimer le fait qu'on a été naïf et qu'on l'a dans le baba.
Signe de domination, tout particulièrement masculine, "niquer" sous entendrait "je t'ai dominé, je t'ai eu". 
Nous ne sommes pas loin de l'expression médiévale de "faire la nique", c'est à dire "hocher la tête avec moquerie" car "nique", que l'on retrouve dans "pique-nique", signifie "sans valeur". 
"Pique-niquer" ne veut donc pas dire piquer et niquer, mais bien picorer de petites choses. 
Certaines me diront qu'elles ne voient pas la différence.
Ca se défend.

Pourtant ce terme relève d'une tout autre signification si on en croit mon ami Valentin, qui toujours prêt à une tendre expression métaphorique m'expliquait comment il lui avait coincé le dard dans les coins. 
Car "niquer" peut nous ramener à "forniquer", et si vous êtes oralement angliciste cela ne veut pas dire niquer à 4 pas plus qui ne faut y voir le recours d'un instrument "pour niquer". Restons sérieux s'il vous plaît.

Dans cette acception il faut voir à l'origine un mot arabe tombé en désuétude et qui rapporte à la commission de l'acte sexuel.


Le recours donc à une expression telle que "je t'ai niqué" trouve donc tout son sel dans l'interprétation qu'on peut en faire. Soit "je t'ai dominé" soit "j'ai eu des rapports sexuels avec toi".

Ca se complique esnuite avec "je me suis fais niquer" qui en toute simplicité pourrait sous-entendre que tu t'es fait avoir, naïf que tu es, soit que tu t'es fais embroché(e), par une femme ça va pas être facile. Mais là encore ça se défend.

Ca se complexifie sûrement lorsqu'un femme exhorte une autre femme à "va te faire niquer". Que dois-je comprendre ? Que je dois aller me faire dominer ou que je dois m'adonner à une joyeuse sexualité ? L'un n'empêchant pas l'autre, bien que cela ne soit pas dans mes habitudes.

J'ai choisi de lui répondre.

"Et toi va chez ton chirurgien, t'es moche et grosse !".

Je sais.
Mais au moins ça ne laisse aucun doute quant à l'interprétation.


Mon moteur ronronne

mercredi 9 octobre 2013

La maltraitance

Il m'a été suggéré de vous parler de la maltraitance.
Je devrais dire "des" maltraitances.

En fait c'est un sujet difficile car large.
En effet si on sait où fini la maltraitance -avec la mort- difficile de savoir où et quand elle commence.

Pour certaines personnes, les maltraitances commencent avant la naissance.
Pour d'autres en fin de vie, lorsque la maladie ou la faiblesse physique s'installent.

Mais qu'est-ce qu'une "maltraitance" ?
Il faudrait partir du concept opposé de "bientraitance". Mais qu'est-ce que "bien traiter" quelqu'un ? Existe-t-il un manuel qui soit capable de nous dire, voila ça c'est bien, ça c'est mal. Parce que les notions de mal et de bien-traitances ramènent à cette dichotomie morale : le bien et le mal.

Or le bien et le mal, ce sont des concepts flous. 
On peut écrire tout ce qu'on veut dans les livres, on peut raconter tout ce qu'on veut dans les histoires, on peut faire croire tout ce qu'on veut dans les religions.... le bien et le mal restent des concepts abstraits et totalement individuels.

Ce qui est mal pour vous est peut être bien pour moi.
A l'inverse ce qui est bien pour vous est peut être mal pour moi.

