mercredi 2 octobre 2013

les 4 accords Toltèques

Si vous êtes un peu féru de psycho, c'est LE concept à la mode. Appliquer les 4 "accords Toltèques" qui selon leur auteur -que je ne citerai pas- vous apporteront le bonheur.

Ces 4 accords ont peu les trouver en livres, en guide et même sur le net.
Je me suis moi-même penchée dessus afin de savoir ce que l'auteur pouvaient bien avoir trouvé chez les Toltèques -peuple guerrier, tous morts depuis 8 siècles et ce malgré leur sagesse et qui n'ont laissé aucun écrit- qui pourrait nous faire du bien aujourd'hui.

Le problème une fois que vous avez lu et compris les 4 accords, c'est qu'il va falloir les appliquer. Et c'est en général là que ça se complique. Et que c'est pour cela que plein d'autres guides ont été écrits afin que chaque auteur vous fasse part de sa façon de voir les choses.

Alors quels sont ces 4 accords ?

Accord 1 : Que ta parole soit impeccable.

Mmmouais et ça veut dire quoi "impeccable" ?
Bien repassée ?
Impeccable fait penser à propre. Propre fait penser au fait qu'il ne faut pas qu'il y ai une tâche, du noir ou je ne sais quoi.
Il faut donc une parole sans tâche, qui ne fâche personne. 
D'autre vous diront qu'il faut que la parole soit intègre, donc honnête.

Ce qui franchement paradoxal avouez.
Donc je dois utiliser la parole pour dire ce que je pense en toute honnêteté, mais cette honnêteté ne doit pas fâcher ou salir l'autre en face.
Il s'agit donc soit "d'emballer" ce qu'on va dire afin de ne pas froisser cet Autre, soit ne pas dire plutôt que de fâcher l'autre en le tâchant.

Donc la parole qui se doit d'être neutre, sans jugement, ne peut être totalement honnête puisqu'elle ne reflète pas ce qu'on pense.
Ca ça marche pour le psy, mais tous les jours avec ces Autres ?
Je sais bien qu'on ne peut pas tout dire partout, qu'on ne peut pas toujours dire ce qu'on pense abruptement, mais de là à travestir sans cesse, on tombe dans la censure. 
Certains me diront c'est du contrôle de Soi.
Et pourquoi donc faudrait-il se contrôler à part au mépris de soi-même ?

Bien sur il est plus sympa d'entendre "je n'aime pas ta robe" que 'ta robe elle est moche".
Certes dans le premier cas, vous vous situez par vous même à savoir que vous, vous n'aimez pas cette robe et que sans doute les autres (dont celle qui l'a porte) l'aiment. Certes dans le second cas, vous attaquez de front en faisant de votre point de vue un point de vue généraliste et en attaquant le choix de la personne qui l'a acheté (et de celle qui la porte).

L'agression est donc moins agressive, mais il y a agression quand même.
Cette parole "impeccable" est surtout une parole faux-cul, hyper manipulatrice.
Je suis la première à dire qu'il ne faut pas agresser les autres par la parole, car vous savez tout comme moi le poids des mots, enfin surtout de l'interprétation qu'on en fait.
Mais au quotidien on n'est pas en séance psy.
Car chacun entend ce qu'il veut sous les mots... c'est ce que va entendre l'autre c'est qu'elle est moche dans sa robe.

Essayez vous verrez vous serez obligé(e) de vous justifier. "Mais non ce n'est pas ce que je voulais dire...". Peut être mais c'est ce qui a été entendu car nous avons tendance à l'égocentrisme (voir accord 2).
La forme a donc son importance, mais le fond l'est plus encore.

On peut donc faire le choix de n'ouvrir la bouche que pour dire des choses sympa. 
Vous me direz c'est ce qu'attendent les gens, ils veulent toujours qu'on leur dise ce qu'ils veulent entendre. Sur ce point là, dans ce cas, oui, ça fonctionne.


Accord 2 :  Ne réagis pas de façon personnelle

Il existe deux visions de cet axiome.
1. ce que les autres font et disent n'est qu'une projection de leur réalité
2. ne vous laissez pas déstabiliser par les autres

1. ce n'est pas vrai, ce que vous voyez de ce que font et disent les autres n'est qu'une projection de VOTRE réalité. Certes sa réaction est la projection de son ressenti, mais ce que vous en entendez et voyez n'est qu'une déformation de la réalité passée par vos tamis. Le feedback déforme l'information initiale et la réception du feedback déforme l'information renvoyée. On est très loin de l'information initiale.

2. oui, ça c'est vrai. Les autres peuvent penser ce qu'ils veulent de vous, ce qui est important c'est ce que vous, vous pensez de vous.

En fait le but est de décentrer le mode de pensée. Il s'agit d'être moins égocentré. Il ne faut plus se demander qu'est-ce qui chez vous pousse l'autre à vous faire cela, mais pourquoi cette personne vous fait ça à vous ?
Vous ne voyez pas vraiment la différence ?
Moi non plus.
Car s'il s'agit de se projeter dans la tête de l'autre, à part quelques pouvoirs de télépathie, vous n'en savez rien de pourquoi l'autre vous fait ça. Vous ne connaissez pas ses pensées.
Alors bien sur je vous dirai que les comportements des gens on peu les classer dans peu de cases, donc on fini par savoir pourquoi les gens font et disent telle chose, cela relève de la statistique pure. 
Maintenant s'il s'agit de croire que vous n'avez rien à voir dans ce qui vous arrive, vous vous leurrez vous même. En effet, si on vous fait ou dit cela, c'est parce que l'autre en face sait qu'il peut vous le faire ou vous le dire. Et votre réaction va venir infirmer ou conforter sa vision de vous.

Donc envisager des relations humains sans se poser la question de son propre rôle est nier une partie du système de communication. Pour communiquer, la base c'est d'être au moins deux, un qui émet, un qui reçoit et celui qui reçoit qui émet à son tour (ce qui pose la question ... est-ce que l'écholocalisation est de la communication ? Suivez nom d'un toutou).

Donc si vous êtes critiqué, ce que l'autre critique c'est sa vision de vous. Et ce que vous mettez sous ces mots qui vous critiquent, c'est votre vision à vous. Il ne s'agit pas de réagir, mais bien de comprendre pourquoi ça vous met dans cet état.

Pour ne plus en faire une affaire personnelle, il convient donc de se détacher des failles internes dans lesquelles les autres s'engouffrent avant tout.


Accord 3 : Ne faites aucune supposition

Exprimer vos désirs et ce que vous êtes. Là nous sommes d'accord.
Nous avons tous des masques sociaux, mais il faut que l'épaisseur de ces masques soit la plus petite possible, nous devons rester au plus près de nous même.

Nous ne savons pas ce que l'autre pense ni pourquoi il agit parfois. Nous formons des hypothèses à la lumière de nos propres problématiques. Ce que nous pensons du regard des autres nous informe en réalité sur ce que nous pensons de nous.

Il s'agit donc de poser des questions pour tenter de savoir ce que penser ou veut vraiment l'autre.
Encore une fois nous ne mettons pas les mêmes significations sous les mêmes mots. C'est assez proche, c'est pour cela que nous arrivons à communiquer, mais aussi assez éloigné ce qui fait que parfois ça part en vrille sans qu'on sache pourquoi. Il faut préciser sa pensée et faire préciser celle des autres.

Mais cela veut dire apprendre à communiquer et oser demander. 


Accord 4 : faites toujours de votre mieux

Ce qui est sous-entendu dans ce 4ème accord c'est que normalement lorsqu'on fait quelque chose il faut s'abstenir de juger. Il faut donc sans se poser de question faire les choses à fond et une fois la chose faite arrêter d'y penser.