En vertu de quoi, comment définir ce qu'est la maltraitance ?
Je l'ai dis, nous considérons socialement que tuer quelqu'un est de la maltraitance envers cette personne. C'est un concept encore une fois socialement acceptable juste parce que cela a été édicté ("tu ne tueras pas"), toujours avec cette idée derrière la tête de "comme ça tu ne me tueras pas moi". Parce que sur le principe tuer quelqu'un ben bof quoi. On le voit bien chez les sociopathes, lorsque les règles sociales ne sont pas intégrées et appliquées, c'est chacun pour soi et l'autre n'a pas de valeur (soi pas trop non plus d'ailleurs). On nous a inculqué que tuer ce n'est pas bien, du coup dans une dispute ce n'est pas la première chose à laquelle on pense et même si parfois à 3h du matin l'envie de vous débarrasser de votre voisin vous submerge, vous ne passerez pas à l'acte, parce que vous ne savez pas trop comment faire, parce que vous savez que vous allez culpabiliser, parce que vous pensez à ses gosses, parce que vous avez peur de finir en tôle et parce que tout compte fait une main invisible freine votre propre main...

Mais tout le monde n'a pas intégré ces données.
Tout le monde n'a pas bénéficié d'une éducation cadrante. 
Tout le monde n'a pas été socialisé.
Tout le monde n'accepte pas les règles sociales.
Et tout le monde considère que les règles sociales ne sont applicables à fond que pour certaines personnes mais que pour soi on peut se permettre quelques aménagements.
Et puis il y en a aussi qui dans certaines circonstances seront soit aptes à dépasser les normes soit seront dépassés par leur instinct ou leurs problématiques personnelles.

Bref, ça fait du monde qui peut être maltraitant.
On l'est tous au moins une fois dans sa vie. Quelque part lorsque vous dites "non" à votre gamin, vous êtes maltraitant. Vous le frustrez, il est triste ou en colère, il n'a pas eu ce qu'il voulait et vous avez beau lui expliquer pour ne pas trop le blesser narcissiquement, n'empêche qu'il n'a pas eu ou fait ce qu'il voulait. Méchant que vous êtes !
Pourtant ce type de comportement à l'égard de votre enfant est parfaitement accepté socialement et même conseillé psychologiquement s'entend. Donc pour avancer, grandir, il faudrait faire un peu mal à l'autre. 

Ne croyez pas que la maltraitance ce n'est que violences et souffrances, vous avez déjà vu sur ce blog que les parents hyper bienveillants étaient tout aussi maltraitants que ceux désignés par la vindict populaire. La violence n'est souvent pas visible.

Les maltraitances peuvent s'établir sur plusieurs niveaux.
On parle en général des maltraitances psychologiques et physiques. 
Physique, on voit ce que c'est, sans même qu'on puisse imaginer jusqu'où cela peut aller (l'être humain est très imaginatif lorsqu'il s'agit de faire mal).
Psychologique, ça se complique. Ca se complique surtout parce que parfois la personne maltraitante ne se rend même pas compte qu'elle l'est. Ca fait tellement partie de son mode de fonctionnement habituel, ça s'est immiscé tellement en douceur dans sa personnalité et dans ses comportements, qu'elle est persuadée d'être "normale" et que c'est l'autre qui décidément ne comprend rien et interprête tout de travers.

Il existe souvent des catalyseurs qui accroissent les comportements violents. Une discours perçu comme une attaque personnel, une remise en question de sa propre place au sein de la famille (un mariage, une naissance), la déception face à un idéal qui n'arrive pas....

Si l'on considère la maltraitance sur enfant, ne nous y trompons pas. La maltraitance ne démarre pas brutalement à la naissance ou lors d'un changement de partenaire qui n'accepte pas l'enfant déjà né. C'est déjà là. Sauf que cela s'exprimait "en douce" par des pensées rejetantes ou agressives d'abord. Par des comportements non verbaux ensuite. Puis par du visible : des comportements mais aussi des paroles insultantes, humiliantes, dévalorisantes. Puis enfin le passage à l'acte de plus en plus violent.

Dans tout acte violent, ce n'est pas la personne elle-même qui est visée souvent, mais ce qu'elle représente. L'enfant cela peut être un rappel de sa propre enfance, la projection non voulue dans le monde des adultes, la mise en place de contraintes considérées comme inacceptables, le rappel d'une liaison mal finie. La personne violente peut devenir le parent qui a été violent avec elle et l'enfant devient elle, ce qu'elle était lorsqu'elle était petite. On rejoue la scène, cela tourne en boucle.

Qu'on ne vienne pas me dire, mais le ou la pauvre, avec ce vécu ! Tss tss, trop facile. Si les abus et violences subies peuvent expliquer la violence, ils ne justifient pas la violence. Pas plus que l'influence prétendument subie de l'entourage. Si influence il y a, l'incapacité à s'opposer démontre que le mode de fonctionnement est immature et que donc, oui, il existe un trouble quelque part qui encore une fois ne justifie pas le recours à la maltraitance.

Et puis, faut il le rappeler, je pense même qu'il faut le marteler, si nous parlons de la mère, l'instinct maternel n'existe pas. Non les mères n'aiment pas leur enfant lorsqu'il nait, ce qui est en place c'est un jeu d'hormones qui tend à pousser l'humain à s'occuper du nouveau né en vue de faire perdurer l'espèce. Pas d'amour là dedans. L'amour cela se construit. Si l'enfant est désiré, s'il nait dans une relation d'amour, s'il est prêt à être accueillit, oui l'amour peut apparaître. Mais ce n'est pas une obligation ce n'est ni même un instinct.

Maintenant il n'y a pas que les femmes... un beau père peut être maltraitant parce que dans sa jalousie l'enfant symbolise la relation de sa compagne avec son ex. L'enfant maintient le lien avec la vie antérieure.

Pour l'enfant la maltraitance peut faire partie de la vie. Si cela a commencé tôt, il pense que c'est normal. Il le vit mal pourtant, traîne en rentrant de l'école, hésite avant de franchir le seuil du logement, se prépare mentalement et psychologiquement aux cris, se terre dans sa chambre ou dans son lit. Il ne sait jamais quand ça tombe ni même bien pourquoi. Des fois la consigne est claire, il a compris qu'il y a des choses à ne pas faire ou à faire, des fois ce n'est pas clair et tout peut donner lieu à explosion. C'est le plus destructeur car il est impossible d'anticiper, les insultes et les coups pleuvent au hasard, sans raison apparente. Il n'y a pas de sortie possible. Ne rien dire c'est s'exposer à pire car l'indifférence rend l'autre fou qui se dit qu'on peut y aller encore plus fort car ça ne fait rien, supplier rend l'autre fort, fort de son pouvoir. Supplie moi encore, je ne te crois pas car je peux frapper encore plus fort.

Contre toute attente, les enfants battus "passent" sur les coups. Devenus grands, ils les ont accepté et même intégré. Mais la violence psychologiques, les privations, les frustrations méchantes, les phrases à double sens, les humiliations, leurs peurs... tout cela laisse des traces non apparentes mais qui impacte toute la vie. Les patient(e)s sont souvent étonnés de voir à quel point leurs choix adultes sont conditionnés à ce qu'ils ont vécu enfant.

Mais l'enfant battu n'est pas un enfant vivant. C'est un survivant. Il est mort une fois, deux fois, peut être plus. Puis il est revenu. A chaque fois plus fort et plus faible à la fois.

Il y a de nombreux types de maltraitance et bien des publics sont concernés et tout lieu, même institutionnel, peut donner lieu à des maltraitances. D'ailleurs les endroits où les personnes en situation de faiblesse sont nombreuses sont susceptibles d'attirer des personnels qui apprécient d'en tirer partie.




lundi 7 octobre 2013

Ego, narcissisme, estime de soi, amour propre : quelles différences ?

Un email m'a posé une question intéressante sur les différences entre ces différents concepts. Car oui, il existe des différences même si parfois elles sont ténues.