Le problème c'est que pour savoir si on a fait de son mieux, il faut avoir une échelle de valeur. On se juge soi même. Comment savoir si c'est le mieux qu'on pouvait faire ? Pourrait-on faire mieux demain ?

On fait de son mieux par rapport à quoi ? A ses parents ? A ses compétences ? Aux amis ? A la situation ? Les Toltèques ne disent rien à ce sujet et c'est bien embêtant car Le mieux fini par conduire à la quête de la perfection.

Et si on aurait pu mieux faire et qu'on le sait pourquoi n'a t on pas mieux fait puisqu'on voulait faire de son mieux ?
Peut être justement que notre échelle de valeur est faussée. Ainsi on pense que notre "mieux" est là, là où on vous a dit petit que c'était la limite de vos compétences et hop dans la situation on se découvre des trésors cachés, des compétences, des forces inattendues. Et on sait que désormais on pourra faire mieux mais du coup on n'a pas fait de son mieux.

Faut il s'en vouloir ? non car on pensait sincèrement qu'on ne pouvait faire plus (ou mieux). 
Des fois on sait qu'il faut faire de son mieux mais on ne le fait pas. Parce que... parce qu'on est tracassé (parce que le banquier lui il réagit de façon personnelle à votre découvert), parce qu'en fait ce n'est pas important (face à un enfant parfois on s'en fout de faire de son mieux, ce qu'on veut c'est le laisser gagner de temps en temps).


Bref, les 4 accord Toltèques sont une base intéressante en psychothérapie cognitivo-comportementale à faire chez soi ou au bout d'un comptoir de bar. Mais franchement, il faut dépasser tout cela d'autant que ce fonctionnement éloigne des ressentis émotionnels (qui ne sont pas toujours bon conseillers je l'avoue).

En effet, ce qui est important c'est de comprendre pourquoi on réagit comme cela, pourquoi on agit comme cela. Ensuite, il faut être en accord avec ce qu'on fait et dit. On a le droit, si c'est notre choix, d'être désagréable, d'être "cash", de ne pas faire au mieux. Mais il faut que ce choix soit un choix pris librement et non parce qu'on nous a appris que... Il s'agit de vivre et de ressentir et non pas de devenir un robot social qui ne fait pas de vague comme tentent de nous l'enseigner ces 4 accords.


Statue Chakmol qui servait à exposer le coeur des sacrifiés


2 commentaires:

  1. Cool de trouver une critique de ce truc de foire.. pour une fois...

    Je les ai appliqué y a quelques temps. C'était très intéressant, et assez hygiéniste mentalement, mais malgré ces bienfaits j'ai fini par avoir l'impression d'être dans une sorte de cage d'or...

    En ce qui concerne le paradoxe du premier Article, je pense que c'est une dialectique. Une vision un peu holistique de la vie, dans laquelle on est déterminé par nos échanges avec le monde, et où notre langage cultive notre pensée. Donc ne pas dire de méchancetés permet, effectivement, de ne plus penser de méchancetés... Du coup, plus de souci de malhonnêteté ou d'hypocrisie. Les pensées viles sont comme des verrous sur le monde, et le langage permet de les "bloquer" en quelque sorte. En les taisant, on n'est plus soumis à ces défenses, car on entre dans une dialectique avec le monde. C'est ce que j'ai cru comprendre, du moins.

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  2. Tu penses que... le problème c'est que tu fais comme les auteurs, tu déduis une règle de vie de quelque chose qui sort dont ne sait où et pour lesquels il est impossible de savoir ce qui était vraiment mis sous cet axiome. C'est ta vision des choses j'en conviens, elle n'est pas pire ou meilleure qu'une autre.
    Il est faut de dire que de ne pas dire permet de ne pas penser à. Maintenant ne pas penser n'existe pas. Ce qui existe c'est de faire semblant de ne pas penser à... On est donc à la fois dans la censure des pensées et dans le refoulement de ce qui est pensé. Ca donne lieu à de belles phobies ou à la dépression ça c'est la réalité et pour l'hypocrisie n'en parlons même pas !:

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