Ainsi l'égo est difficile à cerner car ce terme en tant que tel n'existe pas à la base dans les concepts en psychanalyse ni en psychologie, il y arrive tardivement. C'est trop vague. La notion d'égo fait surtout référence à la spiritualité ou à la philosophie. Il s'agirait de la conscience que l'on a de nous même. Ce n'est pas soi, car la conscience n'est qu'une petite partie de nous. Car oui, vous avez bien lu on parle de conscience, l'égo exclu l'inconscient et les censures et tout ce qui se passe à la frontière entre l'inconscient et le conscient.

L'égo c'est ce qui se passe en vous dont vous êtes conscient ("vos pensées") et c'est aussi ce que vous avez conscience d'être ("ce que je pense être") psychiquement s'entend. Cette vision est fortement censurée et peut être déformée car l''égo est une entité psychique construite à partir de représentations mentales et de dysfonctionnements divers.

Attention l'égo n'est pas le "je", l'égo est plus proche de la notion de "soi" ("self"). Ce qui ne vous aide pas.

La notion d'égo subit donc énormément d'influences à la fois du monde interne et du monde externe. La perception du monde externe étant elle-même déformée à la lumière de notre égo.

L'égo c'est ce que vous croyez voir lorsque vous vous regardez dans votre miroir intérieur. Et l'influence du monde extérieur, fait qu'il est sans cesse en confrontation mais aussi en comparaison avec les autres. L'égo fluctue donc sans cesse en fonction de ce que vous "recevez" et des "forces" (narcissisme et estime de soi) qui sont en vous.



Le narcissisme est un terme freudien dans toute sa splendeur. C'est l'amour de soi.
Comme Narcisse qui se mirant dans l'eau et tombe amoureux de son reflet, le narcissique s'aime lui. Freud en fait le point d'orgue sur ses théories sur l'homosexualité.

Le narcissisme est présent dès le début de la vie, car il est le centre du monde.  Pour le bébé rien n'existe à part lui, le monde faisant partie de lui. A l'extrême, l'individu se coupe du monde ce qui créé des troubles tels que la schizophrénie.

Le narcissique ne peut se tourner vers les autres, il n'est pas passé de la mère à un autre objet d'amour, cet amour est revenu vers lui. Les autres n'existent pas, ils ne comptent. Ils ne s'y confrontent pas et n'y s'y comparent pas. Il est à la fois au-dessus et au-delà.

Le narcissisme ce n'est donc pas soi, mais l'amour qu'on a pour soi. Une faille narcissique nécessite qu'elle soit comblée... par soi ! La défaillance narcissique va donc mettre en place un système de fonctionnement hypernarcissique vu de l'extérieur, car l'individu n'a de cesse de combler la faille, quitte à "vampiriser" ceux qui l'entourent, il lui faut être ce qu'il voudrait être ("idéal du moi").



L'estime de soi est devenue est concept floue pour le grand public. Utilisé partout pour désigner n'importe quoi, l'estime de soi est ce qu'il faut avoir ou ce qu'il faut restaurer à tout prix.

L'estime de soi est la conscience de valeurs personnelles que l'on se reconnaît.

Ces valeurs sont acquises au cours de la vie et sont fluctuantes.
Elles permettent d'être adaptables et adaptés au monde extérieur. Elles permettent de prendre des risques et d'y faire face.

La notion d'estime de soi peut être rattachée au concept "d'attachement" et "d'intelligence". Ce qui veut dire que pour se reconnaître des valeurs, il faut initialement que d'autres vous aient reconnus comme ayant une valeur. L'estime de soi démarre donc par l'estime que d'autres ont eu de vous.

De nouveaux courants tendent à montrer qu'avoir une trop grande estime serait une position dangereuse qui nous mettrait sur un piédestal avec le risque toujours présent d'en tomber. L'estime de soi ne serait en aucun cas nécessaire, mais il faudrait juste se savoir se satisfaire de ce que l'on est et donc ne plus entrer en comparaison.


Ajoutons donc l'amour propre.
C'est étrange cette expression non ? Comme s'il pouvait y avoir de l'amour sale... D'ailleurs l'amour est-elle "propre" ? C'est une expression qui renvoit à quelque chose de pur.
L'amour propre est définie comme un sentiment.
Pas de concept abstrait ici. L'amour propre va se rapprocher de l'égo en ce que réussir à s'aimer n'est possible qu'au travers le regard aimant de l'autre.
C'est quelque chose d'aliénant. Il y a une dépendance à l'autre.
Les différents courants et études psy, tendent à montrer qu'on ne fait rien pour rien. Nous agissons toujours dans le but d'avoir un retour valorisant. Mais du coup, l'autre détruit un pouvoir énorme sur nous, car d'un regard il peut nous construire ou nous détruire.
L'amour propre, s'il se base sur l'égo, va s'en éloigner car son existence est corrélé à l'échec du narcissisme. 'je ne m'aime pas, je n'existe que dans le regard de l'autre'. Un narcissisme qui passerait son temps à vouloir être compensé, comblé via l'autre.
Ici, si l'autre se refuse à la valorisation, l'estime de soi n'existe plus, l'autre détient le pouvoir extrême de nous faire vivre ou de nous tuer. C'est souvent l'amour propre qui pousse au passage à l'acte, car l'autre ne remplissant pas son rôle, il faut le détruire afin de restaurer son amour propre.

C'est une notion peu étudiée, car comme tous les sentiments ou les émotions, cela reste un concept difficile à cerner et à valider.










 





mercredi 2 octobre 2013

les 4 accords Toltèques

Si vous êtes un peu féru de psycho, c'est LE concept à la mode. Appliquer les 4 "accords Toltèques" qui selon leur auteur -que je ne citerai pas- vous apporteront le bonheur.

Ces 4 accords ont peu les trouver en livres, en guide et même sur le net.
Je me suis moi-même penchée dessus afin de savoir ce que l'auteur pouvaient bien avoir trouvé chez les Toltèques -peuple guerrier, tous morts depuis 8 siècles et ce malgré leur sagesse et qui n'ont laissé aucun écrit- qui pourrait nous faire du bien aujourd'hui.

Le problème une fois que vous avez lu et compris les 4 accords, c'est qu'il va falloir les appliquer. Et c'est en général là que ça se complique. Et que c'est pour cela que plein d'autres guides ont été écrits afin que chaque auteur vous fasse part de sa façon de voir les choses.

Alors quels sont ces 4 accords ?

Accord 1 : Que ta parole soit impeccable.

Mmmouais et ça veut dire quoi "impeccable" ?
Bien repassée ?
Impeccable fait penser à propre. Propre fait penser au fait qu'il ne faut pas qu'il y ai une tâche, du noir ou je ne sais quoi.
Il faut donc une parole sans tâche, qui ne fâche personne. 
D'autre vous diront qu'il faut que la parole soit intègre, donc honnête.

Ce qui franchement paradoxal avouez.
Donc je dois utiliser la parole pour dire ce que je pense en toute honnêteté, mais cette honnêteté ne doit pas fâcher ou salir l'autre en face.
Il s'agit donc soit "d'emballer" ce qu'on va dire afin de ne pas froisser cet Autre, soit ne pas dire plutôt que de fâcher l'autre en le tâchant.

Donc la parole qui se doit d'être neutre, sans jugement, ne peut être totalement honnête puisqu'elle ne reflète pas ce qu'on pense.
Ca ça marche pour le psy, mais tous les jours avec ces Autres ?
Je sais bien qu'on ne peut pas tout dire partout, qu'on ne peut pas toujours dire ce qu'on pense abruptement, mais de là à travestir sans cesse, on tombe dans la censure. 
Certains me diront c'est du contrôle de Soi.
Et pourquoi donc faudrait-il se contrôler à part au mépris de soi-même ?

Bien sur il est plus sympa d'entendre "je n'aime pas ta robe" que 'ta robe elle est moche".
Certes dans le premier cas, vous vous situez par vous même à savoir que vous, vous n'aimez pas cette robe et que sans doute les autres (dont celle qui l'a porte) l'aiment. Certes dans le second cas, vous attaquez de front en faisant de votre point de vue un point de vue généraliste et en attaquant le choix de la personne qui l'a acheté (et de celle qui la porte).

L'agression est donc moins agressive, mais il y a agression quand même.
Cette parole "impeccable" est surtout une parole faux-cul, hyper manipulatrice.
Je suis la première à dire qu'il ne faut pas agresser les autres par la parole, car vous savez tout comme moi le poids des mots, enfin surtout de l'interprétation qu'on en fait.
Mais au quotidien on n'est pas en séance psy.
Car chacun entend ce qu'il veut sous les mots... c'est ce que va entendre l'autre c'est qu'elle est moche dans sa robe.

Essayez vous verrez vous serez obligé(e) de vous justifier. "Mais non ce n'est pas ce que je voulais dire...". Peut être mais c'est ce qui a été entendu car nous avons tendance à l'égocentrisme (voir accord 2).
La forme a donc son importance, mais le fond l'est plus encore.

On peut donc faire le choix de n'ouvrir la bouche que pour dire des choses sympa. 
Vous me direz c'est ce qu'attendent les gens, ils veulent toujours qu'on leur dise ce qu'ils veulent entendre. Sur ce point là, dans ce cas, oui, ça fonctionne.


Accord 2 :  Ne réagis pas de façon personnelle

Il existe deux visions de cet axiome.
1. ce que les autres font et disent n'est qu'une projection de leur réalité
2. ne vous laissez pas déstabiliser par les autres

1. ce n'est pas vrai, ce que vous voyez de ce que font et disent les autres n'est qu'une projection de VOTRE réalité. Certes sa réaction est la projection de son ressenti, mais ce que vous en entendez et voyez n'est qu'une déformation de la réalité passée par vos tamis. Le feedback déforme l'information initiale et la réception du feedback déforme l'information renvoyée. On est très loin de l'information initiale.

2. oui, ça c'est vrai. Les autres peuvent penser ce qu'ils veulent de vous, ce qui est important c'est ce que vous, vous pensez de vous.

En fait le but est de décentrer le mode de pensée. Il s'agit d'être moins égocentré. Il ne faut plus se demander qu'est-ce qui chez vous pousse l'autre à vous faire cela, mais pourquoi cette personne vous fait ça à vous ?
Vous ne voyez pas vraiment la différence ?
Moi non plus.
Car s'il s'agit de se projeter dans la tête de l'autre, à part quelques pouvoirs de télépathie, vous n'en savez rien de pourquoi l'autre vous fait ça. Vous ne connaissez pas ses pensées.
Alors bien sur je vous dirai que les comportements des gens on peu les classer dans peu de cases, donc on fini par savoir pourquoi les gens font et disent telle chose, cela relève de la statistique pure. 
Maintenant s'il s'agit de croire que vous n'avez rien à voir dans ce qui vous arrive, vous vous leurrez vous même. En effet, si on vous fait ou dit cela, c'est parce que l'autre en face sait qu'il peut vous le faire ou vous le dire. Et votre réaction va venir infirmer ou conforter sa vision de vous.

Donc envisager des relations humains sans se poser la question de son propre rôle est nier une partie du système de communication. Pour communiquer, la base c'est d'être au moins deux, un qui émet, un qui reçoit et celui qui reçoit qui émet à son tour (ce qui pose la question ... est-ce que l'écholocalisation est de la communication ? Suivez nom d'un toutou).

Donc si vous êtes critiqué, ce que l'autre critique c'est sa vision de vous. Et ce que vous mettez sous ces mots qui vous critiquent, c'est votre vision à vous. Il ne s'agit pas de réagir, mais bien de comprendre pourquoi ça vous met dans cet état.

Pour ne plus en faire une affaire personnelle, il convient donc de se détacher des failles internes dans lesquelles les autres s'engouffrent avant tout.


Accord 3 : Ne faites aucune supposition

Exprimer vos désirs et ce que vous êtes. Là nous sommes d'accord.
Nous avons tous des masques sociaux, mais il faut que l'épaisseur de ces masques soit la plus petite possible, nous devons rester au plus près de nous même.

Nous ne savons pas ce que l'autre pense ni pourquoi il agit parfois. Nous formons des hypothèses à la lumière de nos propres problématiques. Ce que nous pensons du regard des autres nous informe en réalité sur ce que nous pensons de nous.

Il s'agit donc de poser des questions pour tenter de savoir ce que penser ou veut vraiment l'autre.
Encore une fois nous ne mettons pas les mêmes significations sous les mêmes mots. C'est assez proche, c'est pour cela que nous arrivons à communiquer, mais aussi assez éloigné ce qui fait que parfois ça part en vrille sans qu'on sache pourquoi. Il faut préciser sa pensée et faire préciser celle des autres.

Mais cela veut dire apprendre à communiquer et oser demander. 


Accord 4 : faites toujours de votre mieux

Ce qui est sous-entendu dans ce 4ème accord c'est que normalement lorsqu'on fait quelque chose il faut s'abstenir de juger. Il faut donc sans se poser de question faire les choses à fond et une fois la chose faite arrêter d'y penser.

Le problème c'est que pour savoir si on a fait de son mieux, il faut avoir une échelle de valeur. On se juge soi même. Comment savoir si c'est le mieux qu'on pouvait faire ? Pourrait-on faire mieux demain ?

On fait de son mieux par rapport à quoi ? A ses parents ? A ses compétences ? Aux amis ? A la situation ? Les Toltèques ne disent rien à ce sujet et c'est bien embêtant car Le mieux fini par conduire à la quête de la perfection.

Et si on aurait pu mieux faire et qu'on le sait pourquoi n'a t on pas mieux fait puisqu'on voulait faire de son mieux ?
Peut être justement que notre échelle de valeur est faussée. Ainsi on pense que notre "mieux" est là, là où on vous a dit petit que c'était la limite de vos compétences et hop dans la situation on se découvre des trésors cachés, des compétences, des forces inattendues. Et on sait que désormais on pourra faire mieux mais du coup on n'a pas fait de son mieux.

Faut il s'en vouloir ? non car on pensait sincèrement qu'on ne pouvait faire plus (ou mieux). 
Des fois on sait qu'il faut faire de son mieux mais on ne le fait pas. Parce que... parce qu'on est tracassé (parce que le banquier lui il réagit de façon personnelle à votre découvert), parce qu'en fait ce n'est pas important (face à un enfant parfois on s'en fout de faire de son mieux, ce qu'on veut c'est le laisser gagner de temps en temps).


Bref, les 4 accord Toltèques sont une base intéressante en psychothérapie cognitivo-comportementale à faire chez soi ou au bout d'un comptoir de bar. Mais franchement, il faut dépasser tout cela d'autant que ce fonctionnement éloigne des ressentis émotionnels (qui ne sont pas toujours bon conseillers je l'avoue).

En effet, ce qui est important c'est de comprendre pourquoi on réagit comme cela, pourquoi on agit comme cela. Ensuite, il faut être en accord avec ce qu'on fait et dit. On a le droit, si c'est notre choix, d'être désagréable, d'être "cash", de ne pas faire au mieux. Mais il faut que ce choix soit un choix pris librement et non parce qu'on nous a appris que... Il s'agit de vivre et de ressentir et non pas de devenir un robot social qui ne fait pas de vague comme tentent de nous l'enseigner ces 4 accords.


Statue Chakmol qui servait à exposer le coeur des sacrifiés


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